La musique rapproche les coeurs || ft. Fēng Yûhàng
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火 | Konoha no Chûnin
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Ah, l'hiver. Une si belle saison, bien qu'un peu trop froide à mon goût. On ne peut plus laisser traîner un pied hors du futon et il faut porter plusieurs épaisseurs de vêtements pour être à l'aise. C'est aussi la saison des petites maladies, des nez qui coulent et de la toux imprévisible. Néanmoins, c'est aussi le temps des petits frissons, des joues rougies, des couvertures lourdes, des breuvages chaud et du nouvel an. Il y a du beau et du moins beau, comme pour tout et n'importe quoi. Ceci étant dit, j'étais justement, ce jour-là, aux premières loges pour profiter de la température. Le ciel, bien que dégagé, avait adopté une teinte bleu-grise typique des mois les plus froids de l'année, plus ternes. J'avais bien fait attention à ce que mes longues mèches à la couleur de suie tombent dans mon cou, pour me tenir un peu plus au chaud, et mon souffle s'échappait en bouffées de vapeur. Mes doigts se pressaient les uns sur les autres, veillant à se réchauffer tour à tour, sans toutefois faire de progrès significatifs en ce domaine. Peut-être devrais-je faire un arrêt non planifié ? Pourquoi ne pas entrer dans un commerce au hasard pour espérer y trouver un peu de chaleur ? Qui sait, peut-être pourrais-je trouver un nouvel endroit où prendre le thé. Ce pourrait être amusant, quitte à retarder mon véritable programme du jour. L'achat de mes présents pourrait tout autant se faire plus tard sans que personne n'y trouve quoi que ce soit à redire.

Décidée à me laisser charmer une fois de plus par les merveilles subtiles de Konohagakure, je m'engageai donc dans une autre rue plus peuplée du Centre-ville, là où certains vendeurs courageux faisaient toujours l'étal de leurs produits en plein air. Une dame tentait d'interpeller les gens d'une voix un peu trop timide pour son ouvrage, postée à côté de jolies étoffes de tissu. Plus loin, une homme vendait des bijoux faits main tout à fait charmants. Je décidai de lui prendre des boucles d'oreille pour ma soeur aînée et un peigne en bois pour ma mère. Comme quoi même en me laissant distraire j'arrivais encore à être productive. Toujours aussi sereine, je poursuivis ensuite mon chemin, mon petit paquet à la main. Mon regard de charbon regardait un peu partout, curieux et désireux de tout voir sur mon chemin. Évidemment, avec une pareille attitude je n'aurais pas pu manquer la boutique de ce marchand-là. Je m'approchai silencieusement, profitant du fait qu'il soit occupé auprès d'un autre client. Ce n'est pas le choix qu'il manquait. Des cordes de shamisen, des cymbales et autres petits tambours, des instruments à vent... Une flûte de style dizi. Mon regard s'affina alors que j'admirai son bambou de qualité, l'élégant pompon rouge qui y était accroché, les inscriptions dorées. Rien à voir avec la solide flûte que j'utilisais parfois dans mes fonctions de ninja. Sans doute le son serait-il lui aussi très différent...

« Quelque chose a piqué votre attention, mademoiselle ? »

Je relevai la tête pour mieux croiser le regard du marchand se frottant les mains, un sourire satisfait sur le visage. Les affaires devaient être bonnes. D'un mouvement délicat, je replaçai l'une de mes mèches derrière mon oreille avant de lui répondre de ma voix plus alto que soprano, un peu grave pour une femme d'allure aussi délicate que moi, mais non dénuée de douceur.

« Oui, cette flûte. Pourrais-je...? »

« Certainement ! Faites-vous plaisir. »

Je le remerciai d'un léger signe de la tête, déposant mon paquet sur la table avant de me saisir de l'instrument avec une douceur quasi timide. C'était un peu comme lorsque l'on prend la main de quelqu'un pour la première fois, intimidant. J'avais encore les doigts engourdis et le bois frais n'aiderait pas ma cause, mais cela ne m'empêcherait pas de jouer. J'essuyai du pouce le contour du bec avant de le placer contre ma lèvre inférieure, adoptant naturellement la position adéquate pour bien en jouer. Il y eut comme un instant de silence. Je pouvais rêver, mais j'étais convaincue que plus d'une personne avait décidé de se taire et de tendre l'oreille. Autant en profiter, ce n'est pas tous les jours que l'on a un auditoire, même si celui-ci ne fait que passer dans la rue. Je soufflai, laissant mon souffle traverser l'instrument sans m'arrêter, tenant la note. Puis un doigt qui se lève, un autre qui glisse, des notes qui se suivent d'abord lentement, changeant au fil d'une valse sonore aux tonalités florales. Une petite pause dans la mélodie, le temps d'une respiration, puis la chanson continua en arabesques sereines et en variations prévisibles, réconfortantes, coulant de manière naturelle. Une nouvelle respiration, un changement léger de tempo alors que mes doigts commençaient à se réchauffer un peu. Rien d'extravagant toutefois, j'ai toujours préféré rester sobre et contenue, préférant l'élégance à l'excès. C'est simplement l'esthétique que je préfère. Toujours est-il que chaque chose à une fin, surtout les meilleures, et que je fini par rouvrir les yeux, éloignant la flûte pour mieux la parcourir de mon regard reconnaissant. C'est sans m'en départir que je m'adressai finalement au vendeur, décidée à me faire un petit cadeau à moi aussi.

« Combien est-elle ? J'aimerais l'acheter. »



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« La musique change l’hiver en été. »


Le sol trempé se gerçait aux froidures premières, la neige essaimait au loin ses duvets blancs, et mettait, au bord des toits et des chaumes branlants, des coussinets de laine irisés de lumières d’une blancheur candide.

Cela fait maintenant plusieurs jours que notre protagoniste avait quitté son monastère, ayant demandé congé à ses supérieurs hiérarchiques dans l’objet de partager en cette fin d’année, des moments de quiétude avec sa famille maternelle. Entre autres, le noble clan Hyûga dont il ne faisait plus intègrement partie depuis son dévouement au temple, désireux de vouloir rattacher les liens qui l’unissait à ses semblables et qui avaient été temporairement coupés suite au décès de sa mère.

Les dirigeants de la famille de l’œil blanc ne lui portaient pas rancune en dépit du fait que celui-ci n’ait pas embrassé les coutumes, les rites ancestraux de son clan pour, au grand dam du patriarche, suivre les enseignements des moines-ninja. Attitude étonnante venant d’une  minorité jugé comme étant extrêmement conservatrice, prête à tout afin de préserver les secrets entourant le Dõjutsu céleste.    

Le ciel s’était couvert d’une nappe grisée dans le centre-ville du village caché de la Feuille, où riait une gaieté d’hiver, les ruelles étaient parsemées de décorations lumineuses, de joies et de festivités à l’approche de cette toute nouvelle année.

Yûhàng, vêtu d’un traditionnel hanfu blanchâtre orné de kanji dorés, et d’une écharpe en laine enroulée autour de son cou, déambulait dans les rues fantasques de Konoha. L’expression de son visage s’affichait particulièrement satisfaite à la vue fabuleuse de l’animosité débordante des habitants ainsi, que de l’atmosphère pacifique qui régnait en ses lieux. Le jeune Ninsô n’était pas réellement habitué aux réjouissances collectives, passant la majeur partie de son temps à méditer et à parfaire son panel d'arts martiaux.

Les bras croisés à l’intérieur de ses larges manches, il saluait d’un bref mouvement de la tête, les passants et les commerçants dont il croisait le regard. Le Koku Ryû se voyait naturellement doté d’une bonté remarquable à l’égard des êtres vivants, une attitude bienveillante qui le lui a été ancrée par les prêtres du feu.

Le brun juvénile à la natte atypique fut soudainement interpellé par une vieille commerçante spécialisée dans la gastronomie. Cette femme âgée manquait autrefois de mains d’œuvres et avait sensiblement besoin d’assistance quant à la livraison de sa marchandise aux mets réputés, une personne à qui il était venu en aide très récemment.« Qui vois-je ? C’est mon petit moine adoré. Tiens prends ça, c’est pour te remercier de m’être venu en aide. »  Disait-elle en lui adressant sourire amical et en lui tendant son présent. « Merci obaasan, il ne fallait pas. » Répondit l’Hyûga l'air malaise. L’experte en gourmets venait de lui offrir un sachet remplit de sa gourmandise préférée, une demi-douzaine de shoronpo, une variété de ravioli contenant de la soupe et de la viande hachée.

Ce fut sans attendre qu’il reprît sa petite promenade, après avoir remercié la citoyenne âgée, son expression faciale s’affichait clairement amusée à chaque dégustation. Moelleux à l’extérieur et fondant à l’intérieur, exactement comme il les appréciait. Cette fameuse cuisine lui rappelait sa défunte mère, en effet, cette dernière avait la manie de se les procurer dans le restaurant que gardait la vieille femme, et les offrait à son fils en rentrant de missions.

Alors que le Chûnin était en plein songe, emplit de nostalgies et de bons souvenirs, il croisa le chemin d’un petit garçon sans abris, mendiant pour un peu de nourritures, habillé d’un simple tissu en partie troué,  tremblotant et implorant les passagers d’une voix grêle et maladive. Son état intriguait tellement l’adolescent qu’il partagea sa nourriture avec l’orphelin et lui offrit son écharpe par la même occasion, avant de lui mettre une légère tape sur l’épaule et le réconforter.  

Tandis qu’il s’occupait à réchauffer les cœurs en cette période hivernal, une voix douce et familière retentissait derrière lui, le contraignant à dévier lentement la tête avant de se retourner complètement après l’avoir totalement identifiée. Sa longue et magnifique chevelure noire corbeau, ce parfum si délectable, cela ne faisait aucun doute, la déesse 天照 - Amaterasu avait prit forme humaine et, s’était invitée parmi les hommes.  

« Tenez et gardez la monnaie. » Avait-il dit après avoir déposer une poignée de pièces d'or sur le comptoir du marchand en échange de l’instrument musical qu’elle convoitait. Aucun doute possible, il s’agissait bel et bien d’Uchiha Megumi, kunoichi talentueuse et d’une beauté rarissime issue du clan de l’éventail.

Ses pupilles bridées telles un lynx, furent automatiquement plongées dans celles de la supposée musicienne, qui par ailleurs, était dotée d’un regard des plus envoûtant. Un léger rictus se dessinait alors sur le faciès de Yûhàng, ravi de croiser pareille créature.  

« Kon'nichiwa ! Tu ne m’avais pas dit que tu savais jouer de la flûte, Megumi-chan. » S'écriait-il posément, l'air joyeux.


La brise souleva la chevelure du Shugyôsô qui invita par la suite, la gente dame à faire quelques pas à ses côtés. Ses yeux scrutèrent l'objet qu'il venait de lui offrir avant de se poser sur le visage angélique de Megumi.

« Tiens goûte-moi ça, je suis certain que tu vas adorer.* Il lui tend un Shoronpo* Je connais un très bon salon de thé pas loin d’ici, ça te dirais qu’on aille s’y réchauffer ? À moins que tu n’aies quelque chose d’autres à faire.  » Proposait le shaolin en formation, d’un ton naturellement calme.


La sérénité de son esprit était visible au seul timbre de sa voix et à ses gestes visant à mettre à l’aise son interlocutrice, une femme, qui suscitait vivement sa curiosité.

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« There are things in life that are inevitable; I am powerless to control them. The Sun will rise and set, the tide will come in and go out, the seasons will change, the birds will fly South for the winter and return in the spring, and the caterpiller will transform itself into a beautiful butterfly. Somehow, I feel reassured by this because many other things in life are so transient - so momentary.»
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Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'une tierce personne s'invita dans la transaction sans même une hésitation. On venait de déposer des pièces sur la table pour acquitter les frais de mon achat, un geste qui me prit de court et piqua mon intérêt. Je me retournai donc pour découvrir cette silhouette familière, empreinte d'une certaine noblesse que tous ne possédaient pas. Malgré cela, certaines de ses mèches, plus courtes, se retroussaient avec espièglerie, une spontanéité joueuse qui donnait des airs malicieux à l'individu dont l'âme était pourtant aussi claire que les flocons de neige. Ayant apprit à ne jamais refuser un cadeau et maintenant rassurée par l'auteur de celui-ci, je le laissai mener son projet à bien, non sans laisser m'échapper un soupir amusé. Qu'à cela ne tienne, je pourrais toujours le remercier en jouant pour lui, le moine ayant tout l'air d'un individu apte à apprécier la musique. Je me contentai donc de ranger l'instrument dans son boitier avec des gestes emplis de précautions, quasi cérémonieux. Pour moi, il y avait quelque chose de sacré en ces outils de création musicale, ces médiums permettant de partager à tous des émotions éphémères, oeuvres d'art auditives impossibles à attraper ou à posséder. Je rangeai ensuite le tout avec mes autres achats, remerciant le commerçant d'un léger signe de tête avant de finalement me tourner vers le généreux jeune homme qui prenait déjà la parole avec enthousiasme. Difficile de ne pas esquisser au moins un sourire en retour. Quel curieux individu. Malgré ce regard vif de félin, acéré et dangereux, il n'en demeurait pas moins profondément enclin au partage et amical, doux et paisible. Ma réaction initiale, lors de notre première rencontre, avait été de m'en méfier et de ne pas m'ouvrir à lui, inquiétée par ces apparences trompeuses, mais le temps m'avait enseigné à l'apprécier à sa juste valeur. Ceci étant dit, je ne m'étais jamais non plus retrouvée du côté de ses opposants, peut-être auraient-ils une toute autre histoire à partager.

« Où serait le plaisir si je dévoilais tous mes secrets d'emblée ? »

Telle fut ma réponse à ses salutations, mes lèvres formant toujours ce même sourire aussi doux qu'amusé. Au passage, la brise s'engouffra dans ma chevelure également, certaines de mes mèches à la couleur des plumes des corbeaux venant fouetter mes joues rougies. Espérons simplement que personne d'autre ne passe trop près ; un passant pourrait si rapidement être la victime de mes cheveux. Quoi qu'il en soit, le jeune homme m'invita à marcher en sa compagnie et c'est de bon coeur que j'acceptai, laissant nos pas se synchroniser alors que nous avancions dans les rues froides de décembre. Ce dernier, toujours aussi enclin à offrir, me proposa d'ailleurs une petite collation qui piqua mon intérêt. J'allongeai les doigts pour m'en saisir, tout de suite soulagée par la chaleur du met. Voilà qui me ferait le plus grand bien. J'y plantai les dents avec maintes précautions, bien que cela ne fut pas suffisant pour éviter ce que je craignais. Si la soupe vint d'abord réchauffer mes lèvres et les humidifier de sa saveur exquise, une goutte ne se priva tout de même pas de glisser jusqu'à mon menton avec chaleur. Je m'empressai de l'essuyer de mon majeur, souriant comme une enfant maladroite qui, justement, ne sait pas manger proprement.

« C'est délicieux, Fēng-san. »

À peine avais-je le temps de terminer le Shoronpo que, déjà, mon interlocuteur proposait une autre idée. Selon ses dires, un salon de thé non loin pourrait justement nous permettre de nous réchauffer. Malgré ces quelques bouchées pour le moins succulentes, la perspective d'un bon breuvage chaud ne pouvait pas simplement être balayée de la main sans que l'on s'y attarde. Quant à mes tâches du jour, j'avais déjà établit en mon âme et conscience qu'elles pourraient être reportées à plus tard.

« Rien que ne soit plus important qu'un bon moment partagé entre amis devant une tasse de thé. Je débutais simplement mes achats pour le nouvel an, j'offre toujours des présents aux membres de ma famille immédiate et à certains cousins dont je suis proche. Je suppose également que je devrai vous en trouver un, pour vous remercier de celui que vous venez de me faire. D'ailleurs, est-ce courant chez les moines de s'offrir des présents pour les fêtes de la fin de l'année ? »


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« La musique change l’hiver en été. »


La neige était si belle sur les arbres lorsque, s’empilaient petit à petit, tous les flocons qui tombaient du ciel. Tout était recouvert de blanc et de couleur d’écorce, les oiseaux quant à eux, brillaient comme des étoiles au milieu de ce ciel de jour, où le bleu s’était nuancé d’un gris argenté.

La froidure de l’hiver était telle, qu’il grelottait intérieurement, tentant tant bien que mal de dissimuler les tremblements de son corps liés à l’atmosphère glaciale. C’était dans ces instants-là, que les entraînements auxquelles il s’adonnait régulièrement pour ne pas ressentir la douleur ou les effets néfastes du temps, s’avéraient particulièrement utiles.

Le met semblait avoir un certain succès auprès de la jeune femme, qui n’en déplaise pas à Yûhàng, fit preuve d’une maladresse amusante, la rendant d’autant plus adorable. L’apprenti shaolin fit mine de ne pas y prêter attention en lui adressant un sourire bénin, comme à son habitude.  

«  Sôka, je pourrais t’accompagner si tu le souhaites, je dois moi-même offrir à ma famille et à quelques orphelins.* Il passe sa main derrière sa tête et se gratte l’air gêné* Pour tout te dire, je ne suis pas vraiment inspiré cette année. Chotto..*il prend un air pensif* on ne fête pas le nouvel an chez les moines, alors s’offrir des cadeaux n’est pas vraiment courant chez nous. Soreni, le doyen pense que cela nuirait à notre apprentissage. » Disait-il calmement.


Sôka = Je vois.
Chotto = Eh bien.
Soreni = De plus/En plus.


Expliquait le Chûnin à son interlocutrice, en omettant le fait de lui divulguer qu’il lui arrivait toutefois, de faire des dons à ses frères d’arts martiaux, principalement vestimentaires. Sa dévotion au temple du Feu étant absolue, le bien être des ninsô passait donc, avant sa propre personne.

« Mate, tu as une tâche ici.* Il sort un essuie-tout et enlève délicatement la tâche* Tu n’as pas à me faire de cadeau, ta présence me suffit amplement, Megumi-chan.  » Avouait Feng, d'un ton franc.


Mate = Attend.

Un geste d’attention typique à Yûhàng, qui avait pris l’initiative d’essuyer le reste de Shoronpo visible sur le menton de la jeune Uchiha, offrant une scène des plus ambiguës. Le philanthrope prononçait ces mots avec sincérité, bien qu'un brin charmeur, de par son sourire malicieux naturel. L’Hyûga pouvait paraître manipulateur par moments, mais il en était tout autre.

Evidemment, le moine-shinobi constituait le cliché parfait du bel homme, de par son physique avantageux et son minois suscitant l’attention des plus belles filles du village. Cependant, il n’en demeurait pas moins assez modeste et quelque peu désintéressé. Effectivement, cela ne représentait pas les faits réels, le ninja à la chevelure entrelacée ne se préoccupait guère de la gente féminine omis celle composant sa famille, avec qui, il entretenait de bons échanges.  

Le religieux était un individu très observateur, doté d’une capacité d’analyse phénoménal, pour preuve, lors de sa première entrevue avec la kunoichi du clan aux yeux écarlates, il avait pris conscience de la réticence que celle-ci avait à son égard. Voir cette femme de nature suspicieuse s’ouvrir peu à peu à son homologue enchantait tout particulièrement l’intéressé.

Le salon de thé n’était désormais plus très loin, et on pouvait de leur position, apercevoir les magnifiques efforts décoratifs de l’enseigne. Yû laissait la ravissante brune avoir quelques pas d’avances, admirant discrètement ses longs et magnifiques cheveux noirâtres, conscient de la chance dont il bénéficiait à cet instant.

Une légère pensée survenait alors, pour ses semblables dépourvus de poils capillaires, qui eux avaient fait vœux d’abstinence, et ne connaîtraient jamais les bienfaits de la présence d’une telle beauté en leur compagnie.

Ils parvinrent finalement à destination au bout d’une poignée de minutes seulement, la perle d’Hi no Tera ouvrit la porte d’entrée et laissa son accompagnatrice entrer avant de la suivre de près, faisant preuve d’une galanterie surprenante pour un individu n’ayant vécu qu’avec des hommes généralement.

L’endroit avait été minutieusement choisi par l’adolescent aux yeux de félins qui prenait souvent plaisir à déguster la diversité des boissons chaudes que proposait ce salon. Un lieu se démarquant des autres, très conviviale, véritable chalet excellant dans sa catégorie.  

Repérant une table à l’abri des regards, près d’une fenêtre offrant une vue immuable sur la ruelle éclatante et animée du centre-ville de la feuille, il décida de s’y installer, en prenant bien soin de tirer légèrement la chaise afin que la dame puisse s’asseoir confortablement. Un petit signe de la main droite au personnel chargé de l’accueil et du service qu’il connaissait très bien, en tant que véritable habitué.
   
« Alors ? L’endroit te plaît ? Met toi à l’aise. Tu verras, le thé qu’ils proposent est exquis, j’ai l’habitude de venir ici avec un membre de ma famille. » Ajoutait le jeune homme en restant placide.


La température parfaite de la salle en chauffage constant, la musique discrète traditionnelle, l’habillement du personnelle similaire à celui du Shugyoso, cet endroit était bel et bien son jardin secret.

Le serveur arriva plutôt rapidement avec la commande, serviable et sympathique, à l’instar de Yûhàng qui glissa avec discrétion, un pourboire dans la poche de ce dernier. La théière au centre de la table en forme de cercle, les shoronpo placés dans une assiette à proximité de la brune ensorcelante.

Le thé de 河内村 - Ryogouchi avait été servi dans des tasses de type タ - Yôhen faîtes à partir de roches naturels. Trempant finement ses lèvres dans le liquide verdâtre, notant avec stupéfaction le goût formidable qui s’accompagnait d'une impression douce et soyeuse, un arôme fruité et floral s’échappait des verres, apportant une senteur procurant un plaisir inouïe.

Le regard du rejeton de la famille Bunke se posa sur les lèvres humidifiées de Megumi, avant de croiser les iris d’une profondeur abyssale de celle qui se tenait face à lui. Patientant, attendant paisiblement et avec sobriété l’avis de cette dernière quant à la dégustation de la saveur qu’il avait choisi pour elle.

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Le jeune homme m'avait écouté avec une attention respectueuse, attrapant chacun de mes mots au vol sans en laisser chuter un seul. Mieux, il y alla de sa propre réponse, offrant de me tenir compagnie lors de mes achats pour effectuer les siens du même coup. Voilà une offre honnête si je savais en reconnaître une, d'autant plus que la présence du moine n'était en rien désagréable. Son dévouement pour les jeunes orphelins était d'ailleurs des plus admirable et si tous prenaient exemple sur le shinobi le monde serait un endroit bien différent. Cela me poussa à me demander ce que je pourrais moi-même faire pour venir en aide à mon prochain, une réflexion qui m'enferma dans les confins de mes pensées. Il n'y avait que Fēng-san pour me ramener à lui, dans le monde des vivants et du moment présent. Je redressai la tête vers lui, mes iris teintés de surprise alors que je mis quelques instants à retrouver mes repères. Les mots qu'il prononçait n'étaient qu'un écho distant que je n'arrivai pas à comprendre. Un battement des cils -ou peut-être était-ce un battement de coeur- plus tard, je dardai mon regard d'acier sur mon camarade. Il n'avait certes posé qu'un geste anodin, mais un geste qui avait tout de même fait trébucher mon esprit. Quand bien même nous étions au coeur de l'effervescence du marché, ce simple geste, a suffit à me donner l'impression d'un moment intime partagé avec le moine. Nous étions face à face, sa main séparée de ma joue, de ma peau, par un simple morceau de tissu. Satisfait, et visiblement inconscient, le shinobi s'exprima avec aplomb, prononçant des mots sans doute à même de faire fondre n'importe quelle demoiselle incapable de soutenir son regard de fauve. Le plus surprenant, dans tout cela, c'est qu'il ne semblait réellement pas animé d'un quelconque motif ultérieur. Le geste était presque fraternel, lorsque vu de cet angle, mais pas moins troublant pour un être aussi gardé que moi. Heureusement, il ne tarda pas à prendre fin et je pus me détourner de lui pour continuer ma route, respirant plus librement.

Le salon de thé ne devait plus être très loin et, bien que je ne l'avouerais pas, j'étais grandement soulagée qu'il me laisse marcher la première. Soulagée qu'il me laisse un peu d'air pour reprendre mon souffle. Le reste du chemin se fit dans le silence, sans être néanmoins désagréable. Il s'agissait d'un simple temps d'arrêt bien mérité, d'un instant de calme où nous n'avions pas besoin de combler un quelconque vide par des paroles creuses. Lui comme moi partagions la même destination et cela nous suffisait. L'endroit n'était d'ailleurs pas très loin, tel qu'indiqué par le combattant, et nous l'atteignîmes sans mal. Sur place, le jeune homme fit de nouveau preuve d'une galanterie certaine, ouvrant la porte pour moi. Docile, j'entrai donc la première, découvrant les lieux avec une curiosité contenue. Ceux-ci avaient un charme qui était à l'image de son client, aussi traditionnel que chaleureux. À peine eu-je le temps de prendre mes marques que mon camarade avait déjà des vues sur la table qu'il convoitait, m'invitant cette fois à le suivre pour mieux tirer ma chaise. J'esquissai un sourire amusé, bien que léger, avant de prendre place. Dans mon mouvement, pour ne pas m'asseoir sur ma magnifique crinière, je rabattis mes cheveux sur le côté droit, les faisant passer par dessus mon épaule en une cascade sombre, dégoulinant comme de l'encre. Ainsi, l'autre côté de mon cou ainsi qu'une partie de ma nuque s'en retrouvaient à découvert, esquissant en moi l'ombre d'un frisson. À peine s'était-il assis en face que l'adolescent me demandait mon appréciation des lieux, m'incitant à la détente avant de vanter le thé. Une fois de plus, un sourire en coin étira mes lèvres.

« Vous faites certainement maints efforts pour que je sois à l'aise, je ne vous pensais pas si attentionné à l'égard des demoiselles. »

Le service semblait lui aussi avoir pris exemple sur le moine, s'empressant de s'occuper de notre commande. Je dois avouer que le thé fut ce qui attira mon attention d'abord et avant tout. Si le goût de ces breuvages était à demi aussi agréable que leur arôme, sans doute prendrais-je moi-même l'habitude de revenir dans mon temps libre. Ainsi, j'attrapai ma propre tasse avec précaution, marquant une pause pour en admirer la confection et laisser le thé refroidir quelque peu pour ne pas me brûler. Puis, le moment de vérité. Fermant un instant les yeux, je me concentrai pleinement à la dégustation de mon breuvage, cherchant à en identifier les composantes tout en l'appréciant. Lorsque je déposai la tasse, mes iris à la couleur de suie se relevèrent jusqu'à croiser leur opposé. En nos regards entrelacés, la rencontre du noir et du blanc, du ying et du yang.

« Vous avez décidément très bon goût, qu'il s'agisse des collations, des breuvages ou des établissements. Serait-il déplacé de m'enquérir de votre famille ? J'ai l'impression de vous connaître sans que ce soit pourtant totalement le cas et nous avons justement une occasion de rectifier cela. Si vous n'y voyez pas d'inconvénients ? »


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« La musique change l’hiver en été. »


Le Salon ‘Kakegawa’ se trouvait être un endroit de réconfort inné, l’atmosphère y régnant demeurait particulièrement plaisante, doté d’un zeste de poésie de par ce petit air mélodieux en fond et ce petit côté traditionnel. Tout ceci le temps d’une tasse de thé et d’une petite gourmandise venant accompagner cette boisson chaude aux saveurs divers et variées.

Yûhàng restait en compagnie de la demoiselle à la longue chevelure noirâtre, une femme qui l’intriguait de manière considérable, allant au-delà de sa beauté physique divine. Le fait qu’une dame de sa stature ait daignée faire part de sa présence à ses côtés, le réconfortait sensiblement, lui qui ne côtoyait que des sages, que des hommes. Cela allait sans dire, le ninsô ne s’était pas fait bons nombres d’amis au sein du village des feuillages, et à partir de cet instant, Megumi constituait son premier et véritable contact amical à l’exception d'une poignée de membres appartenant à sa famille peuplant Konohagakure.

La princesse du clan de l’éventail semblait visiblement, appréciée l’endroit dans lequel elle fut amenée, sa voix à la fois douce, très agréable à l’ouïe, venait complimenter positivement son interlocuteur, qui semblait de marquer le coup. L’Uchiha pouvait de plus, se faire une petite idée de la personnalité de Feng grâce à cet endroit, cet espace si paisible et coutumier qui le représentait tant.

Le sourire de côté apparaissait sur ses lèvres, comme pour montrer une certaine satisfaction suite aux dires de son accompagnatrice, le chûnin juvénile détourna ensuite l’espace d’un instant son regard, les rivant en direction de la vitre limpide sur sa gauche donnant sur le centre-ville, au moment où il fallait aborder le sujet familial.

L’homme aux yeux blanchâtres en plus d’être orphelin, n’était pas vraisemblablement proche de son clan, de surcroît, pour la plupart d’entre eux, le fait qu’il soit un sang-mêlé ne faisait pas de lui un membre de la famille. Etant vu la plupart du temps comme étant un vulgaire ‘bâtard’ ou fils de traître, supportant les regards lourds de sens de ses semblables aux pupilles d’ivoirin. Ne partageant que de réels liens familiaux uniquement avec son cousin de trois ans son cadet, une entente fraternelle qui subsistait malgré la formation de Yû chez les moines du Temple du Feu.

« Go..gomen, non je n’y voit aucun inconvénient bien au contraire. Mon père était un moine-shinobi qui faisait partie des douze ninjas gardien du Feu. Quant à ma mère, elle était issue du clan Hyûga, de la branche secondaire plus précisément. Sinon lorsque je ne m’isole pas, je suis la plupart du temps avec un cousin très proche. * Son regard croise à nouveau celui de Megumi* Pour tout te dire, je ne connais pas vraiment les autres membres de ma famille, j’imagine que cela viendra avec le temps.  » Expliquait-il posément.


En temps normal, il se révélait difficile pour lui d’aborder le sujet, car habituellement, lorsque l’on lui posait la question, le shaolin à la longue tresse se contentait de changer de conversation, emmenant son interlocuteur vers un thème un peu plus gaie.

Ressasser ce passé le rendait nostalgique durant un labs de temps, se remémorant les moments chaleureux avec ses parents, bien que ceux vécut avec sa maternel devenaient de plus en plus flous, cette dernière ayant décédée du temps où il n’était encore qu’un gamin inconscient.

« Cela va peut être te paraître étrange mais.. j’ai également la sensation de te connaître sans que ce ne soit forcément le cas. Qu’en est-il de ta famille ? Tu n’es pas obligée de me répondre si jamais tu trouves que c’est trop indiscret, je comprendrais. » Demandait le religieux l'air un tantinet curieux, toujours munit de son éternel sourire malicieux.


Il avait pris soin de rétorquer, après avoir trempé ses lèvres dans sa délicieuse boisson encore brûlante, suivi d’une bouchée de l’avant dernier shoronpo situé à l’intérieur du sachet cartonné.

Réjoui de la curiosité qu’il pouvait susciter chez sa partenaire, cette indiscrétion réciproque l’un à l’égard de l’autre. À condition que la gente dame, ne daigne s’ouvrir au moine, qui venait de faire le premier pas. Néanmoins, en tant que bon analyste, il avait anticipé une probable réponse négative de la part de la ravissante brune, et il allait devoir mesurer ses propos afin de ne pas plomber l’ambiance.

Les ouï-dire se racontant autour du clan Uchiha étaient peut-être fondés, un peuple qui ne jurait que de par la puissance. Yûhàng avait aperçu les marques de brûlures dorsales de la kunoichi, sans pour autant y prêter réellement attention aux premiers abords.

Se disant par conséquent, qu’il ne valait peut être mieux ne pas rapporter la conversation à ces cicatrices pour le moment, jugeant que la plaie ne s’était peut-être pas refermée intérieurement chez la musicienne, qui pouvait malheureusement souffrir de cet incident même à l’heure actuel.

Des suppositions s’invitaient tout de même dans les pensées de l’artiste martial, quand on sait que les guerriers du groupuscule aux pupilles rouges-sangs étaient des adeptes du Katon, on pouvait aisément supposer que celle-ci s’était faîte blessée lors d’un affrontement entre membre du clan.

Soit, il se concentra sur les paroles de Megumi, se servant de la tasse entre ses mains dans le but de les réchauffer, tout en demeurant particulièrement attentif, quelque peu impatient d’en apprendre davantage sur cette curieuse rose noire. Pendant ce temps, les serveurs se mettaient à préparer la fermeture de l'enseigne, ce détail l’avait échappé, le salon fermait plus tôt que d’habitude lors des fêtes de fin d’année.

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Je le sentis s'éloigner de moi. Jetant son regard par la fenêtre, le jeune homme semblait parti loin, très loin, ses réflexions l'entraînant sur un chemin escarpé où je ne pouvais le suivre. Avais-je donc fait une erreur, croyant à tort qu'il était une idée judicieuse de chercher à en apprendre plus sur sa famille ? Au sein des shinobi, beaucoup étaient ceux qui vivaient des situations difficiles, après tout, et j'aurais du être plus douce, plus prudente. Aveuglée par l'aura de douceur et de bienveillance de mon camarade, Yûhang paraissait trop serein pour être blessé ou même touché. Oui, il était aussi pur que les plumes d'un héron contre lesquelles glissent délicatement les gouttes d'eau. Et pourtant. Il se fit violence, répondant à mon interrogation comme s'il ne lui en coûtait rien. S'habillant de mensonge pour me rassurer, pour me jeter de la poudre aux yeux, le moine prétendit que le sujet ne le gênait pas. En mon sein se déroula une joute silencieuse, un dilemme mordant. La curiosité d'en apprendre plus sur lui d'un côté, le désir de le faire taire de l'autre, de simplement m'excuser et passer à autre chose sans savoir. Mais le mal était accompli et je ne pouvais qu'écouter, découvrir. Son père était donc lui-même un moine, ce qui me fit hausser un sourcil de curiosité. Ne devaient-ils pas porter serment et se priver des plaisirs de la chair ? Et le jeune homme en lui même, était-il régit par ces réglementations ? Enfin, cela importait peu, n'est-ce pas ? Jusqu'à preuve du contraire, cela ne me concernait pas.

Sa mère, quant à elle, provenait donc de la branche secondaire du clan Hyûga. Rien d'étonnant à cela. Les iris de neige du shinobi trahissaient ses origines. Cela mis à part, il passerait donc beaucoup de temps avec un cousin proche, lorsqu'il ne s'isolait pas volontairement. Je me mordis l'intérieur de la joue. Lorsque son regard chercha le mien, c'est ce dernier qui se fit évasif. Quand bien même il n'en laissait rien paraître, je n'avais pas fait preuve de délicatesse avec cette question et je devinais sans mal ce qu'il taisait. Il me suffisait de penser à Yume, une autre membre de ce lignage considéré inférieur. Il me suffisait de penser à l'organisation du clan de l'éventail, à mes propres erreurs. Il me suffisait de réaliser qu'il parlait de ses parents à l'imparfait, au passé. Cette histoire ne possédait pas de fin heureuse et je l'avais pourtant affichée au grand jour.

« Je suis vraiment navrée, je... »

Ne trouvais pas les mots pour m'excuser convenablement. Toujours aussi habile, mon partenaire du jour avait néanmoins choisi de ne pas nous laisser nous attarder sur la question. Conservant un sourire malin, cet air invitant au jeu, il était à son tour de me retourner la question, curieux tel un chat qui agite la patte devant une souris. Lui également partageait cette impression étrange, ce confort presque inné, cette facilité. À croire que nous nous connaissions depuis longtemps, que nous l'avions simplement oublié. Peut-être cela datait-il d'une époque révolue, d'une autre vie où nous avions déjà partagé cette conversation. Ou peut-être me faisais-je des idées, inspirée par son regard clair, presque miroitant. Il était difficile de s'y retrouver lorsqu'il me fixait ainsi, enfonçant les crocs dans sa collation juteuse sans me quitter du regard. Non, c'est de mon coeur qu'il prend une bouchée. Pensée fugace, idiote.

« Il n'y a là rien de gênant. Je suis la troisième née d'une fratrie de quatre enfants. J'ai un frère et une soeur qui sont plus âgés, un frère cadet. Je suis plus proche de lui que des deux autres, Shinpachi s'est toujours fait un plaisir de me suivre partout et, pour ma part, j'ai toujours été fière de pouvoir le protéger. J'en ai certes fait les frais, mais si c'était à refaire je n'hésiterais pas. »

Je me plaisais à dire que je donnerais ma vie pour protéger Shinpachi. Je m'amusais à dire que je l'avais déjà fait, autrefois. Certes, j'y avais survécu, mais le fait est que je n'en avais aucune idée, au moment de me jeter en avant pour le sauvegarder d'une énorme boule de flammes. J'étais simplement femme à ne pas hésiter lorsque venait le temps de protéger les siens, quitte à se sacrifier dans la foulée. En ce sens également, j'avais l'impression que nous avions beaucoup en commun. Les deux réflexions d'un même miroir, un ensemble symétrique, bien qu'encore étrangères et dissociées. Mais cela, selon toute vraisemblance, n'était qu'une question de temps.

« Dites-moi plutôt, Fēng-san, quelle est votre saison préférée ? Ou parlez-moi de vos fleurs favorites, de vos mélodies les plus précieuses. Parlez-moi de ce qui compte. »

Rappelez-moi quand votre âme a-t-elle rencontrée la mienne pour la première fois. Plus loin, discutant à voix basses, deux serveuses se relançaient la balle. Aucune des deux n'osait s'approcher, se glisser entre les tables vides pour venir déranger ce duo aux cheveux de nuit. Partis si rapidement dans un autre monde, aveugles à la vie qui continuait d'hurler tout autour. Réfugiés dans les yeux l'un de l'autre, plus rien ne pouvait les atteindre.


the sight of her eyes keeps my dreams alive
The people who call you weak have not yet noticed the wolf hiding behind your eyes, nor the flames inside your soul. Let them think you are weak and do what wolves and fire do best. Surprise them when they least expect it.


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音楽は心をもたらします




« La musique change l’hiver en été. »


La séduisante colombe s’ouvrait délicatement telle une fleur exposée aux lueurs printanières, présentant succinctement à l’instar de son interlocuteur, les membres de sa grande famille. Elle énonçait les rapports relationnels qu’elle pouvait avoir avec ses frères et sœurs, avec une préférence pour le petit dernier répondant au nom de Shinpachi. La jeune femme semblait entretenir la même relation avec son petit frère que celle dont jouissait Yûhàng avec son cousin. À l’entendre en pleine description de son cadet, Feng ne put s’empêcher de faire le rapprochement entre Fūhaku et Shinpachi, les deux énergumènes suivaient leurs aînés un peu partout, en causant insouciamment des ennuis à leurs aînés protecteurs.

Un soupir de satisfaction, suivi d’un sourire amusé, il avait comme l’étrange sensation de se trouver face à son alter-égo féminin. Ravi de constater que la jeune Uchiha, était prête au moindre sacrifice afin d’apporter son soutien aux êtres qui lui étaient chères.

« Il n'y a pas d'héroïsme sans cicatrices.» Disait-il les paupières légèrement fermées.


Il venait de prononcer ses mots quelque peu énigmatiques tout en présumant le fait, que la Kunoichi s’était faîte ses multiples brûlures sur le dos en tentant de sauver son jeune frère, sans pour autant lui demander, l’ayant deviné approximativement suite à des conclusions personnelles hâtives. Sachant de manière instinctive que le sens de sa récente phrase serait percé à jour par son interlocutrice.


« Le momijigari,  j’ai tendance à beaucoup observer la nature durant l’automne, plus précisément lorsque les momiji dévoilent leurs feuilles pourpres et flamboyantes. * Il marque une petite pose et trempe ses lèvres dans sa tasse* J’en profite aussi pour méditer sur le sol tapissé de feuillages d’orées, me donnant l’impression d’être.. dans un rêve. » Répondit paisiblement le Chûnin.


Durant son enfance, le pacifiste participait à la chasse aux érables avec sa défunte mère, une coutume traditionnelle et séculaire consistant à se balader dans les lieux majestueux d’Hi no Kuni, tout admirant la beauté que pouvait offrir les effets saisonniers automnaux.

Appréciant le fait d'être encerclé d'arbres ornés de feuilles incandescentes, donnant un décor saisissant, d’or et de rouges, résultant un panorama des plus féeriques. En dépit des années, Feng avait préservé cette habitude, déambulant dorénavant seul lorsque la saison qui  précédait l’hiver arrivait, s’adonnant à des exercices méditations de longue durée, qu’il mélangeait à ses songes du passé.

« Quant à ma fleur favorite, je crois avoir un penchant pour la Fleur de Lotus. Car au-delà de sa beauté, cette plante sacrée représente à mes yeux, la pureté incarnée. » Continuait-il d'un ton rêveur.


La symbolique liée à cette fleur était très riche et surtout, très représentative de la culture philosophique que défendait Yûhàng et ses pairs adeptes de l’ascétisme. Sa beauté évoquait la fertilité, la prospérité, la longévité, ou encore, du fait que les graines de lotus durent très longtemps, l’immortalité.

De cette manière, les qualités incarnées par la fleur de lotus conduisaient les anciens à la choisir pour symboliser les apophtegmes et les enseignements de 達磨 – Daruma. Les textes bouddhistes décrivaient les shaolin comme étant des hommes ‘non souillés par les affaires de ce monde, comme la fleur de lotus flottant sur l’eau’.

« J’apprécie tout bonnement la musique traditionnelle. Cependant,  la mélodie qui provenant d’un dizi semble avoir le pouvoir de me subjuguer. * Il fait passer sa longue tresse par-dessus son épaule* L’important, c’est de vivre sereinement, sans haïr ceux qui nous haïssent. Terminait-il en adressant un sourire un tantinet charmeur.


Ses yeux lactescents fuyaient en direction de l’étui à flûte de la musicienne au parfum fleuri, avant de se rencontrer une nouvelle fois les prunelles ensorcelantes de la kunoichi.

« Qu’en est-il pour toi, Megumi-chan ? » Demandait le ninsô impatient d’en apprendre davantage sur son homologue. Son faciès manifestait une constante gaieté, à un détail près, celui-ci s’affichait des plus passionnés, attentifs aux paroles de la demoiselle. Nul doute que l’aura et la beauté singulière de la jeune femme l’avaient littéralement envoûté.

Le salon de thé s’était vidé de toute sa clientèle, le gérant quant à lui fut agréablement distrait par les deux shinobi, zieutant la scène au loin aux côtés de ses salariés. Ils contemplaient avec émerveillement la scène à partir du comptoir. Véritable pièce théâtrale, Izanagi rencontrait enfin Izanami, tandis qu’à l’extérieur, le ciel s’était recouvert de sa nappe obscure et étoilée.

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Il n'y a pas d'héroïsme sans cicatrices. Une parole qui se suffisait à elle-même et à laquelle je ne répondis que par le silence, l'admiration. L'on ne pouvait faire preuve de cette noblesse d'âme qu'au prix d'un sacrifice, qu'il soit physique ou spirituel. En cela, une fois de plus, nos avis se rejoignaient en une harmonie dépassant toutes les attentes. Cela en devenait presque angoissant. Y aurait-il un moment fatidique où la vérité de nos âmes divergerait ? Un point de non-retour qui jetterait une ombre indélébile sur ce monde de brillance partagé seulement par nos deux êtres ? Guidés l'un comme l'autre par cette douce passion silencieuse, nous poursuivions toutefois notre échange sans relâche, motivés à la fois par ce besoin de retirer plus, de posséder un peu plus de l'autre et cette peur viscérale de tout voir voler en éclat au moment le plus inattendu. Je fus celle qui prononça les prochaines questions, guidant la conversation au fil de mes idées. Je crains un instant qu'il puisse trouver mes interrogations dérisoires, qu'il ne les prenne pas au sérieux, mais ce fut tout le contraire. Mon interlocuteur traita chacune d'entre elles avec le plus grand respect, se prêtant à l'exercice sans une seule hésitation.

Je ne pu m'empêcher de l'imaginer, déambulant dans les feuilles écarlates, sa longue tresse se confondant au milieu des couleurs chaudes de l'automne. Le regard devenu rêveur, je suivais ses paroles comme l'on marche à deux, sans regarder devant soit ou se soucier de l'endroit où l'on va. Je me fis même une promesse. Lorsque reviendrait l'automne, il me faudrait faire de même. Qui sait, peut-être nous croiserions-nous de nouveau, guidés par le vent frais et joueur, annonciateur de la saison froide. Le jeune homme en avait toutefois encore beaucoup à dire, avouant son amour pour la fleur de Lotus. J'aurais été grandement surprise qu'il en soit autrement, à dire vrai. L'on n'entendit jamais parler d'un moine qui n'aurait pas ce véritable joyaux en haute estime. Beauté, pureté, immortalité. L'équilibre parfait entre ses croyances et la beauté de son regard immaculé. J'esquissai un sourire délicat, l'encourageant à poursuivre de mes iris toujours aussi curieux, aussi invitants. Si je ne possédais pas une essence aussi divine et parfaite que la sienne, rien ne pouvait m'empêcher de désirer profiter un peu plus de sa présence à mes côtés. Il me fit d'ailleurs un magnifique présent, de nouveau. Cette fois, c'est en ventant la musique du dizi, un sentiment que je ne pouvais que comprendre. Lorsqu'il me retourna ces mêmes interrogations, je sursautai presque. Investie dans ses mots, j'avais oublié que ma gorge avait elle aussi le pouvoir de chanter.

« Je voue une affection particulière à l'hanami. L'un de mes plus anciens souvenirs remonte à cette période alors que nous appréciions les fleurs en famille. C'est là que j'ai découvert les fameux senbei du clan Uchiha. Ils sont pour moi ce que sont les shoronpo pour vous je le pense. Les cerisiers en fleurs sont magnifiques et leur côté éphémère y est pour beaucoup je le pense. Ils nous apprennent à prendre soin de ce qui est devant nous pendant que nous le pouvons encore. Ils nous enseignent à ne pas éprouver de regrets. »

Une pensée plutôt drôle à partager de vive-voix alors que mon homologue venait de vanter l'immortalité représentée par le Lotus. Et pourtant, même dans nos antipodes, nous savions nous complémenter plus que nous contredire. L'une rêvant du printemps, l'autre se rappelant l'automne.

« Quant aux fleurs, j'ai toujours été fascinée par la complexité du Camélia. C'est une fleur si noble aux significations multiples. Mais mieux que cela, le camélia n'est pas que beauté, amour et divin. Elle peut créer le thé, guérir certains maux et aiguiser les lames. Selon la main qui l'étreint, elle apporte réconfort, guérison ou destruction. »

Et plus que cela, dans le langage des fleurs, le Camélia était d'autant plus expressive. Désir, passion, raffinement, perfection, longévité, amour heureux et loyauté. Un camélia blanc était symbole de pureté, de l'amour qu'éprouve une mère pour son enfant. Il était aussi synonyme de deuil, lors des cérémonies funéraires. Néanmoins, si un homme l'offrait à une femme, il exprimait alors l'impression que la belle dédaignait les avances de son compagnon. À l'inverse, si la dame l'offrait à l'élu de son coeur, ce même camélia apporterait le bonheur. Et il n'était là question que d'une seule couleur. J'aurais sans doute pu discourir sur cette fleur toute la nuit durant, mais cela aurait été peu approprié. Quand bien même le jeune homme me faisant face était-il un être raffiné, je doutai qu'il soit aussi versé que moi dans l'art de l'ikebana. Puis, le silence. Mes yeux d'onyx s'en étaient retournés admirer le visage enjoué de Yûhàng, son regard brillant d'intérêt et d'une passion profonde. Le monde aurait pu s'effondrer tout autour de nous qu'il n'aurait même pas daigné détourner le regard. Et, durant ces quelques instants où je me perdis dans sa contemplation, j'oubliai qu'il n'était pas qu'une oeuvre d'art, mais bien un homme qui m'admirait lui aussi en retour. Je ne revins à moi que lorsque je réalisai que ce silence s'était étiré plus longtemps qu'il n'était d'usage, détournant difficilement les yeux, une once de rose sur les pommettes.

« Quant à la musique, je partage tout à fait vos impressions concernant le dizi. C'est entre autres pour cela que j'ai préféré cet instrument à d'autres, bien que je sois également une adepte du shamisen. »

Déclarais-je avec un sourire doux, bien que porteur d'une once de fierté. La musique était pour moi à la fois un moyen d'expression, de contemplation et de partage. De là, j'avais même apprit à m'en faire une arme pour me préserver de mes ennemis. De savoir que le jeune homme aux cheveux d'ébène affectionnait tant mon art ne pouvait que m'enthousiasmer. Mais que dire, que faire maintenant ? Mon esprit bourdonnait de questions et mes doigts fins se serraient contre ma tasse jusqu'à blanchir un peu plus mes jointures. Depuis que j'avais détourné le regard, je n'avais plus osé le relever. Je me sentais comme intimidée, tant par son intérêt que par celui que je lui portais en retour. Il était si tentant d'imaginer, de me projeter telle une jeune fille qui croit tout possible. Mais je n'étais plus aussi naïve, du moins je ne croyais plus l'être. Il valait mieux me contenter de le voir pour ce qu'il était, un camarade et rien de plus. Et pourtant, pourquoi ne pouvais-je m'empêcher d'être attristée par cette pensée ?


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