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~ De l'envie et du désir ~    Ven 25 Nov - 13:11


   
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Suite logique du roleplay avec Totoro Ikki et Shishiro Sera : http://world-of-shinobi.naruto-rpg.com/t992-des-rencontres-inattendues



       


   




"J'habite au Nihyakû jûichi B, Beikā-dōri. C'est à l'est du village. Viens quand tu veux."

"Nihyakû jûichi B, Beikā-dōri"

"Nihyakû jûichi B"


L'adresse de Shishiro Sera résonnait dans la tête de Gaara depuis maintenant plusieurs jours. Il n'avait pas osé la retenir l'autre jour et il le regrettait. Il n'avait pas non plus eu le courage d'aller la voir le soir même. Malgré l'immense envie qu'il éprouvait, il avait peur. Cette sensation lui était méconnue. Le jinchuriki n'a plus eu peur depuis son enfance. Cela fait maintenant plusieurs années qu'il ressent plutôt du mépris envers les gens. Il a déjà essayé de se faire des amis, mais personne n'a jamais voulu, à cause de leur parents ou d'eux-même ; comme la servante par exemple... Celui qui n'aime apparemment que lui craignait de foutre en l'air le début de relation que Shishiro lui proposait. "Que dois-je faire ?! Je n'ai rien à lui raconter... Elle va s'ennuyer."

Cette invitation l'avait chamboulé mais son désir de changer, d'apprendre à maîtriser son démon intérieur l'avait finalement convaincu, cinq longues nuits et cinq infinissables journées sous le soleil du désert plus tard, il avait décidé d'aller frapper à sa porte.

Sa marche jusqu'à l'appartement de la sunajin avait tout de même eu l'air hésitante, tout autant qu'elle avait été lente et pleine de songe.

Alors qu'il arriva enfin dans la rue correspondante à l'adresse, il aperçut de la lumière, qui perçait au travers de la fenêtre de la jeune femme. Il resta là un bon quart d'heure. "Ce n'est pas le moment d'abandonner..."

Soudainement, alors qu'il avait son doigt posé sur la sonnette, la lumière s'éteignit. La surprise le fit sursauter et maladroitement, il pressa tout de même le bouton.

"Oh non... Elle va me rejeter, c'est sûr maintenant !"

Il affichait une tête extrêmement révélatrice de sa surprise et de son regret. Comme si on venait de lui apprendre qu'il avait un cancer incurable, il se tenait là, devant la porte et se perdait dans des pensées angoissantes.

       


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Re: ~ De l'envie et du désir ~    Ven 25 Nov - 15:27





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DE L'ENVIE ET DU DESIR.
 

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Il est deux heures de l'après-midi et je ne songe pas encore à me lever. Mes précédentes journées d'administrations furent toutes autant ennuyeuses que moralement éprouvantes. Mais aujourd'hui, je compte rester enfermée dans mon appartement. Je suis réveillée depuis midi et je n'aie même pas faim. Je jette un coup d'oeil sur ma table de chevet, et m'aperçois du vacarme que j'y est laissé. Comme d'habitude, mes vêtements traînent ici et là, et Chi Satsubatsu, mon arme si coûteuse et unique, est à peu près rangée dans son fourreau, reposant sur le plancher, au beau milieu de la pièce.
Je me lève, ajuste la bretelle droite de mon débardeur, la hauteur de mon short, et m'étire. Ce n'est pas parce que je n'ai rien à faire aujourd'hui que je dois trop me laisser aller. Ma forme physique est bien trop importante et même si je ne suis pas d'astreinte, je ne dois pas oublier mes exercices quotidiens.

Une fois bien réveillée, je me prépare un café et m'affale sur le canapé de ma pièce à vivre. Quelques bouquins d'histoires et de leçons avancées de Ninpô figurent sur ma table basse, et j'en prends deux. J'éprouve le besoin d'améliorer mes connaissances en géo-politique, et je passerai donc ma journée à lire et à méditer. Des choses que je n'ai plus eues le temps de faire depuis bien longtemps. Je profite du calme pour me ressourcer, et à seize heures tapantes, on sonne à ma porte. J'enfile un kimono mal noué pour paraître à peu près présentable devant ma très aimable voisine du dessous. La septuagénaire vient m'apporter des restes de bons repas faits maison, mais ne reste pas. Je mange quelques sushis tout en poursuivant la lecture des deux bouquins que j'ai sélectionnée pour aujourd'hui, et je ne vois pas le temps passer.

Le soir, avant de m'endormir, j'ai pour habitude de mettre un peu d'encens et de méditer longuement. Je pense à toute sorte de choses, et c'est dans ces moments de solitude positive que j'arrive à me poser les bonnes questions, pour ensuite arriver aux meilleures conclusions possibles. C'est en faisant le vide dans mon esprit que je parviens à me débarrasser de tout ce que j'estime inutile ou dépassé. Un travail rude nécessitant de bons jugements et beaucoup d'audace. A une heure du matin, je sens la fatigue montée et tirer mes paupières vers le bas. Je fais quelques assouplissements et éteint la lumière de ma chambre. A peine ceci fait, j'entends la sonnette stridente de mon appartement retentir, et je sursaute. Je ne m'attendais pas à de la visite à une heure si tardive, et je grommelle. J'espère pas qu'il s'agit d'un shinobi, ni d'un client ayant besoin de mon aide pour le début d'une enquête. Ce soir, je n'aie pas envie d'en baver, ni de prendre part à une situation minable relatant de nouveaux crimes illustres et sordides. J'ai besoin de calme, et de prendre un peu mes distances.

Je me lève et renfile de nouveau un kimono bleu acier que cette fois, je noue solidement. Je ne tiens pas à ce que mes semblables sachent avec quels vêtements je dors ou traîne dans mon domicile. J'attache mes cheveux complètement ébouriffés avec un élastique traînant par terre, et mon orteil tape contre le fourreau solide de Chi Satsubatsu.

" Kuso...! " Je respire un coup pour me calmer, et surtout pour calmer mes suppositions issues de mon mécontentement.

