The Few and The Fallen [PV: HYÛGA YUME; SHISHIRO SERA]
Partagez | 
avatar
風 | Suna no Jônin
風 | Suna no Jônin
Messages : 16
Date d'inscription : 21/01/2017

Fiche Shinobi
Rang: A
Ryos: 400
PE:
0/300  (0/300)

Voir le profil de l'utilisateur
The Few and The Fallen




Foutu baratin – Pensait Haiiro Soramaro qui depuis la matinée, était assis sur son fauteuil, l'air débraillé et pensif. Le saké qu'il buvait depuis l'heure du petit déjeuner n'affectait pas pour autant ses raisonnements, mais la flamme s'était tout de même éteinte. Épris de quelques bouffées de chaleur dû à son état d'ébriété, l'ANBU fixait le mur d'en face, torse nu et pieds nu, tenant une bouteille qu'il venait tout juste de vider. De six heures trente et jusqu'à ce début d'après-midi, il en était à sa quatrième. Normalement introverti, calme et réfléchi, le saké semblait tout de même accentué le mépris ainsi que le dédain qui sévissait déjà depuis quelques temps dans le cœur de ce guerrier aguerri, troublé par ses ordres de missions les plus récents, et également par plusieurs circonstances lui ayant fait perdre espoir. Rien en temps normal n'empêcherait son pacifisme, car après un brillant chemin parcouru, jamais Haiiro n'aura fait du mal à autrui uniquement par simple plaisir. Sa dévotion noyée dans le doute et les spiritueux pourrai très bien réapparaître en fonction de différents enjeux. Néanmoins, ce qu'il connaissait à présent ne lui revenait plus : les hautes instances de Suna étaient corrompues, dépassées, et tout le corps militaire en subissait les conséquences. Alors à quoi bon combattre encore, si ce n'était pas pour tout refonder, et construire un nouveau futur ? Foutu baratin qu'était donc cette alliance, au moment où Suna elle-même n'était plus qu'une ombre d'un système désormais détruit. Foutu baratin qu'était de devoir défendre un Kage qui semblait absent sur le front. Haiiro ne comptait plus se battre au nom d'une personne qu'il ne voyait jamais à la tête de ses troupes.
Doutant alors des responsabilités de son propre modèle d'antan, sa dernière mission fut machinalement accomplie, celle-ci n'ayant eu que pour but de détruire quelques réserves d'armes arrivées clandestinement dans les entrepôts ouest.
Il y a une semaine de cela, Haiiro était encore un excellent tacticien, ses talents de traqueur l'incitant à comprendre physiquement et socialement le monde actuel- monde qui ne lui revenait pas.

Mais aujourd'hui, après une semaine d'inactivité totale, Haiiro n'était plus rien de tout cela, si ce n'était qu'un nom ayant à peine effleuré les oreilles de ses camarades depuis. Il refusait toute visite, et la seule pièce de son appartement qu'il occupait n'était autre que ce petit salon aux murs abîmés. Il résidait dans l'un des plus vieux immeubles de Suna qui même remis à neuf, avait perdu l'éclat rougeâtre de ses murs. Au sein de ce monde qui ne lui revenait pas, il n'avait plus de raison de se battre. Il n'était pas ce genre de ninja à avoir la foi car selon lui, la foi ne pouvait pas gagner une guerre. L'espoir n'était pas à ses yeux une chose pérenne, car auparavant, des hommes s'étaient déjà battus pour le futur ; qui aujourd'hui était devenu bien plus primitif et chaotique que ce qu'il devait être.
Pour qui et pourquoi on se bat ? Pensait-il pour raisonner aussitôt. Auparavant fier protecteur de ceux qui étaient dans le besoin, Haiiro ne connaissait plus ce sentiment d'appartenance ; cette volonté à défendre les murs de son village ainsi que ses habitants. L'ombre d'un Chef ne suffisait pas selon lui, à inspirer ses hommes, ni à stimuler la prochaine génération de ninja. Alors, Le Traité de Paix avec Konoha était tout aussi insignifiant tant Rasa Yondaime Kazekage semblait négliger son propre village et ses propres soldats.
Et pourquoi lutter contre la paix si tout ce qui fut donné aux gens revenait à créer de nouvelles guerres ? L'énergie spirituelle que chacun possédait servait d'arme ; partant de ce principe, Haiiro refusait de se lier à quiconque pour servir l'avidité des dirigeants ainsi que des seigneurs de chaque pays.

Dans sa bouche, le jeune homme retînt un rot filant entre ses lèvres piquantes et humides de saké. Dans un bref moment de décadence où son dos glissa le long du dossier de son fauteuil, il laissa s'échapper un léger rire nerveux, amusé et désespéré :

" Ahah... le Pouvoir n'est jamais innocent... bande de... ! " S'énervant soudainement à la fin de sa phrase interrompue par un effort, il jeta puissamment la bouteille de verre contre le mur voisin. Celle-ci explosa, et un éclat écorcha légèrement sa cheville droite. Une douleur qu'il ne sentit pas, si bien que maintenant vidé de cet accès de colère, il se laissa fondre encore un peu plus, ses orteils tapant contre les bouteilles au sol, roulant sur le sol froid et abîmé dans une suite de bruits aigus et désagréables.  

Haiiro se redressa légèrement sur son fauteuil au moment où il entendit toquer à sa porte. L'air renfrogné, il soupira lourdement avant d'élever la voix pour rejeter une nouvelle visite. Fatiguée, désaccordée et découragée, son intonation laissait présager de son état sans que personne n'ait à le voir.

" Roh... mais foutez-moi la paix ! "

… Mais le visiteur d'aujourd'hui était plus insistant que les autres. Un supérieur hiérarchique sans doute, car un ami ou une connaissance se serait déjà en-allée. Trois coups suffirent à Haiiro pour se sentir d'autant plus excédé. Expirant une nouvelle fois lourdement, il toussa pour ajuster sa voix. Il se résolu à finalement accueillir quelqu'un pour la première fois depuis une semaine, mais non pas sans mécontentement.

" Bon, bah entrez...! "

Sachant d'ores et déjà qu'il s'agissait probablement d'un haut gradé, il ne s'arrangea pas pour autant, restant sur son fauteuil, ressentant une certaine tension au niveau de ses tempes. Ce fut à l'idée de devoir être contraint à défendre sa position devant l'un de ses responsables qu'il dissimula un nouveau soupir, cette fois plus crispé. Du coin de l'oeil, il regarda sa table basse pour s’apercevoir qu'il avait consommé sa dernière bouteille de saké. Ses lèvres se pincèrent à cette triste nouvelle. Ce fut alors en la présence d'un membre du Conseil qu'Haiiro se souvint de ses précédentes péripéties. Il y eut ces nombreuses missions au sein d'un groupe d'intervention spécial formé par le Conseil il y a de cela plusieurs années ; et ce fut ainsi qu'il pu se démarquer des autres. Il y eut Shishiro Sera, cette assassine cruelle et sans limites, prise malgré elle dans un torrent infernal dans lequel sévissait les pires vices de l'homme. Puis Yoru Suika, désormais mort au combat. -Encore une nouvelle récemment apprise qui ne ravissait pas le membre honoraire de l'ANBU. Devenue enquêtrice au sein d'un des départements des forces militaires, cette jeune femme contrastait en tout point avec Haiiro qui lui, ne voyait plus aucun sens à sa vocation.

La visite de l'un des représentants du Kazekage n'était pas une surprise pour l'orphelin, qui riait alors. Le politique pouvait alors le voir avec un sourire narquois, à la fois témoin de son état d'ébriété. Peu enclin à appliquer la bienséance ou tout autre geste de courtoisie, il coupa court, espérant pouvoir fuir tout souhait de recrutement :

" Ahahah... mais barrez-vous, purée... j'en à plus rien à faire de ces histoires de Kazekage, d'alliance ou de groupe d'intervention... " Soupira-t-il tout en balançant maladroitement la tête de tous les côtés, tout en ressentant un léger vertige. Avec dédain et avec un léger sourire moqueur en coin, il ajouta : " Demandez plutôt à l'autre tarée avec son arme invisible de vous aider, ou toquez à la tombe de Yoru, peut-être qu'il vous répondra encore... "

Se laissant aller à l'alcool agissant comme un sérum de vérité, il débita, toujours avec mépris :

" Je ne vais pas rendre service à un type qui envoi ses hommes au casse-pipe. Et il était où le jour du Traité de Paix ? Ahah... même pour ça... il a demandé à ses larbins de s'en occuper. C'est dire à quel point il est sincère... " Haiiro s'empara d'une bouteille pour en regarder le fond, pour aussitôt en vider le très faible contenu. Il s'essuya la bouche avec son avant bras avant de reprendre : " J'en ai plus rien à faire de vos histoires de crimes, d'alliance et de je ne sais quoi d'autre... Quand on aura un véritable système judiciaire ou chacun arrêtera de faire ce qu'il a envie, et quand on aura un vrai chef, rappelez-moi. "

Droit, aussi solide et immobile qu'un pilier, le politique ne pipa mot. Son regard passait au crible l'appartement délabré dans lequel vivait la recrue. Comment un homme aussi puissant pouvait-il être aussi négligé ? Lentement, le conseiller, richement habillé, prit la parole. Une voix sérieuse, quelque peu râpeuse, témoignant de son âge avancé. Haiiro, tout de même doué, le trouva précisément âgé de cinquante cinq ans, avec probablement une trentaine d'années de carrière en tant que ninja d'élite. De douloureuses tendinites avaient sans doute empêchées la suite de ses services en tant que membre supérieur des forces militaires.

