Partagez | 
風 | Suna no Jônin
風 | Suna no Jônin
Messages : 32
Date d'inscription : 20/11/2016

Fiche Shinobi
Rang: A
Ryos: 150
PE:
0/300  (0/300)

Voir le profil de l'utilisateur
Serais-tu un mirage ? PV Ohatsu    Sam 26 Nov - 16:42


Serais-tu un mirage ?


Le pas lourd s'enfonçant dans le sable, une marche lente croulant sous l'étouffante chaleur d'un astre assassin. Les gouttes de sueur perlant sur mon front, le souffle plus prononcé. Je n'aurais jamais cru qu'une telle fournaise pouvait exister et pourtant je maîtrisais le kraton c'est un comble. Cela faisait déjà plusieurs kilomètres que j'avais sorti un petit éventail, acheté dans un magasin de Sunagakure auparavant. On peut dire qu'il était mon meilleur allié dans cette situation, me prêtant son effet rafraîchissant faisant onduler les mèches ébène de ma tignasse. Rentrant d'une mission que j'avais effectuée seule hors du pays, j'étais plus à mon aise dans les vastes forêts verdoyantes à perte de vue, les plaines où dansait le contraste des lumières se mourant à l'horizon. Le désert me semblait un lieu relativement difficile pour se repérer. Mes sens de mercenaires avaient encore de la peine à cartographier les lieux tous si semblables. Je pense qu'il s'agissait d'une question d'habitude pour les habitants du pays, sans quoi la mort les attendrait dans un lieu si hostile.

Cela faisait quelques mois que j'avais rejoint maintenant le village caché du vent, j'avais peine à croire en mon choix encore à l'heure actuelle. Moi qui me prédestinais aux plages de sables fins, l'étendue azur et le soleil tintant ses reflets aux mille couleurs à l'horizon. Une vision idyllique sans doute. Je n'ai eu que le sable finalement et pas celui escompté. Soupirante alors que je poursuivais ma route sous cette fournaise accablante. Passant mon avant-bras caché sous mes mitaines renforcées sur mon front pour retirer l’excédent de sueur je poursuivais ma route. Il me fallut encore plusieurs heures de marche pour découvrir à ma grande stupeur, une oasis. Étendue d'eau paradisiaque agrémentée de végétation dans ce lieu stérile. Subjuguée par la beauté si singulière de ce lieu, je venais frotter mes yeux pour me laisser persuader qu'il ne s'agissait pas tout simplement d'un banal mirage si commun dans la région. Pourtant non, au fur et à mesure de ma progression hasardeuse dans le sable, je voyais ce tableau naissant d'un vide naître sous mon regard bleuté.

Arrivant proche d'un palmier courbé par le poids de ses larges feuilles verdoyantes. D'un air un peu suspect, je venais laisser mes doigts sentir l'écorce particulière de cet arbre crépiter sous ces derniers. Non il ne s’agissait pas d'un genjutsu ou tout autre supercherie qui aurait sans doute eu raison de ma morale bien entamée par cette canicule. Scrutant les environs immédiats pour m'assurer d'être bien seule ici présente à fin de ne pas baisser ma garde comme à mon habitude, je venais me rapprocher de l'eau, le visage retrouvant une certaine forme de joie et d'innocence. Le liquide de la vie, sans lequel rien ne pourrait exister était tout naturellement mon élément. Où une étendue aqueuse se projette, je me sens naturellement apaisée, combative, confiante. Une douce symbiose que j'épouse d'une caresse et d'une complicité sans pareil. M'accroupissant alors au pied de cette étendue qui semblait vibrer à mon approche. Je laissais mon indexe, briser la tranquillité à peine perturbée de ce miroir de l'âme.