J'ouvre la porte, et avec étonnement, je vois Gaara à mon seuil, avec une expression emplie de panique. Je sourie et ne me gêne pas pour laisser échapper un bâillement. J'aurais sans doute préférée une visite moins tardive, mais soit. Je lui avais dit il y a quelques jours qu'il était le bienvenu, et je sais que le démon Tanuki l'empêche de trouver le sommeil. Je ne peux pas lui en tenir rigueur, en le voyant tenter d'occuper et d'apaiser sa nuit. Je lui fais signe de rentrer.

" J'ai pas d'thé. Eau ou café moulu ? " Lui demande-je, en lui indiquant mon canapé. Puisque je ne suis sans doute pas partie pour dormir de si tôt, je me fais réchauffer un café. Mon regard est faible et a du mal à faire face à la lumière intense de ma pièce. J'allume quelques bougies pour plonger la pièce dans la pénombre, et me sentir plus à l'aise. Si ce n'est que Sabaku no Gaara, jeune garçon qui n'a aucun lien avec le département des enquêtes et des stratégies militaires, alors je peux détacher mes cheveux. Je tire une chaise pour m'asseoir face à lui, juste séparés par ma table basse sur laquelle trône quelques restes de sushis, et mes livres.

" Sers-toi, hein. Ils sont encore frais. Enfin, du poisson à cette heure-ci... "

Une erreur que je ne répéterai pas au risque de ne plus pouvoir apprécier mon café. Je monte mes pieds sur le rebord de ma chaise pour me recroqueviller. C'est dans cette position que je me sens le mieux.

" Ca va ? Tu passes une nuit difficile ? Désolée, pour la dégaine... Je m'attendais pas à de la visite. Fais comme chez toi. "

C'est le bazar, car mon train de vie ne me permet pas toujours de prendre soin de mon appartement. Des vêtements ici et là, des bols encore tâchés de sauces diverses, des livres entre-ouverts et cornés. Je n'ai rien d'une femme très soigneuse ni matérialiste. Il y a d'ailleurs très peu de décorations dans mon appartement. Pas de plantes ni d'ornements, juste quelques tableaux de quelques paysages traditionnels peints à l'aquarelle. Pas de portraits de familles, ni d'autres décorations de meubles. Je mène une vie de bohème, et c'est bien chez moi que l'on peut présager de mon insouciance insoupçonnée. Qui pouvait imaginer qu'une méticuleuse enquêtrice et ancienne assassine de renom puisse vivre dans un pareil bazar ?
Je n'ai pas l'habitude de recevoir des invités, et je suis un peu gênée. C'est tout de même trop tard pour paraître ordonnée, et il n'est certainement pas l'heure pour moi de mettre un peu d'ordre.

" C'est le Shukaku qui te flanque une peur comme ça ? Respire, tu es en sécurité. "

Que je peux être niaise. Ce ne doit pas être facile pour lui de franchir le pas. Il doit être certainement bien plus embarrassé que moi. Je n'espère pas avoir fait une gaffe en faisant mention du bijuu, mais il va néanmoins devoir s'habituer à y faire face en ma présence. Ce sujet est loin d'être un tabou pour moi, si bien que le démon est pour moi rien qu'un simple habitant supplémentaire sous mon toit. Je pense simplement qu'aucun danger ne me fera plus peur que ceux auxquels j'ai eue à faire, et que tout démon intérieur se doit d'être vaincu.




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Re: ~ De l'envie et du désir ~    Ven 25 Nov - 16:55


   
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Quand la jeune femme ouvra la porte elle était vêtue simplement de son kimono bleu et d'un débardeur. Ses cheveux était attachés, ce qui lui donnait un air rigoureux : quand les femmes s'attachent les cheveux, c'est généralement signe de sérieux. A vrai dire, cela lui donnait un air sensuel et plus d'un aurait saigné du nez, mais la sexualité n'intéressait pas Gaara et ce n'était encore bien moins la raison de sa venue.

Le bruit de la serrure qui cliqueta avait attiré son regard et le sortait déjà à moitié de ses songes, mais le renda encore plus angoissé. Le son produit n'avait rien de rassurant en sa brièveté, qui témoignait pour Gaara un énervement. Il hésita pour tout dire à détaler, mais la porte s'ouvrit avant même qu'il se ne se retourne.

La porte ouvrait donc sur Shishiro Sera qui pouvait passer pour une simple fonctionnaire mais qui en réalité était bien plus, surtout dans les espoirs du jeune garçon. Gaara, pour dire vrai, regarda premièrement derrière sa future hôte. Le sabre qui gisait au sol à moitié dégainé attirait son attention. C'était un peu irrespectueux en soi de sonner à une heure si tardive et en ayant même pas la décence de regarder la personne dérangée dans les yeux, mais à quoi vous attendiez vous d'un adolescent, qui a toujours été socialement rejeté ?

La jeune femme s'écarta pour le laisser passer tout en lui faisant signe de rentrer. Le moment le plus dur était passé. Toute l'angoisse qu'il avait ressenti redescendit d'un coup et il ressentit en lui une once de courage. Il avança de quelque pas tandis que ses sourcils se froncèrent.

_J'ai pas d'thé. Eau ou café moulu ?

Shishiro lui tournait le dos. C'est étrange, peu de personne ose le faire. Ainsi, elle ne voyait pas son regard de tueur et lui indiquait le canapé de la main. Gaara n'eut cure de son invitation à s'asseoir.

L'enfant qui n'aime que lui n'avait toujours pas prononcé un mot alors que le café de son hôte avait déjà eu le temps de se réchauffer et que cette dernière avait rallumé quelques bougies pour chasser la pénombre qui ne collait pas du tout au contexte. La bureaucrate semblait ignorer au plus haut point le regard pesant du jinchuriki.

"Elle... Elle s'en fiche de moi ! C'est encore une comédie ?!" [Il serrait les poings.]
"Non, non, elle n'a juste pas peur de toi, je peux lui faire confiance." [Sa tête chuta violemment vers le bas et quelques instants après, il alla se positionner devant la fenêtre pour regarder en dehors, en direction du bureau de son père.]