" Suna est faible. Je ne peux rien vous apprendre, Soramaro. Tout notre système est gangrené, en proie à de dangereux hommes voulant s'approprier l'intérieur de nos enceintes. Vous les avez combattus au sein d'un groupe d'intervention spécialisé... " Débuta le cinquantenaire, prenant dans ses mains un des seuls objets de décoration de la pièce. Un kunai rouillé, abîmé, incrusté de poussière. Il s'occupa avec, tout en continuant et marchant dans la pièce. Il se stoppa face aux stores baissés de la seule fenêtre du salon. Sur son visage s'était dessiné les rayons lumineux qui filaient entre les rames. Son visage grave laissait Haiiro silencieux, presque à l'écoute. Le jeune homme s'était tout de même penché pour ramasser et mettre son haut à manches courtes. Dans cet effort, il répondit : " Et moi, je crois que vous êtes sourd... "

Passant outre cette provocation, l'homme continua : " Je comprends votre réticence quant aux réels souhaits du Kazekage. Cependant, l'Alliance est faite. Kageshi et Shishiro Sera veillent à ses bienfaits. "

" Ahah... vous laissez l'alliance entre les mains d'un menteur et d'une dingue ? Ce que je ne comprends pas, Conseiller, c'est que... " Haiiro s'interrompit pour se redresser sur son fauteuil, et plaquer ses deux pieds au sol. Ses coudes appuyés sur ses genoux le maintenait de quelques vertiges désormais moins perturbants. Il reprit : " ... Pourquoi, après tout ça, nous ne voyons jamais celui pour qui nous sommes tous sensés nous battre ? Et comment se fait-il qu'un homme ayant tué sa femme se retrouve au pouvoir ? Je n'ai plus rien à offrir, si nos efforts sont aussi vains. Il ne bouge pas alors que des criminels sont entrain de s'installer dans nos propres structures... "

" Et si je vous demandais de combattre pour autre chose, pour une cause bien plus grande, Soramaro Haiiro, le feriez-vous ? "

L'élite esquissa un nouveau sourire de mépris : " Tch...! Combattre pour l'Alliance ? C'est une plaisanterie ? "

" Oh, pas pour l'alliance... " Rectifia le conseiller en se tournant vers Haiiro pour se confronter à son regard. " Pour le futur. "

Haiiro se laissa lourdement tomber sur le dossier de son fauteuil, prit d'un éclat de rire. Cet homme avait dû bien étudier le dossier du membre honoraire de l'ANBU pour ainsi se confronter à son nindo. Néanmoins presque intéressé, il fit un geste las de la main pour incité son locuteur à poursuivre.

" Vous avez peut-être raison : nous sommes peut-être dans une impasse, mais nous avons des ennemis puissants. Ils sont nombreux, et je ne parle pas que de ceux sévissant dans nos rues et dans nos infrastructures. Je sais ce qui vous motive, et c'est ce pourquoi vous êtes l'un de nos meilleurs éléments. Cependant, regardez-vous : ce n'est pas en vidant nos stands de spiritueux que vous changerez le futur. Je ne vous demande pas de combattre pour le Kazekage, mais pour ces gens qui ont besoin de vous. Ce n'est pas au Kazekage que vous rendez service, mais à tout ces gens qui tous les jours, espèrent pouvoir se lever en toute sécurité, marcher dans les rues sans se faire agresser, ou même tuer. Ce n'est pas pour Suna que cette alliance fut conclue, mais pour le futur. Pour faire front commun. "

Une expression de regret et de tristesse marqua le visage d'Haiiro à mesure des paroles du Conseiller. Si beaucoup semblaient peu honnête à ses yeux, celui-ci n'était pas certainement pas un traître. Alors, Haiiro se leva sous le regard attentif du politique, esquissant un léger sourire lorsqu'il vit l'une de ses meilleures recrues prendre dans ses mains ses habits de fonction. Dans ces accessoires et ces textiles renforcés, il y avait tout de ce qui définissait Haiiro Soramaro. Ils étaient témoins de ses nombreuses missions, ainsi que de sa prestance qui lui valait le surnom de " héro ". Son caractère intrépide et épris des autres était aujourd'hui une nécessité. Il était entrain de se préparer, n'omettant aucun détail de sa tenue sombre et appropriée aux situations les plus périlleuses. Enfin préparé, il fit face au conseiller. Il y avait de nouveau ce semblant d'étincelle dans ses yeux; cette lueur vive qui jadis, l'avait aidée à accomplir plusieurs faits justifiant son titre de ninja de rang A. Mais il y avait quelque part toujours cette fatigue et cette réticence. Cependant disposé à de nouveaux ordres, il ne lui manquait plus qu'à reprendre un peu espoir.

" Qu'attendez-vous de moi ? "



Le conseiller s'approcha un peu plus d'Haiiro, et s'arrêta à un mètre de distance. Une très brève manifestation de joie tira ses lèvres et plissa son regard, avant qu'il ne retrouva un grand sérieux et une attitude militaire. L'élite lui, bien que se tenant droit tout en indiquant sa pleine disponibilité, ne s'était pas mis au garde-à-vous.

" Pendant que vous demeuriez dans le secret, des choses ont changées. J'attends de vous que vous repreniez du service, Haiiro; que vous repreniez les armes. Alliez-vous à vos compagnons d'armes. Kirasagi Asugi, Ohatsu, Shishiro Sera et Kageshi, notre intendant. Nous savons que Shishiro Sera est de retour à Suna cette après-midi, à approximativement seize heures. Accueillez-la. Elle n'est plus la même qu'avant. Ses méthodes ont changées et elle est désormais l'une des initiatrices du Traité. Ensuite, je compte sur vous pour réintégrer le cœur de notre noyau. Combattez pour notre futur. "

Haiiro acquiesça mais ne s'inclina pas. Le conseiller quitta l'appartement, et immédiatement, l'élite gagna la pièce qui lui servait d'armurerie. Un présentoir regroupait toutes ses armes et à son rebord, son bandeau frontal, poussiéreux, semblait tonner d'un appel étrange. Pour tout ninja, il s'agissait de bien plus qu'un simple accessoire : c'était un symbole, les fruits de nombreux travaux acharnés. Un artefact gorgé de fierté, qui méritait de briller à nouveau. Dérangeant la poussière sur la plaque métallique, Haiiro le noua autour de sa ceinture.

Les rues de Suna étaient peuplées. Ninjas et citoyens se mélangeaient dans la foule au milieu de laquelle Haiiro marchait lentement, zyeutant aux alentours pour se réapproprier de l'atmosphère du village. Il y avait les mêmes commerces, les mêmes recrues affectées à leurs périmètres. Mais une chose était différente : certaines constructions avaient débutées suite au Traité de Paix. Il s'avérait que bientôt, l'ensemble des habitants aura accès à l'eau potable. Les quartiers les plus pauvres étaient entrain de s'enrichir, et à quand la rénovation des plus anciennes structures ?
Le soleil indiquait le milieu d'après midi, et Haiiro s'était alors posté aux portes du village, aux côtés de gardes très étonnés de le revoir. Celui que l'on surnommait " le héro ", tantôt avec mépris et tantôt avec admiration, se tenait droit, cette fois au garde-à-vous, les mains liées derrière son dos. L'un d'eux ne pu s'empêcher d'échanger un peu avec l'élite connu pour ses secrets, et pour avoir participé à de périlleuses missions au sein de l'un des anciens groupes d'intervention de Suna.


" Soramaro-sama... " Salua-t-il avec rigueur et discipline. Haiiro ne dévia pas son regard de l'horizon, et répondit tout aussi strictement :

" Soldat... votre nom ? "
" Aiichiro Nokomo, Jônin de rang C, Soramaro-sama. "
" Veille bien à protéger nos familles, Aiichiro. "
" Je donnerai ma vie pour nos foyers, Soramaro-sama. "
" Bien... "

Deux silhouettes étaient sorties des vents de sables du désert, et s'approchaient de l'entrée des solides murailles de pierres du village. Il s'agissait de Shishiro Sera, accompagnée par une fillette. Attendant patiemment leur rapport, Haiiro ne bougea pas. La jeune fille qui accompagnait la Sunajin était originaire de Konoha. Peu enclin à comprendre la raison de la présence d'une Hyûga à Kaze no Kuni, l'élite s'avança d'un pas pour les aborder non pas comme un garde ordinaire, mais comme la personne qu'il était.

