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How to save a life    Ven 16 Déc - 19:50




How to save a life

Une série de coups à ma porte furent les déclencheurs de mon réveil aujourd'hui, à l'instar d'un bâillement qui s'occupait de bien déformer tous les traits de mon visage. Je n'étais pas très loin de me décrocher la mâchoire à vrai dire. Inconsciemment, mes doigts vinrent frotter mes yeux éreintés par la fatigue. Mon corps avait besoin de temps pour démarrer, et ce même si le tambourinage était de plus en plus vif. Je venais de passer une autre nuit à m'entraîner avec ardeur près de l'arbre où je me réunissais autrefois avec Ran. Cette envie de me surpasser était telle que je veillais jusqu'à ce que Morphée m'oblige à rentrer me coucher, souvent aux premières lueurs de l'aube. Jamais je ne me serais imaginé un monde sans ma meilleure amie, sans cette personne qui a bercé toute mon enfance ainsi qu'une partie de mon adolescence. Et pourtant, cela faisait déjà huit ans que nos chemins s'étaient séparés. Depuis, rien n'avait changé, le soleil continuait à briller chaque matin et la lune se chargeait de nous endormir chaque nuit. Enfin bref, j'étais encore sonné suite à mon réveil, d'ailleurs j'étais certain que j'étais en train d'oublier quelque chose. Toc toc. Évidemment.

Ma préparation fut assez expéditive ; un petit-déjeuner express accompagné d'une douche avant me pourvoir du parchemin que l'on venait de déposer à ma porte -il était clair qu'ils n'allaient pas m'attendre éternellement-. Une nouvelle journée s'annonçait pour moi et celle-ci allait s'illustrer par la traque d'un Nuke-Nin de rang A, un dénommé Eigawa. Intéressé par ce déserteur, j'ai préféré m'informer à son propos en parcourant les différents recoins de Kiri. Comme il avait abandonné notre village il y a peu de temps, la mémoire des habitants était encore fraîche et je devais en profiter. Deux heures s'étaient écroulées et la seule information que j'avais pu récolter était à propos de la rapidité de cet homme, détail dont on m'avait déjà fait part ce matin. Tant pis, il fallait se débrouiller avec ça. En résumé, la situation était la suivante ; une réunion allait avoir lieu à Uzu entre le criminel et une organisation de scélérats, mais cette dernière allait être interrompue par mon arrivée. D'ailleurs, je n'étais pas seul, mais accompagné de deux autres Jōnins de Kiri. À priori cette embuscade n'était pas tirée par les cheveux, ce qui fait que j'étais assez confiant. Mais d'un autre côté je savais que la fatigue accumulée de ces dernières nuits n'allait pas m'être favorable.

Une fois sur place, nos chemins prenaient des directions différentes étant donné que nous devions guetter le long et le large du village. Me frayer discrètement un chemin à travers le dédale des rues et la masse informe de la foule serait certainement l'épreuve la plus éprouvante de cette mission. Néanmoins, les deux autres ninjas qui m'accompagnaient ne semblaient pas être du même avis. La consigne était pourtant claire, on avait une heure pour fouiller silencieusement tous les recoins du village, avant de nous retrouver dans le point de réunion. Toutefois, je me retrouvais seul, avec la responsabilité de mener à bien cette mission, sans avoir une quelconque idée de ce qui était arrivé aux deux individus.

[...]

Au loin, par-dessus les collines boisées, on pouvait voir la lueur orangé qui s'éparpillait dans l'étendue du ciel. Le coucher de soleil a toujours été un moment propice au calme, du moins pour moi. Durant ce court instant, tout s'arrêtait soudainement et la perception de la réalité commençait à osciller entre deux mondes distincts. Ce laps de temps était suffisant pour oublier la totalité de mes affres, donnant libre cours à notre imagination. Les derniers rayons de soleil disparaissaient progressivement, à l'image de mes derniers espoirs. Couvert de sang, j'avançais avec nonchalance sans une direction concrète. Mes balafres étaient telles que je faisais preuve d'asthénie, n'arrivant même plus à avancer et me forçant à m'agenouiller au milieu de nulle part. À l'encontre de mes attentes et à mon plus grand soulagement, une silhouette s'arborait au loin, semblant se diriger vers ma personne. J'essayais délibérément de faire un geste quelconque afin de montrer mon besoin d'être soigné, mais mes articulations ne répondaient plus. Un effort surhumain m'habilitait à déposer ma main tremblante et couverte de sang sur l'épaule de la jeune brune.

« Je... »




Était-ce la fin ? Pourtant, ce n'était pas la première fois que je devais faire face à une situation de ce genre. Mes blessures ne semblaient pas être fatales, j'étais juste assommé suite aux évènements qui venaient de se produire. Mes derniers espoirs reposaient sur la potentielle condescendance de la Kunoïchi. J'avais de bandages dans mon sac, donc tout ce qu'il lui restait à faire était de stopper les effusions de sang avec ces derniers. Néanmoins, je me retrouvais dans l'incapacité de communiquer ça à cette personne. De plus, l'alourdissement de mes paupières me donnait l'impression que j'allais m'évanouir en un clin d'oeil.

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Re: How to save a life    Ven 16 Déc - 20:59
Il était rare, pour moi, de quitter le village caché de la feuille. C'était d'ailleurs curieux, à bien y penser, puisque j'avais toujours apprécié la nature et plus particulièrement les forêts. Le bruissement des branches, l'éclat du soleil qui dégringole entre les feuilles, l'odeur des plantes et des fleurs, le gazouillement des oiseaux. Une musique plus naturelle que toute autre et franchement inestimable. Ceci étant dit, j'avais enfin trouvé un motif valable pour sortir des remparts de la ville et profiter d'une marche en forêt. J'étais allée au temple où vivait mon nouveau camarade, aussi ninja que moine. Il s'agissait certes d'une combinaison atypique, mais qu'il valait mieux ne pas prendre à la légère. Quoi qu'il en soit, j'étais donc sur le chemin du retour, adoptant un pas calme pour profiter des lieux malgré l'heure tardive. J'avais enfilé des vêtements de civile et la seule chose pouvant potentiellement trahir ma nature de ninja était mes armes, dissimulées, et le sigle du clan Uchiha, brodé discrètement dans le haut de mon dos, haut de quelques centimètres à peine et couvert par ma longue chevelure de suie. La fraîcheur du soir commençait à se faire ressentir et j'avais donc haussé le pas, bien consciente qu'un retard me vaudrait nombre de questions. Si mon père était partit en mission et que je n'avais rien à craindre de son côté, il y avait fort à parier que mon Nii-san prendrait la relève et demanderait des explications. L'un comme l'autre n'avaient visiblement pas compris que j'étais une adulte capable de ses propres décisions, ce qui avait le don de m'agacer au plus au point, bien je m'efforçais de garder mes états d'âme pour moi.

J'esquivai une racine s'étant aventurée sur le petit sentier que j'empruntais, torturée entre mon impatience de rentrer et mon envie de rester plus longtemps au coeur de la nature. Au final, c'est un élément extérieur et totalement inattendu qui décida pour moi du cours des événements. En effet, je me retrouvai éventuellement à la hauteur d'une grande silhouette au dos un peu recourbé et au pas difficile. Je me figeai sur place, incertaine de la marche à suivre, analysant la situation. L'homme semblait seul et très mal en point. Pire, tout ce rouge qui le tachait, ce n'était pas naturel, ce n'était pas une étoffe ou quoi que ce soit du genre. C'était du sang. Il ne m'en fallut pas plus pour me remettre en mouvement, allant rejoindre l'inconnu d'un pas rapide, se rapprochant de la course. Bien sûr, j'aurais pu me méfier, croire à un piège et être plus prudente, mais je ne pouvais m'en empêcher. Cet inconnu avait besoin d'aide, de mon aide, et il en avait besoin maintenant.  

Sans doute épuisé et à juste titre, l'homme me dépassant d'une bonne tête vint appuyer sa main contre mon épaule et je m'empressai de l'aider à se soutenir du mieux que je le pouvais malgré la finesse de mes bras et la carrure relativement impressionnante de l'individu, le tout sans me soucier de son sang poisseux qui tachait mes propres vêtements. S'il se décidait à tomber, j'aurais du mal à l'en empêcher ou, pire encore, à le porter. Malgré son état, l'inconnu aux cheveux verts -vraiment, verts?- ouvrit les lèvres, tentant d'articuler des mots pour me partager une quelconque information, bien que ce soit peine perdue. Voilà le genre de moment où je regrettais de ne pas avoir accepté de suivre ces satanés cours de ninjutsu médical. Toujours est-il que je décidai de le guider vers un arbre, là où il pourrait s'asseoir et s'appuyer contre le tronc pour se reposer et éviter de faire une chute malencontreuse.

« Ne parlez pas si ce n'est pas absolument nécessaire. Je m'occupe de vous, il ne vous arrivera rien. Restez simplement avec moi et écoutez ma voix, d'accord ? Je vais regarder dans votre sac, mais c'est simplement car je n'ai rien sur moi pour vous soigner. Je ne veux pas vous voler, je cherche juste des pansements et de quoi nettoyer tout ça. Je vous promets de faire de mon mieux pour vous aider. »

J'avais commencé à fouiller dans ledit sac tout en parlant, ne portant pas vraiment attention à ce qui pouvait s'y trouver ou pas. Tout ce qu'il m'importait, c'était de trouver de quoi le tirer d'affaire et m'assurer qu'il ne se vide pas de son sang ici, loin de tout, au coeur de la forêt du pays du feu. Peut-être bien par miracle, je trouvai enfin ce dont j'avais besoin. Soulagée, je me tournai de nouveau vers l'homme mal en point, sans trop savoir par où commencer. Le mieux serait sans doute de localiser la plaie la plus grave et de me concentrer là-dessus pour commencer, mais c'était plus facile à dire qu'à faire. Pas le choix, il était temps d'improviser et d'espérer que l'inconnu en question soit encore assez lucide pour m'aider dans ma tâche. Je devrais d'ailleurs faire vite, le soleil embrasait déjà le ciel et, d'ici tout au plus une demi-heure, je n'aurais plus beaucoup de lumière pour travailler. Je me mordis la lèvre inférieure, décidée à faire de mon mieux avec les moyens que je possédais.

« Si je vous fais mal, dites-le-moi. J'essaierai d'être plus douce. »


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Re: How to save a life    Lun 26 Déc - 5:18




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Moins de neuf heures de sommeil lors de trois dernières nuits, un Katana en moins depuis une semaine, une vision divisée en deux depuis deux mois et maintenant le torse et les bras couverts de blessures. La mort commençait à trop jouer avec moi ces derniers temps et mon corps en souffrait constamment les conséquences. D'accord, je veux bien comprendre que la fatigue soit rattrapable en roupillant plus souvent et que l'épée soit rachetable -bien que je sois en période de crise en ce moment-, mais qu'ai-je fait pour mériter le reste ? D'ailleurs, je ne serais sans doute pas arrivé à cet état-là si j'étais un peu plus en forme. Sauf que voilà, maintenant le Shin qui s'occupait tout le temps de lui-même et qui n'avait jamais besoin de l'aide d'autrui -soit, celui d'il y a deux mois- devait se faire soigner. Malheureusement pour moi, je me trouvais au milieu de nulle part et avec très peu de force pour avancer, du coup la Kunoïchi sur laquelle je m'étais appuyé était mon seul espoir. C'était déjà un putain de miracle d'avoir pu trouver quelqu'un dans cette vaste forêt.

À ma surprise, l'inconnue avait accepté de s'occuper de moi, même qu'elle n'avait pas hésité à me donner quelques conseils et à me rassurer, et ce en sachant que mon bandeau du village caché de la brume était à découvert. Je concluais donc qu'elle était assez naïve, mais heureusement pour moi. Et puis ce n'est pas comme si j'avais l'intention de lui faire quoique ce soit -ni la force, d'ailleurs-. Mon état assez grave suite à l'échec de la mission, mais je commençais à penser que n'allais pas avoir beaucoup de mal à m'en sortir en raison de la complaisance de la jeune femme. « Ne parlez pas si ce n'est pas absolument nécessaire. Je m'occupe de vous, il ne vous arrivera rien. Restez simplement avec moi et écoutez ma voix, d'accord ? Je vais regarder dans votre sac, mais c'est simplement car je n'ai rien sur moi pour vous soigner. Je ne veux pas vous voler, je cherche juste des pansements et de quoi nettoyer tout ça. Je vous promets de faire de mon mieux pour vous aider. » Cette demoiselle avait l'air d'être un véritable ange, je pense que je n'aurais pas pu tomber sur une meilleure personne. En quelques mots elle a réussi à me rassurer, mais aussi à m'aider à surmonter ce profond désarroi -qui m'accablait tout autant que mes blessures-. Plus qu'à espérer que ses compétences médicales soient au niveau de sa bonté. Je voyais l'inquiétude dans les yeux ainsi que dans les gestes de la brune, qui s'apprêtait à présent à fouiller dans mon sac. Parfait, tout ce dont elle allait avoir besoin se trouvait dans la grande poche du sac, du coup elle n'allait pas avoir du mal à tout retrouver. Elle était loin d'être bête, quand même. « Si je vous fais mal, dites-le-moi. J'essaierai d'être plus douce. » Et puis quoi encore ? L'ingénuité de cette femme me permettait de me sentir bien plus à l'aise intérieurement.

« Mer... Merci beaucoup »


[...]

Mes paupières se rouvraient enfin, observant le ciel qui avait déjà commencé à s'obscurcir. Les nuages s'étaient tous dispersés et les premières étoiles commençaient déjà à être visibles et à illuminer l'immense forêt de Konoha. Bizarrement, je me sentais beaucoup mieux après cette sieste qui avait duré... 20 minutes ? À vrai dire je n'en avais aucune idée, ce repos inconscient n'était même pas volontaire. Mes blessures étaient toutes recouvertes de bandages, mais je ne parvenais toujours pas à bouger le moindre muscle.

« Je sais pas ce que tu m'as fait, mais j'me sens beaucoup mieux. Par contre je n'arrive même plus à bouger, mais j'suppose que ça viendra. Qu'est-ce que je peux faire pour vous me remercier ?  »


Ma voix la plus grave -et donc, la plus effrayante-se permettait de tutoyer la jeune femme qui s'était occupée de moi et qui m'avait montré un signe de respect par son "vous" de tout à l'heure. Pas que je ne voulais pas faire preuve de respect, loin de là, mais je lui en étais tellement reconnaissant que je voulais qu'elle se sente le plus à l'aise possible. Sincèrement, je pense que si elle n'avait pas été là, j'aurais difficilement pu survivre. Mes articulations allaient bien finir par répondre et puis, à moins que ce soit une Iryô-nin, je doute qu'elle puisse faire quelque chose d'autre pour moi. Inutile donc de la retenir plus longtemps, surtout que, au vu des alentours, elle devait sans doute se diriger vers Konoha avant de me croiser. Elle voulait sans doute arriver saine et sauve avant que la nuit ne soit tombée, mais mon apparition a empêché que ça se produise ainsi. Je tirais peut-être une conclusion hâtive, mais mon instinct me fait rarement défaut dans ce genre de situations.


« Tu sais, j'pense qu'il se fait tard. Je ne sais pas exactement combien de temps j'ai dormi, mais j'ai peur que si tu restes ici plus longtemps, il puisse t'arriver quelque chose en revenant à ton village. » Je marquais mes inquiétudes par une légère pause, avant de poursuivre. « Ah oui, mon nom est Shin. » Je jouais la carte de la sincérité pour l'une des premières fois de ma vie, espérons qu'elle fasse de même.



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Re: How to save a life    Lun 26 Déc - 6:38
Je pense avoir fait un bon travail et il ne me reste plus qu'à me nettoyer les mains du mieux que je le peux en veillant sur l'inconnu à la chevelure menthe. Certes mes vêtements resteront tachés de sang, mais je ne peux rien y faire dans l'instant et j'ai plus important à faire. Par exemple, en fouillant dans ses effets, je lui trouve une petite couverture et use du sac en lui-même pour caler sa tête, espérant ainsi lui offrir un peu de confort. Assise en seiza à son chevet, je laissai mon regard charbonneux le détailler avec curiosité. Il n'y avait, dans tous les cas, aucun doute possible sur sa provenance. L'homme était un kiri-jin, son bandeau ninja bien en évidence ne pouvait mentir. La logique voudrait que j'en profite pour éliminer cette menace potentielle pendant ces moments de faiblesse. Néanmoins, il me suffisait de le regarder pour comprendre que je n'arriverais pas à m'y résoudre. Dans le sommeil, il s'était tortillé un peu, sans doute pour trouver une position plus confortable, avant de s'étendre dans toutes les directions, respirant par sa bouche ouverte. On aurait dit que l'inconnu faisait des efforts pour activement s'adonner au repos ou, plus simplement, qu'il dormait avec autant d'innocence qu'un gamin. De temps à autre, un grognement lui échappait et ses sourcils s'arquaient, probablement à cause de la douleur engendrée par ses blessures. Ne me restait plus qu'à pousser un soupir et à tenter de l'apaiser comme je le pouvais, mon premier réflexe étant de passer la main dans cette chevelure à la couleur irréelle. Au moins j'étais maintenant certaine qu'ils n'étaient pas des faux et ça ne marchait pas trop mal, je suppose. Il avait l'air un peu plus paisible en tout cas, cet homme aux cheveux verts qui dormait comme un enfant. Kiri-jin ou non...

«...comment pourrais-je lui faire du mal... »

Peut-être mon frère avait-il raison en disant que j'étais trop douce pour être une véritable shinobi efficace ? J'avais trop de coeur pour laisser même un ennemi décéder des suites de ses blessures. Je ne pouvais m'empêcher de lui imaginer une vie, une famille, peut-être même une femme qui l'attendait quelque part avec l'inquiétude au fond des yeux. Je n'avais vraiment pas volé mon prénom. Megumi, bénédiction, bonté. Excédée par mon propre comportement, je décidai de m'occuper l'esprit autrement, désireuse de m'empêcher de tourner en rond dans ces mêmes pensées des heures durant. Mes mains encore ternies de rouge s'armèrent donc de ma flûte alors que je commençai à jouer pour passer le temps et, peut-être, pour le border. Si rien d'autre n'y arrivait, la musique au moins devrait pouvoir l'aider à trouver la paix. Combien de mélodies se succédèrent ? Aucune idée, je ne fis que jouer, encore et encore, ne m'interrompant que pour prendre soin du blessé. Je changeai ses pansements une fois, le fis boire un peu et lui épongeai le front quelques fois, bien qu'il n'allait sans doute garder aucun souvenir de ces interactions. Qu'importe, tant que son état allait en s'améliorant.

***

J'étais retournée à ma musique lorsqu'une subtile fluctuation eu lieu dans l'air. Sa respiration s'était tue et je cessai donc de souffler dans mon instrument, inquiète. Ce n'était toutefois qu'une fausse alerte, le shinobi ayant cessé de respirer par la bouche, s'éveillant enfin de manière plus consciente. Je m'empressai de mettre mon instrument de côté, offrant toute mon attention à l'homme dont il m'était plus difficile de discerner les traits sous le couvert de la nuit. C'est une voix grave et un peu rauque qui s'éleva donc, me remerciant et m'informant de son état dans le détail. Mmh, incapable de bouger. Voilà qui pourrait poser problème. Ça ne l'empêcha pourtant pas de balayer le problème de manière quasi-immédiate pour s'enquérir de la façon dont il pourrait se racheter. Sans trop que je sache pourquoi, pareille question me fit froncer les sourcils, causant chez moi un certain mécontentement. Pire, j'allai jusqu'à croiser les bras, me permettant par le fait même d'être bien plus expressive qu'à l'acoutûmée, moi qui demeurait habituellement toujours de marbre.

« Commence par retrouver la santé. Ce pourrait aussi être bien de faire un peu plus attention, surtout aussi loin de chez t-... vous... D'ailleurs n'ayez craintes, vous ne l'avez pas perdu. Je l'ai simplement rangé dans votre sac, pour plus de sécurité si quelqu'un passe par ici. Il serait dommage que l'on retrace vos origines maintenant. »

Ahem. Un peu de retenue quand même, voyons. Quant à ses inquiétudes au sujet de ma capacité à rentrer à mon village sans qu'il m'arrive quelque chose, c'était aussi attentionné qu'inutile. Enfin, il ne savait probablement pas que j'étais à même de me défendre et ce avec un certain brio. Il n'avait pas besoin de le savoir en tout cas. Quant à son nom... Shin. Juste Shin. Parfait. Je n'aurais pas à lui offrir mon nom de famille s'il refusait de me partager le sien, ça m'arrangeait à merveille. Ma réplique suivante, pour sa part, fut peut-être un peu trop acide, peut-être. Étrange comme je n'arrivais plus à céder à la simple indifférence, très étrange.

« Tard ou pas, je ne suis pas celle qui a bien failli mourir au bout de son sang dans la forêt. ... Et c'est exactement pour ça que je ne peux pas rentrer maintenant. Je ne me le pardonnerais pas si je vous abandonnais ici comme ça. Je m'appelle Megumi. »

Une présentation presque cocasse lorsque l'on prenait en compte la signification du dit prénom. C'était à se demander si je venais de me présenter ou si je ne déclinais pas mon nom simplement pour justifier ma gentillesse excessive. Par un simple réflexe, j'esquissai un mouvement pour replacer l'une de ses mèches verdâtres, mais me stoppai dans mon geste presque aussi tôt. Shin était éveillé maintenant, il valait mieux ne pas me permettre une aussi grande familiarité sans raison. Je préférai donc tenter de faire oublier ma légère maladresse en détournant le regard, lançant le sujet de la conversation en une autre direction.

« Puis-je faire autre chose ? Je pensais peut-être aller ramasser un peu de bois pour allumer un feu, juste de quoi nous réchauffer un peu. »


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Re: How to save a life    Lun 26 Déc - 17:08




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Le peu de choses que j'arrivais à distinguer suite à mon réveil étaient les trois fourreaux -avec deux épées seulement- se trouvant à ma gauche, les bandages sanglants qui colorait une partie du gazon et la silhouette de la jeune femme. Cette dernière était en train de... jouer de la flûte ? Cela a sûrement dû l'aider à passer le temps pendant qu'elle s'occupait de mes plaies. Cependant, ma sieste aurait sans doute été plus longue, vu que le silence et le calme de la forêt était propice pour récupérer toutes ces heures de sommeil. L'important était qu'elle s'était donnée du mal pour me soigner et qu'elle faisait partie de la minorité de personnes qui auraient fait preuve de telle gentillesse face à un inconnu. « Commence par retrouver la santé. Ce pourrait aussi être bien de faire un peu plus attention, surtout aussi loin de chez t-... vous... » Donc en fait, j'avais devant moi une personne assez timide, ou du moins hésitante et indécise quant à l'idée de me tutoyer ou pas. Je comprenais parfaitement qu'elle veuille faire preuve de respect devant un homme qu'elle n'avait jamais vu de sa vie, mais je ne comptais pas faire de même. D'ailleurs, je n'allais pas tarder à lui faire la remarque.

« J'ai été pris par surprise, voilà pourquoi. Tu sais que tu viens de me sauver la vie, donc tu peux déjà commencer par me tutoyer. Après si ça vous dérange tant que ça, je peux vous parler de la même façon, mademoiselle. C'est juste que ce n'est pas dans mes habitudes. »


Pas la peine de lui en donner plus de détails sur ce qui s'était passé, enfin pas tout de suite. La brune aux cheveux longs avait découvert mon bandeau -pas très compliqué, hein- et l'avait caché dans mon sac pour éviter tout problème supplémentaire, comme elle venait de le préciser. Entre sa bienveillance, l'idée de chercher dans mes affaires tout à l'heure et ce geste-là, je ne savais pas si je devais m'en réjouir ou me méfier. Mon identité venait d'être volontairement révélée à la jeune inconnue, qui se présentait elle aussi, à son tour. Elle avait l'air d'être sincère elle aussi, du coup je décidais de la croire et de lui accorder ma confiance. Cette femme venait de me sauver la vie, après tout. « « Tard ou pas, je ne suis pas celle qui a bien failli mourir au bout de son sang dans la forêt. ... Et c'est exactement pour ça que je ne peux pas rentrer maintenant. Je ne me le pardonnerais pas si je vous abandonnais ici comme ça. Je m'appelle Megumi. » Elle venait de sacrifier une grande partie de son temps en s'occupant de moi, mais elle ne comptait pas en rester là. À ma surprise, elle décidait de me tenir compagnie encore plus longtemps, consciente que dans cet état-là je n'étais même pas capable de me défendre. En guise de remerciement je comptais l'accompagner jusqu'à la porte de son village, une fois récupéré de mes blessures bien évidemment.

« Enchanté, Megumi. Ça faisait très longtemps que je n'avais pas rencontré quelqu'un d'aussi aimable. D'ailleurs, tu me fais étrangement penser à quelqu'un. En tout cas, je te remercie du fond du coeur pour ce que tu as fait. »


Et je ne mentais pas. Le peu de mots que l'on s'est échangés ont suffi pour que la Konohajin me rappelle la manière dont Ran se comportait. Je pense que ce sont les deux seules ninjas que j'ai rencontrés qui soient capables de consacrer leur temps à un inconnu au milieu de nulle part, en dehors de leurs villages, ayant uniquement pour but de soigner ses blessures. Mes pensées furent submergées de souvenirs dans les secondes qui suivaient, arborant un léger sourire sur mon visage. Cette journée avait été tellement difficile pour moi que je remarquais à l'instant que je n'avais pas eu la chance de sourire depuis mon réveil. Voici la triste vie d'un shinobi qui ne vit que pour retrouver une certaine personne. « « Puis-je faire autre chose ? Je pensais peut-être aller ramasser un peu de bois pour allumer un feu, juste de quoi nous réchauffer un peu. » L'idée était parfaite, mais elle s'était déjà donné assez de mal jusque là. Sauf que je ne servais strictement à rien dans l'état où je me trouvais, du coup inutile de refuser son offre. Surtout qu'elle s'était proposée de plein gré.

« Ne te dérange pas plus que ça, je me sens déjà beaucoup mieux qu'avant. Ça me fait déjà assez chier de te voir tout faire depuis tout à l'heure alors que je n'ai pas bougé le moindre petit doigt. »


Suite à ces paroles, j'ôtais la couverture ainsi que le sac sur lequel ma tête s'appuyait depuis tout à l'heure. Mon corps me répondait enfin, mais j'avais beaucoup de mal à faire le moindre geste. Je m'asseyais dos à l'arbre qui se trouvait derrière moi, suivant attentivement un bout d'éponge se dirigeant directement de mon front à mes genoux. La position de tout à l'heure était certes plus confortable, mais beaucoup moins approprié. Enfin bref, quoiqu'il en soit, il fallait tourner la discussion vers n'importe quel sujet, on n'allait pas laisser le silence s'emparer de cette rencontre, surtout que la volonté de Megumi était de me tenir compagnie jusqu'à ce que je sois en état de rentrer au village.


« Je suppose que tu viens de Konoha, n'est-ce pas ? J'avais l'espoir de pouvoir m'y rendre avant de te croiser. Faut dire que j'avais plus vraiment de forces pour avancer, donc heureusement pour moi que je t'ai rencontré. » Un sourire en coin s'esquissait sur mon visage encore une fois, avant de poursuivre la conversation. « T'es sûre que tu ne veux pas rentrer tout de suite ? J'ai l'impression que je ne serais pas en condition de me déplacer avant un moment.  »



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Dernière édition par Hayashi Shin le Mar 27 Déc - 12:43, édité 1 fois
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Re: How to save a life    Lun 26 Déc - 18:42
Mademoiselle ? C'était définitivement et extrêmement étrange. Ce n'était toutefois pas tant dans le mot comme telle que dans la façon dont il sonnait prononcé par le shinobi blessé. Je voulais bien le croire lorsqu'il disait que ce n'était pas dans ses habitudes. Je me résignai donc à accepter de faire un effort pour passer au tutoiement, même si je ne m'attendais pas à être beaucoup plus à l'aise. Les habitudes ont la vie dure après tout, il ne s'agit pas que d'une rumeur. Visiblement sympathique à sa façon, Shin en profita également pour me remercier à nouveau, évoquant une autre personne à qui je lui faisais beaucoup penser. Vu le doux sourire et le regard un peu rêveur qui suivirent, je me demandai s'il ne faisait pas référence à une certaine madame Shin, une idée qui me fit esquisser un sourire attendrit alors que je détournais le regard comme à mes habitudes, cherchant autre chose à faire pour occuper mes mains. Je trouvai tout naturellement quoi faire lorsqu'un frisson parcouru mes bras. Croyant être rentrée avant la nuit, je portais simplement un qipao à manches courtes, ce qui n'était pas l'idéal pour dormir en forêt durant la saison froide. Un feu serait donc plus que le bienvenue. Je partageai donc l'idée à l'homme aux cheveux de menthe. Plutôt qu'un refus, l'individu exprima sa frustration de ne pouvoir rien faire pour m'aider. À l'entendre je devrais simplement l'abandonner sur place, comme si. Il pouvait toujours rêver. J'allais répliquer, mais il avait déjà commencé à bouger. Si c'était une bonne chose en soi, ça ne m'inquiéta pas moins pour autant et je me tint prête à intervenir au cas ou.

« Doucement, il ne faudrait pas que ça recommence à saigner. »

Je n'étais après tout pas capable de miracles et nous étions tout de même au milieu de la forêt. Heureusement, il sembla trouver rapidement une position lui convenant et je pu recommencer à respirer. J'allais m'emmurer à nouveau dans le silence, mais le vert avait la discussion plus facile et me demanda donc si je venais de Konoha, bien qu'il semblait s'en douter. Je pris un instant avant de répondre, jaugeant mes possibilités. Malgré notre contexte particulier, je préférais ne pas lui donner trop de détails sur ma personne. Quand bien même il était assez affaiblit pour ne représenter aucune menace, j'ignorais quelle réaction il pourrait avoir à la découverte de mon appartenance au clan de l'éventail. Il valait encore mieux rester vague, d'autant plus que nos nations respectives n'étaient pas les plus proches.

« Disons que j'habite effectivement le village caché de la feuille. »

Le fait qu'il insiste toujours pour que je parte, quant à lui, m'avait fait froncer les sourcils de nouveau. Me pensait-il vraiment capable de l'abandonner ici ? Pour le coup ça me motivait plutôt à faire l'inverse histoire de bien lui ancrer dans le crâne que j'étais là pour prendre soin de lui et que je ne l'abandonnerais pas à mi-chemin.  J'entrepris donc de me relever, essuyant au passage mes vêtements par simple habitude. Certes il y avait bien pire, la robe autrefois blanche étant maintenant parsemée de fleurs écarlates toutes droit venues du pays de l'eau, mais le geste avait été machinal et irréfléchi.

« On ne se débarrasse pas si facilement de moi. Je reviens bientôt avec du bois pour le feu. Il faudra prendre... ton... mal en patience, je n'accepterai aucune aide. Je ne devrais pas être très longue et je ne m'éloignerai pas trop, appelle-moi si tu as besoin de quelque chose. »

Je tournai les talons sans lui accorder plus de temps, déterminée comme je l'étais à faire ce qui était nécessaire pour nous garantir un minimum de confort pour passer la nuit. Je ne revins que quelques minutes plus tard, les bras chargés de brindilles sèches. Plus qu'à dégager un certain espace en rond, pour que le feu soit sécuritaire, et à organiser le bois en son centre. Naturellement peu bavarde, je ne me sentais pas obligée de relancer une conversation, d'autant plus que je n'avais aucun sujet en tête. Si je pouvais simplement m'assurer qu'il aille bien et qu'il rentre chez lui sans recevoir aucun remerciement ou sans me lier à lui d'une quelconque façon, ça ne me dérangerait sans doute même pas. Enfin, disons surtout que ce serait plus facile comme ça, très probablement. Erf, je réfléchissais trop. Chassant ces pensées, je décidai que j'étais satisfaite de mon installation. Ne restait plus qu'à allumer, usant pour cela d'une technique katon avec parcimonie. Si nous pouvions éviter de causer un feu de forêt, autant remettre cela à une autre fois. Voir à jamais. Quoi qu'il en soit, j'en profitai pour me frotter un peu les bras, toujours aussi transie de froid. Il me ferait du bien de m'asseoir auprès du feu, ce que je fis d'ailleurs. Prenant place aux côtés de mon malade, j'en profitai pour le détailler un peu tout en prenant la parole.

« Voilà qui devrait faire l'affaire pour l'instant.... Et... euhm... Mmh... Pardon, je ne suis vraiment pas douée... Pour les discussions. »

Dans la lumière fluctuante et chaude du feu, je pouvais à présent remarquer la cicatrice barrant son oeil, cela me rappelant indéniablement un certain ninja de Konoha. Également, il m'était un peu étrange de le voir éveillé après tout ce temps passé à veiller sur son sommeil. Maintenant qu'il avait retrouvé le chemin de la conscience, il ne ressemblait plus à un gamin, mais bien à un homme adulte et probablement accompli qui, en d'autres contextes, n'aurait certainement pas eu besoin de mon assistance. Et maintenant quoi ? Que se passerait-il ? Je suppose que je n'avais pas encore réfléchis jusque là, me contentant de prendre soin de l'inconnu sans m'inquiéter plus que cela du reste. Ma famille, ou à tout le moins mon petit frère, devait s'inquiéter de mon absence. Et comment la justifierais-je ? Quoi qu'on en dise, j'étais en train de passer une nuit hors du village en compagnie d'un homme inconnu. Et pire, ce n'est pas comme si j'étais de particulièrement bonne compagnie. Je n'arrivais qu'à plonger mon regard de suie dans les flammes de manière songeuse, me mordant la lèvre inférieure à force de réfléchir à l'excès. Belle ou pas, je demeurais une cause perdue à ma façon.


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Re: How to save a life    Jeu 29 Déc - 15:11




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Je commençais à perdre progressivement ma réticence quant aux véritables raisons de la Kunoïchi. J'essayais de me convaincre qu'il n'y avait pas un envers du décor, que des individus cherchant le bien d'autrui sans nécessairement demander quelque chose en retour existaient encore de nos jours. J'ai tendance à traiter ces personnes de naïves, mais c'était loin d'être le cas, du moins pas pour Megumi. Elle devait déjà avoir compris que dans cet état je ne pouvais guère faire preuve d'hostilité et que si j'insistais tellement pour qu'elle rentre chez elle, c'était surtout pour son bien. Dans cet état, même un Gennin se verrait capable de me faire des misères. Surtout que je n'avais aucune idée concernant le niveau de la jeune femme. À vrai dire, je ne savais strictement rien sur elle, si ce n'est que son prénom et -hypothétiquement- son village. « Disons que j'habite effectivement le village caché de la feuille. » Je n'étais plus dans le doute à présent, la demoiselle venait de me confirmer ses origines. Cette dernière était parfaitement consciente que j'étais un Kirijin -d'habitude, mon bandeau ne pouvait pas se voir à l'oeil nu, mais cette fois-ci je l'avais serré autour du haut de mon bras gauche pour la mission- et, bien que nos deux villages n'ont jamais eu une entente formidable, elle continuait à prendre soin de ma personne, comme si de rien n'était.

Étrangement, le fait de demander à la Konohajin de rentrer chez elle avait l'air de réellement la déranger. Un froncement de sourcil avait été suffisant pour me transmettre cette sensation. « On ne se débarrasse pas si facilement de moi. Je reviens bientôt avec du bois pour le feu. Il faudra prendre... ton... mal en patience, je n'accepterai aucune aide. Je ne devrais pas être très longue et je ne m'éloignerai pas trop, appelle-moi si tu as besoin de quelque chose. » Me disait-elle, tout en essuyant les quelques traces de sang qui étaient encore présentes dans sa robe blanche, sans forcément réussir. Visiblement, elle ne faisait pas attention à mes requêtes, encore moins quand celles-ci allaient à l'encontre de sa volonté. Il est vrai que qu'un froid incongru commençait à s'installer doucement dans l'ambiance et je n'étais certainement pas le seul à l'avoir remarqué.

Quelques minutes plus tard, Megumi était déjà revenue, chargée de branches, dans le but de nous réchauffer en cette nuit frileuse, mais surtout d'avoir une vision beaucoup plus éclairée. Le seul inconvénient était que notre présence allait être bien plus remarquée, mais ça m'étonnerait qu'un ninja quiconque décide de s'infiltrer dans cette forêt en plein milieu de la nuit. Le feu n'allait pas s'allumer tout seul et la façon la plus simple était d'effectuer une technique de type Katon, mais mon incapacité de faire un mouvement quelconque [/i]-encore moins des mudras-[/i] m'empêchait de faire comme tel. J'étais curieux de connaître la solution qu'elle allait proposer. Comme si elle ne m'avait pas assez ébahi jusque-là, un simple geste suffisait pour qu'une boule de feu minuscule s'occupe d'embraser les bouts de bois que la jeune brune avait soigneusement empilé. Vous l'aurez donc compris, elle maîtrisait l'art du Katon elle aussi. Ce n'était pas si effarant que ça finalement, étant donné qu'elle venait du village caché de la feuille. Le silence commençait à doucement s'emparer de la conversation, remarquant à la fois que je n'avais montré aucune réaction à tout ce qui venait de se passer, si ce n'est qu'un sourire d'idiot qui s'esquissait sur mon visage de temps à autre. « Voilà qui devrait faire l'affaire pour l'instant.... Et... euhm... Mmh... Pardon, je ne suis vraiment pas douée... Pour les discussions. » Ah ouais ? Ça tombe bien, car moi non plus. Sauf qu'après tout ce qu'elle avait fait lors de cette soirée, je me sentais obligé de faire un effort.

« J'avais remarqué » je marquais une pause accompagnée d'un léger sourire qui permettait de détendre l'ambiance de la soirée. « En tout cas, merci, je suis déjà assez surpris par tout ce que tu as fait pour moi jusque-là. Ça me fait plaisir de savoir que des personnes comme toi existent encore de nos jours. »


Le shinobi peu bavard que j'étais autrefois avait décidé d'exprimer le fond de sa pensée, et ce en dépit du manque d'informations que la Kunoïchi m'avait fourni concernant sa personne. Je ne savais pas si le plus approprié était d'essayer d'en savoir plus sur elle en la bombardant de questions ou plutôt lui donner plus de détails sur moi. Cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas eu ce genre de discussion avec quelqu'un que je n'arrivais même pas à m'en souvenir. Le départ de Ran m'avait vraiment marqué et je le remarquais notamment lors de ces instants, où faire la discussion avec quelqu'un me paraissait d'une difficulté inouïe. A priori Megumi avait l'air d'être une personne timide et introvertie, donc je ne pouvais pas vraiment compter sur elle pour nous distraire durant cette nuit. J'observais avec attention les alentours avant de faire une fixation sur les yeux fougueux de la jeune femme, qui étaient eux aussi perdus dans les flammes.

« T'as l'air d'être assez préoccupée depuis un moment » je scrutais le ciel durant quelques secondes, avant de poursuivre « il ne nous arrivera rien, ne t'inquiète pas. »


Et s'il y avait une autre raison ? Je veux dire par là qu'il était possible que Megumi soit en train de penser à autre chose que notre protection. Elle avait peut-être un conjoint qui l'attendait au village et qui devait sans doute être en train de se demander où était-elle. Ou peut-être même que la ninja était proche de sa famille et que ces derniers allaient sans doute partir en sa recherche. J'étais en train de trop réfléchir pour rien. Ces pensées superflues avaient tendance à parcourir mon esprit lors des situations de ce genre.


« Heureusement que tu t'es occupée du feu. » je glissais ces quelques mots étant censés faire preuve de politesse, tout en me frottant les mains étant donné que ces dernières étaient les seules à ne pas s'être réchauffées. « Tu crois pas qu'on est un peu trop silencieux ? Et vu que tu donnes l'impression d'être assez réservée, tu as le droit de me demander ce que tu veux. Genre tu viens de me sauver la vie, je pense que tu mérites d'en savoir un peu plus sur moi. »



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Re: How to save a life    Jeu 29 Déc - 18:40
Je m'étais donc assise auprès du feu, ne sachant pas trop que dire ou que faire. Malgré mes airs habituellement assurés, il suffisait de gratter un peu sur la surface pour réaliser que je n'étais pas aussi confiante que le laissaient présumer les apparences. J'allai même jusqu'à avouer à haute voix que je n'étais pas très douée pour les conversations, ce qui incita Shin à répliquer. J'avais remarqué. Fortement gênée, je lui lançai un petit regard outré, mes joues virant au rouge dans la pénombre alors que je rentrais un peu la tête dans les épaules. C'est là que je vis son sourire amusé, gage de l'innocence de ses intentions. Il me taquinait simplement et j'avais mordu à l'hameçon. En retour, je baissai les yeux, esquissant moi aussi un sourire bien qu'encore gênée et replaçant une mèche de mes cheveux. D'accord, j'avais été prise au piège et j'étais beaucoup trop tendue, message reçu. Shin me remercia ensuite pour ma bienveillance, heureux de savoir que des « gens comme moi » existaient toujours. Mes iris illuminés des reflets de la flamme dansante, je répondis avec un discret sourire en coin, possédant une envie certaine de lui rendre un peu de la monnaie de sa pièce.

« Je n'ai aucun mérite, je n'aurais jamais pu tuer un homme qui dors avec autant d'innocence qu'un enfant. »

Je n'aurais pas pu faire de mal à un individu aussi mal en point dans tous les cas, j'étais trop gentille et ce même pour mon propre bien, mais là n'était pas la question. Je voulais juste le taquiner moi aussi et rien de plus. Juste assez pour montrer que j'étais capable de répondant malgré ma nature réservée. Quant à savoir si c'était réussi ou pas... Je verrais bien. Toujours est-il que le shinobi était assez perspicace pour voir que j'étais préoccupée. Dans mon cas c'était presque toujours vrai remarque, mais peu étaient ceux qui m'en faisaient ouvertement la remarque de cette façon. Je l'observai à la dérobée pendant qu'il tournait ses propres yeux vers le ciel, visible seulement via quelques endroits dégagés entre les feuilles des grands arbres de la forêt du feu. Décidé à me rassurer, Shin m'assura qu'il ne nous arriverait rien et, à le voir ainsi détendu, j'avais bien envie de le croire et de respirer un peu moi aussi. Je me contentai donc de soupirer, pour me forcer à me détendre, rencontrant un succès mitigé dans l'opération. Déterminé à lancer une conversation, l'homme aux cheveux verts n'hésita toutefois pas à prendre la parole encore, puis encore. Rencontrer quelqu'un d'aussi direct et d'aussi détendu à la fois était plutôt déboussolant pour moi. Certes, j'avais déjà rencontré des gens comme la jeune Aburame avec laquelle j'étais partie en mission, mais il s'agissait d'un différent cas de figure. Un cas très, très différent.

« Mais je ne voudrais pas être... »

Indiscrète ? Invasive ? Sauf qu'il ne demandait que ça. D'autant plus que, en toute honnêteté, j'avais une foule de questions. Qui lui avais-je rappelé ? Quel genre de femme était Madame Shin ? Quelles étaient ses plus grandes peurs ? Son plus beau souvenir ? Était-il aussi physique et direct tout le temps ou possédait-il un amour caché pour les choses plus douces comme par exemple la pâtisserie ? Comment vivait-on avec un Kage dont les rumeurs dépeignaient un portait plutôt... particulier ? Je voulais savoir si ses cheveux étaient naturellement verts aussi. Pourquoi l'un de ses fourreaux était-il vide ? Pourquoi emporter avec soi deux sabres et demi plutôt que le combo katana et wakizashi habituel ? Et puis il avait insisté... Au final, ce qui sortit de ma bouche était plus un amalgame pressé de toutes mes questions. Maladresse quand tu nous tiens.

« Les katanas de Madame Shin sont-ils naturellement verts ? »

...

« Non! Mais non ! Je... Ahem. Vos cheveux... tes cheveux... Voilà. Ils sont naturellement de cette couleur ? Je suis désolée... J'ai vraiment beaucoup de questions, pour être honnête. Où est votre sabre manquant ? Il y a des gens qui vous attendent, d'où vous venez ? Est-ce que vous êtes au moins une bonne personne ou est-ce que je viens de sauver un bandit ? Enfin, non, vous n'avez pas l'air... Tu n'as pas l'air de quelqu'un de méchant, ce n'est pas non plus ce que je veux dire... »

Je replaçai timidement une mèche de cheveux derrière mon oreille, gardant la tête basse et le regard fuyant. Bon, il n'avait pas tout à fait réussi à me faire me détendre, mais au moins il m'avait délié la langue, ça c'était certain. Et puis j'avais besoin d'un léger temps d'adaptation, tout de même. Je n'allais pas soudainement me transformer en personne sociable et pleine d'entregent juste parce qu'il m'avait invité à être moins sur mes gardes. Disons que ça viendrait sans doute naturellement, au fil de la conversation. Mais chaque chose en son temps. Pour l'heure, j'étais déjà plus que curieuse d'entendre ses réponses.


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Re: How to save a life    Lun 9 Jan - 5:37




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Cette journée s'était annoncée comme étant un véritable cauchemar, mais ma nouvelle rencontre avait miraculeusement réussi à ce que ça change radicalement. Je ne sais pas si c'était le fait qu'elle aie été aussi aimable avec moi ou son côté farouche qui me faisait sourire par moments, mais curieusement je me sentais beaucoup mieux. Et ce en dépit de l'échec infructueux de la mission où tous mes partenaires ont connu un sort bien plus piteux que le mien en y laissant leur vie. Comment allai-je expliquer cela au Mizukage ? Aucune idée, je préférais éviter de penser à tout cela et me concentrer sur ma conversation -qui était de plus en plus intéressante à vrai dire- avec la demoiselle. « Je n'ai aucun mérite, je n'aurais jamais pu tuer un homme qui dort avec autant d'innocence qu'un enfant. » Un enfant, moi ? Innocent, moi ? Elle n'avait visiblement jamais entendu parler de moi -ah ah ah, à croire que j'étais connu quelque part en dehors de Kiri- et des toutes les atrocités que j'avais pu commettre plus jeune. Même si je prenais à coeur le vocabulaire qu'elle avait utilisé pour me décrire lors de mon sommeil, au fond ça me faisait plaisir qu'il y ait encore des personnes dans ce vaste Sekaï qui ne me traitaient pas tel un monstre. Je me contentais simplement d'étendre les bras et les jambes vers l'extérieur de chaque côté du corps pour m'étirer bien comme il le faut, décidant de prolonger notre conversation vers un autre sens.

Je venais de remuer la totalité de mes articulations il y a quelques secondes sans même pas y prêter attention, mais surtout sans trop de difficultés. C'était étonnant de me voir dans cet état, j'avais l'impression que ça ne faisait même pas dix minutes j'étais encore en train de chercher la route pour arriver à Konoha. Bizarrement, le temps défilait à une vitesse qui me dépassait en compagnie de Megumi, ce qui était plutôt bon signe. En règle général, cela voulait dire que je passais du bon temps. Me rendant compte que je réfléchissais un peu trop comparé à l'accoutumée, je décidais d'engager encore une fois la conversation, incitant la Konohajin à me poser plus de questions à propos de ma personne. Il n'y avait aucun mal après tout, j'allais difficilement la recroiser quelque part. « Mais je ne voudrais pas être... » La Kunoïchi restait tout de même assez perplexe quant à l'initiative que je venais de prendre, mais c'était peut-être dû à sa timidité. Pour ma part j'observais la scène patiemment, allant même jusqu'à me demander si ce que je venais faire était une bonne idée ou pas. Je n'avais même pas eu le temps de riposter suite à son hésitation qu'elle me lançait déjà la première question. « Les katanas de Madame Shin sont-ils naturellement verts ? » Mais qu'est-ce qu'elle me racontait celle-là ?

« Euh... Quoi ? »



Au début, j'essayais de rire discrètement sous cape histoire de ne pas l'intimider, vu qu'elle s'était montrée un peu évasive dans un premier temps. Mais ma décence n'a pas duré longtemps, il n'a fallu que d'un court instant avant que je m'esclaffe ridiculement devant ses yeux. Alors là, pour une question, ça en était une. Je n'avais jamais entendu quelque chose d'aussi insensé et sorti de contexte, on n'était clairement pas sur la même longueur d'onde. Des Katanas ? Ouais, j'en avais deux, mais elle ne parlait pas des ceux que j'avais apparemment. Madame Shin ? Je ne voyais absolument pas de quoi voulait-elle parler. Elle se référait peut-être à Ran, en raison de la remarque que je lui avais fait tout à l'heure. Verts ? Mes vêtements peut-être. Néanmoins, je miserais plus sur mes cheveux.

« Ouais, ils sont naturellement comme ça mes cheveux » précisai-je tout en hochant la tête de haut en bas. « D'ailleurs, plus jeune on avait tendance à m'appeler Brocoli, entre autres. » Je poussais un immense soupir ayant le rôle de remémorer ces mauvais souvenirs, avant de poursuivre. « Tu peux y aller, demande moi ce que tu veux ! »m'exclamai-je, tout en prenant le temps d'écouter ce qu'elle avait à me dire, avant de reprendre.  « Pour ce qui est des Katanas, c'est un peu l'histoire de ma vie. Depuis tout petit j'ai appris à combattre avec trois sabres. On appelle ça le Santōryū. Ils ne sont tout simplement pas au complet, car la lame de l'un d'entre eux s'est coupée en deux récemment. »


Ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas enchaîné un aussi grand nombre de phrases lors d'une discussion que je ne m'en souvenais même pas. Mon caractère froid ainsi que ma sérénité faisaient que je pesais toujours mes mots avant de parler, encore plus devant des inconnus. Cependant, c'était différent pour cette fois. « Il y a des gens qui vous attendent, d'où vous venez ? Est-ce que vous êtes au moins une bonne personne ou est-ce que je viens de sauver un bandit ? Enfin, non, vous n'avez pas l'air... Tu n'as pas l'air de quelqu'un de méchant, ce n'est pas non plus ce que je veux dire... » J'étais certain qu'elle allait revenir au sujet de Madame Shin, je me questionnais uniquement sur le comment. Et là, j'avais l'impression qu'elle venait de me le demander, mais de manière indirecte. Pas grave, j'allais continuer à faire le con.

« Personne ne m'attend chez moi, à Kiri. Je vis seul depuis quelques années déjà. » Remarquant que j'avais pris un air trop sérieux, j'arborais un sourire en coin sur mon visage avant de continuer. « Franchement, je ne saurais pas te dire si je suis une bonne personne ou pas. Les enfants ont souvent peur de moi, mais j'suppose que c'est plus à cause de ma cicatrice qu'autre chose. Tout ce que je peux t'assurer c'est que je ne suis pas un bandit. » Bon sang, t'as encore fait ton killer, faut penser à un truc pour détendre l'ambiance. « Ah ouais, c'était qui cette Madame Shin dont tu parlais ? Et puis n'oublie pas que j'aimerais bien en savoir plus sur la personne qui m'a sauvé la vie moi aussi ! »



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Re: How to save a life    Jeu 12 Jan - 7:35
Bien évidemment, la phrase qui m'avait échappée par maladresse ne faisait aucun sens et l'hilarité suivit presque immédiatement. Pour ma part j'avais froncé les sourcils et tentais bien vainement de faire la moue. Je capitulai presque immédiatement à mon tour, pouffant de rire en plaquant ma main contre mes lèvres dans l'espoir de limiter le mouvement de mes épaules qui sursautaient à intervalles irréguliers. J'avais beau tenter de jouer les grandes dames, mon rire était toujours aussi ridicule, probablement justement parce que je tentais toujours le contenir plutôt que de lui donner libre court. Je réussi à reprendre un souffle normal lorsque le blessé arriva à formuler une réponse aux questions qu'il avait devinées malgré mon petit lapsus. Ainsi, sa chevelure était naturellement verte, un fait surprenant, mais pas impossible. Il avait également développé un style de combat à trois sabres, ce qui eut le don d'éveiller ma curiosité, et nommait cela le Santōryū. Intéressant. Il avait aussi insisté pour que je lui pose toutes les questions qui me passeraient par la tête, une attitude bien curieuse pour un shinobi, mais que je savais apprécier dans ce contexte précis. J'avais donc poursuivit sur ma lancée, attendant impatiemment les prochaines réponses.

Le shinobi était donc un loup solitaire, n'étant attendu par personne. Voilà qui me rappelait un autre canidé, un renard noir, qui avait lui aussi croisé ma route dans les bois de la forêt du feu. Enfin, ce n'était pas pareil, pas du tout même, et je rangeai ces souvenirs dans un coin de mon esprit, remettant leur inspection à plus tard. J'esquissai un sourire lorsqu'il évoqua la peur inspirée par sa personne chez les enfants. Je n'avais aucun mal à le croire. Si j'avais été une gamine, je n'aurais sans doute pas été plus vaillante non plus devant ce grand gaillard à la chevelure menthe. Pour conclure vint la question sur mon magnifique lapsus et sur l'invention du terme « Madame Shin », suivit de sa propre volonté d'en apprendre plus à mon sujet. Autant commencer par la partie facile, replaçant du même coup une mèche derrière mon oreille.

« Vous... Tu... as dit que je te rappelais quelqu'un et sans vouloir être indiscrète, vu le sourire qui a suivit je me suis dit... Je n'aurais pas dû. Désolé. »

Maintenant que ça c'était réglé, je devais encore faire le tri dans les informations me concernant et simplement divulguer le strict nécessaire. Ceci étant dit, étant aisément corrompue par mes sentiments et ne ressentant aucune animosité en la personne qu'était Shin, je me retrouvais encline à partager moi aussi un peu plus que ce qu'il serait normalement d'usage. La seule barrière qu'il me restait donc encore à franchir était donc ma timidité naturelle, obstacle à toutes mes conversations. Enfin, presque toutes. Il y a avait bien eu quelqu'un pour passer outre mes défenses une bonne fois. Une fois qui avait compté.

« Je ne sais trop quoi dire à mon sujet sans questions précises... j'aime jouer de la musique, principalement du dizi et du shamisen, et provient d'une fratrie de quatre enfants. Je n'ai pas de... Il n'y a pas de Monsieur Megumi. Enfin... non, pas vraiment. C'est ridicule de seulement y penser. Il ne serait jamais... Ahem ! »

Je me raclai la gorge, dressant le poing devant ma bouche et détournant vivement le regard, mes joues maintenant écarlates. Ça, c'était un peu trop d'informations, décidément. Me laissant le temps de reprendre une couleur à peu près normale, je dardai de nouveau mon regard abyssal vers Shin, reprenant ma contenance et mon petit air parfois hautain pour cacher ma gêne. En clair, je me montrais digne de mon clan sans même le réaliser.

« Ne serait-ce pas plus aisé avec des questions précises ? Cela m'évitera.... de dire n'importe quoi. »


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