Devant la fenêtre, Gaara songeait au village qui le craint et qui le hait. Shishiro lui proposa de quoi grignoter mais il ne dédaigna même pas regarder ce qu'on lui proposait. Jusque là encore, il n'avait pas ouvert la bouche. Sous ses pieds traînait une culotte de la jeune femme : elle avait du tomber de la machine à laver quand elle l'a mise en route ou quand elle l'en a sorti justement. Gaara ne notifia pas la lingerie.

_Ca va ? Tu passes une nuit difficile ? Désolée, pour la dégaine... Je m'attendais pas à de la visite. Fais comme chez toi.

_Dégaine... Rengaine plutôt ton arme, on ne vous apprends pas à être méticuleux sur le matériel ninja ?
[Ce reproche lancé à Shishiro s'adressait à la mauvaise personne. Ici, Gaara voulait souligner son exclusion en utilisant la deuxième personne du pluriel pour définir le groupe auquel il appartient pourtant, or Shishiro n'y était pour rien.] Je ne passe pas une nuit difficile, je vis difficilement. Cette nuit est comme les autres... dans cette prison.

_C'est le Shukaku qui te flanque une peur comme ça ? Respire, tu es en sécurité.

Sécurité. Ce mot. Une soudaine envie d'ensevelir -non- d'écrouler le bâtiment l'envahit soudainement. Ce sentiment était plus la manifestation du démon qui s'était reconnu que la volonté de Gaara. Habitué, le jeune homme refoula le chakra du démon. Cela dit, il était un peu d'accord avec l'énervement de son hôte et il partageait plus que son corps avec lui : il partageait également son avis sur le sujet.

_Sécurité... C'est ce à quoi je devrais vous servir... C'est ce que je vous procure, mais c'est ce que je froisse chaque nuit... MAIS MOI ! PERSONNE NE M'A JAMAIS DEMANDE MON AVIS ?! POURQUOI ?! POURQUOI EST-CE QU'UN PERE CHOISIT DE MAUDIR SON PROPRE FILS ?! [Comme chaque nuit, il se mit à sangloter. Sa voix était déformé, comme si plusieurs personne parlait en même temps ; sa voix était vraiment désagréable à entendre.]

A présent, c'était son genou qui était venu se poser sur le slip de la sexy Shishiro. Gaara se tenait la tête et aggrippait ses cheveux.

_Ai-aide-moi ! Tu as promis que tu pourrais m'aider, prouve-moi que c'est vrai ou je te tuerai ! Comme Yashamaru ! J'ai tant de questions ! Tu dois répondre ! Ce qu'a dit ce Kageshi l'autre jour à propos de ma mère, de quoi voulait-il parler, le sais-tu ?! Pourquoi est-ce que Shukaku vous a laissé m'approcher !?


       


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Re: ~ De l'envie et du désir ~    Ven 25 Nov - 19:27





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DE L'ENVIE ET DU DESIR.
 

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J'ai été habituée à voir des gens s'énerver contre moi. La plupart du temps, il s'agissait de criminels qui voyaient leurs derniers instants arrivés, lorsque ma lame fumait d'une sanglante exécution. Il y avait également d'autres cas, comme lorsque j'avais brisée la couverture presque infaillible d'un politique profitant de quelques détournements de fonds pour alimenter certaines bandes organisées, tout en pouvant y tirer profits. Tous étaient à cran, et tous désiraient me tuer, même avec des tendons sectionnés. Je connais la haine, le sentiment de vengeance, et pendant longtemps, ma force motrice n'émanait que de sentiments et d'émotions négatives. Mais grâce à tout ça, je n'ai plus peur ni de la douleur, ni du danger. Je me sais persévérante et astucieuse, et qu'importe ce qui peut m'arriver, je sais également que mon but altruiste se doit d'être atteint, car mon intégrité et mon honneur sont en jeu.

Je remarque quelques manifestations d'énergies répétées. Les mêmes que la dernière fois, émanant du Shukaku, et sans doute voit-il dans mon indifférence un semblant de volonté de persécution. Pourtant, démon ou pas, je n'attaque que très peu d'importance à cette forme de vie, et ce volontairement. Et si c'était ça, la clé ? Et si il fallait que Gaara accepte sa part maudite pour trouver la paix ? J'en viens à conclure, sans pour autant en faire immédiatement part, que le Bijû est une forme de vie légitime, possédant un véritable nom au-delà de ceux que les hommes au fil des décennies ont pu lui attribués. Pour en avoir le cœur net, je vais continuer à agir comme bon me semble, avec ces quelques suspicions qui à termes m'apporteront des réponses.

" Dégaine... Rengaine plutôt ton arme, on ne vous apprends pas à être méticuleux sur le matériel ninja ? "

Je lève les yeux au plafond et soupir. Je comprends bien que lorsque le chakra du démon Tanuki se réveille, Gaara devient plus instable, et ressasse beaucoup plus facilement les événements les plus tragiques de ses jeunes années. Je laisse passer ce genre de réfléxions, car dès ce moment, je sais qu'il deviendra de plus en plus sensible, jusqu'à demander de l'aide. Ce ne sera qu'à ce moment que je pourrai lui parler. Pas avant. Surtout pas, au risque que la situation ne dégénère.  
J'ai laissée traînée de la lingerie par terre, et Gaara fini par tomber dessus. Ca en déstabiliserait plus d'un de voir qu'une femme qui plaît peut se montrer aussi peu secrète sur certains aspects. Cependant, pour moi, il ne s'agit que d'un vêtement. Et beaucoup d'entre-eux ont étés recousus après avoir été réduits en charpies lors de missions périlleuses. Je crois en avoir également beaucoup jetés.

