La prisonnière B-264 [Feat Shimizu Kaede]
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La prisonnière B-264 [Feat Shimizu Kaede]    Ven 30 Déc - 20:46

Une nukenin en danger

∆ Feat. Kaede ∆



La journée que passait le Mizukage était sublime. Alors qu’hier encore il pleuvait à rendre triste le plus grand des optimistes, aujourd’hui le temps était magnifique. Décidément, Yagura n’y comprenait rien. Le climat du pays de l’Eau n’avait pas la moindre logique. Quoiqu’il en soit, une chose si banale que le temps qu’il faisait permettait au grand despote de la brume sanglante de se détendre. Paisiblement, il se prélassait au soleil malgré une température plus que fraiche. Après tout, que risquait-il ? Attraper un rhume ? Il s’en moquait éperdument. Se ressourçant avec lui même, le dirigeant de Kirigakure se tenait face à un petit étang. Canne à pêche à la main, il attendait sans bouger qu’un poisson morde à l’hameçon. La pêche passionnait note homme depuis toujours. Avec le temps, il se rendait compte que ce passe-temps, que dis-je, cette passion, devenait la seule chose à pouvoir l'apaiser. Il en avait besoin pour oublier les horreurs qu’il devait commettre pour le bien de son village. Être le terrible dictateur dont tout le monde au pays avait peur était une chose bien pesante, même pour un homme tel que lui. Soudain, sans que rien au monde ne puisse le laisser présager, un shinobi fit son apparition. Le membre des force spéciales posa instantanément le genou à terre face à son supérieur. D’un oeil circonspect, Yagura lui accorda un bref regard.


« À mon avis, tu viens de faire fuir tous les poissons... »


« Mizukage-sama c’est important. »


« La prisonnière je suppose ? »


« Tout à fait. Elle est prête, nous n’attendons plus que vous. »


« Très bien. Retourne-y, je ne serai pas long. »


En moins de temps qu’il n’en fallut pour le dire, l’homme au visage masqué disparut du champs de vision du tyran. Yagura appréciait depuis toujours le professionnalisme des ANBU. Après tout, il en avait lui-même été un dans le passé. Calmement, il rangea sa canne à pêche. Dommage, il n’avait pas eut le temps de faire la moindre prise. Par chance, la suite des réjouissances était bien plus intéressante que quelques poissons à faire frire une fois la nuit tombée.


Malgré tout, le Mizukage gardait un pas lent. Il n’était pas pressé. Ce fut donc très paisiblement qu’il alla ranger ses affaires dans son manoir. Une fois cela fait, il se rendit aux geôles du village. Il s’agissait sans nul doute d’un des lieux les plus secrets et sécurisés du pays. Tout le monde au pays de l’Eau connaissait la macabre réputation de cet immeuble dont ne ressortait que rarement les prisonniers en vie. C’était là, dans ces murs, que Yagura faisait parler ses opposants avant de les faire exécuter. Il vouait un profond respect à ses bourreaux, les terribles arracheurs de vérité du village. Malheureusement, aujourd’hui il devait se passer de leur service. La personne qu’il voulait interroger n’était officiellement pas présente au village. Rapidement, il fut accueilli par le même ANBU que devant l’étang. Ensemble, ils se rendirent dans une pièce sombre. EN son centre, une femme était attachée. Ses yeux étaient masqués par un bandeau et un morceau de bois l’empêchait se donner la mort en avalant sa langue. Concernant ses entraves, elle avait les poignets et chevilles attachés à la chaise de métal sur laquelle elle se trouvait. Pour elle, aucun moyen de bouger et surtout pas de s’enfuir. Dans la pièce se trouvait un autre membre des forces spéciales. Bien sûr, tous deux avaient été présents lors de la capture de la nukenin, ce qui expliquait leur présence ici. Tandis qu’il fit signe à l’un des deux shinobis de retirer le bandeau des yeux de la jeune femme et de la débarrasser du morceau de bois, Yagura alla lentement s’assoir une chaise. Placé face à sa prisonnière, il observait son regard. Elle était fatiguée, éreintée par les conditions dans lesquels elle se trouvait ainsi que son voyage difficile.


« Inutile de vous dire où vous vous trouvez. Je suis certain que vous le savez pertinemment. Nous allons avoir une longue, très longue discussion. Vous me répondrez toujours avec la plus grande franchise. Si je ne suis pas satisfait des réponses ou si vous ne voulez pas coopérer... Eh bien, là encore vous savez parfaitement ce qui arrivera, nul besoin de me perdre en explication. »


D’un claquement de doigt, Yagura donna un ordre à l’un de ses hommes. Tendant la main gauche, il attendit alors qu’on lui remette un objet. Il s’agissait d’une petite fiole de métal. Le mizukage et ses ninjas l’avaient récupéré lors de la capture de Kaede. D’un geste lent, il fit miroiter l’objet sous les yeux de la kunoichi avant de reprendre d’une voix douce, presque apaisante, ce qui n’était pas habituel chez lui.


« Lors de votre capture, vous avez parlé de ceci. Vous m’avez prié d’emmener ce flacon avec moi, affirmant qu’il en allait de votre vie. Je suis curieux. Si vous voulez que je vous autorise à avaler cette mixture, vous allez me dire exactement ce dont il s’agit et POURQUOI vous devriez la prendre à tout prix. J’écoute.»

Prologue:
 
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Le retour à l’état d’éveil s’accompagna d’intenses manifestations d’étourdissements et de nausées que Kaede finit par réussir à contrôler après un temps. Heureusement, car être malade avec l’entrave qu’on lui avait enfoncée dans la bouche – pour l’empêcher de se tuer, peut-être – aurait été non seulement désagréable, mais surtout dangereux pour ses voies respiratoires. La médic tenta d’ouvrir les yeux, mais un bandeau serré l’empêchait d’y voir quoi que ce soit. Cherchant à se mouvoir, la prisonnière réalisa que des liens solides limitaient le moindre de ses mouvements. À mesure qu’elle reprenait conscience, elle remarqua qu’elle avait mal un peu partout, d’une douleur sourde à la tempe droite, à l’épaule, aux hanches et aux genoux. Elle nota aussi un désagréable martèlement dans sa tête, intense et régulier. Par habitude, elle posa son diagnostic. Les nausées, les vertiges et le mal de tête étaient le contrecoup du puissant sédatif qu’on lui avait administré de force. Pour le reste, elle avait dû faire une chute, et sans doute les shinobis responsables de sa capture l’avaient-ils transportée sans grand ménagement.