" Jeune fille, Sera... ça fait longtemps. "

Il y a quelques temps, un repas avait réuni certains élites de Suna. Trois semaines s'étaient écoulées depuis, et les deux ninjas ne s'étaient pas quittés en très bon termes. L'enquêtrice et ancien assassin sera très probablement surprise de la soudaine prise de fonction d'Haiiro, qui semblait pleinement disposer à tirer un trait sur de vieilles querelles, au profit du futur.



lumos maxima
avatar
風 | Suna no Jônin
風 | Suna no Jônin
Messages : 104
Date d'inscription : 20/10/2016

Fiche Shinobi
Rang: A
Ryos: 809
PE:
68/300  (68/300)

Voir le profil de l'utilisateur
THE FEW AND THE FALLEN


Je me sens beaucoup mieux dans un climat chaud. Même si j'ai été formée dans le but d'être apte survivre à tous types de reliefs et d'environnements, le fait de me sentir chez moi joue grandement sur mon état moral. Je n'aime pas les forêts, car elles sont trop humides et abritent trop de risques. Qui plus est, aux côtés de Yume, je m'efforce de rester le plus éveillée et alerte possible. Même si la fatigue nous a toutes les deux ralenties, nous arrivons finalement à l'entrée du désert qui nous conduira à Suna. Chez moi.
Je m'arrête un instant pour abandonner quelques affaires trop pesantes dans mon sac, tout en invitant la jeune Hyûga à en faire de même. Nous voilà donc arrivées à la traversée que je redoute le plus; non pas pour moi, mais pour cette jeune genin qui n'est sans doute pas habituée à affronter les bourrasques, les tempêtes de sable et la canicule de ce vaste lieu s'étendant à perte de vue.
J'enlève ma veste de jônin pour couvrir mon crâne. Je la laisse poser et tire de mon sac l'un de mes hauts à manche longue pour le donner à Yume, avant de me décharger, sans oublier néanmoins d'attacher mes deux gourdes autour de ma ceinture.

" Il nous reste à traverser le désert. Mets ça sur ta tête et accroche toi à mon bras. On peut facilement se perdre dans cette étendue. "

Je lance la marche. Ma main droite tient solidement mon gilet, tandis que ma main gauche s’agrippe solidement au bras de l'adolescente. Je connais ce désert comme ma poche et je ne compte plus le nombre de traversées que j'ai dû faire lors de mes voyages ou de mes missions. Sans boussole, je me fie à la position du soleil pour rectifier chacun de nos pas. En ce début d'après-midi, les vents sont chauds et puissants. L'oxygène semble rare si bien que pendant notre trajet, j'éclaboussais quelques fois le visage de ma protégée. Nous manquerons cependant d'eau, et j'espère qu'aucune péripétie ne nous retardera. J'ai envie de rejoindre Suna au plus vite, et quitte à presser le pas, je ne lâche pas la Hyûga, l'entraînant avec moi et l'encourageant fréquemment à surmonter sa fatigue.

Derrière un voile opaque commencent à se dessiner les remparts de Suna. Je sourie et redouble d'effort. Dans quelques kilomètres, le vent s'arrêtera de souffler, et nous pourrons nous réfugier à l'abri. Je suis sale et j'étouffe dans mes vêtements trempés de transpiration. Mon regard est faible, et je sens que je ne pourrai pas encore tenir longtemps. J'arrive au bout de mes efforts. Sortir de ces multiples torrents nécessitent de pencher tous le poids de son corps en avant, et de marcher à contre-courant. Mais le fait d'approcher du village caché du sable me conforte, et m'aide à me relever lors de quelques chutes suite auxquelles je m'empresse d'agripper à nouveau Yume.

Nous quittons la dernière bourrasque qui se définit comme une ligne droite, s'arrêtant brutalement à environ cinq cent mètres des portes du village. Beaucoup doutent de la manifestation naturelle de ces intempéries, pensant qu'il s'agit peut-être d'un jutsu créé par le Kazekage lui-même afin de ralentir et de décourager les troupes ennemies.
Epuisées et assoiffées, nous approchons de l'entrée de Suna, mais arrivée à mi-chemin, quelque chose m'étonne et me déplaît également. Durant mes nombreuses missions et même durant mon apprentissage à l'académie, j'ai pu fréquenter de nombreux ninjas. Très peu d'entre eux m'ont suivies dans mon parcours particulier, mais parmi eux, il y a un puissant shinobi qui, à la suite de plusieurs événements, était devenu membre honoraire de l'ANBU. Mes talents d'enquêtrice et de logicienne me permettent de déduire avec justesse de certaines choses, et je sais qu'Haiiro Soramaro s'est récemment fait très discret. Trois semaines s'étaient écoulées depuis notre dernière entrevue; une sorte de retrouvaille de vieux collègues pour parler du bon temps, et surtout pour mettre certaines choses à plat. Mais avec cet homme, c'est plus compliqué que ça. Son système de valeurs est abstrait pour moi, et nous sommes très différents. Je me demande d'ailleurs ce qui l'a incité à sortir de l'ombre de ses fonctions. Je ne suis pas très ravie de le voir, comme il s'agit pour moi d'une sorte de rival, et d'une incarnation de tout ce que je méprise. Il n'a jamais été plus instable que moi; c'est un fier ninja qui donnerait sa vie pour défendre nos foyers, mais comme moi, il doute de notre hiérarchie. Son implication plus ou moins secrète dans les affaires liées à La Cour me gênent également. J'aimerais être au courant de ses agissements, mais Haiiro est une personne très secrète. Bien plus que moi. Je connais ses techniques de combat, mais je n'ai jamais réussie à savoir pour qui il travail exactement.
Haiiro Soramaro est également surnommé " le héro ", à cause de son zèle. Préférant sauver ses camarades en danger quitte à se mettre en danger lui-même, quelques ratés auraient pu nous coûter la vie, et c'est surtout ce que j'ai retenue de lui.

" Jeune fille, Sera... ça fait longtemps. " Salue-t-il, en abaissant légèrement les épaules lors de son garde-à-vous, pour se montrer juste un peu plus cordial. Je songe à tempérer ma réaction. Même si je ne suis pas particulièrement ravie de le voir et que cela doit se voir à travers mon regard soudainement plus sévère que fatigué, je ne veux pas mêler Yume à mes histoires. Durant notre voyage, j'ai pu remarquer des traces de coups. Le problème de Kohi Hyûga est une priorité pour moi, et maintenant que nous sommes arrivées saines et sauves, je ne tiens pas à lui faire subir les troubles de mon lourd passé. Je ne peux tout de même pas surmonter toute ma froideur, et d'un ton neutre, je le présente.

" Yume, voici Haiiro. Un ancien collègue de classe et de missions. C'est un jônin de rang A. Il fait partie de l'élite du village.  "

Mais si il a été affecté aux portes du village, c'était sans doute pour m'attendre. Et quand bien même il serait venu de lui même, ce doit être pour une raison, et je n'aime pas ça. Ca veut dire que je n'aurai pas le choix de tenir Yume en ma compagnie, et qu'elle sera indirectement concernée par mes affaires. Quoique moi qui voulait lui procurer un sentiment de confiance en elle, ce sera peut-être l'occasion pour elle de voir de quelles manières les élites d'un village se coordonnent. Pour cette raison, je vais tenter de me montrer un peu plus avenante. Comme il en est de coutume à tous les ninjas de retour de mission, je montre les papiers officiels qui m'ont permises cette expédition, tout en les justifiant :

" Hyûga Yume restera quelques temps à Suna pour fuir quelques problèmes. J'en suis garante et Kageshi a accepté sa venue. "
 
avatar
火 | Konoha no Genin
火 | Konoha no Genin
Messages : 801
Date d'inscription : 19/07/2016
Age : 19

Fiche Shinobi
Rang: C
Ryos: 1517
PE:
354/100  (354/100)

Voir le profil de l'utilisateur



THE FEW AND THE FALLEN
C'était … Tellement étrange e partir du village pour une lune complète. Tellement étrange que la première nuit de voyage je n'avais presque pas dormis. J'avais passé la nuit à moitié assise en tailleur à chantonner en regardant autour de nous avec mon Byakugan. Kohi m'avait véritablement effrayé avant mon départ et j'avais peur qu'il soit capable d'envoyer des gens de la branche secondaire me chercher. Il en était parfaitement capable, et il en avait le pouvoir. Et … Malgré la puissance de Sera, si elle ne devait pas faire de mal à nos attaquants … Eux seraient capable de la maîtriser sans problème. Et moi aussi. Selon leur niveau, moi aussi je serais vite repoussée. J'avais longuement cogité là dessus en marchant de long en large incapable de fermer l'œil. Le moindre bruissement de branche me faisait bondir sur mes pieds. Pas que j'avais peur des bandits ! Les bandits ils n'étaient pas important, non, j'avais peur de mon clan et de ce que pouvait en faire Kohi. Mais … Tout c'était très bien passé. Pas la moindre silhouette de Hyûga en vu. J'avais du rendre dingue Sera-san. À qui j'avais présenté plus d'une centaine de fois excuses et remerciements. Tellement qu'elle en avait eut marre, du moins de mon point de vue, et qu'elle m'avait gentiment frappé le haut du crane avec un petit coup de poing.

Une fois passé la frontière du Pays du Feu, et avoir ôter quelques couches de vêtements, je gardais quand même des manches longues légères, histoire de pas avoir les bras rouges en une heure de marche à pied. Je devais le dire … L'étendu de sable et de dune devant moi me donnait l'impression de voir une mer figée dans le temps. Comment se repérer là dedans ? De nuit je voulais bien avec les étoiles et compagnie … Mais de jours …  J'étais un peu paniquée … Mais maintenant je comprenais pourquoi les ninjas de Suna étaient aussi bons en orientation. Il y avait de quoi ! Aller savoir pourquoi, j'imaginai ma petite sœur là, jouant dans le sable … Je crois que si je la laissais là … elle pourrait y vivre des centaines d'années.