Un seul mot éveille en Gaara une sorte de mépris qu'il semble partager avec son colocataire. Sa voix se confond avec celle de la créature, pour prendre une dimension glauque. Je pensais avoir tout connu de la dimension psychologique d'une personne torturée, mais là, je suis un peu surprise. Mes yeux s'écarquillent un bref instant, avant que je ne déplie mes jambes et ajuste la frange de mon kimono pour couvrir mes jambes. Je me lève lentement tandis que le jeune jônin cède de la façon que j'avais présagée il y a quelques instants. Malgré la menace de mort lancée avec effroi, je ne réagis pas. Je reste calme et dans mes réflexions. Je regarde mon pair avec fermeté. Je veux qu'il comprenne que rien ne me fera reculer, si bien que j'avance lentement d'un pas, les bras ballants. Je m'attendais à ce que cette visite devienne agitée, et j'ai toujours une longueur d'avance. J'écoute Gaara tout en me déplaçant jusqu'aux meubles de ma bibliothèque bien décorée. L'un des seuls meubles qui orne les murs de mon salon. Je jette un livre à ses pieds, tandis qu'il se tient les cheveux. Il existe des ouvrages mentionnant les mythes des Bijû. Quelques ermites ont faits des travaux de recherches incroyables, et même si la poésie de certains mythes peuvent rendre floues leurs réelles prédispositions et faire douter de leur existence, j'ai pu obtenir suffisamment d'informations pour savoir qu'il existe neufs démons à queues éparpillés dans le monde. Les Récits du Désert écrits il y a vingt ans expliquent très bien les caractéristiques du démon enfermé dans Gaara.

" Kageshi a dit ça parce qu'il a certainement vu le kanji inscrit sur ton front, qui signifie " amour ". Et de toute évidence, Gaara, ce n'est pas Ichibi qui te permet de contrôler le sable, mais l'esprit de ta mère. Sinon, jamais on aurait pu t'approcher. "

Je m'assois à silencieusement à côté de lui, et pose tendrement ma main sur le haut de son dos. De l'autre main, j'attrape le bouquin. Sur la page de gauche, un dessin à l'encre de chine représente le Ichibi et sur la page de droite sont notées des constats et des hypothèses convaincantes quant aux séquelles que connaît le jinchuriki. Ces hypothèses s'avèrent juste, puisque Gaara est voué à ce qui est mentionné.

" La présence du Shukaku offre une maîtrise parfaite du sable et donne une défense automatique: une barrière de sable qui se dresse avant chaque impact. En contrepartie, le démon se réveille chaque fois que son hôte s'endort. A force de veiller plusieurs années, l'hôte finit par avoir des séquelles physiques et psychologiques : il développe une personnalité instable et finit souvent par haïr ses semblables. Je suis la même quand je manque de sommeil... " Un peu de légèreté à la fin de ces explications me permet de dédramatiser la situation, et de prouver que je suis décidée à aider mon invité. Mais je suis convaincue qu'un récit ne l'aidera pas à reprendre le pas, et je suis donc décidée à redoubler d'efforts. Je pose le bouquin sur ma table basse, reprend mon café et m'adosse à nouveau sur le canapé. Je ne bénéficie que du temps d'une brève gorgée pour réfléchir.


" Entre-nous, Gaara, je ne cautionne pas le fait que tu sois une arme de dissuasion, et je te l'ai déjà dis quand on s'est rencontrés il y a quelques jours. Pour être franche, je te vois en tant qu'humain. Jinchuriki ou pas, j'en ai rien à faire de ces histoires. Je ne sais pas pourquoi Shukaku m'a laissée t'approcher car de toute évidence, il a toujours son mot à dire. Cependant, Gaara, vous avez quelque chose en commun. Ce démon a toujours été persécuté, comme d'autres peut-être. Il est vu comme un monstre à la puissance destructrice immense et alors, je vous pose la question à tous les deux : si c'était ça, le problème ? En devenant son hôte, tu es passé par les mêmes choses que lui. Et pourtant, que connaît-on de lui ? J'ai trouvée des bouquins à son propos, mais rien sur sa naissance et pourtant, c'est un être vivant doté d'un corps et d'une conscience. Comment est-il né ? A quoi est-il prédestiné ? Ton père t'as peut-être donné, involontairement, une opportunité que d'autres ne peuvent pas saisir. Tu crains le Tanuki comme tous les autres par le passé; alors pourquoi devrait-il ne pas se défendre ? Comment réagirais-tu, si tu habitais une cage étroite ? Ne serais-tu pas toi aussi en colère ? "

Je termine mon café, pose promptement ma tasse sur la table basse et me saisis d'une des mains de Gaara, avec force, pour l'obliger à se confronter à mon regard. Je pense avoir touchée à quelque chose de pertinent, en me préoccupant autant de Gaara que de la mystérieuse créature qui l'habite. Mes idées continuent de venir, et tandis que je sers toujours plus fortement la main de Gaara dans les miennes, je poursuis sereinement :

" N'est-ce pas évident ? Ichibi no Tanuki, le démon du sable, a-t-il ne serait-ce qu'une fois pu faire un pas vers l'homme ? De quelle lignée descend-t-il ? Qui a bien pu lui donner la vie ? Quant à toi, Sabaku no Gaara, il est certain que l'âme de ta mère repose dans les grains de sable que tu manipules. Elle sera à jamais à tes côtés, et c'est bel et bien son amour qui te protège. Gaara, lorsque tu es entré dans mon appartement et qu'Ichibi a remarqué mon indifférence, son chakra s'est manifesté. Il sait que je n'ai pas peur de lui. C'est peut-être pour ça qu'il me laisse t'approcher, et aussi parce que je suis persuadée qu'au fond, cette créature, malgré son fort tempérament, n'est pas aussi mauvaise qu'on veut nous le faire croire. Je suis certaine qu'il existe d'autres Jinchuriki, et que d'autres démons sont eux aussi persécutés. N'est-ce pas le propre de l'homme que de craindre un immense potentiel de destruction, mais de vouloir tout de même se l'approprier ? Des sceaux permettent d'enfermer des démons dans des êtres humains, dont la vie est sacrifiée pour qu'ils deviennent des armes vivantes. De ce fait, si les démons ont alors une conscience, je pense qu'ils ont alors toutes les raisons de craindre les véritables démons de ce monde. "

Je m'arrête. J'ai pu aller au bout de mes idées. Tout devient claire, et je comprends mieux les enjeux de chaque alliance. De toute évidence, les Bijû sont au centre des préoccupations, et le meilleur moyen pour qu'un pays devienne plus puissant qu'un autre est d'en posséder un à sa botte. Gaara en est la preuve la plus concrète, si bien qu'il me paraît logique qu'une arme vivante ne puisse grandir comme un individu normal. Finalement, je suis amenée vers une nouvelle enquête, et cette fois hors du commun. Je découvre des choses plus profondes, mystiques, démesurées. J'ai par la même occasion l'impression que mon rôle en tant que ninja prend de l'ampleur. Suis-je la seule à penser tout cela ? Suis-je la seule qui en ce moment, accorde de l'importance à une forme de vie jusqu'à là crainte et jugée dangereuse ? Dois-je en garder le secret ? Bien sûr. Pour Gaara, pour sa propre sécurité et sa propre tranquillité, je ne dois pas faire part de toutes ces idées. J'ai l'impression de pointer quelque chose d'important, d'avoir mis en valeur d'anciens secrets dont le démon a peut-être connaissance. Si tel est le cas, je dois garder le silence. Je pense qu'après tout ce que j'ai vu des hommes, aucun d'eux n'est prêt à entrer en réel contact avec un Bijû.