La cochonnerie qu’on lui avait injectée n’agissait pas en subtilité, et le médecin eut d’abord peine à se souvenir clairement des événements les plus récents. Elle avait quitté son commanditaire pour s’enfuir à travers l’archipel de Kiri, pressée de regagner le petit laboratoire qui lui servait de pied-à-terre dans la région. Par le plus malencontreux des hasards, Kaede avait été interceptée par le maître des lieux en personne. Celui-ci s’était avéré aussi intraitable qu’on le racontait.

Aux murmures et aux subtils mouvements qu’elle perçut à l’autre extrémité de la pièce, elle devina qu’on avait pris note de son éveil, une conjoncture déplorable qui lui enlevait déjà quelques options. Où donc se trouvait-elle? Dans une cellule, en toute vraisemblance. À Kiri? Elle n’entendait aucun des bruits typiques d’un village. S’il y avait une chance pour qu’elle s’échappe, c’était maintenant, tandis qu’il lui restait encore quelques forces. Si ce village caché opérait à peu près comme le sien, le Mizukage ne se mêlerait plus lui-même de l’opération puisque l’interrogatoire de prisonniers était habituellement l’apanage des subordonnés, sauf en cas d’affaire cruciale ou devant un shinobi de puissance redoutable. Kaede ne relevait d’aucune de ces deux catégories. Elle n’avait pas la moindre idée de ce que les agents de Kiri attendaient d’elle, mais rien ne prouvait qu’ils la laisseraient en vie lorsqu’ils l’auraient obtenu. C’était maintenant ou jamais. Il fallait tenter quelque chose, élaborer un plan, et cela au plus vite. Si seulement son esprit n’était pas si embrumé par leur foutue drogue…

À nouveau, des murmures et des pas. Quelqu’un venait d’entrer dans la pièce, et un individu s’approcha d’elle, lui retirant bandeau et morceau de bois. Elle secoua la tête pour se débarrasser des quelques longues mèches de cheveux qui lui tombaient sur le visage. La pièce était sombre, mais ses yeux habitués à la pénombre dans laquelle elle était plongée depuis des heures parvinrent à distinguer aisément les environs.  Deux ANBU masqués, dont l’un se tenait tout près d’elle, le bandeau à la main, et… Kaede eut le souffle momentanément coupé lorsque son regard tomba sur le troisième homme. Impossible, il n’y avait pas de justification à sa présence, pas d’explication plausible. Pourquoi?

La nukenin suivit Yagura des yeux avec une sorte de fascination mêlée d’horreur tandis qu’il prenait tout son temps pour s’installer confortablement sur une chaise placée devant elle. Les lèvres de la médic s’entrouvrirent pour former un « non » silencieux. Plus rien dans cette pièce n’avait d’importance pour elle hormis le Yondaime Mizukage. Si elle avait eu la moindre chance de fuite auparavant, ce qui était moins que certain, inutile d’y songer à présent.  

Incapable du plus petit geste et peu encline à dire quoi que ce soit, Kaede écouta simplement les paroles du quatrième, qui lui annonçait sur un ton d’une nonchalance trompeuse  ce qu’elle pouvait attendre de l’interrogatoire à venir. Une longue discussion? Que pouvait-il bien lui vouloir, à elle, une scientifique étrangère dont les travaux les plus intéressants avaient été tenus secrets? Était-ce en lien avec Maō? Elle fit frénétiquement le tour de toutes les hypothèses qui pouvaient lui venir à l’esprit. Aucune ne justifiait la présence d’un Kage dans cette pièce.

Kaede tenta de masquer son désarroi quand elle aperçut le flacon, son flacon. Il lui fallait sa dose, et maintenant. Peut-être une interaction malencontreuse avec le sédatif qu’ils lui avaient injecté avait-elle amoindri les effets déjà décroissants du philtre, mais elle reconnaissait déjà en elle les premiers symptômes de son incapacitante maladie. Son cœur battait la chamade. Elle ressentait l’anxiété et la panique bien plus fort qu’à l’habitude, trop fort, même si l’on considérait sa situation périlleuse. Et de subtils mouvements en périphérie de son champ de vision lui indiquaient que les hallucinations n’allaient pas tarder.

L’ombre de l’eau lui adressa une première question, justement à propos du philtre. Quelle bêtise avait été la sienne de révéler son importance à ses ennemis! Et surtout, comment obtenir d’eux qu’ils le lui administrent? La peur et les effets résiduels du sédatif continuaient d’empêcher la jeune femme de penser clairement. S’ils avaient pris la peine de l’installer ici, si Yagura lui-même se déplaçait pour la questionner, c’est qu’elle devait présenter un intérêt certain aux yeux de ce dernier, non? Même le ton sur lequel il lui parlait suggérait qu’il était dans de meilleures dispositions que lors de leur précédente rencontre. Tentant de chasser l’inflexion de panique de sa voix, Kaede lui répondit dans un murmure :

« Je souffre d’une arythmie cardiaque que seul ce remède parvient à soulager. Ne pas le prendre me condamne. »

S’ils tenaient à la garder en vie, ça pouvait fonctionner. Sinon... la suite serait plus qu’inconfortable. Elle perdrait le contrôle de ses émotions, de ses paroles, de son corps. Elle serait plus vulnérable qu’un nourrisson, et en présente compagnie, c’est un scénario qu’elle ne voulait même pas envisager.  





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terrible dilemme

∆ Feat. Kaede ∆



À peine Yagura s’était mis à faire miroiter la fiole que sa prisonnière s’agitait. Il était clair qu’elle avait besoin d’ingurgiter son contenu. Pourquoi ? Cela devait être bien sérieux si l’on en croyait sa réaction. Dans un murmure difficilement audible, elle répondit à son interlocuteur. Kaede expliqua au Yondaime Mizukage que sans ce remède, elle allait bientôt mourir d’un terrible maladie. Cela était bien fâcheux. D'un geste bref, Yagura retira le bouchon de la fiole pour l’approcher des lèvres de la nukenin. Alors que le goulot ne se trouvait plus qu’à quelques centimètres de sa bouche, l’homme se releva, emportant avec lui la potion. Chose surprenante et inhabituelle chez lui, il se permit un petit rire léger en se retournant vers la criminelle.