J'imitais Sera et attachai autour de ma tête un haut à manches longues. Je vérifiai avec attention mes réserves d'eaux avant d'attraper le bras de Sera. Non ! Je n'allais pas le lâcher ! Devenir un petit tas d'os bien blanc et provoquer une guerre enter Suna et Konoha n'étaient pas dans mes objectifs pour l'instant. Au début, j'avais du mal à marcher, ce n’était pas tout les jours que je marchais sur le sable  et je glissai dedans. Bon ! Je ne tombais pas mais quand même. Ce n'était pas des plus agréable. Marcher dans le sable était épuisant et je sentis des crampes me déchiraient les muscles des jambes mais j’avançai quand même. Pourtant ce n'était que le début du calvaire : en début d'après-midi un vent brûlant et puissant balaya les dunes. Je me courbais en deux en focalisant mon attention sur le mécanisme de la marche. C'était ça le plus important, avoir une pensée en tête pour continuer à avancer.

J'avais l'habitude des vent glacés de Konoha en hiver, mais là c'était autre chose. Je sentis vite mes lèvres devenirs sèches. Et à chaque fois que Sera-san m'éclabousser le visage je sursautai violemment. J'oubliais vite ma soif et tout le reste concentrer à calculer mentalement la distance en pas entre Konoha et Suna. C'était un moyen comme un autre de ne pas tomber au sol au vu des douleurs que j'avais dans les jambes. Ce n'était rien comparé à la panique que j'avais ressentis lors de mes première règles. Ce souvenir aller rester graver das ma mémoire à jamais. Je le savais. Et … J'en avais un peu honte. Céder à la panique aussi facilement … Ce n'était pas digne d'une shinobi … Même d'une jeune shinobi. Surtout pour moi. Je savais que je les avais bientôt et j'avais paniquée comme une enfant. Un poids soudain manqua de me faire chuter au sol. Sera-san était tombée ! Ce n'est qu'à ce moment là que je me rendis compte qu'il n'y avait plus de vent. Plongée dans mes calculs intenses je n'avais plus fais attention à mon environnement. Oh ! On approchait de Suna ! Sera-san était comme moi dégoulinante de sueur. Mais c'est logique.

À quelques mètres du villages … Je vois une silhouette. Heni ? Qui … Je tournais la tête vers Sera-san. Elle semblait aussi perplexe que moi. Mais visiblement, ce n'était pas un ennemie. Je passais ma langue sur mes lèvres. Un homme … De Suna … Jonin ? Aucune idée … Il semblait vieux … Enfin … Usée par la vie.  Haiiro … Jonin de rang A ? J'avais du mal à comprendre. J'aurais voulu me présenter mais Sera le fit à ma place. Je me contentai de m'incliner devant cet homme en essayant de ne pas tomber à ses pieds. Il y avait le prestige du clan Hyûga quand même derrière moi ! … Oui, enfin … Non mais bon … Je n'étais que de la branche secondaire, mais c'était plus pour l'honneur. … Honneur de quoi d'ailleurs ? Qu'avais-je à faire d'un clan qui me traitait comme du bétail ? Aucune idée … Mais protéger le clan, et son honneur … Cela m'avait été inculqué dès mon plus jeune âge. Et même si j'étais révoltée contre mon clan, la marque verdâtre à ma mâchoire en été la preuve, je voulais qu'il soit le mieux vu possible. Tout comme mon village. Je tournais lentement mon regard entre les deux jonins … Ou la … Ils avaient finis ensemble dans un lit tout nus après une soirée trop arrosée il y a peu ou quoi ? Connaissant Sera, si c’était le cas … Il y en avait un qui avait du avoir un réveil plus que musclé. Je levai lentement les yeux vers Suna … C'était … Impressionnant … Comment une telle ville pouvait survivre dans le désert ? C'était … Magique ! Je sentis ma mâchoire se décrocher d'elle même. Et dire que j'avais la chance de passer un mois ici … J'en oubliais l'état … plus que lamentable de mon corps …
« … Ouah … Incroyable … »

© Naely




Merci Aimi !

Spoiler:
 
avatar
風 | Suna no Jônin
風 | Suna no Jônin
Messages : 16
Date d'inscription : 21/01/2017

Fiche Shinobi
Rang: A
Ryos: 400
PE:
0/300  (0/300)

Voir le profil de l'utilisateur
The Few and The Fallen



Puisque des heures troubles incitaient le village à redoubler de précautions, les procédures de contrôles devaient être toutes suivies très rigoureusement. Bien que n'ayant jamais été affecté au poste de garde, Haiiro les connaissaient toutes aussi bien que ceux qui quotidiennement, devaient veiller à la sécurité du village depuis les portes. Etonné de voir Sera prendre sur elle et coopérer face à lui, il mit quelques secondes à observer les papiers officiels relatant de l'ordre de mission de l'enquêtrice qui finalement, semblait souvent appelée à s'allier à d'autres départements. Peut-être avait-elle donc réellement changée ? Et si elle n'était plus cette même personne avide de violences, qui était-elle désormais ? Remarquant le contenu légitime de la lettre tout en étant perdu dans ces quelques pensées, Haiiro, de marbre, remit le document à son ancienne partenaire. Remarquant néanmoins une certaine froideur et un certain mépris dans sa voix et dans son regard, l'élite n'y accorda néanmoins pas d'importance. Shishiro Sera survivrait même au Sage des Six Chemins pour avoir le dernier mot; il était donc peu recommandable de la confronter à son attitude.
Néanmoins, le héro le savait, inciter Sera à reprendre du service à ses côtés n'allait pas être aussi aisé. Caractérielle, compétitive et solitaire, il était difficile un temps soit peu de tisser quelconques liens avec elle, même professionnel. Autonome, elle fut la source de plusieurs problèmes internes, d'autant plus qu'elle avait réalisé bien trop tard à quel point ses compagnons d'armes lui étaient précieux. Pour Haiiro, elle était fautive de la mort de Yoru Suika. Si celui-ci n'avait pas eu besoin de dissimuler le cours de ses enquêtes sur la mystérieuse organisation criminelle qui tentait de s'approprier Suna, alors ils auraient pu faire front commun, et peut-être même l'emporter sur leur ennemi. Mais le futur ne se construit pas seul, et qu'importe les erreurs, celles-ci étaient le propre de chaque ninja. Les élites, très régulièrement exposés au danger, sont les plus vulnérables. Tentant d'apaiser ses ressentiments à l'encontre de la kunoichi, Haiiro expira silencieusement, avant d'esquisser un bref instant un léger sourire en coin.
Ce fut en éclaircissant un peu ses idées qu'Haiiro prit le temps d'observer l'ancienne assassin : les querelles lui auraient-elles empêcher de la reconnaître à sa juste valeur ? Et ainsi, se serait-elle réellement assagie au point de lutter contre la paix, en appliquant des techniques diplomatiques ? Et si avant cela elle avait tendance à aider des personnes connaissant plus ou moins les problèmes qu'elle, ceci expliquerait donc la présence de Hyûga Yume à Kaze no Kuni.    

Sans s'attarder plus longtemps, Haiiro relâcha sa posture pour ouvrir la marche et guider le binôme vers le village par un ample signe de la main. Conscient de la fatigue des deux jeunes femmes, il ne pouvait pas se montrer aussi incisif au point de parler de suite de la raison de sa présence sans leur laisser un peu de repos.

" Vous devez être assoiffées. Venez. "

Pas un mot d'Haiiro pendant le petit trajet qui allait conduire le groupe dans la taverne que l'ancien groupe d'intervention du " Kamen no Gunsei " avait l'habitude de fréquenter. Il ne s'agissait pas d'un lieu très fréquenté, car très petit. Cependant, le membre honoraire de l'ANBU sélectionnait toujours la même table : celle se situant à l'ombre, sur une petite terrasse donnant sur une ruelle tranquille. Il prit de suite place en invitant les deux kunoichi à s'asseoir devant lui. Distant et plutôt sérieux dans sa conduite, il n'était pas rare de le voir aussi ordonné dans l'exercice de ses fonctions. Néanmoins, cette façade se brisa aussitôt pour laisser place à un Haiiro Soramaro plus nonchalant, négligé et fatigué. Pour lui, parler de ses récents objectifs et de ses nouvelles conclusions entraient en totale contradiction avec le ninja qu'il fut autrefois. Il n'était à présent plus aussi formel, ni aussi rigoureux; car ce qu'il dû exécuter récemment aura complètement altérer ses jugements, du tout au tout.

" Bon... " Murmura-t-il tout en distribuant de l'eau à ses vis-à-vis. Avec une bouteille de bière japonaise entre les doigts et un bras basculant sur l'autre côté du dossier de sa chaise, il se montra plus décontracté, tout en laissant également transparaître un certain détachement. Ressentant pour le moment la raison de sa venue non pas comme une nécessité mais comme un devoir, il n'attendait qu'une occasion plus intéressante pour s'engager à nouveau au service des habitants de Suna.