" Ce n'est pas que je peux t'aider Gaara, mais c'est ce que je veux faire. Qu'importe si mon corps doit servir de catalyseur d'énergie. Tu es quelqu'un de bien, et tu es une personne qui mérite un bien meilleur sort tout comme l'être qui t'habite. A nous trois, nous pourrions changer vos destins. Ton père ne s'est jamais posé cette question : et si un enfant était voué à accomplir autre chose que ce à quoi la société le destinait ? Et si être un Jinchuriki n'était pas un sacrifice, mais un don ? Humain, animal ou créature mystique, personne ne doit servir d'arme ou d'objet. "




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Re: ~ De l'envie et du désir ~    Sam 26 Nov - 14:28


   
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Au sol, un livre glisse et vient se taper contre son genou, le slip sur lequel Gaara s'était agenouillé se coince entre sa rotule et la couverture du bouquin. La couverture est de couleur bordeaux et il est inscrit en jaune orangé "Les Récits du Désert". Cela rappelle à l'adolescent son environnement, mais aussi la couleur du Tanuki dont il est la cage. A l'autre bout de la pièce, Shishiro Sera ; elle se tient droite et son visage affiche fermeté. Elle n'a pas peur malgré ses hurlements et les menaces de mort qu'il a proliféré. Cette femme a du cran et en a vu passer d'autres, des menaces de ce genre.

Son regard pesant sur la tête du jeune homme, elle lui répond d'un ton sarcastique que le Kanji qu'il s'est "auto"-infligé n'est sûrement pas l'oeuvre du Tanuki qui n'aime que lui et surtout pas son hôte, ou plutôt sa cage.

Rapidement, c'est sa main qui se mit à présent à peser sur Gaara, mais d'une toute autre manière. De l'autre main, elle saisit le livre que son invité contemplait. Shishiro ouvrit le livre sur une page où était illustré Ichibi à côté de notes. Le jônin regardait du coin de l'oeil et essuyait les larmes de ses joues avec l'autre bras. "Elle...E-Elle ne m'a pas menti ! Elle sait des choses..."

_La présence du Shukaku offre une maîtrise parfaite du sable et donne une défense automatique: une barrière de sable qui se dresse avant chaque impact. En contrepartie, le démon se réveille chaque fois que son hôte s'endort. A force de veiller plusieurs années, l'hôte finit par avoir des séquelles physiques et psychologiques : il développe une personnalité instable et finit souvent par haïr ses semblables. Je suis la même quand je manque de sommeil...

"Qu-Oui... N-nous sommes les mêmes, nous avons tous les deux beaucoup de points communs !"


_N'y a-t-il rien dans ce livre pour apprendre à le contrôler ?! [S'exprima-t-il d'un ton agacé et impatient.]

Gaara la suivait du regard alors qu'elle se releva pour se rasseoir sur son canapé, agrippant sa tasse de café au passage. Elle avait posé le livre sur la dite table devant elle et alors qu'elle but une gorgée, ses yeux fermés trahissait un songe et exigeait la patience du jinchuriki. Il faut croire que l'attitude de la jeune femme réussissait à le calmer efficacement, quoi qu'elle fasse. Qu'elle ne réponde pas à ses provocations et qu'elle n'en ait pas peur, qu'elle vienne lui témoigner de l'affection ou même qu'elle le laisse rentrer si loin dans son intimité qu'elle laisse traîner ses sous-vêtements à la vue du jeune homme, qui, finalement, lui est plutôt inconnu -tout le monde le connaît, mais que de réputation, pas personnellement- , Sera arrivait à apaiser le garçon et le tanuki, à ce qui paraissait.

_Entre-nous, Gaara, je ne cautionne pas le fait que tu sois une arme de dissuasion, et je te l'ai déjà dis quand on s'est rencontrés il y a quelques jours. Pour être franche, je te vois en tant qu'humain. Jinchuriki ou pas, j'en ai rien à faire de ces histoires. Je ne sais pas pourquoi Shukaku m'a laissée t'approcher car de toute évidence, il a toujours son mot à dire. Cependant, Gaara, vous avez quelque chose en commun. Ce démon a toujours été persécuté, comme d'autres peut-être. Il est vu comme un monstre à la puissance destructrice immense et alors, je vous pose la question à tous les deux : si c'était ça, le problème ? En devenant son hôte, tu es passé par les mêmes choses que lui. Et pourtant, que connaît-on de lui ? J'ai trouvée des bouquins à son propos, mais rien sur sa naissance et pourtant, c'est un être vivant doté d'un corps et d'une conscience. Comment est-il né ? A quoi est-il prédestiné ? Ton père t'as peut-être donné, involontairement, une opportunité que d'autres ne peuvent pas saisir. Tu crains le Tanuki comme tous les autres par le passé; alors pourquoi devrait-il ne pas se défendre ? Comment réagirais-tu, si tu habitais une cage étroite ? Ne serais-tu pas toi aussi en colère ?

La pression qu'elle exerça soudainement sur la main de Gaara était si intense qu'il put ressentir la chaleur de cette dernière au travers du sable qui recouvre entièrement son corps. Une sensation parcourra tout son corps. Les yeux plissés, le regard de la jônin arrivait tout de même à pénétrer le regard de son invité. Il semblait désemparé de l'intensité qu'elle impliquait à la tâche, personne ne l'avait regardé autrement qu'avec du mépris ou de la peur. Même si l'enfant du sable la regardait d'un air méchant et sauvage, elle continuait sereinement.

_N'est-ce pas évident ? Ichibi no Tanuki, le démon du sable, a-t-il ne serait-ce qu'une fois pu faire un pas vers l'homme ? De quelle lignée descend-t-il ? Qui a bien pu lui donner la vie ? Quant à toi, Sabaku no Gaara, il est certain que l'âme de ta mère repose dans les grains de sable que tu manipules. Elle sera à jamais à tes côtés, et c'est bel et bien son amour qui te protège. Gaara, lorsque tu es entré dans mon appartement et qu'Ichibi a remarqué mon indifférence, son chakra s'est manifesté. Il sait que je n'ai pas peur de lui. C'est peut-être pour ça qu'il me laisse t'approcher, et aussi parce que je suis persuadée qu'au fond, cette créature, malgré son fort tempérament, n'est pas aussi mauvaise qu'on veut nous le faire croire. Je suis certaine qu'il existe d'autres Jinchuriki, et que d'autres démons sont eux aussi persécutés. N'est-ce pas le propre de l'homme que de craindre un immense potentiel de destruction, mais de vouloir tout de même se l'approprier ? Des sceaux permettent d'enfermer des démons dans des êtres humains, dont la vie est sacrifiée pour qu'ils deviennent des armes vivantes. De ce fait, si les démons ont alors une conscience, je pense qu'ils ont alors toutes les raisons de craindre les véritables démons de ce monde.


Le regard du jeune homme se ferma complètement et il tournait la tête comme si il ne voulait pas répondre. Cependant, il préparait une réponse. Il avait accumulé du courage depuis qu'il était rentré dans ce studio et surtout depuis que sa nouvelle amie lui tenait la main. Peu à peu, il la considérait vraiment comme tel et espérait que c'était réciproque. Allait-ce lui jouer des tours ?! C'était la question qu'il se posait tout de même, l'image de Yashamaru apparaissait dans sa tête. Elle disparut aussi lorsque Shishiro Sera continua :

_Ce n'est pas que je peux t'aider Gaara, mais c'est ce que je veux faire. Qu'importe si mon corps doit servir de catalyseur d'énergie. Tu es quelqu'un de bien, et tu es une personne qui mérite un bien meilleur sort tout comme l'être qui t'habite. A nous trois, nous pourrions changer vos destins. Ton père ne s'est jamais posé cette question : et si un enfant était voué à accomplir autre chose que ce à quoi la société le destinait ? Et si être un Jinchuriki n'était pas un sacrifice, mais un don ? Humain, animal ou créature mystique, personne ne doit servir d'arme ou d'objet.


"Changer ma destinée ?..."

_Pour te répondre, je ne suis pas considéré comme un humain, mais comme une prison, un coffre pour le démon aux yeux du village. Plus exactement comme une boîte de Pandore dans Pandore elle-même... Une telle personne n'a pas de destinée... On ne m'a pas laissé le choix, j'ai déjà une fonction depuis ma naissance... De plus, toi tu n'as pas peur, mais moi... Je reconnais que... Mhmm... Tu as raison, je n'ai jamais communiqu-


Il ferma les yeux subitement. Ses coudes ont dû le rattraper au sol pour éviter qu'il se cogne la tête tellement la crampe qu'il subissait au niveau de l'estomac était intense. Au niveau de son faciès, son armure de sable permanente tomba au sol. Le bruit qu'elle émettait avait quelque chose d'agréable, comme le bruit d'un sablier. Un instant et quelques grognements plus tard, Gaara releva la tête, mais ce n'était plus lui. Son armure de sable était revenu subitement au niveau de son visage et avait pris la forme d'un canidé. Son apparence était alors déformé, deux oreilles s'élevaient au dessus de son crâne et ses yeux étaient noirs ; dans ceux-ci brillaient deux croix jaunes. La partie droite de sa mâchoire comportait à présent des canines de sables tandis que l'autre côté de celle-ci était resté intacte. Le kanji sur le front de Gaara s'était dédoublé et transformé, eux-aussi. A présent, le jinchuriki affichait ces Kanji : "守鶴".

_Bonsoir... hahaha !!! Tu m'as tout l'air d'être une humaine particulière, dis-moi ? Es-tu, toi aussi, un Jinchuriki ? Que connais-tu de nous autres, fils du Rikudo Sennin ? Et pour finir... Comment pourrais-tu m'aider, moi, Shukaku de mon vrai nom... Hahaha... Ichibi, Tanuki, ces appellations débiles et irrespectueuses !

La scène était morbide. Entre-temps, une queue écailleuse s'était formée sur le cul de la jarre du jônin. Les bras de Gaara étaient ballants, comme si il attendait une prise de sang de chaque côté. Il était agenouillé et sa transformation avait craquelé certaines parties de sa peau. Le craquèlement avait foutu du sable partout et si Gaara n'aiderait pas son hôte par la suite à nettoyer, cette dernière allait en avoir pour un bon bout de temps avant de virer tous ces grains de sables. La scène était morbide, oui, mais Ichibi ne semblait pas vouloir agresser Shishiro.



       


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Re: ~ De l'envie et du désir ~    Lun 28 Nov - 19:05





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DE L'ENVIE ET DU DESIR.
 

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Tandis que Gaara prend le temps de me répondre, je sens l'énergie du Bijû s'éveiller à nouveau, et cette fois-ci beaucoup plus densément. Le garçon perd alors soudainement le contrôle de son corps, torturé par une crampe l'obligeant à se refermer sur lui-même. Je sais donc ce qu'il va se passer, et de toute évidence, Ichibi lui-même est décidé à me répondre. Les réflexes d'un shinobi auraient été de reculer de quelques pas en arrière, mais pas moi. Je suis confiante et je viens d'obtenir ce que je voulais. Le démon est entrain de se révéler, et la métamorphose que subit le corps de son hôte le prouve. Peu à peu, l'armure de sable entourant normalement Gaara prend la forme d'un chien viverrin, sous des traits beaucoup plus diaboliques que ceux illustrés dans les contes et les mythes.  

Les deux grandes pupilles jaunes de Shukaku m'observent. C'est la première fois que j'assiste à l'apparition partielle d'un Bijû. Je comprends également que sa simple manifestation provoque chez Gaara de terribles douleurs physiques. Il s'adresse à moi de sa voix désaccordée et sournoise. Cependant, il ne semble pas me vouloir du mal. Je me lève pour lui faire face et très vite, j'obtiens une information que j'estime cruciale : les démons à queues se considèrent comme les fils du Rikudo Sennin, celui même à qui l'on doit ce monde. Je me sens à la fois honorée et angoissée. Je n'aie pas peur de la force du Shukaku, mais j'aie peur pour cet immeuble. Il y a beaucoup de personnes innocentes ici, et si la créature le désire, elle pourrait tout détruire d'un simple mouvement. Je vais devoir me montrer à la hauteur car si on n'en est arrivé là, c'est uniquement parce que je le voulais. Il faut que je continue à garder la tête froide, à ne pas craindre ce Bijû et lui répondre de la façon la plus sincère possible. C'est maintenant une lutte psychologique, et bien plus grande que celles que j'ai pu connaître.
Un gigantesque lit de sable commence à recouvrir le sol de mon appartement. Tout ce qui traînait par terre est enseveli. Néanmoins, j'ai quelques tours dans mon sac : en tant qu'enquêtrice, je possède une excellente mémoire visuelle, et c'est ce pourquoi je n'ai ni déviée mon regard du Shukaku, ni cherchée à anticiper une éventuelle riposte. Je possède des facultés de perception visuo-spatiale hors normes parfaitement coordonnées avec mes habiletés motrices cervicales et rachidiennes. Je bénéficie donc d'une parfaite connaissance de l'emplacement de chaque objet posé dans cette pièce, en plus de bénéficier d'un excellent contrôle musculaire. En cela, mes capacités neurologiques affectent ma réceptivité à la myostatine, une protéine qui régule la croissance musculaire. Je suis capable de légèrement prolonger mes efforts, et c'est également pour ça que je suis confiante face au démon. Je détiens des atouts stratégiques me permettant de faire face à tout types de situations, et c'est ce qui fait de moi une excellente enquêtrice en plus d'une assassine hors-pair.

« Merci. Tu as l'air d'un Bijû particulier. » Dis-je avec un léger sourire en coin. Je m'incline légèrement en signe de respect. Le Shukaku, l'un des neuf fils du Rikudo Sennin me fait face, ce qui veut dire que je suis en présence d'une parcelle de la divinité ayant forgée le monde ninja. D'après de nombreuses légendes, celui que l'on surnomme également « Le Sage des Six Chemins » serait à l'origine du monde et le créateur du Ninjutsu. Il aurait été le premier Shinobi au sens actuel du terme. Néanmoins, qu'il s'agisse du mysticisme ou de quelconque ordre hiérarchique, je n'aie pas l'habitude de me priver ni de mâcher mes mots. Je vais donc répondre au Shukaku comme je répondrais à Gaara.


« Bonsoir... ahahah !!! » Ricane-t-il, devant mon impassibilité. Je dois rester concentrée. Je veux également qu'il me livre d'autres connaissances. J'ai la meilleure opportunité pour comprendre ce qu'est réellement un Bijû, et peut-être pour en connaître plus sur ces légendes qui s'avèrent finalement vraies. Je me sens privilégiée, et mon signe de respect, bien que sincère, possède un double sens : même si je respecte l'être devant moi, je veux aussi qu'il me fasse confiance et continue d'être aussi bavard. C'est décidé, je suis cette fois-ci en pleine investigation. Qu'importe si je ne porte pas de vêtements ni d'armes pouvant me protéger de l'éventuelle menace. Je me sens capable de tout anticiper et par ailleurs, je possède une affinité qui pourrait bien m'aider à reprendre possession de mon appartement. Je ne suis pas méfiante, mais tout simplement prévoyante. J'aie pris l'habitude d'avoir une longueur d'avance sur les autres, car en sept ans de métier, jamais je n'avais eue d'autres choses à penser.

« Konbanwa. » Je réponds simplement, sans exagération.

« Je ne suis pas une Jinchuriki, car en connaissant les méthodes que cela implique, ça ne me réjouis pas. Et toi non plus apparemment. »

Devoir user d'un sceau et d'un sacrifice pour enfermer un démon qui a priori est un être libre. Très peu pour moi. Le sacrifice est une chose que je connais bien et qu'importe sa forme, je ne le tolère pas. Je poursuis : « … Mais je suis peut-être une humaine particulière. Je ne suis pas intéressée par ce que les autres pensent de toi. Pour être exacte, je veux me faire ma propre opinion. Je ne connais rien des autres Bijû, mais je sais qu'ils sont au nombre de neuf et que certains d'entre eux sont peut-être aussi scellés. D'autres sont peut-être en liberté. Ce que je comprends néanmoins, c'est que contrairement au Rikudo Sennin, vous êtes devenus des cibles. Des conflits naissent, et certains villages tentent peut-être de se servir de vous comme arme de dissuasion. Mais je me suis renseignée sur le sujet après avoir rencontrée Gaara. Je sais selon la légende que le Rikudo Sennin voulait apporter la paix et l'ordre dans un monde chaotique. Si cette légende s'avère vraie, c'était donc un être de paix... »

Je me dirige vers une étagère dans laquelle je range mes spiritueux. Parmi quelques bonnes bouteilles, je me sers un fond d'un excellent whisky japonais, avant de m'asseoir sur mon fauteuil. Je suis pieds nus, et la sensation du sable sur mes pieds ne me dérange pas. Néanmoins, je sais que pour nettoyer tout ça, il va me falloir plusieurs jours.

« Comment pourrais-tu m'aider, moi, Shukaku de mon vrai nom... Hahaha... Ichibi, Tanuki, ces appellations débiles et irrespectueuses ! »

« C'est vrai. Je ne suis qu'une humaine, mais comme tu t'es aimablement présenté, je vais en faire de même : Je m'appelle Shishiro Sera, enquêtrice au sein du département des enquêtes et des stratégies d'interventions militaires. Anciennement kunoichi spécialisée dans les assassinats. J'ai été mutée après que le Conseil m'ait jugée trop efficace. En ce moment, je sers surtout de consultante... »

Je trempe mes lèvres dans mon whisky, et poursuis : « Tu as certainement entendu notre conversation avec Gaara, alors si tu veux bien, j'aimerais te poser quelques questions. »

Je croise les jambes et ajuste la raie de mon kimono pour les couvrir.

« Il faut le faire pour avoir tué autant de gens. J'ai un beau palmarès, mais toi, tu as gagné. Alors pourquoi ces massacres ? Est-ce que c'était pour te défendre ? »

Je termine mon verre d'une seule traite et le pose sèchement sur ma table basse, recouverte elle aussi de sable. Le goût corsé de mon breuvage me fait un court instant grimacer. Je m'adosse au nouveau calmement pour reprendre : « Ton vrai nom est Shukaku. Attribué par le Rikudo Sennin lui-même. Je comprends mieux pourquoi tu n'apprécies pas d'autres surnoms. Cependant, toi comme Gaara devez prendre conscience d'une chose : vous êtes liés. Si il meurt, tu meurs. Si tu meurs, il meurt. Ce n'est pas une idée très réconfortante pour une parcelle de divinité, mais c'est comme ça. Les gens ont peur, et Gaara a vécu un cauchemar. Ton pouvoir est immense ; aucun doute à avoir là-dessus. Tellement immense qu'il est indomptable. Tu en es maître et tu l'as toujours été. Alors je vais te poser quelques autres questions : pourquoi m'as-tu permise d'approcher Gaara ? Tu ne savais pas qui j'étais, lorsque nous étions présents avec Kageshi. Et si tu étais aussi cruel que ce que l'on nous rabâche, pourquoi ne m'as-tu pas tuée ? J'en viens aussi à conclure d'autres choses : si le Rikudo était un homme de paix, alors ce qu'il attend certainement de vous, ce n'est certainement pas d'assouvir vos pulsions meurtrières. Shukaku, les ninjas actuels ne te voient pas comme ton père spirituel te voyais. Ils te craignent, et ils sont persuadés que tu es un objet politique. Quoi de plus réducteur, pour un être d'essence divine... ? C'est là que je peux vous aider tous les deux. Ce que nous voulons, c'est la paix. C'est ce que le Rikudo souhaitait, c'est ce que Gaara souhaite et c'est ce pourquoi tu es né. Ce sont les inspirations de ton propre créateur. Tu as un nom, tu as été reconnu. Tu as été sauvé puis scellé à nouveau. Ce que je veux est simple : je veux que Gaara et toi deveniez des combattants au nom de la paix. Je veux que ta vie et celle de Gaara soit meilleure. Si Gaara se venge du Kazekage actuel et le tue, ça ne changera rien. Ce sera un acte de guerre et un jour ou l'autre, des ninjas armés jusqu'aux dents débarqueront pour vous tuer tous les deux... tu es à présent la force motrice d'un Jinchuriki, sur toi repose le nindo du Rikudo, et le désir de Gaara à vivre mieux. Alors, que tire-t-on de ce combat de tous les jours ? Du négatif. De la tension. Et si cependant tu acceptais la présence de Gaara, si tu acceptais de prêter ta force au service de ce qui est juste, imagine tout simplement ce que tu pourrais être : le premier bijû a guider des hommes sur le champ de bataille, à leur montrer ce que t'as enseigné le Sage des Six Chemins. C'est ce dont ils ont besoin. Tu sais, Shukaku, nous sommes perdus. Dans un désir d'ordre et de sécurité, nous nous sommes tournés vers des hommes puissants, et nous avons créés des villages cachés, puis des systèmes politiques différents. L'homme a vu qu'il pouvait devenir puissant, et a donc user du ninjutsu pour obtenir tout ce qu'il veut. Les hommes sont perdus, ils se sont divisés et se réfugient. Et pourtant, d'autres croient encore à cette paix. J'ai rencontrée un garçon qui souhaite plus que tout l'union de tous contre le véritable danger. Quel est-il ? Personne ne le sait. Je ne le sais pas non plus, mais nous avons tous de mauvais présages. »

Je me lève nonchalamment, contourne la table basse et approche du corps possédé de Gaara. Je suis déterminée à changer la donne et je crois en ce que je dis. Tout ceci fait partie de mon nindo, de celui de Naruto et de Yoru. J'ai conscience qu'en ce moment même, mon nom est entrain de s'inscrire dans l'histoire. J'ai en face de moi le Shukaku, je détiens de plus en plus d'informations sur sa genèse et c'est en partie à moi que revient l'opportunité de changer le destin de Sunagakure no Sato. Mais je ne le fais pas uniquement pour les habitants de ce village que j'apprécie. Je ne le fais pas uniquement pour Yoru, ou pour mon aimable voisine. Ou pour tout ceux que j'ai libérées du crime. Je le fais au nom de la paix, et surtout pour Gaara. Il devient un ami ; un ami comme il en existe pratiquement pas dans ma vie, et je dois le faire savoir. Je serre les poings et affûte mon regard. Divinité ou non, ma détermination ne faiblira contre aucun être. J'en ai faite la promesse.


« Gaara est mon ami, Shukaku, et il y a des gens bien ici comme ailleurs. Le choix t'appartiens de t'opposer à nous ou de nous accepter. Mais si contrairement au Rikudo Sennin ton nindo est celui de tout détruire sur ton passage ainsi que de dévorer ton hôte au lieu de lui montrer la voie, alors je m'opposerai à toi. Qu'importe ta puissance, je n'aie pas peur de toi, ni de personne. Je me relèverai. J'ai fais une promesse à Gaara, et je la tiendrai jusqu'au bout. Qu'importe ce que tu choisis de faire, je continuerai à l'aider. Tu n'es pas un ennemi, si bien que tant que nos chemins se croiseront, je continuerai à y croire. Je continuerai à croire en la paix car l'important est d'y croire. Nous briserons tous ensemble cette malédiction. Une fois la paix revenue, nous ferons tout pour la maintenir. Nous n'abandonnerons jamais, car nous n'avons pas le droit de douter. Une fois que l'on perd confiance, tout est perdu. »






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