Penchant légèrement la tête sur le flanc, laissant ma chevelure choir sur mon épaule, je pouvais observer mon reflet. Ma main libre se posait au coin supérieur de mon œil gauche, scarifié par une ancienne cicatrice. Relevant la mèche sombre qui la masquait, je me dévisageais moi-même un instant. Il faut dire qu'avec toutes ses marques de batailles, mon corps malgré son aspect féminin en avait pris un coup. Soupirante une nouvelle fois, je venais délicatement faire tomber ma veste courte, frappée de mon l'emblème de mon clan sur le sol sablonneux. Dévoilant alors mon buste voluptueux encore masqué par mon traditionnel haut bleu relativement peu enveloppant. Le retirant également pour ne porter que mon soutien-gorge, je prenais une grande bouffée d'air comme libérée de cette pression sur ma poitrine. Ondulant des hanches tout en m'aidant de mes mains pour retirer pantalon relativement près du corps ainsi que ma sacoche. Me voilà uniquement en petite tenue pour pouvoir profiter d'un bain plus que mérité. Plongeant un pied et dans la continuité le suivant, je m'engageais alors dans cette eau limpide et à température ambiante.

Poussant un soupire d'aise dû au rafraîchissement certain que ce « plongeon » m'apportait. En quelques instants, ma lassitude qui me tourmentait de mettre perdue m'abandonnait, retrouvant une part enfantine de moi-même, je tournoyais, laissant ma crinière s'étendre tel un nénuphar trônant fièrement dans sa rivière. Pourtant, gardant mes sens en alerte, guettant du coin de l’œil dans les fourrés adjacents, je pouvais sentir une faible odeur qui contrastait avec la flore locale. Très discrète cette présence malgré tout, silencieuse et tapis dans les fourrés. Je n'étais pas dupe pour autant. Esquivant un léger sourire, je venais lentement entrouvrir mes lèvres pour entrer en contact avec cette personne qui visiblement était amatrice de voyeurisme avéré.


▬ La vue est-elle à votre convenance ?  





© NAELY


avatar
風 | Suna no Jônin
風 | Suna no Jônin
Messages : 319
Date d'inscription : 19/07/2016

Fiche Shinobi
Rang: B
Ryos: 280
PE:
39/200  (39/200)

Voir le profil de l'utilisateur
Re: Serais-tu un mirage ? PV Ohatsu    Dim 27 Nov - 19:26




You're my wonderwall ♥
Asyiah & Ohatsu
xxx
Wonderwall || Serais-tu un mirage ?
Le village de Suna s’éveillait lentement. Le soleil pointait timidement le bout de son nez, agressant de sa lumineuse beauté mes yeux encore clos. Je plissais les yeux en grommelant, pour une fois que j’avais réussi à dormir quelques heures sans décoctions, je voulais encore sommeiller dans les bras de Morphée. J’avais beau me tourner et me retourner, cherchant une position agréable pour replonger au pays des rêves, je n’y parvins jamais et décidais alors de me lever, non sans insulter ces rayons lumineux et ma fainéantise à acheter des rideaux. Une fois debout, je me dirigeais aveuglément vers la salle de bain et fis couler l’eau, d’abord glaciale puis se réchauffant au fur et à mesure. Après une douche revigorante, j’allais à la cuisine me faire une tasse de café, nectar amer qui terminerait de m’activer.  Aujourd’hui, j’avais mérité un jour de congé et je comptais bien faire ce qu’il me plaisait.

Un programme simple. Boutique d’arme, achat de nourriture et surtout  ne pas travailler. Lorsque je vis l’heure, il était temps pour moi de me préparer. J’enfilais rapidement mon justaucorps noir ainsi que mon dogi par-dessus avant de sortir en claquant la porte sans ménagement. Les rues étaient bondées et je slalomais entre les villageois qui profitaient, tout comme moi, de cette agréable journée. Plusieurs échoppes ouvraient et les marchands installaient leurs devantures. Alors que je flânais légèrement, profitant allégrement de mon jour de repos, je remarquais une ombre qui me suivait. Nul doute qu’elle ne faisait preuve d’aucune discrétion et je pressentis que c’était une ruse pour attirer mon attention sans gêner les nombreuses personnes m’entourant. Je lui fis un signe, simple et précis afin de lui donner mon itinéraire. Je tournais à la prochaine intersection et me retrouvait dans une ruelle sombre et totalement déserte. L’ombre s’approcha de moi. Il s’agissait d’un messager. Il me remit, silencieusement, sa missive avant de disparaitre comme s’il ne s’était jamais rien passé.  Je l’ouvrais délicatement et y lu une demande un peu particulière.