" J'ai entendu dire que tu étais l'initiatrice du Traité de Paix. Ravi de voir que tu évolues. Si je suis ici, ce n'est pas pour à nouveau refaire le monde, ni parler de nos querelles. Je sais pas pour toi, mais je pense que ces incidents de parcours ne témoignent que du fait qu'autrefois, nous manquions de discernement. Quitte à jouer cartes sur table, je ne suis pas un chien du Kazekage. Je ne crois pas en lui, et plusieurs choses me permettent de douter de sa sincérité. Ce que je veux, c'est prendre part à cette alliance. Je ne le fais pas pour le Kazekage, mais pour notre futur à tous. C'est ce pourquoi je me suis toujours battu. Par le passé, nous avions lutté ensemble contre de nombreuses menaces, pour défendre les générations nouvelles et pour défendre les habitants du village. Je veux combattre à nouveau. Avant, nous étions de la chair à canon, mais aujourd'hui, nous pouvons construire tous ensemble quelque chose de plus solide. Le Conseil nous fait confiance... "

Haiiro bu aussitôt une grande gorgée de sa bière. Si autrefois le Kamen no Gunsei obéissait aux ordres directs du Kazekage, les services qu'il proposait cette fois ne partaient pas du même but. Cette fois, il ne s'agira que de mettre hors d'état de véritables ennemis. En cela, il reprit en évoquant cette fois l'existence de La Cour : " Et je sais que tu n'aimes pas en parler, mais La Cour constitue une véritable menace. Je comprends le fait que tu en fasses une affaire personnelle, mais tout Suna est sur le qui-vive maintenant. C'est une affaire d'Etat. Faisons front commun. "

Pour Haiiro, la priorité était de permettre à Suna de bénéficier d'un maximum d'informations afin de parer les prochaines attaques de l'organisation. Il s'agissait également de coordonner les forces des plus puissants ninjas du village afin de parvenir à de meilleurs résultats d'investigations et de recherches. Puis pour espérer voir Sera lui accorder plus de disponibilité, il ajouta sincèrement : " Et bon... je suis désolé pour ce qui t'es arrivé. C'était de ma faute. "

Car pendant longtemps, Haiiro s'était senti coupable de la mise à pieds de la jeune femme, qui lui en voulait encore certainement pour ça. Ce fut en partie à cause de lui qu'un jour elle manqua de mourir. Faire preuve d'une violence extrême à l'encontre de ses ennemis fut la seule solution envisageable pour fuir. Si il y a quelques instants le jeune homme pouvait se montrer détaché vis-à-vis des réelles raisons de sa venue, il était bien plus concerné par ce triste souvenir qui humidifia un instant son regard, le ramenant à des instants sombres des plusieurs semaines qu'il avait passé à rejeter toutes responsabilités liées à ses fonctions. Le héro était peut-être toujours aussi intègre après tout ce temps à tenter de reprendre espoir. Peut-être avait-il seulement besoin de se tenir à l'écart pour mieux revenir, aux côtés de ceux avec qui il s'était toujours battu.

Cachant son regard perçant derrière sa bouteille de bière légèrement inclinée en hauteur lors de sa gorgée, Haiiro observait tendrement Sera, avec un peu de nostalgie. A l'académie, elle était décrite comme l'une des plus belles kunoichi de sa classe. En grandissant, elle n'avait faite que s'embellir. Néanmoins, son instabilité émotionnelle brisait cette aura, si bien qu'aucun homme n'osait encore l'approcher. Dorénavant, aux yeux d'Haiiro, Sera était une personne qui méritait probablement d'être comprise. Après tout, elle avait vécue suffisamment d'injustices et de violences pour se retrouver aussi méfiante. En tant que membre honoraire des services secrets, le jeune homme avait parfaitement connaissance de toute la tristesse et la cruauté ayant pu la consumer.
A la fin de sa gorgée, Haiiro fit mine d'effacer ce léger sourire emprunt à des sentiments amicaux. Il posa doucement la bouteille de trente trois centilitres sur la table, et se tînt à nouveau nonchalamment sur sa chaise.

lumos maxima
avatar
風 | Suna no Jônin
風 | Suna no Jônin
Messages : 104
Date d'inscription : 20/10/2016

Fiche Shinobi
Rang: A
Ryos: 809
PE:
68/300  (68/300)

Voir le profil de l'utilisateur
THE FEW AND THE FALLEN


Il fait comme si rien ne s'était passé, et ça m'énerve. Pourtant, je dois garder mon calme. Néanmoins, dans un faible accès de colère me procurant une certaine lucidité quant aux expressions se manifestant autour de moi, je me retourne vers Yume, d'un air à la fois tranchant et exaspéré. J'ai remarquée dans son regard ainsi que dans ses mouvements hésitant qu'elle croyait qu'Haiiro et moi avions eu des rapports plus personnels. Hors de question pour moi de me rapprocher de n'importe quel Sunajin avec qui j'ai pu de près travailler sur des affaires aussi périlleuses. Durant toute son enfance, celui que l'on surnomme encore " le héro " n'avait jamais été très charmeur, à l'instar de quelques autres collègues. Et même si cet athlète confirmé a des fois tendance à correspondre à l'image que je me fais d'un homme de cœur, jamais je ne me rapprocherai de lui. C'est un casse-cou qui a tendance à trop se négliger, et à rendre trop service aux autres. Pendant que nous le suivons, je me penche jusqu'à l'oreille de Yume pour lui chuchoter discrètement :

" Si tu penses que lui et moi nous avons... enfin voilà. Tu te trompes. Jamais de la vie. "

Je me redresse aussitôt, silencieuse, en sachant déjà quel endroit nous allons rejoindre. Haiiro ne connaît qu'une taverne, et c'est dans celle que nous avions occupés il y a quelques semaines que nous allons une nouvelle fois parler. J'avoue ressentir un peu d'appréhension car la dernière fois, je ne lui avais pas adressée un mot en retour de ses explications. Je me rappelle alors qu'il m'avait signalé sa désapprobation à propos des décisions du Kazekage, et c'est la seule chose chez lui que j'approuve. J'ai été plus souvent confrontée à l'intendant du chef de ce village qu'au chef lui-même. Je me souviens toujours en devoir une à Gaara, concernant cet homme. Comme je m'y attendais également, Haiiro sait tout de moi : mon parcours, mes activités récentes, mes relations professionnelles. Finalement, il n'a pas dû faire que chômer pendant son étrange disparition. Même si il n'en a pas l'affiliation, il ferait probablement un très bon enquêteur, et c'est encore une chose qui me fait le mépriser. Nous avons trop de points en communs, si bien que tous les deux nous détenons des armes uniques, ainsi que des techniques que nous même avions développer par le passé. Il a également accès à des archives que je n'aurais même pas le droit d'effleurer. En somme, j'ai du mal à le reconnaître, mais il est peut-être aujourd'hui plus puissant que moi.

Il me dit vouloir combattre à nouveau, et je crois entendre Kakashi mentionner son souhait à confier un futur radieux aux générations suivantes. Haiiro a toujours été plus ou moins comme ça, même si son excès de zèle le rendait des fois insupportable, trop héroïque. Les problèmes qu'il soulève me tracassent aussitôt, et encore plus lorsqu'il vient à s'excuser d'un certain accident. Ce fut à cause de lui qu'Akuma, second émissaire de La Cour, m'avait torturée. Néanmoins, c'est aussi grâce à lui que je suis vivante. Il m'avait sauvée la vie, et c'est peut-être également pour ça qu'il m'énerve tellement. Je ne supporte pas être secourue par qui que ce soit. Je ne supporte pas avoir besoin d'aide. Néanmoins, les choses ont changées. Je me retrouve désormais entourée de plusieurs shinobi qui tout comme moi, luttent pour la paix et pour l'avenir. Je reconnais la sincérité de mon ancien camarade, et je ne peux que m'y fier. En plus du soutien de Kageshi sur plusieurs fronts, celui d'Haiiro ne pourra qu'être tout aussi précieux. Je le vois cacher un sourire derrière le goulot de sa bouteille, et je fais de même derrière mon verre d'eau que je termine d'une seule traite, avant de boire à la suite deux autres verres. Je suis enfin hydratée, et je me sens beaucoup moins exténuée d'un coup, bien que mes muscles abducteurs et adducteurs me tirent affreusement. J'ai dans les jambes quatre jours de marche pour très peu d'heures de pauses. Néanmoins, je suis cette fois-ci décidée à lui répondre. Finalement, il est plus sincère que je ne le croyais. Plus réfléchi également. Moi qui le pensait limité dans ses compétences d'observation, ne le voyant que comme un simple homme de terrain. Un soldat bien dressé.

" Ce qu'il s'est passé il y a des années n'a plus d'importance, et finalement, tu m'avais sauvée. Je suppose que je devrais te remercier... " Murmure-je en buvant quelques gorgées de sa bière, avant de la lui reposer devant lui. " Pour ce qui est de m'associer avec toi, je suis d'accord, mais je ne veux pas te voir en dehors du boulot. On établit des ordres de missions, on se répartit des tâches, mais je ne veux plus que l'on se retrouve dans ce rafiot. En ce qui concerne toutes les affaires concernant La Cour, j'ai tout rendu aux archives. Tu pourras tout consulter. Pendant longtemps, tu suivais les même enquêtes que moi sans rien me dire, alors je suppose que nous ferons front commun le moment venu. "

La meilleure façon d'échapper au poison est de ne pas rentrer en son contact. Je connais suffisamment Haiiro pour le savoir aussi ingérable que moi, et je ne veux pas travailler avec quelqu'un qui n'en fera peut-être qu'à sa tête, et qui pensera d'abord à me sauver plutôt qu'à réussir sa mission. Non pas que je ne ferai pas de même, mais le caractère héroïque de mon semblable me gênera sans aucun doute dans mes investigations qui, toujours sordides et extrêmement périlleuses, ne laisseront pas la place à ce genre de tendance à vouloir porter tout le poids d'autrui sur ses épaules. Je ne crains pas les blessures et je n'ai pas envie que quelqu'un les encaissent à ma place, ou m'empêche de les endurer. Je suis habituée à être blessée, si bien que je n'hésite jamais à recourir de l'Akai Shikyo lorsqu'il en est nécessaire. Alors, si je me blesse en recourant moi même à mes propres techniques, pourquoi devrais-je avoir peur, ou compter sur quelqu'un pour me rappeler à quel point je peux être vulnérable ? Je ne dois faiblir devant personne, et encore moins devant mes semblables.

" Et toi, Yume. T'en penses quoi ? " C'est maintenant à ma protégée d'intervenir. Après tout, elle est originaire de Konoha et est donc l'une de nos alliées et ici, à côté de moi, une représentante de son village. Peut-être timide et peu confiante de nature, son avis au sujet de notre alliance m'importais réellement, et d'avantage face à quelqu'un y faisant mention.  
avatar
火 | Konoha no Genin
火 | Konoha no Genin
Messages : 801
Date d'inscription : 19/07/2016
Age : 19

Fiche Shinobi
Rang: C
Ryos: 1517
PE:
354/100  (354/100)

Voir le profil de l'utilisateur



À la terasse
Oh ? Ainsi ils n'avaient pas couchés ensembles ? J'aurais parié pourtant. Pourquoi ? Oh … Aucune idée. Peut-être des regards ou des positions. Quelque chose comme ça. Je suivis à pas lents et douloureux les deux jonins toujours cramponnée à Sera-san regardant autour de moi. La forme des bâtiments était faîtes pour protéger les habitants des vents violents du désert. Je me frottais les yeux, je devais avoir l'air d'un panda mais tant pis. Puis c'était mignon les pandas. C'était de grosses peluches toute rondes, toutes douces, toutes joueuses … Je n'étais pas ronde, mais selon Hako-chan j'étais toute douce et très joueuse. Je rougis toute seule en me souvenant de notre première nuit. J’espérai que mon clone lui avait fait plaisir …

Au vu de mon état d'épuisement je trébuchai souvent surtout que j'avais les yeux qui se balader partout observant autour de moi pour capturer le maximum de détail pour mes lettres. J'en avais des lettres à écrire ! Une à Megumi-sempai, une à Nyuuwa et une à Hako. Mais demain matin sûrement … Parce que ce soir … J'allais bien dormir je pense. Je croisais parfois le regard des gens qui s'arrêtaient surpris et parfois me montraient du doigts. Je rougis violemment. J'avais oublié ce que le regard d'un Hyûga peut causer comme surprise la première fois qu'on le voit. J'avais oublié cette sensation de se sentir … monstrueuse.  Je baissai lentement la tête pour arrêter de sentir le regard des gens sur moi laissant mes longs cheveux couvrir mon visage et mes yeux. Ils étaient effrayant à quel point pour les autres ? Était-ce … laid ? Repoussant ? Effrayant ? Je savais que ma pupille semblait ne pas exister dans cet océan blanc. Les gens devaient me prendre pour une aveugle. Ou un monstre de foire … Ou les deux …

Je rentrai à moitié dans Sera quand on arriva à un bar. De l'ombre ! De la fraîcheur ! Bon ! Étant élevé comme une gentille fille je m'installai calmement et restai parfaitement droite même si j'avais envie d'imiter le vieux, ou qui sembler vieux, en face de moi. Comment s’appelait-il ?  Kaito ? Kairo ? Liro ? … non … C'était pas ça … Haiiro ? Oui cela devait être ça … Haiiro … Haiiro comment ? Zut … Aucun jeux de mots ne venaient … Hako aurait sut elle … Je bus avec plaisir plusieurs verres d'eaux en essayant de regarder et d'écouter la conversation des deux jonins. Ah ? L'autre vieux jonin Haiiro semblait aimer la bière … C'était donc ce truc qui lui donnait cet air usé par la vie ? Quoi qu … Je piquai lentement du nez mes paupières étant beaucoup trop lourdes pour mes pauvres muscles.

Je me redressai en sursaut en entendant mon nom. Quoi ?! J'étais de retour chez les Hyûgas ? Je clignai des yeux en me les frottant de nouveau. Ah … Non … J'étais à Suna ! Entre l'épuisement du voyage et l'écrasante chaleur j'avais … Piqué du nez ! Oh la honte ! Je rougis violemment en regardant autour de moi. De nouveau de drôles de regards à cause du mien. Instinctivement je rentrai la tête dans les épaules pour retourner à la conversation que j'avais plus ou moins, surtout moins, suivit  avant de piquer du nez. Mes mains s'acharnaient déjà pour essayer de me calmer sur le bas de mon haut. Je n'avais qu'une envie de demander « Je suis obligée de répondre ? » Je détestais être au centre de l'attention et c'était ce que je produisais malgré moi. Je pris un peu d'air brûlant avant de répondre.
« …  J … Euh … J …  … … … J …Je crois … … Nefin … J … J'imagine que … On peut ne pas … être … toujours … d'accord avec … S-s-s-ses dirigeants … M … Mais … le peu-peu-peu-peuple … c'… c'est notre rôle de le protéger … e … e … et pour ça … ondoitmettredecôténosrancœurs »
Ma voix n'était plus qu'un filet sortant à toute vitesse de ma bouche à la fin. Je sursautai quand une main se posa sur mon épaule. Je tournais la tête. Un genin ? Du moins … C'était ce qu'il me semblais … Un ninja de Suna très jeune. Il me regardais comme si j'étais une drôle de chose. Il me prit le menton et passa une main devant mes yeux plusieurs fois avant de se pencher sur moi. Je réagis d’instinct et la claque partit toute seule. Pour rougir la joue du garçon qui recula en poussant un juron mais sans s'excuser. Hey ! Je suis pas un animal ! J'ai des yeux bizarres mais le respect tu connais ? Par contre … J'avais encore plus attirer l'attention et je rougis mais ne me leva pas pour aller m'excuser.  Je préférais tourner le dos à la rue et revenir avec les deux jonins même si je tirais mes cheveux devant mon visage et je rentrai la tête dans les épaules. On pouvait m'oublier un peu ? Juste un peu ? Pitié ?

© Naely




Merci Aimi !

Spoiler:
 
avatar
風 | Suna no Jônin
風 | Suna no Jônin
Messages : 16
Date d'inscription : 21/01/2017

Fiche Shinobi
Rang: A
Ryos: 400
PE:
0/300  (0/300)

Voir le profil de l'utilisateur
The Few and The Fallen



" …  J … Euh … J …  … … … J …Je crois … … enfin … J … J'imagine que … On peut ne pas … être … toujours … d'accord avec … S-s-s-ses dirigeants … M … Mais … le peu-peu-peu-peuple … c'… c'est notre rôle de le protéger … e … e … et pour ça … on doit mettre de côté nos rancœurs "

Hésitante et très gênée par le fait de devoir prendre la parole, Hyûga Yume bégayait mais n'en était pas moins pertinente. Mettre de côté ses rancœurs était une chose qu'Haiiro était prête à faire pour travailler avec Sera. Cependant, la jônin ne manqua pas de franchise à faire comprendre à son camarade qu'elle espérait ne plus le revoir en dehors du cadre de leurs fonctions. Peu surpris par une pareille réponse de sa part, Haiiro soupira tout de même face à cette constante impulsivité mêlée à une forte frustration dont elle faisait preuve régulièrement. Tous ceux ayant étudiés le dossier de la kunoichi savaient qu'elle ne supportait pas de se sentir vulnérable face à quiconque, car trop effrayée de se retrouver à revivre de nouvelles tortures abominables. Elle n'aimait pas être sauvée ni mise à l'écart, et ce en revanche par simple obstination. Une partie d'elle demeurait donc encore noyée sous les traits du spectre de Shiro Hikage.
Haiiro comprit alors que Sera rejetait sa compagnie uniquement car il était l'un des rares ninjas encore vivant pouvant s'opposer à ses choix, comme il en fut question pour Yoru. Autrefois meilleurs amis, la donzelle ne pu tout de même pas s'empêcher de fixer des barrières solides et infranchissables, de sorte à ne jamais avoir à ressentir de faiblesses, pour se consacrer entièrement à l'éradication de ses ennemis. Ce fut sur cette certitude qu'Haiiro, après avoir reprit et terminé sa bouteille, posa les deux coudes sur la table, et avança sa chaise jusqu'à avoir le ventre collé sur le bord de la table.

Yoru maintenant décédé depuis quelques semaines, il ne restait plus qu'Haiiro comme ancien membre du Kamen no Gunsei, et comme plus vieille connaissance de Sera. Après plusieurs années, il était peut-être que quelqu'un reprenne en main ce que le défunt ANBU avait commencé : s'opposer à la volonté de Sera, ou plutôt de Shiro Hikage. Assassiner ce double damné pour permettre à la kunoichi d'aller plus loin; de se débarrasser des ses pulsions meurtrières et de ses peurs. Alors, s'apprêtant à susciter peut-être le courroux de Sera, Haiiro détourna son regard du sien pendant quelques secondes, pinçant ses lèvres tout en réfléchissant à ses prochaines phrases. Se penchant encore un peu plus pour se confronter totalement au regard de la jeune femme, il lança :

" Il serait temps, Sera, que tu comprennes que ce n'est pas toi qui dirige cette ville. Ce n'est plus comme avant, quand on s'émerveillait au moindre ordre du Yondaime. Alors soit tu restes dans ton petit monde à rejeter n'importe qui et n'importe quoi pour te sentir pousser des ailes et ne rien risquer si ce n'est que ta vie, alors soit bordel, réfléchis vraiment, pour une fois. Je ne te parle pas de tes enquêtes, car on sait tous que t'es peut-être l'une des meilleures du Sekai, pour ça. Je te parle simplement de ta situation à toi. Tu ne trouves pas ça absurde, de tendre les bras à des gens que tu acceptes aujourd'hui, et que tu rejetteras demain ? Ça a toujours été comme ça, avec toi. Dès que quelqu'un peut t'apporter quelque chose, t'obliger à te remettre en question, tu le fuis et tu deviens impulsive. C'était comme ça avec Yoru, avec Ganbaï et tous les autres. Et alors, qu'est-ce qui se passera au moment où cette gamine que tu prends en charge sera en danger ? Tu te mettras à faire de la bouillie de son assaillant, cruellement, face à elle ? Tu te souviens donc pas de ce qu'essayait de te dire Yoru ? C'est qu'ici, avec nous, tu es chez toi. Tu te crois seule et heureuse de l'être, parce que tu penses avoir connue le désespoir ? Alors oui, sûrement que parmi nous tous, c'est toi qui a le plus trinqué. Mais regarde les choses en face : ça fait des années que tu traques La Cour sans relâche, et rien n'a changé. Seule, et pardon de te le rappeler, tu as été capturée, abusée, torturée. Et à quel moment tu as seulement songé toi, de prévenir le Kamen no Gunsei ? Tu partais seule sans prévenir personne, pour exécuter tes vengeances, pendant que nous, on devait rectifier tes conneries. Ce n'est pas à toi d'imposer des conditions. On a besoin de toi, comme on a besoin des uns et des autres. Alors je ne m'arrêterai pas de te sauver tant que tu continueras à foncer tête baissée vers les pièges que l'on te tends. On a pas besoin que tu te sacrifie inutilement. Ce n'est pas comme ça que l'on réussira à construire le futur. On a besoin de tes ressources... "

Sans perdre de son soudain dynamisme, Haiiro leva vivement la main pour commander une nouvelle bouteille et quelques brochettes pour ses deux invités. La commande arriva rapidement, et le jeune homme fut le premier à se servir en boulettes de bœuf. Buvant un peu de sa bière pour accompagner sa bouchée, il reprit : " On était des rivaux, mais également des amis, Sera. Qui était à ton chevet lorsque tu étais à l'hôpital ? Yoru et moi. Nous nous sommes tous sentis coupables lors de ta mise à pieds, et le seul à avoir tenu la route, c'était Yoru. Si nous t'aimions comme une sœur, lui, n'a jamais pu te dire à quel point tu étais quelqu'un de cher à ses yeux. Nous étions presque tous orphelins, et le Kamen no Gunsei était tout ce que nous avions. "

Haiiro recula pour se caler à nouveau contre le dossier de sa chaise. Il jeta vulgairement son pic à brochette sur la table, tout en concluant : " Mais ça, si tu compte pas t'en souvenir, alors effectivement, moi aussi je refuserai de te voir. "

 
lumos maxima
avatar
風 | Suna no Jônin
風 | Suna no Jônin
Messages : 104
Date d'inscription : 20/10/2016

Fiche Shinobi
Rang: A
Ryos: 809
PE:
68/300  (68/300)

Voir le profil de l'utilisateur
THE FEW AND THE FALLEN


Il y a une autre raison pour laquelle je méprise Haiiro Soramaro : il me connaît tout aussi bien que Yoru. Il est le seul de la bande avec qui j'ai encore des contacts occasionnels, et je ne veux surtout pas reprendre mes vieilles habitudes à ses côtés, mais il a raison dans un certain sens : je ne supporte pas la compagnie des autres, et encore moins depuis le décès de mon meilleur ami. En ce qui concerne Yume, c'est différent. Elle se retrouve dans la même situation que moi par le passé, et je culpabiliserais de ne rien faire face à ça. C'est un devoir. Mais je ne dois rien à cet homme là. Nous sommes quittes depuis un long moment, et le fait qu'il sache aussi bien lire en moi me déplaît au plus haut point. D'autant plus qu'il a raison sur toute la ligne. Je ne le regarde pas car j'éprouve tout simplement de la honte. J'ai été ingrate à plusieurs reprises en ignorant l'affection qu'on me portait. Nous avons tous vécus des moments forts au sein de ce groupe d'intervention d'élite, et la plupart de ces moments souvent tragiques, étaient précédés d'instants bien plus joyeux. Dans mon esprit logique et machinal, je n'ai tout simplement pas l'habitude de m'accrocher à de bons souvenirs, du moins, seulement sur une très courte période, juste pour me sentir un peu soulagée lorsque j'en éprouve le besoin.
Mais jusque là, rien d'autre ne m'as été plus soulageant que résoudre des enquêtes, de prouver ma valeur au sein du corps d'élite du village, et de prouver que moi aussi, je pouvais être quelqu'un de bien. Mais me souvenir à quel point je pouvais être intransigeante et égoïste par le passé a toujours été quelque chose de douloureux et dans le fond, Shiro Hikage demeure encore quelque part. J'ai faites de La Cour une histoire personnelle, et c'est en partie à cause de mes propres agissements que j'ai vécue tout ça. Si seulement j'étais restée aux côtés de ma seconde et seule famille actuellement, j'aurais pu peut-être empêcher que tout ceci n'arrive. Mais il est trop tard et finalement, je succombe aux paroles de mon ancien compagnon d'arme. Nous ne pouvons pas fonder une alliance en étant nous-même divisés, et je dois bien me faire à l'évidence que des personnes acceptent véritablement ma compagnie en tant que telle, et non en tant que kunoichi. Je sens mon estomac se nouer et mes yeux s'humidifier. Je ferme un instant les yeux, fortement, pour empêcher que des larmes ne coulent.

Mettre de côté nos rancœurs pour l'avenir. Le notre, celui des personnes que nous avions jurées de défendre depuis notre premier jour à l'académie. C'est ce que nous sommes et ce que nous faisons. Si pendant plusieurs années devenir ninja était pour moi synonyme d'acquérir les armes pour vaincre mes ennemis, je songe, depuis ma rencontre avec Naruto et Kakashi, à me battre pour d'autres raisons bien moins égoïstes. Si je ne pensais qu'à résoudre les affaires qui m'intéressaient plus que celles dont n'importe qui pouvait se charger, je vois plus claire dans mon rôle. Nous ne sommes plus de la chair à canon, des orphelins spécialement recrutés parce qu'ils n'avaient à perdre. Nous sommes aujourd'hui tous membres d'une alliance qui ne demande qu'à s'étendre vers les autres pays. Si me battre pour le futur est la chose la plus importante que je puisse faire, alors je m'y accorderai.

" Désolée, Haiiro... " Murmure-je avant de prendre une brochette du plateau qu'il avait commandé. Je fais également comprendre à Yume qu'elle aussi a le droit à sa portion.

J'ai mieux à faire que m'excuser simplement. Ça fait plusieurs mois que je n'ai pas adressé de véritables mots à cet ami oublié. Contrairement à ce que je croyais, " le héro " n'agit pas pour servir sa réputation, ni pour la gloire, et encore moins par devoir. Il le faisait par affection, parce que lui, contrairement à moi, n'a jamais réellement pu côtoyer ses parents. Le Kamen no Gunsei était tout ce qu'il avait. Je crois aussi qu'après tout ça, je suis la seule personne qui le connaît depuis tellement de temps. Nous sommes tous les deux dans la même situation. Il attend de moi que je mette tout carte sur table, et c'est que je vais faire.

" L'alliance avec Konoha s'annonce prometteuse. Nous sommes tous sur la même longueur d'onde, et Hatake Kakashi est quelqu'un de très sérieux, très honnête. J'ai confiance en lui. En ce qui concerne le Yondaime Kazekage, je partage également ton avis, et une partie du Conseil semble investi en notre faveur. Kageshi se cache toujours derrière son pseudonyme, et c'est le meilleur intendant que l'on puisse avoir. Il est honnête malgré le lourd passé qui semble l'empêcher de dévoiler son véritable nom. En ce qui concerne La Cour, il vaut mieux ne pas en parler ici. Les murs ont des oreilles. Mais tout ce que je te demanderai, Haiiro, c'est de jouer franc jeu avec moi. Pas de secrets. "
avatar
火 | Konoha no Genin
火 | Konoha no Genin
Messages : 801
Date d'inscription : 19/07/2016
Age : 19

Fiche Shinobi
Rang: C
Ryos: 1517
PE:
354/100  (354/100)

Voir le profil de l'utilisateur


Wake up Yume !

Je crois qu'aucun des deux jonins n'avaient remarqué mon altercation. Puisque un repas apparu sur la table. Je du me faire violence pour ne pas me jeter dessus. J'avais presque le sentiment de sentir mon père derrière moi près à me donner une claque sur la main ou me pincer si je faisais quelque chose de mal. Je fins par arrêter d'écouter les deux jonins. Je crois que cette conversation ne me concernait absolument pas. Alors … Autant être prudente et ne pas écouter. Je saisis lentement une brochette et commençai à la grignoter les yeux dans le vague. Je mâchai avec application. J'avais l'impression d'entendre les ordres de mon père pendant que je mâchai.

Le cure-dents qui rebondit sur la table me fit revenir un peu dans la réalité, mon esprit ayant volé jusqu'à Konoha et ma petite sœur. Je fixai Sera-san. Allait-elle pleurer ? Je lui touchai le bras sans parler. Ah … Euh … La conversation n’était toujours pas pour moi. Je déposais tranquillement ce qu'il restait de ma brochette : à savoir juste la baguette servant à tenir la viande avant de me redresser machinalement. Ma trop bonne éducation me tapait sur les nerfs … Mais je n'arrivai à m'en empêcher. Ah … Les Hyûgas … Hako-chan avait raison quelque part, la rigidité de maintien devait être dans nos gênes … Ah … Je recommençai à piquer du nez. Je me collais une paire de claques pour garder les yeux ouverts.

Rah ! J'en avais marre de piquer du nez pour rien ! J'allongeai mes jambes et les massai lentement. Aie … J'aurais des courbatures demain … Si j'arrivai à rester en vie jusqu'à là. Bon … Quand même … D'après ce que je captai des deux jonins je crois que nous allions bouger. Je tournais lentement la tête pour observai de nouveau autour de moi. Visiblement le genin était avec ses amis et ils me fixaient. Quoi ?! Je n'étais pas un animal de curiosité quand même ! Il n'avait pas à essayer de me toucher comme ça. Les autres gens me jetaient des regards mais aucun ne s'approcha. Je me frottai de nouveau les yeux en retenant un bâillement. Je bus longuement de l'eau. Je n'avais qu'une envie juste posé ma tête sur la table et dormir. Mais … Je doute que Sera-san puisse me porter jusqu'à chez elle. Je devais rester éveiller quand même !

© Naely




Merci Aimi !

Spoiler:
 
avatar
風 | Suna no Jônin
風 | Suna no Jônin
Messages : 16
Date d'inscription : 21/01/2017

Fiche Shinobi
Rang: A
Ryos: 400
PE:
0/300  (0/300)

Voir le profil de l'utilisateur
The Few and The Fallen



" Mais tout ce que je te demanderai, Haiiro, c'est de jouer franc jeu avec moi. Pas de secrets. "

Les secrets faisaient parties intégrantes de la vie d'Haiiro dès lors où il avait intégré l'ANBU. D'abord aux services du Yondaime Kazekage puis au service d'un cercle plus fermé, il n'était pas aussi facile pour lui de se souvenir de tout ce qu'il avait pu découvrir et analyser. Sa précédente décadence l'avait quelque peu abîmé, si bien qu'encore maintenant il avait lui-même dû se faire force pour croire en ce qu'il disait. Même si les choses semblaient changer au sujet de sa relation avec Shishiro Sera, il lui fallait une nouvelle fois réintégrer un poste parmi ses nombreuses affectations. D'abord membre d'unité, il fut aussi bien à la tête de différentes escouades que simple atout stratégique lorsque des ninjas plus spécialisés que lui étaient appelés. En cela, ses aptitudes de traqueur se démarquaient rapidement en mission; ce qui l'a conduit à être ensuite garde du corps de différents hommes politiques honnêtes et influents. Contrairement à sa comparse, il n'avait jamais eut à se retourner contre les siens; ceux-ci étant fidèles à leurs valeurs et à leurs principes, et accordant donc une grande importance aux signatures d'actes pacifistes. Ses connaissances en matière de techniques de furtivité et de déplacements rapides l'auront conduit à diriger, organiser et prévenir des équipes lors de poursuites. Mais en aucun enquêteur ni logicien, Haiiro était bel et bien un homme de terrain; un stratège dans le vif uniquement. Néanmoins, sa nature prévenante et calme palliait quelque peu à ce défaut. Il n'était pas pour autant naïf ni insoucieux des détails. Doué d'une intuition rarement fausse, il agissait avec précaution.

Ces nouvelles retrouvailles touchaient à leur fin. L'orphelin paya le repas avec le peu d'argent qui lui restait - car le saké coûtait cher, particulièrement lorsque nous sommes désespéré. Remarquant par ailleurs la fatigue de Hyûga Yume, il déposa vulgairement ses quelques ryos sur la table dans le but de rompre un instant la conversation. Se levant le premier, précédé des deux kunoichi, ils quittèrent la taverne pour retourner dans les rues du village. L'ANBU n'ignorait pas les talents sordides et mystérieux de La Cour; celle-ci, par des procédés encore inconnus, était capable de connaître exactement l'emplacement de leurs proies, et pouvait en conséquence agir à tout moment. Il était tout de même bon de savoir que le Conseil était à présent majoritairement composé d'hommes de lois, et ce grâce à quelques missions menées avec succès. Pendant longtemps déstabilisé par celles-ci, il fallut du temps à Haiiro pour reprendre confiance vis-à-vis des hautes instances de Suna. Sa conversation avec l'ancienne membre du Kamen no Gunsei l'aura néanmoins réconforté et remotivé. Il était à nouveau prêt à se battre pour les siens. Il lui faudra naturellement rencontrer à nouveau son supérieur hiérarchique. Durant leur marche, alors que la Hyûga continuait de s'accrocher à son mentor, il reprit :

" Alors si on doit mettre fin aux secrets que nous gardions chacun depuis toutes ces années, je pense que l'on devrait revenir en priorité le jour où Yoru fut assassiné... "

Un souvenir douloureux pour l'ensemble du corps d'élite du village. Plus qu'un véritable ninja au service de Suna, il fut un ami précieux et dévoué; exactement comme en témoignait sa volonté à contribuer à un futur tranquille. Il estimait que sa vie n'était rien par rapport à son nindo, mais ce n'était pas en défendant ses idées qu'il fut mort, mais en défendant un être cher. Mort avec la gorge coupée, il n'avait pas pu le dire. Alors, il incombait la lourde tâche à Haiiro de transmettre ses derniers mots à celle qu'il avait protégé au péril de sa vie :  

" Alors que tu enquêtais sur le terrain, nous avions réussi à localiser le nouvel émissaire de La Cour grâce à Ganbai. Nous étions alors sûr que celui-ci allait s'attaquer à toi au moment où tu étais sur le point de coincer définitivement l'un des membres du Cercle Fermé. Mais les choses s'étaient compliquées : l'un des ninjas de notre escouade était un infiltré. Alors que je l'affrontais, Yoru était parti à ta recherche. J'ai pu aisément vaincre l'infiltré, mais il était trop tard pour sauver Yoru... il avait déjà succombé à l'assaut de l'émissaire. Celui-ci avait probablement un autre complice avec lui. Tu connais la suite... "

Haiiro lui même était pris d'un chagrin qu'il essayait de retenir. Pourtant, il n'avait pas terminé de parler de cette nuit de deuil pour Suna, qui avait perdue l'un de ses meilleurs éléments et l'un de ses plus grands protecteurs. Cependant, en la mémoire de ce valeureux shinobi, l'Anbu serra les poings et expira fortement. Après l'instant ou ses yeux humides de tristesse voyaient encore de terribles images se succéder, ceux-ci redevinrent gorgés d'une motivation implacable; la flamme venait de se raviver. L'élite ne pouvait plus manquer à ses serments, ni à la mémoire de son défunt frère d'arme. Tout ceci le ramenait à autrefois; lorsqu'ils combattaient ensemble avec toutes leurs convictions. Yoru aurait vu le déshonneur dans la conduite du dernier shinobi avec qui il avait combattu.

" Yoru est mort en te protégeant. Il savait pourtant qu'il n'allait pas ressortir vainqueur de son affrontement. Il me l'avait dit, et avant de se séparer du groupe, il m'avait demandé de te dire qu'il t'aimait comme une sœur. Ganbai ne s'en est jamais remis. Il a déposé les armes et est rentré dans son village natal retrouver sa famille peu de temps après notre dernier repas. Nous sommes les deux derniers membres de cet ancien groupe d'intervention, Sera. D'entre nous tous, il était le meilleur. C'était le seul a n'avoir jamais connu de malheurs dans sa vie, a avoir toujours être le plus raisonnable, le plus souriant, le plus éclairé... il était le seul à avoir une famille. Tu te souviens de la devise qu'on avait ? " Pour nos foyers, nous mourront. Pour eux, nous vaincrons. "



 
lumos maxima

Contenu sponsorisé


Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Fallen Galaxy
» Happy B-Day Fallen !
» REcherceh de Deck List
» presentation de fallen
» Ils sont déjà nos amis.

Sauter vers: