Une rencontre loin d'être à l'affût [ft. Kaede]
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Une rencontre loin d'être à l'affût

Si jamais un jour vous avez l'occasion de voir de la pluie, de la neige, du verglas, et de la grêle dans la même journée c'est que vous êtes malencontreusement dans la capitale du pays de l'eau. Selon les saisons, contempler un beau paysage fait qu'une multiplicité de sentiments différents parcourent notre corps, tels que l'admiration et le soulagement. Cependant, la plupart des habitants du village caché de la brume -dont moi- sont conduis à l'impuissance de profiter de ces sensations, bornés par le brouillard et cette vision pleine de fadeur. Ces facteurs-là m'ont induis à visiter l'étendue des villages du vaste Sekaï à chaque période de l'année, afin de découvrir tous ces mystères que la nature nous avait confisqués. Chaque trimestre s'illustrait par le biais des différents paysages que je sillonnais. Et c'est là que vint l'hiver, ce fameux mois que personne n'appréciait à Kiri, le craignant les uns plus que les autres, caractérisé par ses nombreuses tempêtes. Rien de plus représentatif que Kiri pour cette fameuse saison, non ? En temps normal j'aurais pensé comme cela, mais l'anxiété que j'éprouvais à l'idée d'utiliser le Nitōryū -art de combat consistant à maîtriser deux sabres- m'obligeait à réfléchir autrement. Pourquoi ne pas aller découvrir le Nord ? Je suis passé plusieurs fois par le pays du Gel durant mes allers-retours à Suna et ma soif de puissance le voyait comme l'endroit idéal pour m'entraîner. Mais ce n'était pas tout, loin de là. Il y a de maintenant un an les échos s'étaient répandus sur une Nuke-Nin de Kiri qui avait fuis de la reforme du Mizukage, informant qu'elle se trouvait aux abords du village, plus précisément dans le pays du Froid. Curieux à l'idée de découvrir l'identité de cette jeune femme -et optimiste, surtout-, je comptais profiter de cette soudaine envie de me surpasser en me rendant au village qui séparait l'eau et le sable.

Sous-pull, pull et manteau étaient les trois seules choses dont j'avais besoin pour prendre la route. Fervent à l'idée d'effectuer cet entraînement intensif que je constituais progressivement dans ma tête, je décidais de prendre, sans plus tarder, le départ vers le village voisin. La route, loin d'être longue, était complètement vide, à croire que personne n'avait le courage de sortir se balader à cause du mauvais temps. Une fois arrivé à la forêt qui permettait l'accès au village, le froid était de plus en plus glacial, ne me laissant pas le temps de m'y acclimater. C'est là que ma connerie faisait surface. Quitte à avoir froid, autant le sentir jusqu'aux os pensai-je, naïf et défiant comme toujours. Con, surtout. C'est donc après cette pensée que je retirais les trois hauts que je m'étais empressé de porter tout à l'heure, avant de prendre le pas en direction de la forêt. Chaque minute qui passait était une épreuve pour moi, hésitant plusieurs fois à revenir sur ma décision, mais continuant tant bien que mal. Arrivé en plein milieu de la forêt, mon sens de l'orientation commençait à me jouer des tours. Incapable de reconnaître la route par laquelle j'étais arrivé, je n'avais plus aucune idée du sens vers lequel je devais avancer. Soudain, après quelques minutes d'observation, une silhouette lointaine commençait à se dessiner devant mes yeux. Surpris, je me décidais de vite la rattraper, espérant pouvoir retrouver mon chemin grâce à cette personne. Malgré les difficultés que j'avais à avancer en raison de la neige de plus en plus amoncelée, je réussissais à m'approcher lentement de l'inconnu(e). La distance qui nous séparait se réduisait peu à peu et j'avais l'impression de reconnaître cette personne. C'était une femme, aux cheveux bruns à la taille parfaite, qui me faisait étrangement penser à mon amie d'enfance que j'avais perdu. Et si c'était elle et que je l'ai enfin retrouvé ? Submergé par le désir de retrouver cette personne que je recherchais depuis tant d'années, une étincelle d'espoir commençait à naître en moi. Mon coeur battait à cent à l'heure et toute cette tension s'exprimait en me faisant accélérer le pas. Je n'avais même pas pensé à ce que j'allais dire, mais cela ne me préoccupait absolument pas. D'ailleurs, j'en avais même oublié le froid.

« Désolé, je... Je vous ai confondu avec quelqu'un d'autre. »


Ma voix commençait à traîner progressivement, finissant par ne plus pouvoir dire un mot. Il a suffi de quelques secondes seulement pour que mes espoirs fondent comme neige au soleil. Mes intentions se manifestèrent en déposant ma main sur l'épaule de la jeune kunoïchi et découvrant par la suite que son identité n'était pas celle que j'avais envie de voir. La gêne que je ressentais à ce moment-là était immense. T'imagines, tu te balades comme ça dans la neige au calme et là il y a un gars qui se ramène silencieusement et qui pose sa main sur toi ? Mon devoir était à présent de rassurer la brune qui devait sans doute être en train de se poser toutes sortes de questions à propos de mes intentions. Je devais donc me montrer le plus convaincant possible -en étant torse nu, je vous le rappelle-.

« En fait je suis perdu et j'ai aucune idée de comment aller plus loin. Vous êtes d'ici ? »


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Pour une ancienne Shinobi du désert, les vastes plaines gelées de Shimo no Kuni étaient un spectacle aussi exceptionnel que déroutant. Son errance à la recherche d’un endroit où s’établir pour poursuivre en toute quiétude ses recherches l’avait déjà menée un peu partout de par le monde, mais Kaede n’avait encore jamais poussé l’aventure si loin de chez elle. L’ample manteau qu’elle portait avait beau être une excellente protection contre la poussière et les vents du désert, elle réalisait qu’il ne valait pas grand-chose contre la glace et la neige. Malheureusement, la Nukenin avait dû se contenter d’une bien maigre pitance ces dernières semaines et, faute de ryos pour se procurer quelque chose de mieux, il avait fallu s’accommoder de ce vêtement trop léger.

La température avait baissé d’une traite dès que le soleil avait disparu sous l’horizon, et la kunoichi commençait à désespérer de trouver un endroit habité où passer la nuit. Aucune lumière hormis celle de la lune, aucun filet de fumée qui aurait pu lui signaler la présence d’un village ou d’une habitation. Un peu plus loin se profilait l’orée d’une forêt de conifères. Maugréant contre son ridicule manteau dont la dernière attache venait de céder et qui s’ouvrait maintenant au moindre coup de vent, la jeune femme prit le chemin de la forêt, qui la mettrait au moins à l’abri des bourrasques. Une fois de plus, son manque de jugement la plaçait dans une situation extrêmement précaire. Quelle idée que de s’aventurer dans une région si inhospitalière sans nourriture, ryos ni carte, et habillée comme une touriste égarée!

Une fois qu’elle eut gagné la forêt, le vent se fit un peu moins violent, mais le répit de la maîtresse de l’Irou fut de courte durée puisque la neige se mit de la partie. Le froid, la faim et la fatigue la rattrapaient. Elle sentait l’engourdissement gagner ses extrémités et la léthargie l’envahir peu à peu. À ce rythme, elle n’allait pas s’en sortir, il lui fallait trouver refuge quelque part. Elle s’arrêta sous une épinette séculaire au large tronc, sous laquelle le sol couvert d’aiguilles était un peu plus libre de neige qu’ailleurs. Que faire? Tenter de monter un petit abri et de démarrer un feu? Ce n’était pas une très bonne idée pour un déserteur de se rendre aussi facilement repérable, mais l’alternative, mourir de froid, ne l’enchantait guère.

Kaede en était à ces réflexions quand une main posée sur son épaule la fit sursauter. Elle se retourna en un éclair, tirant un kunai de sa ceinture. Se laisser surprendre comme une débutante tandis qu’elle en était justement à soupeser les risques de se rendre visible en faisant un feu, c’était vraiment le comble de l'idiotie.

Un seul coup d’œil lui suffit pour comprendre que l’étranger n’était pas une menace immédiate. Rien dans son expression ni dans sa posture ne trahissait la moindre animosité, et ses paroles vinrent confirmer qu’il n’avait aucune intention belliqueuse. Il l’avait simplement confondue avec une autre. Il ne s’agissait clairement pas d’un des traqueurs que le village caché du sable avait lancés à sa poursuite. Même si l’ancienne Sunajin ne pouvait se permettre de baisser sa garde, le spectacle qui s’offrait à elle la laissa suffisamment  interloquée pour que sa main agrippant le kunai retombe à ses côtés.

L’homme athlétique et à la carrure impressionnante la dépassait d’une bonne tête, et surtout, il était torse nu par moins vingt degrés sous zéro comme si c’était la chose la plus banale au monde. Les sabres à son côté l’identifiaient en tant qu’épéiste, mais aucune insigne visible n’indiquait sa nationalité. De toute évidence, il était aussi paumé qu’elle-même, mais sa constitution plus robuste lui garantissait de meilleures chances de survie sous ce climat rude. Ou peut-être disposait-il d’un quelconque pouvoir le mettant à l’abri du froid? Elle lui répondit, grelottante :

« Non, je… je ne suis pas d’ici non plus. Je cherchais un endroit où passer la nuit, mais je marche depuis des heures et je ne trouve toujours rien. »

La sempiternelle curiosité de la demoiselle lui avait rendu un peu de sa vivacité sapée par le froid. Elle était complètement mystifiée qu’on puisse vouloir se promener à moitié nu en pleine nuit dans une région aussi inhospitalière, et enviait un peu à l’étranger son apparente indifférence à la rigueur du climat. Elle se questionnait aussi sur les raisons de sa présence dans une région aussi reculée. Était-il à la recherche de cette amie avec laquelle il l’avait confondue, et qu’il semblait déçu de ne pas avoir retrouvée? Y avait-il une chance pour qu’il soit déserteur lui aussi?

« Dites, vous n’avez pas froid dans cette tenue? »

Il fallait admettre que c’était là une entrée en matière un peu débile, mais son cerveau en hypothermie n’avait rien trouvé de mieux.  





Dernière édition par Shimizu Kaede le Mar 7 Fév - 23:22, édité 1 fois
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Une rencontre loin d'être à l'affût

Lorsque la jeune femme s'était retourné, toutes les espérances qui avaient surgi en moi durant ce court instant s'étaient effondrées spontanément. J'avais naïvement cru avoir retrouvé mon amie, mais finalement je n'avais fait que déranger cette inconnue qui avait sans doute mieux à faire. La situation était bizarre à présent étant donné qu'on se trouvait à Pétaouchnok, couverts par la neige et contraints à supporter ce froid que l'on ne retrouvait nulle part ailleurs. Le pire, c'est que j'avais décidé d'aborder la brune comme si de rien était, à croire qu'on se connaissait depuis un bon bout de temps. Je ne m'étais même pas posé la question en fait, oubliant complètement que j'étais torse nu et que cela allait sûrement lui paraître bizarre. Très bizarre même.

Mon sens de l'improvisation m'avait permis de sortir l'une des phrases les plus débiles qui soit afin de détendre l'ambiance. Avouons-le, si vous étiez une femme et qu'un gars décidait de s'approcher de vous silencieusement et déposer sa main sur votre épaule, vous trouveriez ça probablement assez bizarre. Et elle n'aurait pas tort de croire ça, surtout après mon entrée à deux balles. « Non, je... je ne suis pas d'ici non plus. Je cherchais un endroit où passer la nuit, mais je marche depuis des heures et je ne trouve toujours rien. » Ça va, il ne lui a fallu qu'un court instant d'hésitation avant qu'elle ne se mette à parler aisément. Cela voulait dire deux choses : soit j'ai réussi à me rattraper et que tête ne lui avait pas fait assez peur pour qu'elle s'alarme, soit c'était une ninja badass qui savait qu'elle ne courait aucun risque face à un gars qui se balade à moitié à poil dans ce froid glacial. Quoiqu'il en soit, elle avait l'air de me faire assez confiance, assez pour ne pas me demander mon nom ou ce que je foutais là -ou pourquoi j'ai osé la toucher, par exemple-, donc c'était tant mieux. Il fallait que je me tienne à carreaux et que je me montre le plus accueillant possible si je voulais avoir une chance de rentrer chez moi. Maintenant que mon sens sens de l'orientation avait commencé à me jouer des tours, il allait être difficile de le raisonner.

« Je vois qu'on est tous les deux dans la même merde. »



Un sourire s'esquissait sur mon visage suite à ces quelques mots qui avaient pour but de donner une image "sympa" de ma personne, essayant de faire preuve d'amabilité. J'avais assez fait le con pour aujourd'hui, il était temps d'être sérieux pour une fois de la journée. « Dites, vous n'avez pas froid dans cette tenue ? » Effectivement, merci de me le rappeler. Je commençais à peine à oublier le froid grâce à mes inquiétudes que la Kunoïchi décidait déjà de me le rappeler. Je ne savais pas si me rhabiller ou pas maintenant qu'elle m'avait la remarque, surtout que je passerais pour le roi des idiots. Mais il était vrai que je commençais à me sentir de plus en plus gourd et je risquais d'être incapable de bouger mes articulations dans les minutes qui suivaient si ça continuait ainsi. Devais-je l'assommer et me revêtir juste après afin de ne pas passer pour un imbécile ? Ce n'était peut-être pas le choix le plus judicieux si je voulais retrouver le chemin du village caché de la brume. Il était déjà assez tard, inutile de perdre plus de temps à essayer de localiser la route que je devais prendre. Je décidais de répondre à la demoiselle avec la première pensée qui me venait à l'esprit, accompagné d'un ton ferme afin de montrer le plus de crédibilité possible.

« C'est... Un entraînement que j'effectue régulièrement pour entraîner mon corps aux différentes températures ambiantes. J'ai fait ça hier à Suna et ça m'a motivé à venir ici, vu que ce n'est pas très loin. » une légère pause s'est suivie de ce mensonge, me grattant les cheveux par la même occasion, avant de poursuivre. « Enfin, je crois. »


Évidemment, je ne savais même pas si on se trouvait à l'autre bout du monde ou bien à deux kilomètres de Kiri. À vrai dire tous mes espoirs reposaient sur cette jeune inconnue. Pourquoi j'étais en train de lui mentir d'ailleurs ? Je n'en avais aucune idée, mais en tout cas ça me permettait de remettre mon haut tranquillement, sans avoir à me soucier de ce qu'elle pouvait en penser. Je me demandais si elle allait réellement découvrir mon péché mignon, mais bon le plus probable serait qu'elle s'en foute royalement de si je disais la vérité ou pas.

Quelques minutes s'étaient déjà écroulées depuis que j'avais perdu mon chemin et à aucun moment je n'avais pris le temps d'observer ma nouvelle rencontre. Il était tard, je n'étais doté que d'un seul oeil -trop cool, effectivement- et la pluie verglaçante ne m'aidaient absolument pas à distinguer la carrure de cette jeune femme. Tout ce que j'avais pu en tirer c'est qu'elle était assez grande de taille pour une personne du sexe opposé, qu'elle était brune et qu'elle avait des habits bien plus opportuns que les miens afin de combattre le froid. M'enfin bref, tout ce temps perdu accompagné de ces quelques mots ne m'avaient pas permis de découvrir ne serait-ce qu'un détail à propos de l'identité de la jeune femme. La conversation était déjà engagée, il fallait tout simplement lui poser des questions, mais de manière discrète hein. Mais la plus grande énigme était la suivante ; pourquoi je voulais en savoir plus sur elle d'abord ?

« Sinon j'pense qu'on peut se présenter, histoire d'arrêter de se vouvoyer. Mon nom est Shin. »  


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Nul besoin d’être fin psychologue pour deviner la déception qu’entraîna chez le sabreur la réalisation que Kaede n’était pas l’amie qu’il recherchait. Son expression de dépit en disait bien assez long. La kunoichi, au contraire, était rassurée d’avoir trouvé un peu de compagnie. Bien que les intentions du nouveau venu ne soient pas encore très claires, il ne s’en dégageait toujours rien d’hostile. Elle ne se formalisa donc pas de la familiarité avec laquelle l’énigmatique individu aux cheveux verts s’adressa à elle. Après tout, à deux, les chances de mourir de froid s’amoindrissaient. Par contre, il semblait n’avoir aucune solution à proposer dans l’immédiat.

Tous les deux dans la même merde. Super. Moi qui espérais de l’aide. Mais bon, au moins il a conscience de la précarité de notre situation.

N’empêche qu’il se baladait à moitié nu, excentricité qu’elle ne s’expliquait toujours pas. Peut-être le jeune homme possédait-il un quelconque don qui le protégeait du froid? Un médecin tel que Kaede ne connaissait que trop bien les effets insidieux de l’hypothermie et ses conséquences mortelles, et elle ne pouvait concevoir qu’un être humain ordinaire s’expose ainsi, par choix, à la rigueur des éléments. À y regarder de plus près, malgré la noirceur ambiante, elle pouvait voir à la coloration de sa peau et aux légers frissons qui commençaient à le parcourir que la température glaciale n’était pas sans effet sur lui.

Un entraînement, expliqua-t-il. Ancienne kunoichi du sable, elle avait connu toutes sortes de fanatiques de l’entraînement et autres masochistes prêts à tout pour progresser, mais là, il allait quand-même un peu loin. Comprenait-il qu’il risquait sa peau, ou du moins, la perte de quelques extrémités?

La mention de Suna remit immédiatement sur ses gardes la médic pourchassée, bien que l’histoire de l’étranger soit peu crédible, le village se situant à plus d’une journée de marche. Elle posa à nouveau sur son interlocuteur un regard circonspect. Il semblait certes amical et dénué de toute intention maligne, mais ce pouvait n’être qu’une comédie. Était-il au courant qu’elle avait déserté la contrée du Vent, que sa tête était mise à prix? Sans doute pas, à moins qu’il soit en train de s’amuser un peu à ses dépens avant de la capturer.

Si tu comptes t’attaquer à moi, je te réserve une surprise.

Pour l’instant, le mystérieux épéiste remettait ses vêtements, privant la demoiselle d’une vue assez spectaculaire mais rassurant du même coup la soignante en elle, toujours préoccupée par la santé d’autrui, après quoi il se présenta. La politesse eut voulu que Kaede fasse de même, mais elle demeurait hésitante à donner son vrai nom après qu’il ait mentionné son village d’origine. Rares étaient les shinobis qui n’avaient pas déjà entendu parler d’elle, là-bas. Réputée compétente autant que dangereuse tant pour ses ennemis que pour ses alliés, sa désertion devait maintenant avoir été signalée à tous les ninjas du Pays du Vent. Un faux nom ferait bien l’affaire pour cette fois.

« Shin? Je suis Sayeko, du Pays des Rivières. Va pour le tutoiement, si tu - »

Une bourrasque de vent plus forte que les autres s’engouffra entre les troncs d’arbres et se prit dans le manteau détaché de la jeune femme, l’écartant pour révéler une partie de son arsenal shinobi. Kunais, fioles de poison et sac de shurikens noué à sa cuisse ne pouvaient laisser le moindre doute à son interlocuteur concernant son métier. En apparence aussi calme qu’à son habitude, Kaede le referma et recula d’un pas, se préparant à exécuter les mudras qui la protégeraient contre toute initiative belliqueuse de sa nouvelle rencontre le cas échéant, mais réalisant presque tout de suite que l’engourdissement de ses doigts l’empêcherait de se battre efficacement. Même parler commençait à lui sembler difficile. De toute façon, l'étranger ne paraissait toujours pas disposé à lui causer de problèmes. Son nouveau statut de nukenin et les ennuis que sa désertion lui avait déjà occasionnés la rendaient plus nerveuse que de raison.

« À Suna hier, dis-tu? Es-tu originaire du Pays du Vent? Mais je ne comprends pas, comment serais-tu parvenu jusqu’ici en si peu de temps? »

Kaede doutait avoir affaire à un shinobi de chez elle. Il n’avait ni l’apparence, ni l’accent d’un natif de sa contrée. Elle fut tentée de le questionner sur la raison de son séjour là-bas mais n’en fit rien. Plus tard, peut-être. Pour l’instant, elle était frigorifiée et entendait profiter de la présence de Shin pour se réchauffer un peu.

« Dis, je… je ne crois pas que continuer de marcher toute la nuit par ce temps soit le choix le plus avisé. Est-ce qu’il ne serait pas plus sage de faire un feu et de récupérer un peu avant de nous remettre en route? On ne trouvera peut-être rien avant des heures, la région semble complètement déserte. »

De deux choses l’une. Ou bien le sabreur connaissait parfaitement son identité et attendait un moment d’inattention de sa part pour s’attaquer à elle et récolter la prime, ou bien il était sincère et aussi perdu qu’il le disait. Kaede penchait pour la seconde possibilité et surtout, le risque que représentait le froid outrepassait maintenant à ses yeux celui de se rendre vulnérable face à un étranger.




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