Une sorte d’avis de recherche concernant une jeune femme, juunin de son statut qui effectuait une mission. Depuis qu’elle était partie, personne n’avait eu de nouvelles et on me demandait, tout en discrétion, de partir en éclaireur. Il était également stipuler qu’elle venait à peine d’être accepter en tant que membre du village caché du sable. Je me dis en moi-même que le conseil était vraiment trop suspicieux et qu’il n’accordait sa confiance à … personne. Si cela avait été moi, je ne doutais pas une seconde que mon visage se serait retrouvé sur ce même avis et qu’un shinobi serait missionné pour me retrouver. Avaient-ils peur que nous dévoilions quelques secrets ? Je n’en savais rien et je ne voulais pas le savoir. Soupirant, je pouvais dire adieu à mon jour de repos et bonjour au désert suffocant.
Le désert, aride et hostile environnement. J’y étais maintenant habituée mais il m’avait fallut de la patience et surtout de l’acharnement pour ne pas m’y perdre. Plusieurs fois j’avais dévié de ma route et avais mis plus de temps que prévu avant de rentrer au village. Á présent, je le connaissais comme ma poche. Une fois éloignée de Suna, j’activais ma sensorialité et essayais de repérer le moindre flux de chakra dans les environs. Un léger vacillement, comme la flamme d’une bougie sur le point de s’éteindre, se matérialisa dans mon esprit et ce fut par là que je commençais mon investigation.

Vers le sud-est, se trouvait pas mal de petites oasis. Lieu de bonheur pour les malheureux égarés, souffrant de l’insoutenable chaleur et de l’air étouffant. C’était bien à cet endroit que j’avais senti une faible émanation de chakra. J’ignorais à qui il appartenait mais je me devais de vérifier si ce n’était pas ma proie du jour. Sans attendre plus, je m’élançais rapidement, voulant finir au plus vite. Mes pas touchaient à peine le sable et seul un petit nuage de poussière attestait de mon passage. Je rejoignis en peu de temps l’origine de cette aura et me fis aussi discrète que possible. Un bosquet me permis de me camoufler et j’observais au travers des feuillages. L’oasis semblait calme si ce n’était le clapotis de l’eau et une pile de vêtement. Je n’arrivais pas à distinguer la silhouette mais sa voix se fit entendre clairement. Ainsi donc, elle m’avait repéré. Bien joué mais sa phrase me piqua au vif et je me relevais doucement prête à rétorquer avant de voir la peau nue de mon interlocutrice. Prise d’une gêne incroyable, je m’empourprais sauvagement et détournais quelque peu le regard. Le peu de temps où mes yeux avaient effleuré sa peau, j’avais pu l’observer. Un teint laiteux, une silhouette fine et élancée, de longs cheveux noirs de jais et un regard, bleu azur, encore plus pur et limpide que l’eau dans laquelle elle se baignait. Rien que de l’imaginer alors que je détournais les yeux, je rougissais de plus belle. Je pris, malgré tout mon courage à deux mains et avec une voix où transpirait l’embarras, je lui dis.

♦ Je ne fais pas de voyeurisme, puisque j’étais à votre recherche. De plus, comment pouvez-vous accuser quelqu’un d’un tel crime alors que vous faites preuve d’exhibitionnisme ?

Je le savais, ma répartie était partie, loin, très très loin. Si je le pouvais, je me serais auto frappée mais bon, en plus de voyeurisme, elle m’aurait prise pour une folle sortie tout droit de la section « expérience raté » de l’hôpital de Suna. Une chose était sur, je devais paraitre bien ridicule pour une kunoichi et une chose diminuait mon malaise… le masque que je portais cachait légèrement la teinte pivoine de mes joues. Je me raclais la gorge et repris.

♦ Le conseil m’envoie vous chercher. Il semblerait que vous aillez pris plus de temps que prévu lors de votre mission. Et la confiance des membres consulaires étant pratiquement nulle vous concernant, il m’a été mandé de vous raccompagner.

J’avais peut-être été trop froide, mais l’effet qu’elle avait produit sur moi m’avait laissée pantoise. La seule femme à m’avoir jamais fait pareil effet, Akasha. Je déglutis avec difficulté, patientant nerveusement une réponse de la jolie brune accoudée au rebord de l’étendue bleue.

© 2981 12289 0



Merci Aimiii ♥️
風 | Suna no Jônin
風 | Suna no Jônin
Messages : 32
Date d'inscription : 20/11/2016

Fiche Shinobi
Rang: A
Ryos: 150
PE:
0/300  (0/300)

Voir le profil de l'utilisateur
Re: Serais-tu un mirage ? PV Ohatsu    Lun 28 Nov - 22:27


Serais-tu un mirage ?


La mystérieuse présence finassait finalement par se dévoiler. Je n'étais pas craintive, d'un naturel serein, je prenais le temps d'analyser la situation. Le comportement de la personne me faisant face pour en déduire une éventuelle hostilité dans sa gestuelle ou son attitude. Ici ce n'était pas le cas, ou alors, elle le cachait d'une main de maître. Car oui, derrière ces vêtements et ce masque je peux reconnaître une silhouette féminine. Élancée, athlétique, intrigante, une kunoichi à n'en pas douter. Intérieurement, j'étais soulagée, même si je ne suis pas pudique de nature. J'ai bien plus de difficulté à me dévoiler devant un homme, certainement l'habitude d'avoir passé tant de temps en compagnie d'Asaka sans doute. Quoi qu'il en soit, je me trouvais légèrement du flanc, passant mes deux mains derrière ma nuque pour soulever ma tignasse à moitié détrempée et alourdie par le poids de l'eau, la laissant choir le long de mon dos par la suite. Faisant face à la jeune femme qui semblait gênée par la situation. Cela m'amusait, un léger sourire naissant sur mon visage. Sa réponse fut quelque peu alambiquée, voire même ironique. Son malaise était tel que malgré son masque, la naissance de ses joues laissait deviner une teinte pourpre. Sa présence n'était sans doute pas due au fait que mon nouveau foyer d'adoption s'inquiétait pour ma petite personne. Le plus logique serait que le fameux conseil de Sunagakure, inquiet de ne pas dévoiler ses secrets me fasse rechercher ou veuille s'assurer simplement que je n'ai pas déserté. Fermant les yeux quelques instants, je ne me demandais pas si la vie solitaire n'était pas plus aisée. La liberté de ne pas subir le poids d'une quelconque autorité supérieur. Un léger soupire s'échappait d'entre mes lèvres. Croisant les bras sur ma poitrine, je plissais légèrement les yeux, venant répondre à sa première réponse.


▬ Exhibitionnisme ? Vous vous baignez habillée ma chère? Je ne savais pas les Sunajins si pudiques dans ce cas. Disais-je en ricanant quelque peu.  


Je m'avançais quelque peu dans cette étendue, perturbant sa surface. L'eau présente ne couvrait que le bas de mon corps, laissant libre vu sur la partie supérieure de ce dernier. Entrecroisant les mains pour me saisir d'une quantité de liquide à fin de m'asperger le visage dû à la chaleur présente, je continuais d'écouter la mystérieuse Kunoichi qui continuait de m'adresser la parole. Notamment sur le pourquoi de sa réelle présente en ces lieux. Je n'avais pas eu tort dans ma déduction, cela était même très facile à deviner. Je n'étais pas dupe, d'une certaine manière j'aurais été inquiète concernant la sécurité du village s'ils n'étaient pas un minimum prudent sur ce sujet. Je n'avais pas dans l'idée de trahir Suna, au final ce pays ma relativement apporté de l'aide et une certaine confiance que d'autres. Je comptais bien honorer cela à ma manière. Même si intérieurement je reste une femme libre de ses choix. Loin de moi l'idée de trahison cependant. Fixant alors la jeune femme de mes perles azur, je déposais mes poings sur mes hanches pour finalement venir lui répondre.


▬ Je vois, cela ne m'étonne guère pour tout vous dire, j'ai rempli ma mission, mais je me suis perdu en revenant et vu la chaleur de votre pays, je me suis dit qu'un bain ne pouvait que me faire du bien. Aucune raison de s'inquiéter plus que de raison.  


La méfiance du peuple de Suna, je m'y attendais, je ne suis qu'une étrangère après tout, je ne peux que les comprendre surtout quand moi-même je n'accorde que rarement ma confiance à autrui. Par nature de préservation ou de méfiance, je restais relativement en retrait des gens, n'aimant que peut entretenir des relations amicales. L'ironie veut même que finalement j'en aie jamais entretenu réellement, mis à part avec ma regrettée sensei. Rien que de pouvoir envisager cela me procure une sensation étrange, comme une relation contre nature. Me poussant dans une forme de vulnérabilité qui malgré la force et l'état d'esprit confiant que je peux afficher me rendraient fragile. Je me cache derrière mes cicatrices et mon attitude un brin hautain, pourtant je reste une jeune femme sensible qui a peur des sentiments. M'étant forgée une carapace solide au cours de ma vie difficile, je ne laissais approcher personne de ce que je pouvais réellement ressentir. Peut-être qu'au fond de moi-même, je m'évertuais à me protéger, ne pas souffrir encore une fois. Soupirant un instant et sortant de mon introspection. Je reprenais quelques couleurs sur mon visage, affichant un léger sourire et penchant la tête sur le flanc, laissant ma chevelure épouser mon bras, dévoilant la cicatrice sur mon œil gauche. J'avais largement envie de m'amuser, profiter de cet instant pour qui sait, briser cette idée préconçue de solitude qui me protégeait sans pour autant trop m'exposer. Pourquoi ne pas taquiner mon chaperon ?


▬Vu votre rougeur dissimulée, j'imagine que vous n'avez pas l'habitude de voir une femme si peu vêtue je me trompe? Pourtant vous devez bien avoir des amies et collègues au village ! 


Cette idée de timidité me faisait rire au plus au haut point, non pas par moquerie, mais par curiosité. Dans mon esprit joueur je venais projeter de l'eau à l'aide de mes mains dans sa direction avant de rétorquer.


▬ Détendez-vous ! Profitez, de vous relaxez, la vie est suffisamment difficile pour ne pas profiter !





© NAELY


avatar
風 | Suna no Jônin
風 | Suna no Jônin
Messages : 319
Date d'inscription : 19/07/2016

Fiche Shinobi
Rang: B
Ryos: 280
PE:
39/200  (39/200)

Voir le profil de l'utilisateur
Re: Serais-tu un mirage ? PV Ohatsu    Mer 30 Nov - 0:13




You're my wonderwall ♥
Asyiah & Ohatsu
xxx
Wonderwall || Serais-tu un mirage ?
La jeune femme ne paraissait, à mon grand désarroi, aucunement gênée de la situation. Pire que cela, elle semblait même l’apprécier. Sans même la regarder, je pouvais sentir son observation. Elle me scrutait, de haut en bas. Soumise à une inspection visuelle, je feignis de tousser pour la stopper. Je n’étais pas à l’aise avec mon image corporelle, bien plus masculine que la plupart des kunoichis, le regard des autres m’importait peu sauf lorsqu’ils étaient insistant. Mes pommettes toujours aussi écarlates, je posais enfin les yeux sur mon interlocutrice. Je m’attendais quelque peu à une réponse de ce genre, après tout moi-même je me déshabillais pour prendre une douche mais l’intimité de ma salle de bain y était pour beaucoup. Mon corps meurtri par les cicatrices de mon passé était une sorte de secret, de honte gravé sur ma chair, ineffaçable. Elle jouait avec ses cheveux d’ébènes, contrastant joliment avec sa peau de porcelaine. Je fis une rapide comparaison. Elle, féminine à la peau blanche et aux cheveux noirs de jais, aux manières et à la gestuelle raffinées, semblait tout droit sortir d’un conte de fées. Et puis il y avait moi, corps musclé, peau mate agressée par le soleil permanent du pays du vent, rustre et bourru personnage. Ma façon de pensée ne changerait pas, j’avais toujours considéré mon corps comme un outil de travail. Un shinobi se doit d’être avant tout utile au combat et non beau. Mais il suffisait de peu de chose pour que je me sente déstabilisée. Akasha avait produit cet effet sur moi, pourquoi donc cette jeune femme provoquait en moi ces mêmes résultats ? Je l’ignorais. Cependant, je repris contenance et lui rétorquais.

♦ Et bien, je ne sais pas pour les autres sunajins, mais en effet, la pudeur est une vertu et seule ma salle de bain est autorisée à me voir dans mon plus simple appareil. Mais si je peux me permettre, être en petite tenue dans un lieu dit public, oui c’est bien de l’exhibitionnisme.  

La fin de ma phrase fut perturbée par un léger rire dans ma gorge. Je pris le soin de le camoufler mais je doutais de ma réussite. Si elle avait pu m’entendre alors que j’étais discrète, elle n’aurait aucun mal à entendre ce son si caractéristique qu’un rire. La chaleur pesante de l’après-midi me força à bouger et à rechercher l’ombre du palmier sous lequel je me trouvais. La jolie jeune femme en face de moi, profita de cet instant pour s’asperger le visage et ainsi se rafraichir de la meilleure des manières. Je n’osais pas regarder en dessous de son visage et rivais mes yeux dans son regard azur à faire pâlir la mer elle-même. Les traits de son visage se firent moins doux et elle me raconta le pourquoi de son si long retour au village. Elle s’était perdue. Sans m’y attendre, je me surpris moi-même à  pouffer avant de rire naturellement. Si le conseil avait un jour vent de la raison de son absence, ils se sentiraient bien bête de s’être inquiété pour si peu. Ma voix mourut peu à peu dans ma gorge et je soupirais d’aise. Je ne souhaitais pas la vexer mais c’était sorti tout seul. Je m’excusais rapidement et m’expliquais pour ne pas créer de malentendu quant à ma soudaine hilarité.

♦ Je vois, il est vrai que vous n’êtes pas encore habituée à nos contrées. Les dunes se ressemblent toutes et il est très difficiles de se repérer les premières fois. Je comprends que vous vous soyez perdue. Je tiens à m’excuser d’avoir ris, ce n’était en rien contre vous, je m’imaginais juste la tête du conseil s’il venait à connaitre la vraie raison de votre absence prolongée. Mais vous avez eu une bonne idée que de vous rafraichir dans cette oasis. – Et plus pour la taquiner, je rajoutais – Même si vous faites toujours de l’exhibitionnisme.

J’avais réussi à retrouver un semblant de maitrise de moi-même mais lorsqu’elle pencha la tête sur le côté, elle arborait un air… mignon. Je rougis de plus belle à cette pensée et me rabrouais intérieurement. Je devais me reprendre, perdre ses moyens devant quelqu’un n’était pas digne de mon statut de ninja. Alors que je m’évertuais à garder le contrôle de mon esprit, la cicatrice qui barrait son œil m’interpella. Ainsi donc, elle n’avait pas connu que la douceur. Je m’étais fortement trompée à son sujet, la qualifiant de princesse. Cette jeune femme devait avoir subit plus de sévices que je n’aurais pu l’imaginer et ce fut à ce moment que je remarquais que son corps, égal au mien, avait son lot de marbrure. J’avais été stupide de la penser fragile. Je savais qu’elle était une kunoichi mais de là à avoir subit autant de coups… Finalement, nous étions similaires. Si nos corps apparaissaient en tout point différents, nos fantômes du passé étaient toujours présents, marqués au fer rouge sur et en nous. Et pourtant, elle affichait un air heureux, une certaine joie de vivre que je vins à envier. Toutes ces petites choses se gravèrent en moi et je voulus en apprendre plus. Ma curiosité me perdrait. Mais avant que je n’ais le temps de dire quoique ce soit, elle me fit remarquer ma gêne d’un air taquin et piquée au vif, je répondis un peu trop rapidement pour que ce soit crédible.

♦ Et bien détrompez-vous, j’en ai même vu des plus dévêtue. Mais c’est du domaine privé cela ma chère. Pour ce qui est des amies, je n’en ai pas ou si peu. Des collègues, je distingue le domaine professionnel du privé. Chacun chez soi et les moutons seront bien gardés.  

Je n’eus pas le temps de terminer correctement ma phrase qu’elle me lança une gerbe d’eau, trempant mes vêtements mais qui me permit de me rafraichir quelque peu. J’avais reculé de deux-trois pas, surprise mais avait vite repris ma place, ou peut-être avais-je avancé ? Je ne savais plus. Tout ce que je savais, c’était qu’il ne fallait pas me chercher et que la vengeance était un plat qui se mange froid. Je fis le tour de la petite étendue d’eau cristalline et y plongea ma main, patientant doucement qu’elle s’avance vers moi intriguée. Je lui réservais un petit cadeau bien de chez moi…

© 2981 12289 0



Merci Aimiii ♥️
風 | Suna no Jônin
風 | Suna no Jônin
Messages : 32
Date d'inscription : 20/11/2016

Fiche Shinobi
Rang: A
Ryos: 150
PE:
0/300  (0/300)

Voir le profil de l'utilisateur
Re: Serais-tu un mirage ? PV Ohatsu    Lun 5 Déc - 14:38


Serais-tu un mirage ?


La situation était particulière, qui ne l'aurait pas trouvée gênante même. Pourtant, je n'éprouvais pas un sentiment de malaise particulier en compagnie de cette jeune femme mystérieuse qui piquait ma curiosité avec une certaine adresse. Malgré sa timidité et la pudeur dont elle faisait preuve, la conversation tournait lentement et agréablement vers autre chose. Quelque chose de moins protocolaire comme j'en avais si tristement l'habitude depuis mon arrivée. Aucune décontraction, pas la moindre once d'amicalité dans leurs propos. Uniquement de la froideur et discours bref et concis. Même si je ne manifestais nullement rien qui pouvait montrer une quelconque lassitude. Car oui, étant mercenaire, ces banalités étaient une coutume que j'avais su apprendre à manier d'une main de maître. Pourtant, un instant de légèreté, de camaraderie sans cette lourdeur de la bienséance, j'en rêvais. Touchant du bout du doigt cette banalité qui pour beaucoup semblait frivole. Depuis toujours, tisser des liens autres que professionnel m'avait été pratiquement inatteignable. Est-ce qu'aujourd'hui cela pourrait changer ?

Je ne dois pas faire preuve d’exubérance, me montrer trop impulsive, simplement savourer l'instant présent pour ne pas effrayer la personne avec qui je converse. Moi qui avais été toujours si prudente, je ne me suis laissé atteindre qu'une seule et unique fois. Témoin de la vénalité de la race humaine au gré de mes pérégrinations, j'ai moi-même font partie de ce système et cette mentalité en quelque sorte. Dans un monde régi par le pouvoir des ryôs, la cupidité et l'égoïsme transforment les hommes en créatures abjectes. Longtemps j'ai tenté de me tenir éloignée de ce procédé formateur et insidieux à tel point que mes possessions personnelles sont bien modestes. La jeune femme en face de moi, m'expliquait alors toute l’implication qu'elle plaçait dans sa pudeur et sa conservation. C'était amusant de voir un avis si divergent du mien. À force de côtoyer la nature, la timidité m'avait quittée, je n'étais pas exhibitionniste comme semblait le penser mon interlocutrice. Je doute même que quelqu'un d'autre que moi-même ne m'est déjà vu totalement en tenue d’Ève. Montré ma peau ne me gêne pas, surtout à une autre femme, un homme cela serait sans doute un tout autre problème.

Sa deuxième phrase me faisait sourire, je venais placer la main devant ma bouche pour tenter de camoufler un tant soit peu mon amusement. Le soleil quant à lui, continuait de frapper avec ardeur, la chaleur était un peu plus supportable dans cette eau transparente. Alors que j'arrosais copieusement mon chaperon, elle me rendait la pareille en faisant mine de me tendre un piège. Me courbant légèrement, mettant en opposition mon avant-bras pour me protéger de cette ruade humide. Mon visage reprenait quelques couleurs, un sourire l'illuminait et je ricanais. Cela faisait longtemps que je ne m'étais plus amusée de la sorte, si simplement est d'une manière qui peut sembler enfantine. Reprenant mes esprits par la suite, plongeant mon visage dans l'eau pour me rafraîchir, j'élançais alors ma chevelure détrempée dans un arque de cercle qui finissait par fouetter mon dos. Me dirigeant vers mes vêtements, je me penchais, dos à mon interlocutrice pour fouiller quelques instants dans ma sacoche. Saisissant un linge, je venais me sécher un tant soit peu avant de repasser mon leggings noire, me cambrant légèrement pour mieux faire glisser mes courbes à l'intérieur, ainsi que mon haut qui ne cachait pas bien plus que mon soutien-gorge.

M'étirant alors, je venais m’asseoir à l'ombre d'un palmier non loin de la jeune femme. Resserrant mes genoux contre moi-même, je poussais un large soupir d'aise, fermant les yeux pour respirer et profiter d'un courant d'air frais qui passait par là. Trop rare en ces lieux. Fouillant rapidement dans ma poche, je faisais glisser une cigarette entre deux de mes doigts, la portant à mes lèvres. Utilisant un briquet, je venais l'allumer dans un crépitement bien significatif. Tirant une large bouffée, je relâchais une volute de fumée grisâtre, satisfaite de la sensation agréable que cela me procurait. Même si ce n'est pas intempestif, un petit vice de temps à autre ne fait pas de mal. Replaçant une mèche de ma chevelure noirâtre derrière mon oreille, je fixais la jeune femme un instant avant d'enfin me décider à reprendre la conversation là où elle c'était arrêté.


▬ J'en oublierai les bonnes manières, je me nomme Asyiah et vous mon cher chaperon prude ? Disais-je avec une pointe d'humour dans mon timbre de voix.



▬ Pour être franche, je dois vous avouer que je suis heureuse de tomber sur quelqu'un de moins complexé dans ses discours que le conseil du village. Avoir une discussion plus légère n'est pas désagréable. Je suis presque morte d'ennui en écoutant leurs sermons rébarbatifs pendant des heures. Vous me semblez plus encline pour aborder des sujets disons plus … amusants ?





© NAELY



Contenu sponsorisé


Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Serais ce le mirage de ma vie ? || Elena & Davis
» Je serais toujours près de toi... [Mort de Saveur d'Amande: pv Dauphine, et ceux qui veulent lui rendre hommage]
» Que serais-je sans toi ? [Pv Lew]
» Si j'étais ... je serais ...
» Moi quand je serais grand j'serais fermier, comme ça j'aurais pleins de vaches et pleins de kiri ! [PV:Booth]

Sauter vers: