The Copier and the Shade. [PV: Kakashi Hatake]
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風 | Suna no Jônin
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THE COPIER AND THE SHADE.
 

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Breathe your life into me
Because I drown in your shadow
Like salt in the rain
If my fear is tomorrow
Then your memory’s the fight in my veins

Ca fait quelques semaines que je ne m'étais plus retrouvée face aux grandes portes de Konoha. Derrière moi, un convoi de plusieurs charrettes attend que je déclare son rapatriement. Il s'agit d'artisans de Konoha venus chez nous pour déposer des plans et des outils pour la future irrigation qui permettra enfin à Suna de bénéficier de plusieurs sources d'eaux. Cette alliance est décidément la meilleure chose dont aurait pu bénéficier le village caché du sable.
Après deux jours de trajets sans réelles encombres, mise à part quelques pillards facilement battus, chaque artisan pourra maintenant retourner à la préparation des prochaines installations. Je m'avance donc vers l'un des gardes de l'entrée, bien que celui-ci semble déjà me connaître. Grâce à Kageshi, j'ai pu fortement contribuer à l'officialisation de notre alliance, et il semblerait que depuis, mon nom est devenu plus important. Même si au début je n'aurai jamais cru être redevable pour mon supérieur hiérarchique direct, c'est aujourd'hui à lui que je dois une certaine renommée, bien différente de celle jadis. Pour la majeur partie des ninjas, Shiro Hikage n'est plus cette assassine ingérable et vengeresse ; c'est désormais une enquêtrice hors-pair, maîtrisant un art bien à elle. En effet, mes capacités d'analyses et de déductions ont faites de moi la détective la plus sollicitée du département.

Cette semaine, cette escorte est pour le moment la seule mission fixée à mon agenda. Cependant, le traité que Suna a choisi de nommé « Le Traité du Sable Blanc », stipule que mon service est à l'entière disposition de Konohagakure no Sato dès lors où les missions données requiert d'avantage de forces à un village qui, il faut le reconnaître, dispose de bien plus de moyens que nous. Je compte faire de ce temps libre une occasion pour moi de revoir peut-être Namikaze Naruto, mais surtout, de pouvoir remercier de vive-voix Kakashi Hatake. Grâce à la bienveillance de celui-ci, nous nous sommes entendus sur de nombreux points, et pour moi, il s'agit d'une réelle délivrance. Grâce à ce traité, la pauvreté ne sera bientôt plus que de l'histoire ancienne. Les plus démunis auront accès à l'eau potable et à de nouvelles denrées. Des emplois se créeront, et depuis ces quelques semaines après les signatures, des échafaudages se sont construits un peu partout dans le village de Kaze no Kuni, tandis que le taux de criminalité est entrain de diminuer significativement. Si ma famille était encore vivante, elle serait fière de ce que l'on a accomplie, et elle aurait pu prospérer. Malheureusement, me voilà orpheline depuis mes dix-huit ans. Même si des tristes circonstances subsistent encore comme des marques au fer rouge, je suis particulièrement fière de moi, et je suis persuadée que mon entourage l'aurait été aussi. Je ne suis plus la même ; j'ai une autre approche et de nouveaux objectifs. Et encore une fois, tout ceci, c'est grâce à Kageshi et à Konoha.

« Vous avez quelque chose à déclarer ? » Me demande l'un des gardes du village, qui me tire de mes songes. Je contemplais encore la végétation alentour, qui encadre en un charmant bosquet l'unique chemin conduisant vers les grandes portes du puissant village de la feuille.

« Euh, oui. Pardon. » Je sors quelques papiers pour un examen protocolaire. Après avoir lu quelques objectifs de cette mission désormais achevée, le jônin me les réattribuent, et commande à ses hommes, d'un simple geste de la main, l'ouverture des portes.

« En vous remerciant, Shishiro Sera. Bon séjour à Konoha. »

Je tourne promptement les talons vers le convoi :

« On y va ! » Crie-je afin que le groupe composé d'une trentaine d'artisans puisse m'entendre. Je guide l'ensemble du convoi à l'intérieur du village. Nous nous trouvons à présent au centre d'une allée commerciale, celle se précipitant en plein nord, là où se trouvent la tour du Hokage ainsi que d'autres bureaux. Une fois en sécurité, le convoi commence à se disperser, et le chef de chantier chargé du bon développement du projet s'avance vers moi, le sourire emplit de gratitude.

« Merci à vous, ninja de Suna. Nous promettons une avancée rapide du chantier. Je vous souhaite un bon séjour à Konoha. Il y a quelques chambres d'hôtes, vous les trouverez sans problème. »

Nous échangeons une poignée de main franche en guise de remerciement. Une solide confiance s'instaure peu à peu, et c'est tout ce que j'espérais de cette alliance. On se sépare et je vais devoir me rendre au bureau du Hokage pour rendre compte auprès de hauts gradés. Je traverse donc le plus boulevard du village, les yeux rivés vers cette gigantesque falaise contre laquelle est gravée les visages de ceux qui ont gouvernés ce village. Il y a celui du père de Naruto : Namikaze Minato, surnommé l'Eclair Jaune. Même si autrefois la politique n'était pas mon fort, je me dois en tant qu'enquêtrice de bénéficier toujours d'un train d'avance sur les autres. Même si je suis capable de déduire de beaucoup de choses, je n'aurais jamais pu en apprendre suffisamment grâce au Conseil ni à Kageshi. Maintenant que j'ai leur confiance, je peux obtenir quelques dérogations dans le but d'accéder aux archives. Néanmoins, ce n'est pas la seule chose que je connais désormais. Depuis que je fréquente Gaara, j'ai également appris beaucoup de chose au sujet des Bijuu et des Jinchuriki. J'ai toujours un mauvais pressentiment à ce sujet, et je ne suis pas uniquement ici pour occuper de luxueuses chambres d'hôtes en tant que Jônin membre de l'Alliance. Qu'il le veuille ou non, je vois en Hatake Kakashi mon principal allié et mentor au sein de notre nouvel environnement. Si il peut s'agir également d'un ami, je ressens également le besoin de lui faire part de tout ce que je sais, et surtout de ce que je ressens.
Maintenant que je connais l'existence des neufs démons à queues, je suis convaincue que dans un futur proche, ils seront traqués, et que nos véritables ennemis attenteront à l'ordre établi. J'ai beaucoup de suppositions de même natures, si bien que j'espère pouvoir bénéficier de suffisamment de temps durant mon arrêt à Konoha pour m'entretenir avec de futurs compagnons d'armes.

Durant mon trajet, je m'arrête face à une auberge. Il vaut mieux que je trouve de suite un endroit où dormir avant de me retrouver à la rue. Konoha est très vivant, et je dispose d'une autorisation pour séjourner ici. Il y a sans doute des suites réservées à des ninjas de rangs supérieurs, et je me réjoui de pouvoir découvrir dans quoi je me suis engagée. J'entre silencieusement pour me rendre au comptoir d'accueil de l'établissement. Je traverse un hall où quelques artisans étrangers font arrêts. Il y a également des ninjas de Konoha semblant apprécier quelques spécialités locales autour de grandes tablées. Je sors mes papiers d'identités pour me présenter et ordonner ma chambre.

« Shishiro « Shiro Hikage » Sera, Jônin de classe A de Sunagakure no Sato. J'aimerais louer une chambre pour deux nuits. »

Le septuagénaire responsable de l'établissement acquiesce en me remettant aussitôt des clés. Ma chambre est située au dernier étage de l'auberge, et celle-ci est a priori équipée de tout ce qu'un ninja pourrait demander. Je m'y rends aussitôt pour poser quelques affaires. C'est une chambre modeste, mais avec beaucoup de rangement. Plusieurs verrous de sécurité sécurisent l'entrée de la pièce. Mon sac à dos est lourd et renferme beaucoup de choses : une trousse de survie, quelques habits de rechange, puis des munitions. Je m'en débarrasse et fait un détour par la salle de bain. Je ne vais pas me rendre spécialement belle pour faire une meilleure impression auprès des hauts gradés du village, mais j'ai très peu dormi lors du voyage. J'ai fais pas mal de rondes autour du campement que nous avions instauré, et j'ai la tête de celle qui a passer deux jours à avoir longuement parcouru différents environnements après s'être battue. Je vais donc me doucher, et changer de vêtements. Je suis à l'intérieur d'un des villages les plus sûrs du continent, et ça tombe bien, car j'en ai marre de porter ces vêtements de ninjas déjà usés.

Je ne le porte que très peu souvent, mais je dispose d'un magnifique kimono dont le rose évoque la même couleur que les sakura. Quelques dorures sont dispersées autour des manches et du col. Une confortable ceinture en lin me permet de refermer ce large vêtement parfaitement adéquat à quelques visites diplomatiques. Par pure précautions, je cache Chi Satsubatsu dans une de mes doublures. Sait-on jamais si soudainement je décide de m'engager dans une affaire. Je ne suis pas venue ici incognito et Konoha pourrai toujours avoir besoin de moi. Je me couvre également d'un chapeau de paille des plus traditionnels, et quitte finalement l'auberge pour me rendre à la tour du Hokage.

J'ai fais l'effort de ne pas oublier mes papiers ni mon compte-rendu de mission. La nuit commence déjà à tomber et une averse s'amorce. Moi qui pensais qu'à cette saison les pluies étaient peu fréquentes au centre du continent, je me suis trompée. L'automne est un riche rendez-vous à plusieurs climats ici. En ce moment, à Kaze no Kuni, il y a la saison des Vents, durant laquelle les plus puissantes bourrasques impactent sur les remparts du village et contre les maisons. La pluie ne me dérange pas, bien au contraire. On manque toujours d'eau chez nous, et les intempéries comme celles-ci me semblent revigorantes tant nous n'en avons pas le privilège.
Me voilà face à l'entrée du bureau du Hokage. Le rez-de-chaussé brille de plusieurs luminaires vifs traversant les baies atypiques des architectures japonaises.  


Je suis accueillie par un intendant. C'est par lui que passe les visiteurs qu'il dirige ensuite en fonction de la nature de leur visite. Comme les autres konohajins que j'ai pu rencontrer jusqu'à là, il est accueillant et remarque le bandeau frontal noué autour de mon front. Il se doute aussitôt de qui je suis et ce que je suis venue faire.

« Konbanwa, Sunajin. Le voyage s'est-il bien déroulé ? »
« A part quelques pillards, rien de gênant. Nous sommes tous rentrés indemnes... » Dis-je en remettant mes papiers pour obtenir le cachet en cire du village.
« Je vais remettre le compte-rendu à Hokage-sama. Passez un agréable séjour à Konoha.»

J'enlève mon chapeau et m'incline légèrement en signe de remerciement. Après m'être redressée, je tente quelque chose. Même si je n'ai pris aucun rendez-vous avec Namikaze Minato, j'espère toutefois le savoir disponible pour en entretien. Cela ne fait pas partie de mon ordre de mission, si bien qu'à partir de maintenant, je ne suis plus dans l'exercice de mes fonctions. Néanmoins, je compte bien, pendant ma visite, m'entretenir avec tous les acteurs de notre alliance.

« Puis-je avoir un rendez-vous avec l'Hokage ? »
« Je suis désolé, mais Hokage-sama ne reçoit aucune visite de ninja sans convocation directe de sa part. Dois-je lui transmettre quelque chose ? »

La seule personne qui doit selon moi s'entretenir à ma place avec lui est son fils ou Hatake Kakashi. Je refuse donc poliment la proposition. Je sors de l'établissement, m'apprêtant à explorer les allées du village. Cependant, après être sortie, je suis ravie de pouvoir croiser la route de l'une des deux personnes que je cherchais. Comme à son habitude, le ninja copieur paraît d'une tranquillité à la fois négligée, mais lui offrant une certaine prestance. Sa main gauche est profondément immiscée dans l'une des poches de son habit, tandis que l'autre tient un bouquin de distraction. Il présente un air toujours aussi mystérieux, avec ce masque dissimulant son visage, et ce bandeau cachant sa puissante pupille. Néanmoins, je le sais paisible et chaleureux. Son flegme apparent n'est pas seulement celui d'un ancien ANBU, mais il lui est propre. J'aime cette attitude neutre et nonchalante, ne laissant présager en rien qu'il est en réalité un ninja qui selon les rumeurs, connaît plus de mille techniques. Néanmoins, je cache un léger sourire amusé en ayant pu rapidement lire la couverture de son bouquin. Je ne m'attendais pas à ce qu'un ninja de cette trempe s'intéresse aux " Paradis du Batifolage ". Le caractère humanisant que je viens de saisir m'aide un peu plus à accorder de la sympathie à l'élite de la feuille. Néanmoins, comme il en de coutume, ce n'est pas pour autant que je dois négliger certains codes ninjas.

« Bonsoir, Maître Kakashi. » Murmure-je tout en m'inclinant, avant de remettre mon chapeau pour me couvrir de la pluie.

« Ravie de vous revoir. Je viens d'arriver. J'ai accompagnée un convoi d'artisans jusqu'à Konoha. Les travaux se déroulent bien. Je tenais à vous remercier personnellement, après ces plusieurs semaines dédiées à l'application de notre traité. Grâce à Konoha, Suna est en pleine phase d'expansion. »





Dernière édition par Shishiro Sera le Mer 11 Jan - 11:12, édité 1 fois
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Journée haletante pour l'épouvantail, lui qui venait tout juste de rentrer d'une mission fastidieuse, il aurait espéré un peu de temps de repos. Malheureusement, on ne choisissait pas d'avoir une tonne de paperasse, lui qui détestait ça. Décidément, le travail d'un Hokage était harassant et pénible : on passait plus de temps à remplir des papiers et ranger des dossiers, qu'à veiller sur son peuple. Il était devenu le Bras-droit et intendant de Konoha, une sorte de Hokage de substitution. Des conseillers avaient bien pensé à le nommer à ce poste, notamment pour ses faits d'armes indéniables et son sens analytique de premier plan lors des combats ou des conflits intercontinentaux. Tamponnant une fois de plus sur une feuille, un soupir vint se perdre dans la pièce du bureau de l'Hokage, comme pour noter son découragement à tout ça. L'élite de la Feuille se levait alors, rangeant quelques dossiers qui traînaient négligemment ci et là. Une pause était absolument nécessaire si Konoha ne voulait pas retrouver Kakashi mort sous peu ; la signification de son nom prendrait alors tout son sens.

Fermant la porte derrière sans même se retourner, quittant enfin la salle de ses pires cauchemars, il plaçait ses mains derrière sa tête et d'un pas nonchalant, il quitta la tour prestigieuse, qui avait vu passer du beau monde en leader du village de la Feuille. Passant dans plusieurs dédales de couloirs, descendant quelques marches pour atterrir plus au centre de la ville. Il ne tarda pas à reprendre une activité qui le détendait, une parmi tant d'autres. Lire. Et lire un ouvrage qui mériterait beaucoup plus d'attention de la part des citoyens : le Paradis du Batifolage. Il adorait ce bouquin et espérait que le Sannin légendaire en sorte un prochainement. Récemment, une jeune freluquet qui était une inculte, lui avait signalé son bouquin comme étant une œuvre pornographique... Les jeunes n'avaient plus aucun respect pour leurs ainés.

Plongé dans sa lecture, il sortit rapidement de ses songes en sentant une présence familière : levant tout de suite son regard, une jeune femme lui parla alors, et à cet instant, il su tout de suite de qui il s'agissait. Impossible de l'oublier, c'était Shishiro Sera, il l'avait rencontré lors de son entrevue pour signer un traité de paix, qui, il espérait, puisse faire naître d'excellentes relations diplomatiques entre le village de Suna et celui de l'Hatake. L'héritier du Croc-Blanc afficha un sourire, ravit de revoir ce minois qu'était celui de la jeune élite de Suna. Il fut assez surpris de voir une telle tenue, c'était traditionnel et plutôt joli à regarder, ceci dit, il n'y avait pas que sa tenue de joliment détaillée. Chassant cette pensée, il devait lui répondre. Fermant son livre pour ensuite le loger dans une de ses poches, il s'avança tranquillement pour la saluer.

« Yosh, Shishiro Sera. Tu peux m'appeler par mon prénom, tu sais. Je suis ravi d'apprendre que notre alliance commence à porter ses fruits pour Suna, c'était l'essentiel, il me semble qu'on a réussi sur ce point. »

Disait-il d'un ton calme et assuré, plaçant ses mains dans l'ouverture de ses poches, d'un air toujours aussi décontracté. Elle avait dû faire un long voyage jusqu'ici et devait être relativement épuisée. Kakashi avait eu moult occasions de faire la traversée entre Suna et Konoha, il savait ce qu'un long voyage pouvait provoquer : une fatigue énorme. La tenue intriguait un peu l'homme à l'unique pupille visible, difficile de ne pas l'apprécier. Plus qu'un simple physique, la jeune femme avait certains idéaux proches des siens et des facultés pour facilement devenir une élite dans son village. Pour lier leurs villages davantage, l'idée d'une mission conjointe lui traversa l'esprit, mais ce n'était certainement pas sa motivation première à venir ici. Il se disait alors qu'une invitation cordiale à manger chez l'un des meilleurs restaurants de Konoha était peut-être une bonne idée, à condition qu'elle appréciait les mets du village de Konoha.

« Tu as dû faire un voyage harassant. Que dirais-tu d'aller au restaurant d'Ichiraku ? Cela pourrait nous permettre de parler tranquillement et que tu te rassasies. Le restaurant devrait te plaire. Tu y es déjà allée ? »

Il l'invita alors à marcher au gré des ruelles animées du centre-ville, espérant qu'elle accepterait cette proposition. Il n'y avait pas de desseins cachés derrière l'invitation, ils avaient juste convenus de se revoir, c'était l'occasion d'en apprendre plus sur elle et sur ses idéaux pour l'avenir. Ichiraku était l'endroit rêvé : peu de gens, des spécialités délicieuses et un patron accueillant.



« C'est la loi de la nature… Les générations anciennes cèdent la place aux nouvelles… »
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Je me sens privilégiée de voir que sous le tissu fin de son masque, Kakashi Hatake me sourit. Il vient de me reconnaître et je ne m'attendais pas à ce que de suite, il en vienne à me dire que je n'avais pas besoin de lui attribuer de titre en m'adressant à lui. Après tout, sa posture pourrait très bien laisser présager d'un peu de désinvolture et de simplicité. L'esprit du Ninja Copieur me fait l'apprécier encore plus, et je suis satisfaite de ne plus avoir à être aussi cordiale. La moindre des choses est alors de faire de même, et lui montrer qu'au-delà du fait d'obéir à certains codes de bienséances en tant que kunoichi, je peux me montrer toute aussi humaine. Depuis que j'ai rencontrée Naruto et d'autres ninjas, j'ai pu reprendre le pas sur différents traumatismes. D'une part, il y avait le fils du Yondaime, qui me disait que l'important était de croire, de s'accrocher à ses idées et de ne pas perdre espoir qu'un jour, la paix viendra. Puis il y avait Sabaku no Gaara, Jinchuriki du démon Tanuki; je voyais en lui la triste image de la personne que j'étais il y a de cela maintenant bientôt neuf mois. Avide de vengeance, égarée et prise au piège par ses propres ressentiments. Chacune de ces deux personnes m'ont permises d'arriver à de nombreuses conclusions, et à surtout tirer de bonnes leçons.
Le véritable fait déclencheur était la mort de Yoru. Mon seul véritable ami qui n'avait jamais cesser de croire en moi, et ce depuis l'académie. Je me souviens qu'avant, j'étais irascible. Et même si je garde en moi encore une certaine impulsivité, elle n'est plus de même nature. A cause de Gin Hiba, j'avais longtemps peur des hommes. Forcément, quand quelqu'un est doué d'un pouvoir de suggestion pour vous faire passer sept mois en Enfer, vous réfléchissez à deux fois avant de faire un pas vers votre interlocuteur. Cependant, je sais qu'Hatake Kakashi n'a rien d'un pourri, bien au contraire : il est le ninja copieur, une légende fils d'une autre légende. Ses hauts faits lui valent une immense renommée à travers tout le continent et pour faire simple, tous les ninjas connaissent au moins son surnom.

Et au sujet de La Cour, il semblerait que celle-ci n'ait pas été capable d'anticiper quelque chose : en voulant absolument m'enterrer et me faire pression psychologiquement, j'ai l'impression d'être devenue depuis quelques temps intouchable : après tout, je suis alliée à plusieurs ninjas très influents. Naruto est le fils du Yondaime, et si il apprenait l'existence de cette organisation, il est évident qu'il en ferait part à son père et que dès lors, La Cour aurait tout à craindre des représailles de Konoha. Sabaku no Gaara est un Jinchuriki, et je doute qu'il refuserait de m'aider après toute l'aide que j'ai pu lui apporter. De même pour Kageshi avec qui nous entretenons de bonnes relations. Et par dessus cela, rajoutez Kakashi Hatake, élite du village de la feuille, détenteur d'un puissant Dojutsu et de plus de mille techniques. En somme, même si je me retrouvais en danger, j'ai pris part à un tellement grand phénomène que jamais La Cour ne pourra encore l'emporter sur moi.

J'ai trouvée de l'apaisement et jamais je n'ai été aussi bien entourée de personnes valeureuses. Me montrer sous mon véritable jour n'est pas une chose très commune. Mais pendant le temps d'une rencontre, je peux très bien taire mon esprit logique et mécanique. Je peux oublier mes fonctions de détective consultante. Néanmoins, dans mon esprit guerrier forgé depuis mon enfance, je me condamne encore à être pourvue de ce charme des femmes du sud. Ma mère me disait souvent qu'il n'y avait pas de plus belles femmes que celles du pays du vent, et que c'était pour cette raison qu'il fallait se battre contre la pauvreté et l'impuissance, pour inspirer à mieux qu'à de simples servantes. Je suis née d'une famille paysanne, et je suis la seule a être devenue une kunoichi. C'était de bons cultivateurs de fruits. Des gens qui aimaient ce qu'ils faisaient. Ils étaient croyants et dans le fonds, je l'étais un peu aussi. On allait au temple assez fréquemment, et pendant mes études à l'académie, j'entendais tout un tas d'histoires sordides. Forcément, quand on fréquente un milieu défavorisé, il se passe plein de choses. Peu à peu, j'avais du mal à tout accepter, et en moi s'éveillait une volonté de rendre justice à ceux qui en avaient besoin. Certains paysans de notre entourage furent réduits en esclavage, d'autres étaient volés. Ceux qui refusaient de se soumettre se réveillaient le lendemain avec un terrain en feu. Dans le désespoir de ne plus pouvoir produire, d'autres s'étaient suicidés. Dès que j'étais capable de me battre, j'essayais tout ce qui était possible pour changer tout ça, mais plus j'en abattais, plus il en revenait. Dans ce train de vie sombre et précaire, j'étais devenue de plus en plus forte. J'étais une genin assidue qui travaillait d’arrache-pied pour  maîtriser le ninjutsu ainsi que le combat au sabre, car il m'a toujours fallu une arme. Puis je n'étais pas devenue chûnin en passant l'examen comme tout le monde. J'avais été repérée pour mes talents d'assassine. J'avais obtenue une dérogation et j'ai été entraînée. J'étais très vite passée jônin, et à partir de là, j'avais enfin pu rendre justice. Ma justice. Car certains pourris étaient en plus bien couverts. La corruption existe toujours, certains ninjas ferment les yeux sur des faits qui peuvent bien les arranger eux-aussi. Je ne m'étais jamais limitée aux ordres qu'on me donnait, car je creusais toujours plus profondément pour remonter à certaines sources. Au bout d'un moment, je me cachais derrière un surnom : Shiro Hikage... Mais c'est en poussant les criminels dans leurs derniers retranchements qu'on n'en vient à rencontrer les pires.

Aujourd'hui, je pense avoir parcourue un sacré chemin. Je suis devenue une meilleure personne et je me suis sortie de nombreuses situations extrêmement périlleuses. Me montrer moi même reviendrai à laisser transparaître tout ces changements physiques et moraux à travers mes paroles et mon attitude, sans aucune logique, sans aucune nécessité. Juste parce que se retrouver face à quelqu'un digne de confiance en dehors de mes heures de travail est une bonne chose.

" Yosh, Shishiro Sera. Tu peux m'appeler par mon prénom, tu sais. Je suis ravi d'apprendre que notre alliance commence à porter ses fruits pour Suna, c'était l'essentiel, il me semble qu'on a réussi sur ce point. "

Je sourie alors bienveillamment, pour répondre doucement, les bras ballants nageant dans les manches de mon ample et épais kimono. Il faut avouer que si je ne tenais pas plus compte de ma dégaine, je n'aurais jamais portée un pareil vêtement. C'est également bien la preuve que je n'ai plus peur d'affirmer qui je suis.

" C'est d'accord, Kakashi. Alors tu peux m'appeler Sera. "

Pour une fille de paysans, ça fait également longtemps que l'on ne m'a pas appelée simplement par mon prénom. C'est plutôt une belle victoire en soi. J'ai réussie à surmonter ma condition et à devenir la fierté de tout en quartier de Suna.
Mais oublions un peu tout ça; toutes ces histoires de meurtres, de vengeances, et toutes ces petites pensées moralisantes. Il va falloir que je m'habitue à tout ce changement et finalement à voir mon rôle de jônin prendre de l'importance. Si je suis ici, ce n'est pas pour rien. J'ai besoin d'annoncer certaines choses à mes nouveaux alliés. J'ai besoin de discuter longuement afin de me persuader que cette alliance n'a rien de fragile ni d'éphémère.  

" Tu as dû faire un voyage harassant. Que dirais-tu d'aller au restaurant d'Ichiraku ? Cela pourrait nous permettre de parler tranquillement et que tu te rassasies. Le restaurant devrait te plaire. Tu y es déjà allée ? "

Ichiraku Ramen est le stand où j'ai rencontrée Naruto pour la première fois, par hasard alors que je cherchais un endroit où manger. Je me souviens avoir été très surprise par l’amabilité du patron, Teuchi, et par la qualité de ses plats. Je savais d'après les paroles du fils du Yondaime qu'il s'agissait du lieu de rendez-vous de sa petite bande, et l'invitation ne me surprend donc pas trop.

" Merci. Je suis assez fatiguée, ouais. Tu sais certainement ce que c'est, de veiller sur des convois et de faire des rondes toute la nuit. Mon auberge n'est pas très loin d'Ichiraku Ramen. Je n'ai pas pris le temps de manger. Ca fait à peine une heure que je suis arrivée... "

Je me sens moins étouffée, et le masque tombe. Le fait d'être autorisée à tutoyer le Ninja Copieur me semble assez étrange mais appréciable. Je ne cache pas mon enthousiasme, et le suit jusqu'à l'enseigne. Néanmoins, je pense connaître maintenant l'esprit du Jônin après avoir passée plus d'une heure à l'avoir observée lors de notre alliance. Bien qu'il me laisse l'opportunité de faire un pas vers lui, je sais qu'il compte bien en apprendre plus sur moi et sur mes idéaux. Lui aussi, tout comme moi, tient à savoir si cette alliance est réellement une bonne chose. Finalement, rien de mieux n'aurait pu servir à notre rencontre car ici, sur ce même banc, j'étais autrefois perdue, désolée et en colère. Je me souviens que sur ce même banc, tout avait changé grâce aux mots prononcés par Naruto.
Et aujourd'hui, me revoilà assise sur ce même banc, parfaitement résolue et cette fois, en connaissant la paix intérieure.

Teuchi, le patron, ne manque pas de me reconnaître. Cela faisait plusieurs semaines que je n'étais pas venue, mais je pense que peu de ninjas de pays différents viennent ici. Ou alors, cet homme dispose d'une grande mémoire et d'un esprit commercial frôlant le génie.

" Ma p'tite dame de Suna ! Ca fait un moment ! De retour chez nous ? "

" Pour deux jours. Nous sommes alliés, maintenant. "

" Je vois que vous êtes notre alliée, ça oui ! Vous ne vous refusez aucune compagnie, ma p'tite dame ! " Lance-t-il sous le ton de la plaisanterie avant de prendre nos commandes. Je vais en rester sur ces excellentes Tokushima Ramen qui m'avaient tant plus la dernière fois. Par ailleurs, je n'ai pas l'intention de passer par quatre chemins avec Kakashi. Je vais donc en venir aux faits. Je n'ai pas envie de me lancer dans des petits jeux d'observations; pas avec lui. Je serai perdante et de plus, les personnes en qui j'ai confiance n'ont aucune raison de s'adonner à ce genre de test avec moi.

" Avant de devenir enquêtrice, j'étais une assassine. C'était à moi que revenait la tâche ingrate d'abattre de dangereux criminels sévissant partout dans le pays. J'ai vue des atrocités, et j'en ai également connues. J'étais arrivée à un point où je les avaient persécutés. Ils n'avaient nul part où se réfugier. Ni crevasse, ni toit, ni terre désolée. Je pense être responsable de la chute de la criminalité dans nos rues. Mais ça a un prix. Mon meilleur ami, Yoru Suika, a été tué par une vaste organisation criminelle. Avant de rencontrer Naruto, je ne pensais qu'à me venger de ceux qui m'avaient faites du mal. Ma volonté de faire ce qui est juste s'était transformée en vengeance. J'étais au fond du trou. Sans famille, et maintenant sans un ami pour me réconforter. Mais lorsque j'ai rencontrée Naruto, tout ça me paressait si anodin. Comme si avoir un nindo et des idées de paix pouvait vous transcender, et faire de vous une personne meilleure. Je ne suis plus la même personne qu'avant, cette Sera enragée, inadaptée, impulsive et constamment à fleur de peau. Grâce à lui et grâce à mon défunt ami, je me sens mieux. Kakashi, j'ai une dette envers Konoha. Je veux marcher aux côtés de Naruto. Je veux l'aider à accomplir son nindo. "

Je marque une pause. Comme avec Naruto, je suis sur le point de m'écrouler. Je renifle pour retenir une larme. Il est certain qu'après ces quelques mois, même si je vois enfin la lumière au bout du tunnel, j'ai besoin de m'entourer de personnes qui peuvent me tirer vers le haut. Je dois progresser et laver le sang que j'ai sur les mains.


" ... Je viens d'un milieu défavorisé. Dans les bas quartiers de Suna, la pauvreté stagnait avant que l'alliance ne voit le jour. Elle ne pouvait pas régresser d'avantage. Mes parents étaient artisans. Une bande organisée nous pillait. Tous les habitants de ce quartier faisaient leurs récoltes pour eux, et on ne touchait rien. Les femmes les plus charmantes étaient prédestinées à faire les belles à Tanzaku, tandis que les hommes devaient se tuer au travail. J'ai grandie dans la violence. Avant même de m'initier aux arts ninjas, je savais me battre. Il n'y avait rien d'artistique dans mes mouvements. C'était de la brutalité. On ne parlait pas de justice. Personne dans la détresse ne songe à faire le bien, mais seulement à se libérer. Gamine, je me rendais à l'académie dans le seul et unique but d'avoir les armes pour nous libérer de ces groupes de criminels. Mes premiers meurtres m'ont créer des problèmes, mais j'étais à la hauteur. J'ai toujours été habile à l'arme blanche. Puis j'ai été remarquée par la pire des façons : on m'avait recrutée en tant que Chûnin lorsque je gisais en sang au milieu des cadavres. C'est à partir de là que j'ai suivie un enseignement particulier, dans le but de devenir une puissante assassine. J'avais réussie à libérer mon quartier, mais les choses s'étaient empirées. J'avais suscité l'intérêt d'une organisation criminelle extrêmement puissante et toujours présente : La Cour. J'avais dix huit ans lorsqu'un homme dénommé Gin Hiba, espion au service de cette organisation, a usée d'un puissant pouvoir pour prendre possession de moi. Sept mois d'avilissement, jusqu'au jour où j'ai été forcée de tuer mes parents. J'ai réussie à me libérer de cette emprise, pour finalement rompre le cou de ce fumier. "

Nos bols arrivent. Je marque une légère pause pour commencer à manger. J'ai beaucoup d'appétit et je me sens bien plus énergique qu'avant. La nourriture chaude me fait du bien. A Suna, nous mangeons beaucoup de plats froids, étant donné le climat aride et les vents secs qui nous gouvernent. Ici, la pluie s'est arrêtée depuis environ quelques minutes. Le soleil commence à se coucher et il doit être environ dix huit heures. J'essuie mes lèvres trempées de sauce avec une serviette mise à disposition, et je conclue :

" Si je t'explique tout ça, Kakashi, ce n'est pas pour rien. Tu n'auras pas besoin de demander une dérogation pour fouiller les archives de Suna. Si tu as encore des doutes sur ma franchise, pose-moi toutes les questions que tu désires. En ce moment, j'ai constamment de mauvais présages, et je crois que ce n'est pas pour rien. Je crois qu'un bientôt, une réelle menace viendra s'attaquer à nous tous. Donc, je veux me battre à vos côtés, pour la paix. Je veux faire le bien autour de moi. Je veux devenir plus forte et me battre pour la paix. Maintenant que nous sommes alliés, nous pouvons unir nos forces. Et Suna ne le sait pas encore mais je me suis liée d'amitié avec Sabaku no Gaara. Depuis quelques jours, j'essaye de l'aider à prendre le dessus sur Shukaku, le vrai nom du démon Tanuki. En faisant des recherches, j'ai compris certaines choses : les démons à queues sont au nombre de neuf, et selon le Shukaku lui-même, chacun a vu le jour grâce aux pouvoirs du Sage des Six Chemins en personne. Si tu veux mon avis, Kakashi, de telles puissances vont attirer des ninjas avides de pouvoir. C'est là que je pense que notre vrai ennemi se situe. Cependant, j'aimerais que tu gardes ça pour toi. Si le Kazekage ou son intendant apprenait que je tente d'aider Gaara à contrôler le Shukaku, je risquerai d'avoir de sérieux problèmes. Pourtant, il s'agit d'un ami dans le besoin... "



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La démarche de l'élite Konohajin avait fonctionné, il souhaitait faire plus amples connaissances avec la jeune femme, vu lors de leur entretien afin de conclure l'alliance entre le pays du Feu et celui du Vent, Konoha aussi avait nommé ce traité de la même façon que Suna, pourtant, les habitants et le corps militaire en avaient trouvé un autre : le Traité de la Volonté. Simple et reflétant le style de Konoha, partageant tout simplement ce nom avec Suna. On pouvait même associer les deux : le Traité du Sable Blanc de la Volonté. L'homme expérimenté imaginait les changements que cela fût sur, ne serait-ce que quelques semaines, pour Suna et sa prospérité, cela avait dû être comme un poumon qui s'élargit lorsqu'il reprend une inspiration. L'économie, le social, la politique, tout était lié bien souvent et retirer une de ses parties n'était jamais une bonne idée. S'adapter à l'environnement leur était nécessaire, ils avaient dû souffrir bien plus que Konoha.

Naviguant dans les ruelles et entre les passants, les deux ninjas discutaient un peu. Il était ravi de voir qu'elle le considérait comme son semblable, et non plus comme simplement, une légende ou un héros sortit d'un conte de fées. Jamais l'épouvantail ne s'était vraiment habitué à ce qu'on le reconnaisse ou qu'on fasse appel à de trop (nombreuses) politesses envers lui. Pour lui, il était, certes, expérimenté, mais son apprentissage ne faisait que commencer, il ne se reposait guère sur ses lauriers. Kakashi avait encore beaucoup à apprendre, à l'instar d'un général samouraï. Il avait d'ailleurs un point commun avec les samouraïs : lui aussi avait été à la guerre, bien trop prématurément. Dans le feu, les larmes, la sueur et le sang, affrontant de redoutables adversaires, une vie faite de défaites et de victoires. En cela, oui, Hatake Kakashi était un vétéran. Redoutable, polyvalent et stratège, de telles compétences étaient rares, même dans le monde shinobi.

Il chassa l'un des étendards du Ichiraku Ramen, laissant d'abord entrer Sera, avant de la rejoindre en saluant Teuchi d'un revers de main. Il s'installa sur un des tabourets, aux côtés de la kunoichi, qui semblait vouloir se livrer. Parler un peu, c'était important pour les ninjas, eux qui voyaient moult aventures et mésaventures, jamais ils ne s'habituaient vraiment à tuer, quand bien même on pouvait être doué pour ça. L'héritier du chakra blanc l'écoutait attentivement, ne disant aucun mots pour ne pas la couper, elle disait tout d'une traite et faisait quelques pauses. Tournant son visage vers elle, Kakashi la fixait avec son seul œil visible, calme et posé. Pour lui répondre, il marqua lui-même une pause à la fin de la phrase de Sera, levant un peu son regard vers le plafond, penché en arrière, mains en guise de support pour sa tête.

« Avant toutes choses, tu n'as aucune dette envers nous, ne t'en fais pas. Les amis sont là pour ça. Les amis de Naruto sont les miens, s'il a voulu t'aider, c'est qu'au fond, tu es quelqu'un de bien. Ce gamin a toujours été capable de changer les gens, même ceux qui ont pu sombrer dans la mauvaise voie. A dire vrai, je te comprends. Moi-même, j'ai failli tomber là-dedans : tuer. Tuer jusqu'à devenir perdu dans tout cela, à se demander si c'est vraiment bien. Je n'ai peut-être pas eu un long parcours dans ce chemin contrairement à toi. » Marquant une petite pause, il se remettait bien sur son tabouret, les coudes posés et ses mains maintenant son menton, il relâcha pour reprendre.

« Je te prêterai ma puissance pour venir à bout de cette organisation. Je te crois, je n'ai pas vraiment besoin de fouiller les archives pour reconnaître la franchise, mon sens analytique me suffit. Enfin, je ne voudrais pas interférer dans les histoires de Suna, mais un coup de main est souhaité, Konoha peut aider. » Il se souvenait qu'elle lui parla d'un mauvais pressentiment, il réfléchissait, laissant un petit blanc s'installer. Il était vrai que quelques troubles étaient à déclarer et à dénoter, comme si c'était le calme avant la tempête, il y avait cette petite tension. Même minime, elle était perceptible. Cette alliance fut donc du pain béni pour les deux villages, désormais unis par un pacte. Ainsi, quiconque s'en prenait à l'un des villages, verrait aussitôt intervenir son allié pour le défendre.

« Tu n'as pas eu une vie facile, enfin, ce n'est jamais facile pour personne, je crois. Au moins, tu as pu te forger et changer en bien. Avoir des idéaux, c'est ce qui nous supporte et encore plus si on a des amis sur qui compter. J'ai vécu dans la honte et le déshonneur lorsque j'étais gamin, j'ai vu mon père sur le sol, inerte, alors que je n'avais que cinq ou six ans. Je ne viens pas d'un milieu défavorisé, contrairement à toi, notre famille a toujours été de fiers ninjas. Je dois avoir ça dans le sang. Pour ton mauvais pressentiment, tu n'es pas la seule à l'avoir. Faisons ce qu'on a à faire et tout ira pour le mieux. » De nouveau, il attendit. Teuchi leur avait amené de quoi manger et se réchauffer un peu, Kakashi prit quelques nouilles, sans même que la jeune femme puisse remarquer qu'il venait d'en manger. Il devait avoir un secret pour manger aussi vite, ou alors, était-ce une illusion ? Le personnage singulier qu'était Kakashi surprenait toujours autant.

« De ce que je sais, le clan Uchiha doit en savoir beaucoup au niveau du fameux Sage des Six Chemins. Les légendes deviennent toujours des mythes, puis des contes pour enfants. Mais s'il a existé, on peut effectivement se poser des questions sur les démons à queues. Comment se fait-il que des entités, au chakra immense, puissent exister ? Personne ne le sait vraiment. Certains pensent qu'il s'agit de maintenir un équilibre de force entre les villages. Ainsi, nous vivons sous la menace, qui que nous soyons, peu importe d'où nous venons. Si les démons pouvaient nous parler, tout cela aurait quelques réponses. De ce que je sais, seul Kyûbi a le don de parole. Peut-être qu'il y en a d'autres. Le démon renard à neuf queues est connu pour être, le plus puissant et est considéré comme le leader de ses entités. Il doit y avoir un rapport. Enfin bon, détendons-nous un peu. As-tu quelque chose que tu aimerais savoir à mon propos ? »



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Je fronce un instant le regard. Je ne suis pas certaine d'avoir bien vu : comment Kakashi a-t-il pu manger ses ramens sans avoir retiré son masque ? A-t-il usé d'une brève illusion infaillible ? A-t-il usé de son sharingan ? Peu importe. Il ne s'agit que d'un détail qui n'amène à rien, même si je devais le résoudre. Ca m'amuse tout de même de voir que le Ninja Copieur ne semble pas manquer de ressources pour se montrer imprévisible. Néanmoins, je me laisse toujours autant surprendre par son humanité. Je suis maintenant persuadée que lui aussi a son lot de secret, si bien qu'il ne tarde pas à le mentionner. Il dit autre chose ; autre chose qui me renvoie directement à mes moments passés avec Yoru. Lui aussi était mon ami, et il est mort. Il a péri après avoir essayée de m'aider à vaincre La Cour. Ce n'est pas la culpabilité qui me ronge. Je n'aurais rien pu empêcher et mes ennemis avaient réussis à manigancer un plan parfait. Ce qui me tracasse depuis, ce sont des émotions, des idées et des raisonnements contraire à eux qui m'ont conduite jusqu'ici, et à trouver Kakashi.
Je sais que j'ai des promesses à respecter, et surtout des valeurs. Même si depuis plusieurs mois j'ai dû quitter de force l'Ordre des Assassins de Suna, au fond de moi, j'ai toujours envie de l'être. Non pas par choix, mais par nécessité. Kakashi me comprend, et je ne que m'empêcher de sourire discrètement de ça, plongée dans mon bol de ramen que je dévore.
En tant qu'ancien ninja à la solde des services secrets, il est évident que le ninja à côté de moi a également été un assassin de haut niveau. Le fait qu'il me reconnaisse comme vouée à un passé plus sanglant que le sien m'effraye quelque peu. Suis-je aussi expérimentée que ça ? Mes travaux de recherches m'ont-ils réellement aidés à comprendre la mentalité criminelle ? Peut-être qu'à défaut de ne pas encore être l'une des plus puissantes kunoichi de ce continent, je dois probablement en être l'une des meilleures détectives. Dans un certain sens, cela me rassure de me dire que quelque part, au milieu de toute cette violence, il y a toutefois un domaine dans lequel j'excelle, et il s'agit tant de ma seule passion que de mon métier. D'ailleurs, lorsque j'aurai réussie à vaincre entièrement cette organisation, j'écrirai certainement un livre. Car en tant que détective passionnée, je possède également d'excellentes connaissances en littérature. Je sais d'ailleurs que Konoha possède l'une des meilleures plumes parmi tous les pays alentours : L'Ermite Jiraya est également quelqu'un avec qui j'aimerais un jour pouvoir m'entretenir. Si ses discours semblent en tout points similaires avec ceux de Naruto, je pense que ces deux-là se connaissent également. Ce vieil homme répondant au titre exceptionnel de Sannin est certainement son sensei.  

«  […] Tu n'as aucune dette envers nous, ne t'en fais pas. Les amis sont là pour ça. »

J'ai faillie oublier ce que ça fait d'avoir des gens sur qui on peut compter. Avec mon menton trempé de sauce et mes lèvres luisantes, je détourne un instant mon visage pour vivement remercier Kakashi. De son vivant, j'avoue ne pas avoir accordée assez d'importance à mon amitié avec Yoru. Cependant, il y a beaucoup de ressemblance entre lui et le konohajin : les cheveux gris en bataille, cet air fatigué et ce calme à toute épreuve. Pour quelqu'un comme moi, dont le tempérament est de feu, il est indispensable que je m'entoure d'amis capables de m'apaiser. En revanche, même si je ne doute pas de la force du plus puissant Jônin de Konoha, je refuse de le mêler à mes histoires. Mon ennemi juré est puissant, et c'est mon combat. Je tiens à faire les choses avec mes propres méthodes et sans risquer de nouvelles pertes. Toutefois, je sais que La Cour est inquiète à ce sujet : elle craint Kakashi Hatake comme elle craint mes autres autres contacts. Peut-être devrai-je tout de même considérer cette proposition.


« Merci, Kakashi ! »

...Et je meurs de faim. L'appétit vient en mangeant et encore plus lorsque cela fait deux jours que je ne déguste que des barres protéinés. Néanmoins, je m'arrête au moment où mon nouvel ami, que je croyais bien plus pudique lorsqu'il s'agissait de sa vie privée, me parle de son père et de ses regrets. Je pose un instant me baguette, essuie ma bouche sale avec une serviette, et compati. Je pense que la douleur doit être la même, que l'on vienne d'un milieu défavoriser ou non. Lorsque tout notre monde s'effondre, lorsque l'on perd un proche, nous sommes ainsi livrés à nous-même, sans repaire, largués dans une fausse aux lions dans laquelle une seule lois existe : tuer ou être tuer. Depuis toute petite, seules mes aptitudes physiques classées légèrement au-dessus de la moyenne m'ont aidées à vaincre des criminels plus puissants que moi. Simplement parce que mon trouble rare me permet de prolonger mes efforts, et de mieux résister aux coups.

Même si le tour de passe-passe de Kakashi reste imprimé dans mes rétines, il vient à répondre à quelque chose de bien plus important. L'existence des Bijuu, et il semblerait que je bénéficie d'un détail supplémentaire par rapport à lui : je suis peut-être l'une des seules a avoir pu m'entretenir directement avec Shukaku. Je sais donc qu'il est doué de parole, et c'est probablement le cas de tous ces démons. Ils ont une conscience, une âme, un corps. Ils sont comme nous et même si ça m'intrigue, ma priorité n'est pas de faire d'eux des alliés. Même si je n'ai pas spécialement peur de quelconques divinités, je suis certaine qu'ils seront un jour traqués. D'ailleurs, même au milieu de ces secrets mystiques, je reste une femme de sciences : je privilégie toujours la raison plutôt que la poésie des mythes. Lorsque j'écrirai « La science de la déduction », je ferai mention de tout ce qui m'a longtemps influencée, mais pour le moment, je vais faire part de mes recherches au sujet de ces créatures mystiques.

« […] Ainsi, nous vivons sous la menace, qui que nous soyons, peu importe d'où nous venons. Si les démons pouvaient nous parler, tout cela aurait quelques réponses. De ce que je sais, seul Kyûbi a le don de parole. »

« C'est faux, Kakashi. Ichibi, de son vrai nom Shukaku, peut très bien parler. J'ignore si c'est grâce à son Jinchuriki, mais on a bien eu une discussion. Ce que je pense, c'est qu'il ne faut pas oublier que certains de ces neuf démons sont enfermés dans des corps. D'autres sont en liberté. Et au moment où l'un d'eux sera pris au piège, alors nous aurons tout intérêt à savoir où chacun d'eux se trouvera, sous peine de connaître un danger qui risquera de tous nous surpasser... »

Mais soit, détendons-nous un peu. Il est vrai que trop de questions me taraudent, et je ferai bien mieux de continuer à garder la tête froide et surtout à me ménager un peu. Je viens à peine de mettre les pieds à Konoha que je ne peux déjà pas m'empêcher de me lancer dans d'autres préoccupations. De plus, je suis certaine d'être en sécurité ici. J'enlève mon chapeau de paille pour le poser à côté de moi sur le comptoir. Je termine également mon bol de ramen, pour finir sur un digestif.

« As-tu quelque chose que tu aimerais savoir à mon propos ? »

Bonne question, Kakashi. Il y a un millier de choses que j'aimerais savoir sur toi.
J'ai néanmoins peur d'être indiscrète. Même si normalement je ne me serais pas gênée auprès de quelqu'un d'autre, il s'agit cette fois d'un ami. J'aimerais lui demander comment il a obtenu un sharingan, pourquoi porte-t-il toujours un masque et prend tellement soin de dissimuler son visage. J'aimerais lui demander en quoi il est un assassin redoutable, et comment se fait-il qu'après toutes ses années, il semble lui aussi torturer. Mais je suis une enquêtrice et une logicienne, et je préfère découvrir tout cela par moi-même. Alors je dois trouver une question anodine, celle qu'une amie pourrait poser. Nom du Tengu, je me pose tellement trop de questions lorsqu'il s'agit d'entretenir des relations, beaucoup trop. Peut-être plus que lorsqu'il s'agit de résoudre des mystères.

« Ahah. Ouais, tu peux t'en douter. On t'as déjà dit que tu es un mystère à toi tout seul ? » Dis-je avec humour, tout en levant la main pour commander quelques gâteaux en guise de dessert. Je suis prise d'une volonté à déposer une atmosphère plus décontractée à cette rencontre. Si je suis en présence d'un ami, alors je peux un peu abandonner mon rôle de ninja de Suna, celui de Shiro Hikage, et montrer qui est Shishiro Sera. « Hatake Kakashi, Kakashi no Sharingan, Le Ninja Copieur... » Fais-je en parodiant le ton grave et menaçant de la plupart des malfrats que nous avions tous probablement dû affronter.

« J'aimerais te poser des questions, mais elles seront embarrassantes... » Murmure-je entre deux bouchers de gâteaux de cocos. « Mais dis-moi, au-delà du fait que tu sois le mystérieux propriétaire d'un sharingan que tu lises des livres roses et que je meurs d'envie de savoir quel visage se cache derrière ce masque... quel est le meilleur moment que tu as pu passer ces derniers temps ? En tant que ninja, trop de choses négatives nous reviennent. En ce qui me concerne, il y en a eu deux : ma rencontre avec mon premier véritable ami. C'était une semaine après mon entrée à l'académie de Suna. Au début, on ne faisait que se battre. C'était en quelque sorte un rival, puis un ami. J'avais réussie à lui flanquer de ces roustes... Puis il y a la fois où après sept mois, j'ai pu remettre les pieds à Suna et revoir mon appartement. C'est un petit appartement toujours en désordre. Je paye un très petit loyer mais ça me plaît comme ça. La dernière fois que j'y ai invité quelqu'un, j'ai mis deux jours à le vider de plus de cinq-cents kilos de sable... »

Mais je n'ai pas à me plaindre car j'avais tout fait pour éveiller Shukaku. Mes premières années à l'académie en compagnie de Yoru m'avait aidée à progresser et à connaître un peu de soulagement. Si j'étais devenue une puissante assassine, lui était devenu un excellent Anbu. Nous avions partagés quelques missions, mais mon erreur avait été celle de préserver certains secrets. Même si je savais qu'il enquêtait secrètement sur moi et qu'il finissait toujours par obtenir des réponses, je continuais à œuvrer dans le but de devenir toujours plus forte, et encore plus lorsque j'avais obtenue Chi Satsubatsu. D'ailleurs, l'avis d'un expert comme Kakashi m'intéresse. Je cherche donc un court instant dans la doublure de mon kimono pour retirer mon arme. Elle est unique et elle me rend assez fière. Je lui la confie donc, encore rangée dans son fourreau.

« Et ça aussi. C'est un souvenir plus particulier mais j'en suis très fière. C'est une arme unique, construite avec un alliage très particulier. Il s'agit d'une lame entièrement invisible et très résistante. Elle est parfaitement équilibrée, malgré sa longueur. En moyenne, la lame d'un katana mesure soixante centimètres. Chi Satsubatsu mesure soixante trois centimètre et douze millimètres. Aucune autre arme ne possède cette particularité, ni même cette longueur. Elle a été forgée par un ami de mes parents... la garde est en céramique renforcée, et le manche en ivoire, couvert par des rames en lins. »



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L'atmosphère se détendait peu à peu, laissant enfin les deux personnes discuter tranquillement, partageant des bribes de leur passé respectif et pourquoi pas, joindre leurs idéaux communs. L'avenir, voilà une chose avec laquelle on pouvait jouer des heures et des jours, sans jamais vraiment avoir une réponse concrète. L'épouvantail aimait se concentrer sur le présent, tentant de maintenir le cap et surtout, s'inspirer du passé pour ne plus commettre les mêmes erreurs. La vie était un apprentissage éternel, prêt à donner des embûches et des défis - parfois imposants - aux Hommes et ninjas de tout le globe du Sekai. L'élite la laissait s'expliquer, l'écoutant dans sa narration en prenant soin de n'omettre aucun détail et de se rassasier la panse avec de nouveaux mets que Sera venait de commander. Le Maitre des Ramens leur en apporte une bonne fournée, tout justes préparés et savoureux.

Il l'observait, admirant son sourire à chaque illumination de son visage, arguant un sourire lui-même lors de son imitation des malfrats et autres scélérats qui peuplaient les terres vierges autour des villages. Oui, Kakashi avait tué de sang-froid, elle n'avait cité que deux ou trois surnoms relativement connus. Mais, les ninjas de Kiri ou d'autres petites nations comme Kawa, l'avaient surnommé "Reiketsu no Kakashi", autrement dit "Kakashi au Sang-froid". Ce fut lors de ses services en tant que ANBU qu'il avait eu ce surnom, faisant briller la peur dans le regard de ses ennemis et rendant leurs visages livides, se sachant condamnés. Mourant alors sous l'unique pupille accusatrice de Kakashi, la pénombre du masque faisant naître la crainte. Peu de gens savaient véritablement son parcours de shinobi, surtout à la période ANBU, où il se perdit en route. La conversation était intéressante et pas dénuée de sens. Cela voudrait donc dire que Ichibi pouvait également parler ? N'était-ce pas plutôt une sorte de télépathie ? Cela avait sans doute un lien entre l'hôte et son démon, comme si le regard de la personne était connecté à celui de son bijû.

« As-tu vu Ichibi bouger les lèvres ? Il peut y avoir une sorte de télépathie. Était-il à moitié transformé ? Car, si c'est le cas, il passe par le biais de son hôte sans doute. »

Oui, cette information l'avait interpellé, il pouvait être intéressant de savoir quels liens - qu'ils soient physiques ou psychologiques - pouvaient entretenir les hôtes et leurs démons. Poursuivant, il sentait milles et une questions fourmillaient dans l'esprit de la jeune femme au kimono. Une fois n'était pas coutume, il fut surpris d'être autant digne d'intérêt par les gens. Le rôle de héros n'était pas forcément pour tout le monde, surtout avec le passé qui ne cessait de le hanter, jours et nuits. Une nouvelle interrogation vint à lui :

« Mon meilleur moment ? J'en ai plusieurs, tout comme toi. » Il prenait l'arme au niveau du pommeau et de sa bascule, soupesant celle-ci et faisant quelques moulinets. Elle avait une arme d'excellente facture, Kakashi n'était pas le plus grand expert en armes, mais il savait s'en servir et d'une multitude de façons. Reprenant pour marquer la fin de sa pause. « Je dirai que ma rencontre avec l'équipe 7 fut un véritable souvenir, excellent souvenir. Les voir ainsi, leur poser cette question "Présentez-vous, dites ce que vous aimez et quels sont vos goûts ?". Tu te doutes bien de qui m'a parlé en premier et qui m'a rétorqué la même question... » Un sourire dissimulé sous son masque trahissait le fait que c'était un bon souvenir pour Kakashi, qui lui aussi, cherchait sa nouvelle voie à ce moment-ci.

« Ton arme est excellente et plus encore, si tu y mets une dose d'appartenance, on dit souvent que l'arme est la prolongation de l'âme. Les samouraïs aiment la poésie, je crois. Oh, et je n'aime pas que les livres roses... »

Assurait-il avec un ton léger, reprenant par la suite un certain sérieux et une détente commune à la soirée qu'ils vivaient tout deux. Il allait lui révéler ce pan de sa vie, lorsqu'il était considéré comme un ninja au sang-froid et un tueur froid voire glacial.

« J'ai été un ANBU, le leader pour être exact. A l'époque, le service ne s'occupait pas uniquement de la sûreté du Hokage, c'était aussi des hommes de terrains, même si ça l'est un peu moins aujourd'hui. Mon équipe était composée de Uchiha Itachi et Yamato - Tenzô à l'époque. Je fus rapidement surnommé "Kakashi au Sang-froid", tuant sans une once de remords. J'étais dans une période troublée, ne sachant que faire après la mort de mon ami d'enfance, Uchiha Obito. C'était durant la Troisième Grande Guerre que je perdis cet ami posthume. Je me perdis moi-même à ce moment-ci, me réfugiant dans la solitude. Jusqu'à ce qu'arrive mon entrée chez les unités d'élites, je restais seul et plus encore lors de mes services là-bas. C'est bien mieux aujourd'hui, je dirai. J'ai repris les rennes de ma destinée, mon but fut rapidement d'être une sorte de phare pour les générations futures, pour les empêcher de commettre les mêmes erreurs. Bien sûr, un bon apprentissage s'exerce à force de se prendre des coups et se relever, encore et toujours... »

Il avait croisé ses bras puis ses mains derrière sa tête, penchant celle-ci légèrement puis se remettant droit, buvant et manger quelques fourrés sans même qu'elle puisse voir son talent pour manger discrètement. Il la fixait, détournant son visage pour apprécier le sien quelques instants, elle aussi en avait vu de toutes les couleurs. Son tracé ne faisait que commencer et Kakashi serait là en cas de nouvelles embûches, il avait toujours eu ce sens de l'amitié et la loyauté, peut-être plus la loyauté. L'amitié était abstraite pour lui, lorsqu'il était plus jeune et plus solitaire en mission, ignorant les bases même d'un ninja : le travail d'équipe.



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Je remarque une nouvelle étincelle dans le regard de Kakashi. J'ai toujours un peu de mal à voir un homme admirer mes expressions. Non pas parce que je repense encore à Gin Hiba, mais parce que je ne sais tout simplement pas comment réagir. Quelle ironie de voir que Shiro Hikage, détective et assassine de renom dans son village, est incapable de réagir lorsqu'on la regarde tendrement. J'hausse un instant les épaules dans un bref élan de crispation, avant d'expirer discrètement et de me cacher derrière ma frange. Je me contente de laisser Kakashi continuer à parler, tout en faisant l'effort de réfléchir à une excuse dû au rougissement progressif de mes joues. Qui penserait que je suis en réalité plutôt timide ? Probablement personne. Il n'y aura qu'à mettre ça sur le compte d'une bouchée de travers.

... Mais ce n'est pas aussi simple. Durant ce bref instant, je raisonne sans vraiment le vouloir. Mes idées, en constantes ébullitions se tournent vers les nombreux points communs me liant avec l'élite du village caché de la feuille. Au delà du fait qu'une marque au fer rouge fait la jonction entre notre passé et ce que nous sommes devenus, nous présentons finalement la même volonté de voir un jour la paix. Pour autant, je réfléchis encore sur ma façon de concevoir tout cela. Finalement, dois-je véritablement mettre de côté tout ces sentiments qui me conduisaient à exercer une forme de justice punitive ? J'ai bien conscience qu'un jour d'autres ninjas plus dangereux et plus organisés apparaîtront, et à ce moment, arriverai-je à honorer mon serment fait à Yoru ? Arriverai-je à leur offrir une seconde chance ? Le mériteront-ils ? De plus, la paix n'est certainement pas sans conséquences. Moi qui suis presque désolée d'avoir du sang sur les mains depuis le début de mes relations avec Konoha, ne devrais-je pas, maintenant que je me sens plus responsable, endosser cette volonté à faire le bien avec autant d'acharnement ? Après tout, je n'ai jamais tuée d'innocents. Tout ceux qui sont morts transpercés par Chi Satsubatsu n'eurent jamais la volonté de se repentir. Je dois me faire à l'évidence qu'en dépit de toute cette utopie, la réalité est toute autre. Nous vivons dans un monde de guerrier, animé par des politiques officieuses, conduites par des auto-proclamés chefs.

" As-tu vu Ichibi bouger les lèvres ? Il peut y avoir une sorte de télépathie. Était-il à moitié transformé ? Car, si c'est le cas, il passe par le biais de son hôte sans doute. "

La question de Kakashi me tire de mes songes. Je termine ma bouchée, essuie mes lèvres et sans l'ombre d'un doute, je poursuis : " Tout me porte à croire que les Bijuu, télépathie ou non, sont des êtres vivants à part entière. J'ignore quelle sorte de pouvoir divin est capable de créer de telles créatures, mais tout comme Shukaku, ces démons doivent avoir un nom. Si ils ne semblent qu'être des objets politiques, je pense que certains se sentent peut-être persécutés. Je n'ai pas d'objectif précis les concernant. J'attends, je lis, et je cherche, avant de pouvoir réellement planifier quelque chose de sérieux... "

Un autre moment de silence me permet de respirer un peu, et de me concentrer pleinement sur la réponse de Kakashi. Je termine ma portion, finalement rassasiée, et me tourne un peu plus vers lui, un coude contre la table, ma main gauche soutenant ma tête devenue soudainement lourde. Ca fait longtemps que je ne me suis plus sentie aussi bien; aussi normale. Je suis en sécurité à côté de l'un des ninjas les plus puissants du continent, et pour la première fois depuis quelques jours, j'ai pu manger à ma faim.

« Mon meilleur moment ? J'en ai plusieurs, tout comme toi. »

Sans le stopper, je fais signe à Teuchi d'apporter deux digestifs. Ses saké sont tout aussi bien préparés que ses ramens, et j'apprécierai d'avoir un sommeil léger pour poursuivre mes activités de demain en pleine possession de mes moyens. A ce même moment, Kakashi se saisit de Chi Satsubatsu. C'est tout de même assez drôle d'avoir de l'affection pour une arme blanche, et il n'y a certainement que les ninjas pour présenter de pareils signes. Mais mon arme a une histoire : elle a été forgée par un ami de mes défunts parents. Elle est unique, sur mesure, et j'ai grandie à ses côtés. Elle est le plus proche témoin de mes différentes expériences et apprendre à la manier fut particulièrement difficile. Au début, j'avais beau connaître sa longueur et son poids exact, elle demeurait tout de même entièrement invisible. C'est également la seule arme à posséder un alliage suffisamment solide pour endurer la forte concentration d'énergie que requiert ma meilleure technique. Chi Satsubatsu est en quelque sorte une partie de moi, et m'en séparer même lorsqu'elle est entre les mains d'une personne en qui j'ai parfaitement confiance me donne un léger pincement au cœur. Je sais qu'un jour, je léguerai cette arme à quelqu'un. Je ne sais pas encore à qui, mais ce ne sera pas un geste anodin.

Je sourie un bref instant lorsque Kakashi fait mention de Naruto. Le meilleur souvenir d'un sensei passionné est tout naturellement sa rencontre avec son équipe. Durant sa venue à Suna en vue de la signature du traité de paix, il était également accompagné d'un jeune Uchiha. Lui aussi devait certainement être assigné à ce trinôme. Ce clan constituera également un excellent objet d'étude. Il renferme de nombreux secrets et quelque part, je suis certaine que le Sharingan existe depuis de très lointaines lignées. Je pense même que ceux qui le détiennent ne cesseront de découvrir les pouvoirs qu'il confère.

" Oh, et je n'aime pas que les livres roses... "

Je pense bien, et j'en rigole.
Moi aussi j'ai des habitudes qui ne correspondent en rien avec mon caractère de ninja : si mes méthodes se veulent toujours ordonnées, mon logement est quant à lui un véritable désordre. Il n'est en rien celui d'une kunoichi, mais plutôt celui d'une jeune femme célibataire menant une vie de bohème. Je me satisfait de cette précarité voulue comme j'aime par dessus tout l'ennui créatif, et dans le désordre, je ressens un certain confort, par-delà mon rôle et mes fonctions comprenant toujours des lignes strictes.
Je reprends tranquillement mon arme pour la ranger. Mais soudainement, je sens mon corps vibrer dès le début d'une confession de la part de Kakashi. Je ne m'attendais pas à ce qu'il me parle de son passé aussi naturellement. Je le voyais plus secret, et quand bien même je me doutais bien qu'il fut membre de l'ANBU, je ne m'attendais pas à ce qu'il en avait été le chef. J'obtiens alors rapidement une nouvelle réponse à l'une de mes précédentes question : le ninja copieur a hérité du Sharingan de son meilleur ami, mort au combat. Il ne peut en être autrement, et mes pensées n'eurent aucun cheminement tant cela est évident. Cela nous fait encore un point commun. Nous avons tous les deux perdus un être cher, et nous manquions de succomber à la haine et à la vengeance. Dans un monde aussi avide et dangereux, il n'y a finalement qu'une chose nous permettant de reprendre le pas, et il s'agit de nos proches.

" Désolée, pour ton ami. Mais je crois que tu peux désormais être fier. C'est sa mémoire et son présent qui t'ont permis d'en venir à toutes ces conclusions. Je n'échappe pas au courant de cette vague d'admiration qui t'es portée. On a tous faits des erreurs, plus ou moins graves. Mais le principal, c'est ce que nous sommes aujourd'hui. Je ne crois pas véritablement au génie; je ne pense pas que nous sommes naturellement faits pour le combat. On devient fort en combattant ses névroses, et en voulant défendre ceux que l'on aime. Tu disais t'être senti seul, mais dans le fond, c'est toujours mon cas. Yoru était le seul à me comprendre; tous les autres me voyaient comme une bête sanguinaire, alors qu'à ce moment, tout ce qui comptais pour moi était de punir les criminels, de les persécuter pour m'assurer qu'ils ne recommenceraient plus. Je lui dois ma réhabilitation, et je lui dois cette alliance. Mais il est mort, tout comme mes parents. Et même si tout commence à s'éclaircir, je vois que tout ça est toujours lié à mon métier et que dans le fond, je reste vulnérable. "

Je n'aie pas envie d'aller plus loin dans mes explications, et je sais que l'esprit affûté de Kakashi le laissera déduire de lui-même. Je m'arrête au moment où je sens l'émotion montée. Je sourie amèrement; un masque efficace pour dissimuler un peu de mélancolie. Je prends lacement mon digestif pour le boire d'une seule traite, et je suis aussitôt ravie d'avoir une nouvelle distraction : celle d'avoir une nouvelle fois manquée l'occasion de voir Kakashi sans son masque. Comment fait-il ? Est-ce grâce au Sharingan ? A sa rapidité ? Et surtout, quel secret dissimule-t-il ? Un ninja ayant un vécu aussi riche est peut-être couvert de cicatrices. Voilà encore une énigme à la hauteur de celle que constitue le pseudonyme de Kageshi.






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Les animations dans les ruelles se faisaient entendre tandis que les deux ninjas partageaient des victuailles, apéritifs et boissons. Kakashi ne toucha pas immédiatement son verre, finissant ses diverses prises de parole, chacun des deux y allant d'une discussion courtoise et détendue. Il était rare pour eux de pouvoir se prélasser et discuter tranquillement, les ninjas avaient une vie plus difficile que la moyenne, ce qui fait qu'ils avaient souvent des sortes d'obligations à se détendre et prendre soin de leurs corps. Il faudrait vraiment qu'un jour, les responsables de sources chaudes fassent des prix sur l'entrée pour les ninjas...

« Il doit y avoir un lien avec les légendes et pouvoirs du Rikudō Sennin ainsi que les bijû. Nous ne les nommons que par des chiffres et nous ignorons tout ou presque d'eux, comment ils ont été créés, d'où viennent-ils. Nos nations les ont toujours vu comme une source de pouvoir et rien de plus. »

Terminant ainsi le dialogue sur les démons à queues, à moins que sa convive voulait ajouter quelque chose. Ils ne pouvaient pas aller plus loin que quelques suppositions et à moins qu'un des démons souhaitaient discuter sereinement et leur expliquer quelques secrets, ils n'en sauraient davantage. Peut-être là un début d'enquêtes pour les deux jeunes gens, un binôme pouvait être plus efficace encore : Kakashi et Sera pourraient corroborer leurs avancées sur ce terrain. Une alliance était un terreau fertile pour ce genre de travail. Prenant enfin une gorgée, sans qu'elle ne puisse vraiment s'en rendre compte. Le regard de la jeune femme était pétillant quelques fois, comme si le secret sous le masque de Kakashi était la légende la plus réputée. Il comprenait ce sentiment, de ne pas savoir. On pouvait d'ailleurs penser que l'élite de Konoha n'était pas sincère du fait de son masque. En fait, c'était uniquement dû à son défunt père, cachant une partie de son minois depuis tout gamin. Les traits du visage de son père étaient cachés depuis déjà pas mal d'années, presque toute sa vie. Ce n'était qu'à l'âge de cinq ans où il comprit que la vie de ninja n'était pas si simple et qu'en quelque sorte, c'était la politique qui avait eu raison du héros que fut Hatake Sakumo. Il n'aimait guère les bonimenteurs et autres joueurs de bonneteau.

« Je ne suis qu'un homme parmi tant d'autres, tu sais. Nous ne sommes pas faits pour le combat, effectivement, sinon nous n'aurions pas besoin de nous entraîner pour prendre une vie ou faire ce qu'on fait. Je porte les souvenirs et idéaux de Obito, je les ais fait miens et je supporterai les nouvelles générations comme lui l'a toujours fait. Il rêvait du titre de Hokage et je lui riais au nez. Qui sait, il serait peut-être l'homme le plus important de Konoha aujourd'hui. Malheureusement, on nous voit souvent comme des bêtes, comme si on s'habituait à prendre une vie. Ce n'est pas simple. Mais la mort de certains individus sont inéluctables. Comme tu le dis si bien, certains ne l'entendent pas de cette oreille et rien ne saurait leur faire changer d'avis. Notre devoir est d'avoir confiance aux générations qui arrivent. »

L'iris portée sur la beauté qui était présente à ses côtés, il souhaitait plus que tout lui faire part de ses songes et son idéal pour l'avenir. Rien n'était vraiment utopique, c'était une question de croire en ce qu'ils faisaient et ne pas oublier que le cœur voyait certaines choses que les yeux ne voient pas.
Terminant son verre de porcelaine, il posa le verre aussi vite qu'il bu, observant Teuchi avec un sourire fin. Peut-être aurait-elle le temps de l'accompagner pour faire un tour de Konoha, après tout, voir la culture des autres était enrichissant et la tenue de la kunoichi s'y prêtait fortement. Allons, allons, romantique le Kakashi ? Ce serait étrange. Il n'y avait aucune arrières-pensées, l'épouvantail faisait les choses parce qu'il en avait l'envie. Qu'en pensait-il, lui ?

« Tu as prévue de rester longtemps ? Nous devrions, pourquoi pas, mettre à profit notre talent de ninja pour une enquête en binôme. Mais, d'abord, se détendre est bienvenue. » Disait-il d'un sourire naturel, il s'appuya sur le comptoir avec ses coudes, réfléchissant à des choses et d'autres. Il se demandait combien de temps ça faisait qu'il n'avait pas eu un moment en si bonne compagnie. Sans tourner autour du pot, rares étaient les moments où il pensait à être avec une femme ou tout du moins, partager un moment avec la gente féminine. Sa vie avait toujours été vouée à ses missions, ses enquêtes, son rôle d'enseignant, mais rien de plus.
Il la laissa voir ce qu'elle désirait, elle. Ils avaient quelques points communs et ils étaient tout deux ninjas, les moments de ce genre étaient souvent précieux pour eux. Un peu comme une corde, les retenant dans le monde "humain" et non plus machinal.



« C'est la loi de la nature… Les générations anciennes cèdent la place aux nouvelles… »
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THE COPIER AND THE SHADE.
 

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Je crois que nous sommes tous les deux dans le même cas. De plus, si Naruto a le pouvoir de me faire sourire, c'est un peu plus compliqué que ça avec Kakashi. Je croyais être la seule à avoir combattu comme une damnée depuis mon plus jeune âge, mais lui aussi sait très bien ce que c'est de tuer, puis quelques années après, de ressentir de la honte. Une honte si forte qu'elle vous colle à la peau, qu'elle vous dévore à petit feu jusqu'à vous faire renoncer de reprendre les armes pendant un temps, ou tout l'inverse. De renvoyer la peur contre ceux qui la sèment.
Mise à part quelques missions périlleuses, je me suis d'avantage laissée emporter par ma nouvelle profession. Si je n'appartiens désormais plus à l'Ordre des Assassins de Suna, je suis désormais en quasi-direction du département de logistique et stratégie défensive. Mon bureau a été très souvent consulté et à part résoudre des enquêtes, je ne me suis plus trop battue en dehors de mes entraînements rigoureux. Néanmoins, je reste l'une des initiatrices de cette alliance grâce à Kageshi. Lui seul m'a permise de donner une autre dimension à mon rôle. Le Conseil me fait à nouveau confiance, et même si je m'exerce plus qu'avant à des activités de pleine conscience, je tiens à m'assurer que mes compétences aux combats demeurent les mêmes ou meilleures que d'antan. Quoiqu'il en soit, Kakashi ne fait pas qu'attiser ma curiosité, avec les quelques zones d'ombres qui gravitent autour de certains éléments de sa vie, mais pour la première fois, c'est l'homme en dehors de ses fonctions de shinobi qui m'intéresse.
J'avoue que l'amitié que j'entretenais avec Yoru était différente encore de ce que je ressens face au Ninja Copieur. Yoru était en quelque sorte le « collègue parfait », toujours droit dans ses souliers et avec une très forte volonté altruiste. Il représentait une parfaite compagnie pour quiconque rêvait de bénéficier d'une grande bonté et d'une immense empathie. Mais il n'était qu'un ninja emporté par son sens du devoir, et ne songeait plus à rien d'autre. Un peu comme moi en ce moment, où je découvre maintenant, après plusieurs années, ce que c'est d'éprouver une réelle affection pour quelqu'un. C'est assez abstrait ; on ne sait pas vers quoi ça tend. Si j'étais en colère auprès des hommes après ce que j'ai vécue avec Gin, je peux dire maintenant que grâce à Kakashi, je découvre ce que signifie être en compagnie de quelqu'un auprès de qui on se sent en sécurité et en confiance. Pourtant, je n'ai jamais portée le rôle de la jouvencelle en détresse, bien au contraire ; je n'ai ni besoin d'être secourue, ni d'être portée et encore moins, je le jure face au Tengu, d'être protégée. Je sais me battre mieux que la majorité des ninjas de Suna, je suis arrivée à accéder au rang des élites grâce à la force et à la persévérance, et rien de plus.
Mais à côté de Hatake Kakashi, c'est différent. Il y a quelque chose d'inhabituel qui me trotte dans la tête. Cette envie insatiable de voir son visage n'est pas uniquement dû à mon obsession à résoudre des mystères. C'est plus personnel, presque sentimental. Peut-être un soupçon charnel. De plus, je revois encore ses yeux qui d'habitude éteints, brillent d'une étincelle particulière lorsqu'il me regarde. Je suis presque habituée à ça, car il n'est pas le premier à me fixer ainsi. J'ai été invitée quelques fois à quelques repas galants, mais cette fois, je ne tente pas de fuir ou de trouver une excuse pour écourter ce moment présent. Pourquoi ? Parce qu'il a ce que Yoru n'avait pas ? Parce que j'ai un faible pour les ninjas athlétiques et mystérieux ? Probablement.
Et au final, Kakashi Hatake n'a rien de si mystérieux, comparé à Kageshi dont je ne connais ni le véritable prénom, ni les origines. J'ai déduit de certaines choses à son propos, et peut-être que c'est justement ce qu'au fond, je n'aime pas faire avec mes proches ou mes collègues. Je n'aime pas avoir à les évaluer ni à exercer mes méthodes de déductions sur elles. J'aime les voir se montrer aussi simples et avenantes avec moi. Je crois tout simplement que j'ai besoin de quelqu'un d'à la fois puissant et humanisant à mes côtés.

« Tu as prévue de rester longtemps ? Nous devrions, pourquoi pas, mettre à profit notre talent de ninja pour une enquête en binôme. Mais, d'abord, se détendre est bienvenue. »

Et il sait comment me parler, le bougre. Forcément que travailler avec lui me ferait plaisir. Je travaille généralement seule durant mes enquêtes pour plusieurs raisons : la première est que j'estime mes méthodes de déductions comme uniques et fonctionnelles, et que mise à part de rares fois, il ne m'a jamais été réellement nécessaire de travailler en groupe. La deuxième est que je veux à mes côtés quelqu'un de talentueux dans ce domaine, et entièrement disposé à me contre-dire ou à me compléter pour mener à bien un objectif. Et la dernière s'explique par le fait que j'aime ça. J'aime résoudre des problèmes et m'occuper l'esprit ainsi, car c'est ce pourquoi, toute ma vie, j'ai étudiée différents mécanismes sociaux, économiques, politiques, militaires et technologiques. Alors la personne qui peut m'accompagner se doit d'être capable de savoir où observer, et de pouvoir raisonner également par elle-même sans être influencée par ses sentiments ou ses responsabilités. Je pense que la pleine-conscience ne s'obtient que lorsque l'on se jette corps et âme dans le gouffre creusé par un problème.
Kakashi marque un nouveau point également : son opinion ferme au sujet de cette nouvelle génération. Le fait qu'il sache également tout comme moi ce qu'il en coûte de détenir des pouvoirs qui ne servent qu'à tuer. Je le sais aussi stratège, mais en ce moment, pas avec moi, et c'est pour ça que je compte bien accepter sa proposition de nous détendre un peu. Cependant, parler d'enquête avec moi reviens presque à me toucher en plein cœur. Je ne peux donc pas m'empêcher d'exprimer toute ma résolution et mon approbation à ce sujet.


« Si nous devenons partenaires, Kakashi, prépares-toi à user de toutes tes capacités. Je n'aime ni le prosaïsme, ni l'ordinaire. La largeur des vues est l'une des qualités essentielles de ma profession. L'effet réciproque des idées et l'usage de la culture présentent fréquemment un intérêt formidable. »

Je n'aurais pas pu dire mieux pour montrer à quel point le ninja copieur pourrait être un excellent partenaire. Mais pour quelqu'un comme moi, qui pense qu'un fait hors de l'ordinaire est plutôt un indice qu'un embarras tandis que la banalité peut s'avérer anormale, ce n'est pas facile d'évoquer, après ça, une idée pour se détendre. Un simple signal comme celui de parler d'un binôme peut s'avérer être un réel stimuli pour moi, me donnant envie de me consacrer au plus vite à l'observation et à quelques jeux de logiques et de réflexions. Pourtant, c'est la première fois que je me garde bien de me donner en spectacle. L'extraordinaire est une chose, mais le mystère en est une autre. Et c'est pour moi un mystère que de ressentir l'envie de mettre ma vivifiante et dévorante passion de côté, pour profiter d'occupations auxquelles je ne me suis jamais adonnée avec qui que ce soit. Personne ne se charge l'esprit de choses de peu d'importance s'il n'a pas de bonne raison de le faire, et je crois tout simplement que la compagnie d'Hatake Kakashi, même lors de moments ludiques, n'a rien d'anodin. L'homme jouant avec le mystère et la spontanéité me sort de ma zone de confort. J'y prends goût. Je veux voir ce que je peux lui apporter en retour. Comment je peux réagir si je me montre moi aussi spontanée, hors de cette capacité toujours éveillée de privilégier la logique plutôt que l'émotivité.

… En revanche, je ne suis pas très douée pour trouver quelque chose qui pourrait nous détendre. D'habitude, je me livre seule à quelques occupations. Il s'agit souvent de quelques entraînements, de séances de méditation ou de lecture. Je sais par ailleurs qu'en visitant Konoha, je trouverai la manière de m'efforcer à tout analyser et à tout comprendre. Alors, pourquoi ne pas simplement occuper un endroit calme ? Je ne côtoie pas souvent les espaces verts ni les canaux, car il n'y en a pas à Suna. Voilà quelque chose qui pourrait donc véritablement me détendre : une ballade dans un endroit où il n'y existe pas d'indice, et où il n'y a que la nature.


« Je reste à Konoha pendant encore deux ou trois jours. Je suis censée traiter certains dossiers et reprendre des affaires en cours, mais je pense que ça peut un peu attendre si notre enquête est transmise par une grande instance. Puis je pensais pouvoir rencontrer le Hokage en personne mais on dirait que c'est un peu compliqué. Pourquoi pas nous balader dans un espace vert ? Il s'est arrêté de pleuvoir depuis qu'on est arrivés ici... »

" Si notre enquête est transmise par une grande instance. "
Quelle bonne blague, Shishiro Sera. Pourquoi tu dis ça, exactement ? Parce que tu veux être sûre d'avoir une bonne enquête à résoudre, ou parce que tu veux rester un peu plus longtemps à Konoha pour voir Kakashi ? Je ne sais pas vraiment pourquoi cette phrase m'a échappée, mais je dois rester calme, et ne pas commencer à m'emballer. Mais regardez-le, lui aussi sourit, nonchalant, les coudes posés sur le comptoir d'Ichiraku, souriant quelques fois à cet agréable Teuchi. Je ne crois pas avoir également un jour procurer tant de sécurité et de joie à côté de quelqu'un. Il faut dire que je ne me montre pas sympathique avec tous le monde.
Pour une logicienne, mentaliste et épéiste de ma trempe, se retrouver dans la position de celle qui joue nerveusement à se frotter les phalanges et à hésiter dans ses phrases est très gênant. Je sais à quoi ces traits correspondent car ce sont toujours ceux qui reviennent lorsque quelqu'un se sent embarrassé et timide. Je sais aussi que devant un esprit tout aussi affûté que le mien, il s'agit d'une chose qui vient de me trahir. Alors, volontairement, comme pour ne pas laisser la chance à Kakashi d'évoquer mon attitude, je prends l'initiative de notre début de promenade.

« On y va ? » Demande-je, en sortant mon porte feuille en cuir, pour déposer aussitôt quelques ryos sur le comptoir. La bienséance voudrait que les hommes paient, mais je pense que Kakashi l'aura compris, je ne suis pas très familière avec les codes. Je paye donc pour nous deux, avant de saluer le propriétaire.

« Eh bien, miss, z'êtes la bienvenue ici en tout cas ! Et passez du bon temps à Konoha ! »

« Merci. Une ballade digestive s'impose... » Une ballade digestive après avoir pris un digestif. Franchement, j'aurais pu trouver mieux. Mais j'ai le sourire et étonnement encore de l'énergie. Je devance légèrement Kakashi tout en marchant à reculons, les bras croisés et les mains plongées dans les manches de mon kimono. Une manière très commune de se protéger du froid et de porter également le kimono. Le Konohajin me voit décidément sous l'un de mes meilleurs jours : je ne suis pas aussi féminine d'habitude, bien au contraire. Je me fiche bien de ce que je porte, si bien que je privilégie le confort plutôt que le style. Mais après tout, c'est aussi une qualité de détective de savoir jouer avec les codes en fonction des circonstances. Mais une nouvelle fois, je ne joue à rien face à Kakashi, et c'est d'ailleurs plutôt moi, qui suit en mauvaise posture, si on prend en considération le fait que lui aussi, a tendance à observer et à analyser naturellement sans recourir à quelques techniques de concentration.

Je dois me reprendre. Profiter de ma légère avance pour respirer un petit peu et rester entièrement disponible. Alors, tout simplement après avoir fermée les yeux et expirer profondément, je parviens à balayer mes doutes et mes préoccupations. Je suis loin de Suna et après tout, en ce moment, rien ne me permettrai de refaire le monde. Alors fais toi à l'évidence, Sera, que tu es totalement libre de rester soulagée.



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Il scrutait quelques faits et gestes de sa compagne, la laissant donner les piécettes pour le si bon repas de nouilles et les quelques fourrés et une boisson pour mieux digérer. Kakashi éprouvait une sympathie pour cette jeune femme, bien qu'il aurait voulu payer pour la remercier d'être venue à lui : ça aurait été la première fois que celui-ci payait. L'épouvantail avait l'air d'être avare, mais pas vraiment, il était plutôt très économe. On ne pouvait pas être parfait après tout, il avait ses quelques défauts. Ceci fait, la réponse de la jeune demoiselle concernant son idée de binôme n'eut pas longtemps à se faire prier : il aimait la voir manipuler les mots et avoir du tact. En somme, elle était très intelligente et manier toujours bien le verbe, si bien qu'ils auraient pu tout deux, être jumeaux. Il se demandait tout de même s'il n'était pas un défi pour elle, louable en soi, quand on connaît le nom de l'héritier du Chakra Blanc.

Se laissant glisser de son tabouret de fortune, il quitta la pièce du restaurant et son comptoir, saluant au passage le propriétaire Teuchi. Sera avançait lentement afin d'attendre l'élite de Konoha, traversant bientôt les plusieurs ruelles animées de Konoha : la ville était toujours en émoi, même lorsqu'il était tard en soirée ou durant la nuit. Nombre de ruelles étaient jonchées par des marchands ou commerçants, vendant des mets gastronomiques, des recettes traditionnelles, quelques souvenirs ou tout simplement des restaurants comme celui de l'Ichiraku Ramen. Il avait peut-être une idée d'où ils pourraient passer à un moment donné : la stèle des héros. Un monument afin de pouvoir commémorer la mémoire des plus grands héros - même les moins hauts-gradés -, généralement tombés durant les guerres des shinobi. Kakashi se recueillait souvent à cette stèle, y déposant quelques fleurs pour saluer son défunt ami, Uchiha Obito.

Cela parvenait à soulager quelque peu sa peine, sans réels succès, peut-être que l'amitié ou l'amour pourrait pallier cela. Du moins, l'amour tout court même, l'amitié était une sorte d'amour. L'amour pour son prochain. Il espérait inculquer cela à la génération qui arrivait : la camaraderie, l'amour et l'amitié. Rangeant ses mains dans ses poches, il détournait le visage afin de rencontrer celui de Sera, l'accompagnant avec intérêt.

« J'ai peut-être un endroit à te montrer. La stèle des héros de Konoha, il me semble que tu ne l'as jamais vu. Je ne sais pas si tu en as entendu parler, mais ce monument a énormément de valeur aux yeux des habitants et ninjas de Konoha. Tout ceux qui sont tombés durant les guerres y figurent, notamment Obito. Elle fait donc partie intégrante de notre culture. Il y a aussi une vue panoramique au-dessus d'un des promontoires de la ville. Les illuminations s'étendent à perte de vue lorsqu'on y est. Qu'en penses-tu ? »

Une proposition assez simple qui pouvait faire découvrir à la kunoichi quelques points culturels du village : les quelques hauteurs qu'offrait Konoha pouvaient être dignes des plus belles vues panoramiques, instillant une idée de la grandeur souhaitée par le village. La falaise surmontée des différents visages des Kage donnait une impressionnante vue sur tout le village également, comme si les pupilles des dirigeants présents et passés veillaient sur la nation du feu contre vents et marées.
Il ne savait pas grand chose concernant Suna, il savait quelques bribes de leur histoire, sans jamais vraiment s'y être intéressé auparavant. L'alliance était aussi une occasion de partager ses cultures, sans pour autant les mélanger : juste les respecter. Qui de mieux qu'une kunoichi de haut-rang pour en savoir un peu plus sur le village du Sable ?

« Quelles sont les différences que tu vois entre Konoha et Suna ? Mise à part le changement environnemental fracassant, bien sûr. Vous avez une spécialité, les Marionnettistes, je crois ? Toi qui est si observatrice, tu dois connaître à peu près tout de ton village, non ? » Disait-il à la fin pour la taquiner un peu. Oui, Kakashi était taquin à quelques occasions, ses élèves pouvaient en témoigner - les arrivées soudaines, ou les réflexions étranges par exemple.



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