« Feindre de croire un mensonge est un mensonge des plus exquis. N’est-il pas ? »


De nouveau debout, Yagura observait avec plus de soin les expressions de la jeune femme. Il était clair qu’elle lui mentait. Qui plus est, vu son état cela n’avait pas été très dur à discerner. Pourquoi lui mentir ? Que pouvait-elle y gagner ? Assurément, le tyran se mit à penser à quelque chose. Si elle mentait en invoquant la nécessité de prendre cette mixture sous peine de mourir, c’était qu’elle devait lui être vitale d’une autre manière. Laquelle ? Comment le savoir ? Il devait la faire parler. Par chance, il avait parfaitement son idée concernant ce dernier point. D’un pas, l’homme se rapprocha une fois de plus de la nukenin. L’expression sur son visage n’était plus la même, il montrait ostensiblement son mécontent. Après tout, elle venait de lui désobéir, il ne pouvait pas tolérer cela.


« Je pensais avoir été assez clair. L’honnêteté, voilà tout ce que je vous demande. Pourquoi me mentir ? Non ne le niez pas ! Je le sais et vous le savez pertinemment. Ce sera la première et dernière fois. »


Le regard de corail de Yagura s’égara lentement de celui de Kaede pour se diriger vers la fiole en métal qu’il tenait dans sa main. Elle le désirait tellement, cela pouvait se lire en elle comme dans un livre ouvert. Jamais la nukenin n’aurait du le lui montrer de la sorte. C’était une grossière erreur. Tandis que le silence régnait dans la sombre geôle, l’ombre de l’eau approcha l’objet du visage de la femme. La main sûre, il renversa la moitié de son contenu au sol. Ne prêtant aucune attention à la réaction de sa prisonnière, il s’arrêta néanmoins pour en garder, ne serait-ce qu’une petite gorgée. D’une voix forte et sans pitié, Yagura lança un ultimatum à son interlocutrice.


« Maintenant plus de mensonges. Tu vas me dire la vérité. Pourquoi tu as besoin de boire ça ? Dis-le-moi avant que je ne vide tout le contenu de cette fiole au sol. C’est clair ? »



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Kaede osait à peine y croire. Son mensonge avait pris, il débouchait le flacon, il allait lui administrer la substance dont son corps avait si désespérément besoin.  Sans se poser davantage de questions, affichant inconsciemment une expression suppliante, elle écarta les lèvres alors que le Mizukage en approchait la fiole d’un geste nonchalant. L’odeur âcre du philtre, que la demoiselle détestait tant à l’accoutumée, laissait aujourd’hui flotter la plus douce des promesses, celle du soulagement à venir. Peut-être s’était-elle fait une idée un peu trop sévère de son geôlier, peut-être était-il capable d’un fragment d’humanité.

D’un mouvement leste, il se leva, emportant la bouteille sous les yeux désespérés de sa victime impuissante. Son rire pourtant léger résonna à travers la pièce sombre, et la prisonnière hallucinée eut l’impression que les murs lui en renvoyaient mille échos. Elle retint avec difficulté un gémissement de pure frustration. De subtils tremblements recommençaient à la parcourir, et cette fois il ne s’agissait pas de terreur. Les symptômes de sevrage s’installaient à une vitesse fulgurante, et elle ne pouvait rien y faire.

« Feindre de croire un mensonge est un mensonge des plus exquis. N’est-il pas? »

Cette question rhétorique n’appelait nulle réponse mais eut le don de faire grimper d’un cran l’indignation de la jeune femme flouée. La façon dont le jinchuriki se moquait d’elle sur un ton presque courtois avait quelque chose de profondément indécent, de déplacé. Trahie par son propre corps, trompée par ses sens, submergée par un mélange d’émotions dont l’intensité était décuplée par son mal héréditaire, la demoiselle maudit en silence l’héritage génétique qu’elle tenait de sa mère.

Le regard analytique et froid du quatrième tandis qu’il prenait quelques instants pour réfléchir, tout en observant la moindre de ses expressions, ne fit qu’amplifier le déferlement de sentiments malvenus que Kaede se savait incapable de dissimuler. Jamais elle ne s’était sentie si démunie depuis le premier épisode de cette damnée maladie.

L’expression de ce kage aux airs d’enfant se fit subitement menaçante tandis qu’il s’approchait à nouveau d’elle. Il avait deviné le mensonge et le lui laissa savoir en termes non équivoques, suite à quoi il déversa sous les yeux de la médic atterrée une bonne quantité de la laiteuse substance au sol. Cette fois, elle ne put retenir un « non » consterné. Restait-il seulement assez de médicament dans la fiole pour lui permettre de reprendre un semblant de contrôle d’elle-même? La kunoichi n’en était même pas certaine, et l’animosité vint s’ajouter au pénible cocktail de sentiments qui la tenaillait.  

Encore cette même question à propos du philtre. Pourquoi donc le despote tenait-il tant à en connaître le rôle? Sa folie ne regardait qu’elle-même! Mais Kaede avait à présent compris que seule une réponse honnête lui vaudrait une petite, toute petite chance d’obtenir ce dont elle avait besoin. Les frissons qui la parcouraient devenaient graduellement plus intenses, et les doux cheveux qui encadraient habituellement son visage en vagues souples lui collaient aux tempes, d'où perlaient déjà quelques gouttes de sueur. La médic ne supporterait pas un interrogatoire dans ces conditions. Elle ne sut dissimuler la rancœur dans sa voix lorsqu’elle se décida finalement à lui répondre :

« Ce remède empêche le mal qui trouble les femmes de ma famille de se manifester. Si nous omettons de le prendre… »

Elle mit un moment avant de poursuivre, les dents serrées, sachant ce que le tyran ferait sans doute en apprenant les véritables effets de la maladie et de son traitement. La révolte et la crainte étaient aussi lisibles l’une que l’autre dans les yeux verts de la jeune femme, levés vers ceux de l’ombre de l’eau.

« Lorsque nous ne le prenons pas, nous souffrons d’hallucinations sinistres et d’une pléthore de symptômes physiques, et… »

À quoi bon le cacher, se dit-elle, il l’a déjà compris.

« …et le contrôle de nos pensées et de nos émotions nous échappe. »

Et maintenant, donne, pensa-t-elle en gardant les yeux fixés sur lui, consciente qu’il n’en ferait rien mais incapable de s’empêcher d’espérer.





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les choses sérieuses commencent

∆ Feat. Kaede ∆



Le Mizukage ne laissant d’autre choix à la kunoichi que de dire la vérité, c’est ce qu’elle fit. Pour un homme tel que lui, reconnaitre le vrai du faux n’était pas une tache bien ardue. À mesure que Kaede s’adressait à lui, il reprit son calme. C’est d’ailleurs à ce moment qu’il remarqua s’être un peu trop emporté. Ce n’était pas la première fois que l’on lui mentait effrontément. Pourquoi avait-il été à ce point agacé par la nukenin ? C’était une bonne question, à laquelle il n’avait pas de réponse tangible. Peut-être se faisait-il trop vieux pour participer en personne à ce genre de chose ? Quel dommage, il était pourtant divertissant d’assister à tel spectacle.


En apprenant la vérité de la bouche de Kaede, le tyran leva les sourcils. L’affliction qui la rongeait était des plus singulière. Des hallucinations, des problèmes physiques, et même une perte de contrôle de ses émotions. S’il était une chose que Yagura devait reconnaitre, c’est qu’il aurait tout donné pour ne pas faire l’objet d’une maladie de cet acabit. Bon sang, le monde ne tournait décidément pas rond pour tout le monde. Malheureusement pour la jeune femme, le mal qui la rongeait était une véritable aubaine pour son ravisseur.


Tandis que Yagura arborait une expression bien plus douce que quelques secondes auparavant, il s’écarta de nouveau de la jeune femme. Aller et venir ainsi permettait de cultiver une impression de mouvement. Son père lui avait toujours dit de ne pas laisser une situation devenir trop plate. Bonne ou mauvaise, il avait donc pris cette habitude depuis des décennies maintenant. Sa voix redevint-elle aussi plus agréable et son ton tout aussi neutre qu’à l'accoutumer. Le tyran s’était manifestement repris, il était de nouveau aussi froid et calme qu’un iceberg dérivant lentement sur les flots.


« Bien. Enfin, vous me dites la vérité. J’apprécie cela. Vous allez devoir continuer dans ce sens. »


Redevenu cordial, le Mizukage pouvait donner l’impression que tout allait bien se passer. Ce n’était pourtant pas le cas, du moins, pas pour sa captive. D’un geste de la tête sur le côté, il fit signe à l’un de ses hommes d’aller s’emparer d’un objet. Disparaissant un moment du champ de vision de Kaede, il revint avec une étrange machine. D’un regard, il chercha la confirmation de son chef. Yagura hocha sèchement la tête. Sans se faire prier, il installa la machine de torture sur la main droite de la prisonnière. Le principe était on ne peut plus simple. Dérivé du cep, la machine en acier se fixait sur les phalanges. En resserrant la machine via un mécanisme métallique, l’on broyait purement et simplement les doigts de la victime. Il ne suffisait alors qu’à réparer les os grâce à un jutsu médical pour recommencer à volonté. L’avantage non-négligeable du compresseur de Kiri était de pouvoir s’emmener en mission, facilitant les interrogatoires de terrain. Bien que très simple de conception et d’utilisation, Yagura était, on ne peut plus fier de cet engin, mis au point peu de temps après le début de la chasse des capacités héréditaires.


« Comme je disais, vous m’avez finalement dit la vérité. Toutefois, je ne peux pas faire abstraction du fait que vous m’aviez précédemment menti ouvertement. Je ne l’accepte pas. »


Immobile, Yagura restait à quelques pas de sa captive. L’ANBU sous ses ordres avait la main sur la manœuvre activant le compresseur. Il n’attendait plus qu’une chose, l’ordre de son dirigeant. L’attente étant tout aussi douloureuse que l’acte en lui même, le tyran faisait tout pour la rallonger. Il fallait que sa prisonnière craque rapidement. Plus vite, il aurait réussi à la mater, plus vite, il saurait tout ce qu’elle pouvait avoir à lui dire. Après tout, le but n’était pas autre. Certes, il aimait bien voir les gens se faire torturer, mais il aurait tout de même préféré aller pêcher tranquillement. Une belle carpe était plus agréable à voir qu’une bouille de main écrasée. Quoiqu’il en soit, le Mizukage, fermement décidé à venir à bout du mental de la nukenin, décida de lui porter un coup puissant. D’un geste lent, il renversa au sol ce qu’il restait de liquide dans la fiole de métal. Ne prêtant nulle attention à la réaction de Kaede, il s’exprima d’une voix forte mais courtoise.


« C’était votre punition. Non pas pour m’avoir menti, mais pour avoir été stupide. Vous avez cru que j’étais idiot au point de croire un mensonge aussi minable. Je n’apprécie pas cette insulte que vous m’avez faite. Pour cela, contemplez ce qui reste de votre précieux remède. »


Tournant le dos, l’ombre de l’eau s’éloigna. En quelques pas, il se retrouva devant la porte de la cellule. Après avoir posé la main sur la poignée, il parla une dernière fois. Tout cela n'était rien de plus qu'une sortie dramatique. Ce n'était pas forcément utile, mais il préférait agir ainsi. Après tout, cela faisait de l'effet chez certains prisonniers, pourquoi pas elle ?


« Maintenant vient votre punition pour m’avoir menti. Aka, quand je serai sorti, active le compresseur. Je veux que tu la fasses souffrir. Kuro, lorsque ses os seront brisés, répare les pour qu’Aka puisse recommencer. Renouvelez le cycle autant de fois que nécessaire. Ne cessez que lorsqu’elle implorera pardon pour avoir menti. À ce moment, venez me chercher. S’il s'avère qu’elle est plus résistante que prévu, installer lui un compresseur à l’autre main. Oh, j’y pense. Si cette petite maligne vous implore directement à ma sortie, offrez-lui quand même deux séries, pour la forme. Exécution... »


En silence, Yagura sortit de la pièce. Derrière lui, il laissait sa captive aux mains de ses terribles bourreaux. Nul doute qu’elle allait passer un horrible moment, malheureusement pour elle cela était nécessaire. Sans un mot, le Mizukage se rendit dans une pièce adjacente pour y attendre. Oubliant déjà presque l’existence de Kaede, il se surprit à se demander ce qu’il pourrait bien manger le soir venu. Il avait envie de sushis. Peut-être du saumon ? Pourquoi pas. 



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Difficile de ne pas deviner à quoi était destiné l’appareil que l’un des ANBU se préparait à installer autour de sa main sur les ordres du Mizukage. Même si Kaede l’avait vue venir, la perspective d’être torturée n’était pas des plus emballantes, sans compter que dans son état actuel, les effets en seraient sans doute décuplés. Elle serra les dents, maudissant en silence la légèreté avec laquelle Yagura régissait l’odieuse situation. Oui, le despote était bien tel qu’on le décrivait, inhumain, cruel, abominable.

Une question traversa l’esprit agité de la scientifique tandis que le Kirijin achevait ses préparatifs. Elle aussi avait infligé à maintes reprises des souffrances considérables à des fins personnelles. Est-ce que ses cobayes, les victimes impuissantes de ses expériences les plus terribles, avaient ressenti la même détresse devant l’indifférence de la médic? Mais si elle s’était conduite ainsi, au moins pouvait-elle l’expliquer par le besoin désespéré de sauver sa famille, de se sauver elle-même.  Ce n’était pas le cas de l’ombre de l’eau. Il avait beau justifier ses actes en invoquant le comportement de la nukenin, l’excuse était un peu déficiente, et malgré toute la neutralité affichée par son tortionnaire, elle le soupçonnait de prendre plaisir à ce genre de situation. Il ne serait pas le premier sadique à avoir croisé son chemin.

L’effroi ressenti par Kaede se métamorphosa en fureur lorsque le quatrième posa le geste qu’elle appréhendait, vidant ce qui restait de sa potion. Les dernières gouttes de philtre se répandirent sur sol et s’écoulèrent à travers les multiples fissures dont il était lézardé, lui enlevant tout espoir de recevoir son traitement. Cela aussi, elle l’avait vu venir, mais devant une telle dose d’hypocrisie, elle fut prise d’une intense envie d’envoyer le kage se faire foutre. Qu’elle ait menti ou pas, Yagura ne lui aurait jamais fait le cadeau de soulager son inconfort, et ils le savaient aussi bien l’un que l’autre. Et puis, quel imbécile aurait dit la vérité sans d'abord tenter autre chose dans une situation pareille?

Le despote se dirigea alors vers la sortie, prononçant la sentence de sa prisonnière avant de quitter. Elle grimaça en écoutant les paroles de celui qu’elle voyait maintenant comme le dernier des monstres. Ainsi, il n’entendait même pas la questionner, mais simplement la faire souffrir pour lui donner une leçon, pour la contraindre à implorer son pardon. Au moins deux cycles, disait-il, même si elle le demandait immédiatement.

Kaede avait connu la douleur, victime de nombreuses blessures sur le champ de bataille et surtout, des traitements expérimentaux répétés qu’elle s’était infligés à elle-même. Elle avait appris à la gérer… dans une certaine mesure. Mais elle était également consciente de ses propres limites, fortement amoindries par son état physique et mental actuel. Elle ferma les yeux, tentant de réprimer la panique, de contrôler sa respiration tandis que la porte se refermait derrière le Mizukage. Impossible.

L’agonie ressentie par la jeune femme lorsque la machine fut mise en marche dépassait tout ce qu’elle avait anticipé, et même si elle avait tenté de rester silencieuse et stoïque, elle n’y serait sans doute pas parvenue. Il y avait de fortes chances pour que ses cris parsemés d’injures parviennent à Yagura s’il se trouvait encore dans les parages. Une autre kunoichi aurait peut-être décidé d’endurer ce calvaire plus longtemps que nécessaire par simple fierté, mais pas Kaede. Elle n’avait rien ni personne à protéger, et l’honneur était le dernier de ses soucis. Et puis, elle n’était pas à l’abri d’un infarctus provoqué par la combinaison du sevrage et du stress cardiaque occasionné par la douleur, et elle voulait vivre. Après le second cycle, elle prononça donc les mots attendus d’une voix tremblante.

« Dites-lui… que j’implore son pardon. »





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Noirceur ardente

∆ Feat. Kaede ∆



Peu de temps après avoir quitté le pièce, Yagura put entendre les premiers cris de la prisonnière. Il n’en était pas surpris le moins du monde. Très rares auraient été les personnes à pouvoir résister à tel châtiment sans faire le moindre bruit. Nous parlions tout de même de réduire en bouillie des os avant de les réparer pour recommencer. Une telle agonie était à la limite même du supportable. Le Mizukage le savait très bien et il restait persuadé au fond de lui que ce serait suffisant. Shimizu Kaede avait l’air d’être une femme sage et pleine de raison. Il était même prêt à parier que sa langue se délierait sans grand mal. Peut-être se trompait-il ? L’avenir le lui dirait bien vite. Les yeux fermés, l’ombre de l’Eau s’installa dans un épais fauteuil. Il suffisait maintenant d’attendre. Bien vite, les cris de la kunoichi devinrent un bruit ambiant. Le Kage n’y prêtait pas attention. Pour tout vous dire, il se surprit à tomber de fatigue. Sans même s’en rendre compte, il bascula droit dans les bras de Morphée. À demi-conscient, il ne vit pas l’un de ses hommes venir à lui. La voix grave, Aka s’adressa à son supérieur.


« Mizukage-sama, allez-vous bien ? Peut-être souhaitez-vous que nous repoussions cela à plus tard ? La nukenin est très faible, son esprit ne sera pas bien difficile à briser. Nous pouvons le faire à votre place. »


« Je vais bien. Donne-moi une minute Kazuto, j’arrive. »


« À vos ordres. »


Obéissant comme le parfait soldat qu’il était, Aka tourna les talons pour retourner directement dans la cellule de la captive. Tout en s’étirant, le dictateur aux airs d’enfant bailla longuement. Il était temps d’y retourner. Un pas après l’autre, il se dirigea vers la porte. Sans se presser, il entra. Face à lui, il pouvait parfaitement observer Kaede malgré l’obscurité relative. Elle était en sueur. Ses cheveux trempés collés contre son visage ne laissaient aucun doute quant au caractère horrible de l’épreuve qu’elle venait de subir. Son souffle était rapide et n’importe quel sot venu aurait été en mesure de dire qu’elle était vraiment mal en point. Qui plus est, pour ne rien arranger, le manque de sa potion devait commencer à devenir pesant pour elle. Les conditions étaient réunies pour faire d’elle la parfaite petite dénonciatrice. Elle devait parler et elle allait le faire, «foi de Yagura» pensa le Mizukage. Penchant la tête sur le côté, il chercha du regard celui de sa prisonnière. Elle semblait déjà bien loin comparé à hier.


« Bien. Je suppose que ce sera suffisant pour le moment. »


En même temps qu’il prononçait ces mots, l’homme au regard corallien avança dans la cellule, jusqu’à se retrouver derrière Kaede. Sans grande considération, il s’occupa de lui remettre le bandeau cachant ses yeux ainsi que le bout de bois l’empêchant d’avaler sa langue. Cela fait, il fit signe à ses hommes de venir soulever la chaise où elle était assise. Le Mizukage ouvrit ensuite la porte de la cellule. Personne ne se trouvait dans les alentours, exactement comme il l’avait ordonné. Aujourd’hui, personne ne pouvait aller et venir dans cette partie du village sans son autorisation. Rassuré, il demanda à ses sbires de le suivre jusqu’à une cellule adjacente. L’ambiance y était bien différente. La lumière était vive, les fauteuils confortables et il y faisait bon contrairement à l’autre pièce. Après qu’ils aient posé la chaise de la nukenin contre un mur, Yagura s’avança jusqu’à elle.


« Soyez attentive concernant la suite. Je ne vais pas répéter quoique ce soit et je serai intransigeant. Dans quelques instants, nous allons vous défaire de vos entraves. Plus de liens, plus de bandeau, plus rien. Vous serez libre de vos mouvements. Cependant, il vous sera interdit de quitter cette pièce. Si vous tentez de le faire, je vous tue. Si vous faites signe de la moindre hostilité, je vous tue. Si vous faites quoique ce soit que je trouve louche ou qui me déplaise, je vous tue. Prendre votre vie me serait aussi simple que d’expirer. »


Convaincu d’avoir été plus que clair avec la kunoichi, Yagura alla s’asseoir. Dans la cellule se trouvait une grande table avec un fauteuil de chaque côté. C’était l’endroit le plus agréable des geôles pour un prisonnier, celui qu’on réservait généralement aux interrogatoires des traitres de la rébellion. Sur la table se trouvaient un plateau de nourriture ainsi que plusieurs boissons. De l’eau, du thé, des jus de fruit, et même de l’alcool. Concernant la pitance, l’on trouvait de tout, des petits gâteaux aux sushis, en pensant même par de la viande séchée. Confortablement installé, le tyran demande à ce qu’on libère la captive. Alors que les ANBUs s’exécutaient, il piocha dans le petit buffet. La qualité du produit n’était pas exceptionnelle, mais après tout, il avait faim, tout aurait été convenable dans pareille situation. Quand elle fut défaite de ses entraves, Aka obligea Kaede à s’asseoir. Finissant de mastiquer, Yagura plongea de nouveau son regard dans celui de la femme. Bien que son visage semble cordial, ses yeux ne disaient qu’une chose à l’ancienne sunajin: reste calme ou ce sera la fin. Sans un mot, il tendit une tasse de thé vers Kuro, son ANBU médecin. L’homme sortit de sa poche une petite fiole dont il versa le contenu dans ladite tasse. Ce ne fut qu’ensuite qu’il la posa devant la fugitive.


« Bien, nous pouvons dorénavant passer aux choses sérieuses. Tout d’abord, pour que tout soit plus agréable, je vais vous tutoyer. Je t’invite donc à en faire de même, tu as mon accord. Bien. Devant toi, tu peux voir qu’il y a de quoi te désaltérer ou te remplir le ventre. Tu es autorisée à te servir. Toutefois, ce ne sera possible que lorsque tu auras bu cette tasse de thé. C’est celui même que je bois dans mon bureau, il est bon ne t’en fais pas. Par soucis de transparence, fais moi confiance rien n’est empoisonné, preuve en est, je mange moi-même. Concernant ta tasse, il s’y trouve un puissant sérum de vérité. Ce n’est pas non plus une potion magique, mais ça me permettra d’avoir un peu plus confiance en toi. Bois donc l’intégralité de cette tasse et nous passerons à la suite. Oh, je te précise de suite que tu boiras ce thé, que ce soit de ton plein gré ou non. Autant le faire de la manière douce ne pense-tu pas ? »

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L’espace de quelques instants, Kaede fut presque engouffrée par une bienheureuse inconscience, conséquence de la surcharge de travail qu’avaient occasionnée à son cœur la combinaison du supplice atroce et du manque intense qui la tenaillait. Mais elle était jeune et en santé, et son corps ne lui fit pas ce cadeau. Étourdie, semi délirante, elle réalisa tardivement que le maître des opérations était de retour dans la pièce, et ne comprit qu’à moitié ses paroles. Presque immédiatement, il la bâillonna à nouveau. Elle était si confuse qu’elle n’aurait pu dire avec certitude si les secousses qu’elle ressentait étaient la conséquence d’hallucinations ou si on la transportait bel et bien autre part.

Les vertiges mirent un moment à la quitter une fois qu’on eut finalement posé sa chaise. Elle tenta de se concentrer sur la voix d’adolescent du Mizukage mais, encore une fois, eut du mal à tout saisir. Il parlait de la défaire de ses liens, de la laisser libre, elle avait certainement mal compris. Les menaces de mort, déjà, sonnaient plus vraies.

Quand on la débarrassa du bandeau, la jeune femme fut momentanément aveuglée par la lumière ambiante, ses yeux en ayant perdu l’habitude. Après avoir récupéré un peu, elle observa un instant le nouvel endroit où elle se trouvait. Le contraste était assez frappant d’avec la salle de torture, au point qu’elle soupçonna une nouvelle fois être victime d’un délire hallucinatoire. Mais non, tout semblait bien réel. Pour le peu qu’elle connaissait du despote, cette mise en scène ne pouvait qu’être le prélude d’un nouveau coup tordu.  

L’un des laquais du quatrième la força à s’assoir à table, ce qui ne s’avéra pas un bien grand défi considérant l’état lamentable de la médic. Le festin qui s’étalait sous ses yeux ne fit qu’amplifier sa nausée. Même si on avait pu la convaincre qu’aucun de ces aliments ne contenait de drogue, elle aurait été incapable d’en avaler la plus petite bouchée. Elle se contenta d’observer son hôte et bourreau profiter seul du menu. La nukenin devina immédiatement ce qui allait suivre lorsqu’elle aperçut la petite fiole dont l’un des ANBU versait avec soin le contenu dans une tasse de thé.

Ainsi, nous y voilà. Tu y as mis le temps…

L’innocent regard corail que le Yondaime gardait fixé sur elle ainsi que sa voix traîtreusement affable n’étaient que poudre aux yeux, Kaede le savait bien. Le tutoiement, elle s’en souciait à peu près autant que de sa première paire de chaussettes, et se demanda même pourquoi Yagura s’attardait à un détail si trivial. La séance de torture l’ayant dépouillée de toute trace de bonne volonté à l’égard du jinchuriki, elle résolut de ne pas tenir compte de ce caprice. Quoi qu’elle fasse de toute façon, toute l’histoire prenait une direction funeste.

La kunoichi sentit sur son visage la vapeur émanant de la tasse de thé noir et brûlant que l’on posa devant elle, et perçut sa fragrance qu’on aurait pu qualifier d’invitante en d’autres circonstances. Un sérum de vérité? Oui, plausible. Moins barbare que la torture, et surtout, passablement plus efficace pour susciter la confession spontanée d’un nombre impressionnant de détails dont on n’aurait même pas pensé s’enquérir.  

Qu’espères-tu apprendre, Kage de malheur? Tu ne sais ni qui je suis, ni ce dont je suis capable. Tout ce que tu connais de moi, c’est ma nationalité et…

Suna. Voilà ce qui l’intéressait. Cet être sanguinaire n’avait pas hésité à mettre à feu et à sang sa propre nation afin d’y établir sa suprématie. La soif de massacre de ce genre d’individu ne connaissait pas de limites, et il paraissait logique que d’autres grandes nations excitent déjà sa convoitise. Kaede observa les fines vaguelettes qui troublaient la surface de son thé, conséquence du tremblement de ses mains posées de part et d’autre de la tasse, sur la table. Ces désagréables symptômes de sevrage étaient là pour rester.

La scientifique avait quitté Suna pour poursuivre ses recherches sans être inquiétée, mais sa famille, ses compagnons et ses collègues s’y trouvaient toujours. Si l’information qu’on tirait d’elle permettait aux Kirijins de semer la désolation au Pays du Vent, alors elle perdait ce qui lui était le plus précieux. La médic grimaça. Collaborer aurait été tellement plus simple, et surtout plus confortable. Mais le prix potentiel de ses aveux était trop élevé.  Elle leva les yeux vers son geôlier, l’air plus déterminé que précédemment mais sa voix trahissant tout de même une intense appréhension. Après ce qu’elle s’apprêtait à lui dire, il ne lui ferait pas de cadeau.

« Cela m’est impossible. Je me refuse à mettre ainsi ma nation en danger. Il est trop tard pour moi, mais Suna… »

La nukenin ne réalisa même pas l’absurdité de la chose. Elle tentait de protéger une patrie à laquelle elle n’appartenait plus, s’exposait à de terribles sévices pour un pays où sa tête était mise à prix. Le visage de sa jeune sœur lui revint en mémoire. Kaede ne pourrait mettre au point le sérum qui la sauverait. Jamais plus elle ne la serrerait dans ses bras. Elle avait échoué. Le doux souvenir de sa famille fut suffisant pour qu’une larme roule sur la joue de la jeune femme,  terminant sa course à la commissure de ses lèvres.  Elle ne s’en rendit pas compte. Résignée, elle prononça les mots qui scelleraient sans doute son destin :

« Mizukage-sama, je ne toucherai pas ce thé. Faites ce que vous avez à faire. »





Dernière édition par Shimizu Kaede le Mar 7 Fév - 23:20, édité 1 fois
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dilemme crucial

∆ Feat. Kaede ∆



Sans qu’il ne sache expliquer pourquoi, il sentait que la prisonnière allait continuer à lui résister. Certes, cela n’allait pas durer éternellement, mais il commençait à en avoir assez. Conformément à ses craintes, il put constater avec mépris la façon qu’elle avait de continuer à creuser elle même sa tombe. Son regard était empli de détermination, d’une flamme que rien ne semblait pouvoir éteindre. Du moins en apparence. En effet, malgré tous les efforts de Kaede, elle ne pouvait faire cesser les tremblements de son cœur. Pas plus qu’elle ne parvint à retenir une larme lors de ses dernières paroles. Face à la ténacité de sa captive, Yagura posa sa paume contre son front en soupirant. Bon sang, elle l’agaçait vraiment au plus haut point. Le regard plus dur que jamais, l’homme se leva. D’un geste vif et presque imperceptible, il s’empara de la tasse posée devant Kaede. D’une traite, il en avala le contenu. Une pointe de malice derrière son affreux rictus, il entrouvrit la bouche pour lui faire comprendre qu’il avait tout avalé. Cela fait, il retourna s’asseoir pour avaler un sashimi au saumon. Sans le moindre égard pour la kunoichi, il parla la bouche encore pleine.


« Il s’agissait d’un soluté sucré. J’ai menti. Pour être franc, je voulais savoir si tu étais digne de confiance ou non. Il semble que tu ne le sois pas. Qu’importe. »


S’arrêtant quelques instants, il avala une gorgée d’eau. D’un regard discret, il fit signe à ses hommes de se préparer. Sans attendre, ils se mirent en place.


« Kaede, tu es une idiote. Pourquoi m’obliger à recourir à la manière forte ? Tu penses protéger Suna ? Ma pauvre, tu es bien loin des réalités. Je me moque de ce village de seconde zone. Tes anciens compatriotes sont des gens faibles et sans intérêt. Votre patrie ne présente pas la moindre richesse qui m’intéresse, pourquoi gaspiller mon temps à conquérir un lopin sans valeur ? »


Tout en parlant, Yagura se mit à réfléchir. Il décida de changer sa façon de procéder avec la jeune femme. Tout en se relevant, il alla chercher dans la main de l’un de ses hommes une petite seringue. Sans la lâcher, il s’écarta de quelques pas, ne s’arrêtant qu’une fois au niveau de la porte de la cellule. Après l’avoir ouverte, il fit signe à ses hommes se sortir. Bien que leurs visages aient été masqués, il était facile de lire l’incompréhension qui s’y trouvait. Laisser le Mizukage seul avec une nukenin était un danger qu’ils ne voulaient pas courir. Malheureusement, ils connaissaient trop bien leur patron et son regard sombre n'appelait pas à la moindre discussion. Visiblement très anxieux, ils sortirent. Yagura referma la porte, tout en sachant pertinemment que dehors, ses hommes devaient tendre l’oreille pour pouvoir réagir au moindre signe d’hostilité de la part de Kaede. Le tyran aux airs d’enfant se retourna vers son interlocutrice.


« Laisse-moi te dire que seul ou non, je ne ferai qu’une bouchée de toi. Je n’ai aucune envie de te tuer. Ne m’y oblige pas. »


Aucunement inquiété par le fait d’être seul face à sa prisonnière non enchaînée, Yagura retourna s’asseoir. De nouveau, il offrit une tasse de thé qu’il plaça devant Kaede, avant de se servir lui-même. Il n’y avait rien dedans, elle pouvait le voir, ce n’était pas un stratagème après tout. Sans dire un mot, il plaça délicatement la seringue qu’il tenait dans sa main sur la table. En tendant simplement le bras, Kaede pouvait s’en emparer. Le regard étonnamment apaisé, le Mizukage parla d’une voix neutre.


« Je ne m’intéresse pas à Suna. C’est toi, Kaede, l’objet de mes convoitises. Après que nous t’ayons capturé, j’ai regroupé toutes les informations dont nous disposions à ton sujet. Tu n’es pas ici par hasard, tu ne subis pas non plus tout cela sans raison. Il m’arrive bien souvent de mentir, mais regarde moi bien dans les yeux. Aucun mal ne sera fait à Suna, je m’y engage sur l’honneur en tant que Mizukage. Maintenant, pour que nous puissions en venir à la raison de ta présence ici, tu vas faire un geste. Tu vas me montrer que je peux croire en toi. »


Terminant sa phrase de plus en plus bas, le despote de la brume sanglante se mit à chercher dans sa sacoche shinobi. Il en ressortit une petite fiole en verre. Sans la lâcher et avec grande précaution, il la posa devant lui sur la table. Bien à la vue de sa captive, il voulait qu’elle comprenne de quoi il s’agissait. Finalement, il reprit.


« Tu ne te trompes pas. Cette couleur que tu connais si bien, cet aspect familier, il s’agit en effet de ton sérum. Ce que j’ai renversé tout à l’heure sur le sol n’était qu’un peu d’eau colorée. Maintenant, Kaede, tu vas me montrer que je peux te faire confiance. Injecte le contenu de cette seringue dans ton bras. Oui, tu as compris, il s’agit bien du véritable sérum de vérité. Fais-le de toi-même et je te donnerai ton remède de suite. »

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Avec Yagura, une mauvaise surprise n’attendait pas l’autre. Il s’était bien fichu d’elle avec ce thé sucré. Se moquait-il également quand il affirmait ne pas en avoir après Suna? En temps normal, forte de son esprit analytique et de son expérience médicale, Kaede n’avait pas trop de mal à discerner la vérité du mensonge. Savoir déchiffrer le langage corporel, les discrets changements d’expression faciale et d’inflexion de voix qui témoignaient de la mauvaise foi était une science qu’elle avait perfectionnée naturellement à force de questionner ses patients. Mais aujourd’hui, elle ne pouvait se fier ni à ses sens, ni à son jugement.

Pourquoi gaspiller ton temps à conquérir un lopin sans valeur? Étrange question. Suna n’est pourtant pas dénuée de richesses pour qui sait où chercher.

De plus en plus incongru. Voilà qu’il signifiait à ses hommes de quitter la salle. L’espace d’un instant, la médic reconsidéra ses chances de s’échapper. Ce n’était qu’un réflexe, et il lui fallut peu de temps pour les estimer à zéro malgré l’absence des deux ANBU, qui de toute façon montaient assurément la garde dans le couloir. En d’autres circonstances, Kaede aurait trouvé presque comique l’anxiété palpable des deux sous-fifres lorsque leur Kage les mit dehors. À quoi jouait-il?

Les paroles qui suivirent la laissèrent encore plus perplexe. Elle, l’objet de ses convoitises? Venant de lui, ces mots étaient tout sauf rassurants. Et encore ces promesses d’épargner Suna. Curieux. La kunoichi aurait juré qu’il y avait quelque chose de sincère dans les dires du tyran, mais elle ne pouvait compromettre la sécurité de son ancien village sur une vague impression. Sans compter que l’art du mensonge pouvait être poussé très loin, et qu’une promesse sur l’honneur, provint-elle d’un Kage, n’avait que peu de crédibilité aux yeux de la scientifique.

À la vue de la petite fiole remplie de liquide blanc, Kaede retint une exclamation. Non, impossible, il se jouait d’elle une fois de plus, elle avait pourtant bien vu son philtre se répandre sur le sol, reconnu l’odeur caractéristique du médicament lorsqu’il le lui avait passé sous le visage. Avait-il mal rincé la bouteille avant de remplacer la substance par une autre? Est-ce que les sens confus de la nukenin l’avaient trompée? Elle voulait y croire. Il serait si bon de boire d’un trait le contenu de ce flacon, de retrouver la maîtrise d’elle-même, de redevenir la kunoichi calme et détachée que le monde connaissait. Elle n’avait qu’un tout petit geste à faire en gage de bonne foi. Comme animée d’une volonté propre, sa main toujours parcourue de tremblements se tendit vers la seringue.

Non. Je ne peux pas. Je n’ai pas confiance en toi, Yondaime Mizukage. S’il s’agit réellement d’un sérum de vérité, si tu me questionnes sur ma patrie et que j’en révèle trop, je pourrais être responsable de la destruction de mon village, de ma famille, et je préfère encore…

Les yeux de la prisonnière s’agrandirent. Comment n’y avait-elle pas pensé plus tôt? Il lui restait une option, un dernier recours si Yagura mentait, s’il s’avérait que l’interrogatoire porte sur Suna.

Sous forme de gaz ou de liquide dilué, la toxine que je m’apprêtais à vous cracher à la figure avant ma capture n’est pas mortelle, mais si j’avale la dose entière, dans mon état… il est à peu près impossible que je m’en tire. Pose-moi les mauvaises questions, Kage, et j’emporterai les réponses dans ma tombe.

Étrangement rassurée à cette pensée, Kaede prit un air résolu. Ses doigts se refermèrent sur la seringue, qu’elle fit miroiter à travers la lumière. La couleur de son contenu ne lui disait rien de bon, mais cela lui importait peu à présent. Elle en retira le capuchon, en chassa les quelques bulles d’air et se l’enfonça dans le bras d’un geste sec. Elle s’injecta le médicament jusqu’à la dernière goutte, posa la seringue vide sur la table et fixa son geôlier.  

« J’espère que tes paroles étaient sincères, Ombre de l’Eau. »





Dernière édition par Shimizu Kaede le Mar 7 Fév - 23:20, édité 1 fois
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