Our flaming willpower [ft. Megumi]
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Our flaming willpower [ft. Megumi]    Mar 24 Jan - 3:03


♠ Megumi x Shōyō

   ♠ Our flaming willpower

<< ... >>

Je me trouvais en haut d'une falaise, admirant la nature qui s'offrait à moi. Kuma no Kuni était réputé pour être une grande étendue forestière. Un endroit préservé des dérives de l'être humain et où devaient nicher quantité d'espèces animales et végétales. Il serait intéressant pour moi d'aller cueillir d'éventuels champignons pour une recette future. Kogoro-tan les adorait, peut-être que je pourrais en découvrir des délicieux dans ces forêts denses.

Seulement, ce qui accaparait encore plus mon attention, c'était le paysage qui se prolongeait plus loin. Une infinité de plaines, avec un climat tout aussi chaud que celui qui semblait régner par ici. Hi no Kuni, c'était le grand pays frontalier avec le plus modeste pays de l'Ours. À regarder cet endroit, comme ça de loin, je ressentis une certaine nostalgie que je ne pouvais expliquer. Mes yeux restèrent fixés un moment à observer ces contrées que je ne me risquerais pas à visiter, du moins pas tant que je ne me sentirais pas encore prêt à braver cette limite qui pouvait s'avérer dangereuse.

Silencieux, concentré, je finis par omettre tous les bruits environnants. La légère brise caressant mon visage apportait sa dose de rafraîchissement bienvenue, indiquant la fin de journée. Je n'en étais pas malheureux vu la chaleur qui régnait aujourd'hui. J'essayais d'expliquer de façon cartésienne ce sentiment que je n'avais jamais ressenti dans aucun autre endroit, me demandant si cela était du à un lien quelconque avec cette patrie ...

Secouant la tête de droite à gauche pour chasser ce genre de pensées, je ne devais pas oublier la raison pour laquelle j'étais venu ici en particulier. Il parait qu'un établissement d'un certain genre se trouvait aux environs, ce dernier étant le repaire de rebuts de la société ainsi que de marchands en tout genre plutôt louches, je me dis que ma mine d'or ne pouvait se trouver qu'ici. Reprenant mes esprits, j'entrepris de descendre pour me mêler à la populace, histoire de faire les choses correctement.

Je me trouvais dans un petit village, aux allures traditionnelles qui ne demandait qu'à être visité. J'arpentais les ruelles d'un pas tranquille, cherchant du regard le fameux bar-love hotel qui m'était si vivement conseillé. Je suppose que le vieux rabougri qui me l'a indiqué voulait que je lui paie une soirée avec une fille là-bas ... Décidément, les hommes âgés d'ici sont bien différents de la sagesse du maître Akimitsu. L'oiseau rare ne tarda pas à montrer le bout de ses plumes, puisque je me retrouvais sans presque m'en rendre compte devant l'affiche bien aguicheuse du bâtiment.

À voir le revêtement externe du lieu, j'en conclus qu'il n'était pas encore ouvert. Pourtant, le soleil n'allait plus tarder à se coucher. Quelque peu malchanceux, je décidais de prendre mon mal en patience dans la petite taverne moins tape-à-l’œil juxtaposée au "Love-Dove". J'en profiterais pour y dîner, faire le plein de provisions et me focaliser davantage sur ma mission du jour.

Cette taverne était tellement charmante. Lorsque j'entrouvris la porte, une odeur de vieux meubles et de plats anciens se mélangeaient. Une pancarte disait bien clairement qu'ici, l'alcool était proscrit, cela m'arracha même un sourire. Une petite vieille - on dirait bien que moi et les vieux allions vivre une très longue histoire d'amour ... - vint m'accueillir. Lorsqu'elle me parlait, j'esquissais un sourire mais en réalité, je n'entendais rien. J'aurais bien aimé le lui dire mais son mari, au comptoir, nous regardait et lui jetait des coups d'yeux attendris. Je la remerciais de son accueil et, de vive voix, hurlais ma commande :

<< Balancez tout ce que vous avez, je paierai en liquide ! >>

Je dus moi-même m'occuper de ma commande. Le vieil homme mettait tellement de temps qu'il m'arriverait aussi cuit que le rôti qu'il me servait. En m'installant, ils vinrent à ma table et commencèrent à me conter les historiettes du village, de ses environs. Heureusement qu'ils ne parlaient pas fort, ils ne dérangeaient ainsi pas mes réflexions. Tout en mangeant la viande un peu trop cuite et un peu trop sèche de Mémette - c'était le nouveau surnom de la petite grand-mère -, je laissais traîner un œil discret vers l'hôtel d'à-côté. Je m'étais installé en conséquence, pour pouvoir bien l'observer et y entrer dès qu'il commencerait à se remplir.  

Leurs discussions tournaient autour d'un évènement particulier : Au niveau du lac, près de cet amas de petits magasins de quartier, allait se dérouler la fête des étoiles. La nuit, une fois chaque je-ne-sais-quelle-période, défilait dans les cieux un cortège étoilé selon eux magnifique. Une sorte de lac lumineux qui faisait un salut à son homologue terrestre, un festival à ne pas rater d'après mes hôtes bien-aimés.

J'emportais toute la nourriture que ma maigre bourse m'autorisait à prendre, je les saluais d'un "adieu" avant de me décider à aller voir d'un peu plus près ce qui se tramait chez leurs voisins. Tsk, toujours rien, ils commençaient sérieusement à épuiser ma patience.

Quitte à attendre, autant aller voir ce fameux lac étoilé. Paraît qu'on l'observe d'autant mieux que si on est au lac qui ne se trouve pas trop loin d'ici. Bah, je n'aurais qu'à passer le temps là-bas. L'hôtel ne commencerait à recevoir des clients que plus tard dans la soirée, c'était le genre de bâtisse qui était animée la nuit, autant la prolonger agréablement.

Plusieurs curieux s'étaient réunis ici, installés sur l'herbe fraîche. Je ressentais un peu l'atmosphère frisquette qui s'installait de plus en plus, et je me félicitais d'avoir emporté ma chemise jaune. Bon, ça n'allait pas constituer le rempart idéal contre le mercure baissant, mais c'était toujours mieux que rien.

Lorgnant des yeux le coin, je vis tout un kaléidoscope de gens venus assister à cette merveille de la nature. Les dires des présents ne tournaient qu'autour de ça, levant la tête au ciel pour ne pas rater ce déferlement enflammé. Je m'installais dans un coin un peu isolé et laissais mon esprit vagabonder. Je ne pouvais pas me détendre tant que je n'avais pas eu la moindre information, c'était à la fois rageant et excitant. Je ne pouvais pas tenir en place non plus, j'aurais tellement aimé régler ça à mon arrivée ... Mais comme on dit, les bonnes choses doivent attendre.

J'étais de toutes façons coincé ici, alors autant en profiter. Des étoiles faisaient leur apparition par-ci par-là, et l'excitation de la foule grandissait au fur et à mesure que le ciel arborait sa robe la plus lumineuse et la plus immaculée de l'année. Je regardais la chose en étant assez impressionné, sans tiquer quant au fait que l'air devenait de plus en plus froid. Une vilaine brise souffla, emportant mon chapeau au loin, parmi les gens. Je me levais, grognon, et enjambais les personnes assises, mêlant aux excuses conventionnelles une observation limitée par l'obscurité pour essayer de retrouver mon couvre-chef.

♠ To be continued ... ♠
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Dernière édition par Hasegawa Shōyō le Ven 27 Jan - 6:51, édité 1 fois
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Re: Our flaming willpower [ft. Megumi]    Mar 24 Jan - 4:30
La fraîcheur du vent nocturne me taquinait les bras, provoquant maints frissons dans son sillage le long de ma peau nue. Enfonçant la tête dans mes épaules, j'espérai vainement que ma longue chevelure d'encre contribue à me préserver de la brise nocturne. Un simple regard aux autres individus présents suffisait à me rappeler mon inconscience ; j'étais bien la seule à ne pas m'être dotée de longues manches ou d'une veste quelconque. Cela m'apprendrait à faire preuve d'un peu plus de clairvoyance. Moi qui pensais regagner ma contrée avant la tombée du soir, j'avais fini par me laisser convaincre de passer la nuit à Kuma no kuni pour admirer les étoiles. Mais le marchand que j'avais escorté était si insistant et, à dire vrai, je n'étais pas pressée de rentrer. Quand bien même ma famille me manquait, je me surprenais à aimer découvrir le monde, à m'émerveiller de toutes ces choses que je ne pouvais admirer entre les murs de ce village que j'aimais pourtant de tout mon coeur. Et donc je m'étais laissée séduire par l'évocation de ces paysages cosmiques et grandioses, simplement déçue par mon incapacité à partager cette expérience avec autrui. Au lieu de cela, je me noyais en une masse d'étrangers ne me portant guère d'intérêt. La solitude au milieu de la foule. Une sensation aussi paisible qu'écrasante. Personne ne vous cherche, personne ne sait que vous existez. Il suffit alors de se laisser bercer par le bourdonnement des conversations, de se détendre en sachant que personne ne risque de vous interpeller. Il suffit de ne pas étouffer en prenant conscience qu'aucune âme à des lieux à la ronde ne se soucie de votre existence.

Je poussai un soupir, désireuse de relâcher un peu de cette tension accumulée dans mes épaules. Je n'étais guère présente pour me perdre en grandes réflexions ou laisser l'angoisse de la solitude me faire prisonnière de ses griffes. Après avoir répété à qui mieux-mieux mon potentiel en tant que kunoichi, ma capacité à me défendre seule, il aurait été bien contradictoire de flancher maintenant. N'y avait-il pas quelque chose de poétique à ce décor et à ces odeurs ? Voilà ce à quoi il était bon de me raccrocher, assise sur l'herbe, laissant ma main danser au milieu de ces filaments verdâtres de manière indolente. Au loin, je pouvais voir des enfants culbuter sous le regard de mères attentives, bien que plongées en des discussions sur la pluie et le beau temps, sur les récoltes. Des hommes partageaient le saké et certains jeunes courageux pataugeait dans le lac au milieu de lucioles, s'éclaboussant en riant de fortes voix énergiques. Je plissai les yeux, réalisant mon erreur. Il ne s'agissait pas de lucioles. Tout autour d'eux, l'onde à la couleur de nuit était tachée par le reflet des étoiles et de la Lune, donnant l'impression d'une myriade de perles glissant sur l'eau. Magnifique.

Perdue en ces contemplations, c'est de justesse que j'entendis le cri enthousiaste d'une enfant, mélange de rire et de surprise, bientôt accompagné de la plainte de la déception. Relevant le museau, je cherchai la cause de ces expressions pour mieux voir cette ombre virevoltant dans le vent, approchant en ma direction à toute allure de manière désordonnée. L'instant suivant, je regardai mon bras s'allonger et le bout de mes doigts se refermer contre le bord plat de l'objet. Mes paupières se fermèrent et s'ouvrirent à quelques reprises alors que, plus loin, la gamine avait éclaté d'un rire sincère, applaudissant à pleines mains pour saluer ma performance. C'est seulement là que je remarquai que je m'étais partiellement relevée, coincée à mi-chemin entre la position assise et debout. J'entrepris donc d'achever mon mouvement en lissant les pans de mon qipao, offrant un sourire gêné à l'enfant qui m'avait félicitée. Suite à sa réaction, même un succès aussi minime suffisait à me réchauffer le coeur d'une fierté puérile, mais pas moins précieuse.

Et maintenant quoi ? Curieuse, mes iris abyssaux se posèrent sur le couvre-chef que j'avais attrapé au vol, le bout de mes doigts caressant l'objet pour en déterminer l'origine. Doux, mais ferme et épais, pour conserver sa forme probablement. Tout autour de la base, une multitude de reflets m'étaient renvoyés par des perles obscures, miroitant sous l'éclat lunaire. Peu importe qui fut le propriétaire de cet objet, il était évident que ce dernier en prenait grand soin. De fil en aiguille, il m'apparut crucial de le rendre à qui de droit, ne serait-ce que pour satisfaire ma gentillesse instinctive et mon besoin inné de rendre service. D'autant plus que cela ne me coûterait pas grand chose ou, à tout le moins, c'est bien ce que je me disais en cet instant, ignorant tout ce que cette rencontre me réservait alors. Si j'avais su, peut-être aurais-je cru plus sage de laisser le vent porter mon butin plus loin, vers quelqu'un d'autre. Sauf que l'histoire ne s'est pas passée ainsi et que, peu après, une grande silhouette faisait irruption dans mon champ de vision, visiblement énervée, regardant à gauche et à droite. J'esquissai un discret sourire de satisfaction. Je n'aurais pas besoin de chercher plus longtemps. Chassant ma timidité pour l'heure, je m'approchai en conservant un air doux, tendant le chapeau à cet inconnu irrité.

« Serait-ce l'objet que vous recherchez ? Je l'ai attrapé au vol, il ne semble pas abîmé. »


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Re: Our flaming willpower [ft. Megumi]    Jeu 26 Jan - 5:27


♠ Megumi x Shōyō

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Cette soirée s'annonçait bien variable, avec ses hauts et ses bas. Entre la déception de devoir attendre que l'hôtel ouvre pour que je puisse m'y introduire, et ce spectacle céleste divin, j'étais servi. Je m'étais même déniché un petit coin isolé, loin de la foule dont le bruit dérangeant augmentait sans cesse, pour admirer la fierté du patelin. Ces gens pour qui le seul intérêt d'être ici est un prétexte afin de sortir, de rencontrer les voisins et raconter leurs vies sans écouter celles des autres. Ces simples habitants qui, l'espace d'une soirée, deviennent des hôtes de marque pour des étrangers qui sont davantage attirés par la curiosité liée au phénomène qu'un réel attrait pour le pays. Ces personnes-là n'étaient pas du genre à m'intéresser, loin de là. Et même, si je devais avoir quelque interaction que ce soit avec elles, celle-ci ne serait motivée que par mon désir de récolter ces informations qui se faisaient aussi rare que la neige en plein désert.

Pour ne rien arranger à la tension palpable qui commençait à gagner du terrain en moi, une brise fraîche vint me faire frissonner. C'était bref mais néanmoins intense, suffisamment pour me faire regretter l'absence d'habits plus chauds. Un véritable paradoxe thermique qui reflétait assez bien ma journée mi-figue mi-raisin, me laissant un goût amer lorsque je levais les yeux au ciel.

Mon chapeau envolé, je me mis activement à sa recherche. C'était l'un des rares présents qui avaient atterri avec moi chez les Akimitsu, il représentait par conséquent une valeur sentimentale importante. De plus, mon collier de perles stylisé y était attaché pour l'occasion. Moi qui voulais m'essayer à un nouveau style vestimentaire, j'avais bien de la veine à le voir subtilisé par ce vent décidément bien capricieux.

Alors que la sortie s'acheminait vers un fiasco des plus frustrants, voici qu'un visage lumineux m'apparut dans l'obscurité causée par mon énervement croissant. Les yeux étaient si profonds qu'à trop les fixer, on pouvait avoir le sentiment de s'y noyer. Le teint clair, allant de pair avec la chevelure noir corbeau, stylisée sous le signe des femmes de la noblesse traditionnelle. Son apparence seule m'avait d’ores et déjà frappé, moi qui étais du genre impassible, je fis un certain effort pour contenir mon impression face à cette femme. Mon regard cependant, se remplit d'une petite joie en voyant l'objet qu'elle tenait entre ses mains : Mon trésor personnel m'était enfin restitué et, avec, une partie de mon calme.

Je pris le couvre-chef de ses mains, le remis sur ma tête et sentis déjà que les choses allaient dans un meilleur sens. En m'abordant, mon interlocutrice fit preuve d'une étonnante douceur qui m'apaisa presque instantanément. J'eus un petit sourire, synonyme de satisfaction, avant de répondre :

<< Je pensais que j'allais jouer à saute-mouton avec toute cette foule, mais finalement vous m'êtes apparue telle une comète pour m'amener mon chapeau. La moindre des choses que je puisse faire est de vous inviter à regarder avec moi ce qui reste du défilé étoilé, mademoiselle. >>

Le ton que j'avais adopté était bienveillant, quoiqu'un peu critique vis-à-vis du nombre de personnes venues en masse. Il y avait de plus en plus de vacarme, un brouhaha qui ne semblerait vouloir cesser qu'une fois le ciel transformé en rivière dorée, flamboyante. Je ne pouvais espérer meilleure compagnie pour terminer cette journée qui s'était très mal déclarée, tant l'aura dégagée par la demoiselle constituait une source de chaleur humaine suffisante pour atténuer tout sentiment négatif. C'était suffisamment intrigant pour me pousser à lui demander de bien vouloir s'asseoir à côté de moi, ayant éveillé ma curiosité déjà bien stimulée aujourd'hui en venant dans cette région.

Sans attendre sa réaction, je m'asseyais à côté d'elle, laissant mon esprit vagabonder vers des pensées variées. Depuis un moment déjà, je m'attelais à prendre toutes les précautions nécessaires pour ne laisser derrière moi aucune trace, alors m'exposer ainsi à une inconnue ... Cela me fit béatement sourire, me rappelant une histoire que j'avais vécue dans une taverne - oui, encore une taverne -. Une conversation d'ivrognes me revint en mémoire et, avec elle, une phrase en particulier qui m'était tout à fait source d'inspiration - mon sarcasme a décidément bien évolué -. Un homme, dont les dires se mélangeaient à une détresse apparente, me faisant presque pitié, racontait comme la femme qu'il aimait lui avait brisé le cœur et paraphrasait énormément. L'alcool était sans aucun doute la potion magique des poètes, au vu des verbes qu'un être humain lambda pouvait sortir lorsqu'il était en état d'ébriété.

Les femmes sont des démons qui vous font entrer en enfer par la porte du paradis.

Je me surprenais à exprimer le désir de vouloir m'accompagner d'une personne que je ne connaissais même pas, mais j'avais suffisamment confiance en mon instinct pour lui accorder le bénéfice du doute. Il est vrai que, en tant qu'homme de logique et se vantant d'avoir un certain sens de l'analyse et de l'objectivité, j'abhorrais les jeux de hasard de par leur nature aléatoire. Pour autant, force est de constater que je m'apprêtais à céder cette fois-ci, me considérant - et je fermai les yeux à cette pensée - comme à moitié mort seulement. Je ne pouvais pas savoir ce qu'allait me réserver cette rencontre, que ce soit en bien ou en mal alors, autant se jeter à l'eau.

Enfin, façon de parler. Parce que l'eau physique, elle, était glaciale.

<< Je me demande si la fascination qu'ont les Hommes pour les étoiles vient de leur souhait de se libérer de tout, ou simplement de briller durant leur existence et d'être admirés. J'aime me dire que les étoiles représentent notre volonté d'émancipation mais aussi notre potentielle fin si nous n'avons aucun repère auquel nous raccrocher puisque, fatalement, les étoiles finissent par disparaître une fois séparées de leur astre mère. >> Fis-je, un brin philosophe. Je ne savais même pas si la jeune femme - que je finis d'identifier grâce à un coup d’œil général en lui adressant la parole - était intéressée par le fait de me rejoindre. Elle restait là certainement pour admirer les cieux. De là à vouloir me tenir compagnie, il n'y avait qu'un pas que je n'oserais franchir.  

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Re: Our flaming willpower [ft. Megumi]    Ven 27 Jan - 9:21
Si tôt qu'il eut vu l'objet, l'air de l'homme aux cheveux de jais sembla s'alléger. Ou était-ce mon propre visage qui l'avait incité à détendre les épaules et à quitter son état d'alerte ? Peut-être que oui, peut-être que non. Replaçant le couvre-chef à sa place, l'inconnu entreprit de me remercier sans plus attendre, esquissant du même coup un sourire certes subtil, mais dégageant une certaine aura de satisfaction contagieuse. Sa voix, elle aussi, avait quelque chose de confortable malgré ses quelques moments un peu plus rauques. Mais sans doute était-ce justement ce qui lui conférait ce certain charme qu'ont les objets que l'on n'a pas poli. Ceux pour lesquels on a une petite préférence irrationnelle, tel un vieux kimono confortable. Le plus curieux, c'est qu'il avait aussi une façon de lier ses syllabes qui était tout de même douce, suave, coulante. Une voix tout à fait particulière en somme, mais qui ne déplaisait pas à l'oreille. Quoi qu'il en soit, j'accordais trop d'importance à la forme, négligeant le fond. Faisant preuve d'un peu d'humour, l'inconnu exprima son soulagement de ne pas avoir eu à jouer à saute mouton au coeur de la foule, perspective qui aurait été fort peu pratique, je pouvais en convenir. En contrepartie, probablement aussi solitaire que moi, mon interlocuteur se décida à m'inviter à partager la soirée en sa compagnie, le temps d'admirer la pluie d'étoile filant au-dessus de nos têtes.

Que devais-je répondre ? Je n'avais, après tout, pas d'autres engagements à honorer. Néanmoins, ces lieux m'étaient aussi étrangers que les gens les peuplant et il pouvait être imprudent de me laisser accoster par le premier venu. Sauf qu'il ne pouvait pas véritablement avoir de mauvaises intentions, n'est-ce pas ? Seul le vent avait choisi de nous réunir, indépendamment des désirs de l'inconnu. Vu sous cet angle... Trop tard. Sans me laisser la chance de répondre, l'homme avait pris place au sol, s'installant pour ce qui s'annonçait être tout le reste de la soirée. Au point où j'en étais, il aurait été fort inconvenant de demeurer plantée sur place plus longtemps. Je m'installai donc en seiza avec un grand soin pour les pans de mon qipao, laissant mes paumes reposer contre mes cuisses et maintenant mon dos droit. Digne en toutes situations, bien que je devais sembler coincée au milieu de cette masse de villageois joyeux et fêtards.

Vint alors un court moment de repos, de silence, au cours duquel je me permis de lui jeter une oeillade à la dérobée. Ses paupières avaient doucement tombé alors qu'il semblait profiter pleinement du moment, sans arrières pensées ou hésitation, sans se soucier de rien. Il ne bougeait même pas. À force, j'en vins à esquisser un sourire, me trouvant soudainement plutôt ridicule. Inspirée par son attitude, un soupir m'échappa et je fis rouler mes épaules, dans l'espoir de les délier. Notre rencontre ne devrait pas m'empêcher de profiter du firmament, bien au contraire. Le partage d'une merveille ne la rendait-elle pas d'autant plus précieuse ? J'aimais, dans tous les cas, le voir ainsi. Relevant mes joyaux de suie vers l'étendue étoilée, je fus presque surprise d'entendre la voix de mon camarade s'élever de nouveau. D'où vient la fascination de l'homme pour les cieux ? Vinrent alors ses théories, ses idées, ses paroles pleines d'hypothèses aussi intéressantes que ces météores eux-mêmes, aussi incertaines. Serait-ce un besoin d'émancipation ? Une volonté certaine de briller au-dessus de tous ? Le regard toujours perdu dans le vague, je réfléchissais, tentant une réponse presque à tâtons.

« J'ignore leurs vraies raisons, mais je pense que cela ne se limite pas aux étoiles. C'est le ciel tout entier. Une si vaste étendue, inatteignable, insensible à la douleur des hommes. Ces cieux qui furent toujours là, qui le seront toujours, longtemps après notre mort à tous. Si lointains et pourtant, lorsque l'on tends la main et qu'on ne regarde rien d'autre, on pourrait jurer que l'on va y tomber et être avalé tout entier. »

Je marquai une pause, laissant le silence s'installer, réalisant lentement, mais sûrement, tout ce que je venais de dire. En soit il n'y avait rien de problématique en mes paroles ; je n'avais toutefois pas l'habitude de m'exprimer autant, encore moins sur un sujet aussi poétique. D'autant plus que j'avais finalement senti son regard sur moi, allant le croiser du mien avant de m'y attarder quelques instants. Je ne savais trop ce qui se cachait de l'autre côté de ces prunelles sombres, perçantes malgré la pénombre à leur façon. Ignorant si j'avais répondu comme il se devait, je me retrouvai rapidement intimidée, mes iris s'éloignant des siens alors que j'inclinais légèrement la tête dans la direction opposé à l'inconnu. En ce mouvement, ma longue chevelure d'ébène ruissela le long de mon épaule, se mouvant en parfaite harmonie avec le reste de mon être. Mes mains, toujours là où je les avaient laissées, se pressaient l'une contre l'autre avec une certaine nervosité. Avais-je trop parlé ?

« Enfin, ce ne sont que mes idées sur la question... »


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Re: Our flaming willpower [ft. Megumi]    Dim 29 Jan - 6:31


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Le ton mélodieux de la demoiselle était d'autant plus agréable à écouter que cette fois-ci, elle osa parler un peu plus longtemps. Sa voix se laissait glisser jusqu'à mes oreilles tel un léger souffle, porteur d'un avis qui ne transpirait pas la confiance la plus optimale. J'en étais attendri : La classe de sa posture, droite et imperturbable se mêlait à un tempérament plus modéré, moins pompeux que son apparence ne laissait présager. C'était une très belle jeune femme, elle était semblable à ces brasiers astraux qui se faisaient décidément attendre. À en voir sa réaction, elle avait apparemment accepté de partager sa soirée avec moi. Parfait, je ne pouvais espérer mieux.

Mon sac à dos d'aventurier toujours à mes côtés, là voici qui répondait à ma petite introduction avec son opinion qui se défendait également. Cela me faisait plaisir de rencontrer de telles personnes, aptes à pouvoir échanger avec moi et faire évoluer mes idées. Rien qu'à l'observer, on pouvait se douter qu'elle était issue d'une famille aux valeurs ancrées en elle depuis des générations. Elle s'exprimait avec une manière qui forçait le respect, se tenait avec une fierté indiquant de nobles origines. Sa tunique lui seyait bien, me laissant admirer un physique à la beauté angélique et aux courbes voluptueuses. Une sorte d’œuvre d'art sculptée par la nature, montrant une sublimation apportée par des exercices répétés, au vu de la musculature superbement répartie mais assez discrète pour que seuls les experts en arts martiaux puissent le deviner.

L'espace d'une demi-seconde, mon corps se braqua en imaginant la possibilité qu'avait mon interlocutrice d'être une kunoichi. Je ne savais pas si le pays de l'Ours possédait des escouades ninja puissantes ou non, mais nous étions frontaliers avec celui du Feu, dont la force militaire était vantée partout où je passais. Elle ne paraissait pas être armée, ni même parée au combat si combat il devait y avoir, mais on ne peut pas juger un livre à sa couverture. Elle pourrait tout à fait être capable de m'abattre grâce à des techniques dont elle aurait le secret. Méfiance alors, oui, mais pas trop.

Pas trop, car à ressasser ses propos dans mon esprit, une analyse première de son caractère, de son mode de vie fut tirée et me permit d'essayer de la comprendre. J'attribuais son ton posé à son flegme apparent, tandis que ses paroles plus mélancoliques pouvaient découler d'un désir enfoui. Elle citait les cieux comme un rêve utopique derrière lequel courrait l'Homme, peu importe son époque. Le pouvoir de voler était effectivement ce que souhaitait l'être humain, comme complément ultime de sa liberté de pinacle du règne animal. Je laissais un maigre soupir s'échapper de ma poitrine, symbole d'une fatalité que je ne nous voyais pas surpasser.

Nos regards s'échangèrent quelques fois, durant de brefs instants seulement. Nous semblions nous être retrouvés sur quelques terrains communs, celui de notre conviction en nos principes, notamment. Nous nous rencontrâmes par pur hasard et pourtant, c'était comme si un fil commençait à se tisser entre nous, liant nos êtres par un je-ne-sais-quoi de grisant. Je n'éprouvais que très rarement une telle fascination pour mes compères, leur laissant ce plaisir d'être séduits par quelques traits de mon caractère. Je me découvrais, pourtant et avec cette jeune femme, un nouvel intérêt qui croissait rapidement en mon âme, rendant mes futures interactions avec elle passionnantes.

Je sortais de mon sac quelques senbei que j'avais moi-même préparés. Je les avais conservés dans une petite boite qui me servait régulièrement afin de garder les aliments frais et consommables. J'agrémentais ces petits gâteaux de thé vert gardé au chaud grâce à une sorte de gourde. Je terminais le service en présentant deux assiettes avec leurs verres, puis servais mon acolyte de ce goûter improvisé.

Une première bouchée, puis une seconde et me voici toujours la tête en l'air. Parfois, je rabattais mon regard sur ce qui nous entourait, gagnant à déceler un sujet de conversation sur lequel rebondir pour vaincre ce silence pesant. Je ne voulais pas d'un simili-questionnaire sur nos vies respectives, chacun pouvant mentir pour s'éviter des représailles dans le cas où il ne ferait pas confiance à l'autre. J'entrepris dès lors de mener les débats, en espérant que la brune me démontre que j'avais raison à propos d'elle plus tôt.

<< Lorsque j'observe des phénomènes naturels qui nous dépassent, qui nous marquent à tout jamais, je me dis que j'aimerais également avoir ce privilège. Pouvoir rester dans les mémoires d'êtres chers est un souhait basique, dès lors la force ou la richesse n'ont plus aucune utilité ... Dîtes-moi mademoiselle, savez-vous quand un homme meurt ? Ce n'est ni en succombant à de redoutables techniques, ni en étant transpercé par une lame. Un homme meurt au moment où son souvenir tombe dans l'oubli. >>

Après ces propos toujours plus spirituels, j'épousais un silence bienvenu cette fois-ci. Une certaine émotion me gagna tandis que je prononçai ce petit discours reflétant un peu mon parcours depuis mon accident. Heureusement que je me tus bien vite, ma gorge se nouant peu après avoir fini de parler. Il était idiot de ressasser ce genre d'évènements quand d'autres, plus gais, venaient embellir et parfaire des instants comme celui-là, les rendant tout bonnement féeriques.

Soudain, les gens commençaient à pousser des cris de surprise. Tout ce qui était présent aux alentours s'illumina comme en plein jour, me faisant lever brusquement la tête pour admirer les cieux enflammés. C'était à couper le souffle, et être là ainsi accompagné ajoutait à la splendeur du panorama. Durant ce laps de temps, toutes mes pensées négatives furent chassées par cette mer céleste immaculée. Mes appréhensions, mes soucis finirent par s'évaporer, alors que la migration stellaire battait son plein.

<< Je m'appelle Shōyō. >> Fis-je, la tête - véritablement - dans les étoiles. << Merci de contribuer à faire de cette soirée un souvenir magique. >> Ajoutai-je, admiratif.

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Re: Our flaming willpower [ft. Megumi]    Dim 29 Jan - 7:59
J'étais restée timide de ma bravade, sentant le regard de l'inconnu posé sur moi, me détaillant du même coup. Peu étonnant, dans pareil cas de figure, que mes joues se soient empourprées légèrement et que je détourne promptement le regard. Quand était-ce la dernière fois que je m'étais permise de discuter aussi librement avec un inconnu ? À dire vrai ce souvenir n'était pas si lointain, aussi surprenant que ce soit. N'avais-je pas entretenu une longue discussion avec Shin, ce shinobi auquel j'avais porté assistance ? Certes, mais le contexte était, à ce moment, très différent. L'homme aux cheveux de menthe avait eu besoin de moi, sa vie était en danger. Celui-ci, à la chevelure bien plus sombre, avait simplement décidé de partager avec moi ce spectacle astral. Je n'avais accepté que par politesse, espérant que cela me permette de vaincre l'ennui de la solitude ; aussi introvertie que je fus, la compagnie d'autrui ne m'étais pas désagréable après tout. Toujours est-il que je m'étais détournée, laissant le silence reprendre ses droits, entre nous à tout le moins. Si nous nous étions tu, il n'en allait pas de même pour le reste du monde qui bourdonnait toujours, en dehors de cet espace que nous partagions. En dehors de nous.

Encline à la discrétion, je n'osais guère me retourner vers lui, mes iris de suie n'étant attirés par sa silhouette que lorsqu'un mouvement vint titiller les limites de mon champ de vision. Curieuse, je m'autorisai une oeillade, espérant que cette dernière ne serait pas surprise par mon camarade de la soirée. Ce dernier s'affairait à préparer ce qui semblait être des collations. Quelle ne fut d'ailleurs pas ma surprise lorsque j'aperçu des senbei, l'un de mes mets favoris. Évidemment, je ne pouvais m'empêcher de me demander si leur saveur et leur texture pouvait rivaliser avec ceux préparés sous l'étendard de mon clan. Une once d'orgueil et de fierté m'aurait normalement poussé à les disqualifier d'office, mais ma curiosité et ma gourmandise sélective n'avaient pas dit leur dernier mot. Sans trop le remarquer, mon dos se courba et mon cou se tendit quelque peu en direction du repas convoité, comme le font les enfants qui attendent impatiemment de voir s'ils auront leurs friandises. Mes cils battirent l'air à quelques reprises lorsque le thé fut versé, exprimant ma surprise. À croire que l'inconnu avait tout préparé, partageant mystérieusement mes goûts. Mes instincts de shinobi me poussaient à me méfier, un tel scénario étant trop beau pour être vrai.

Dès lors qu'il eut terminé sa préparation, l'inconnu m'offrit ma part de son goûté, se tournant vers moi du même coup. Comme prise la main dans le sac, je me redressai immédiatement, faisant mine de regarder ailleurs pour ne pas rougir de nouveau. Quel spectacle ridicule de la part d'une Chûnin, n'est-ce pas ? Toujours est-il que je le remerciai d'un subtil mouvement de la tête, mes pupilles tombant sur les galettes avec une envie à peine dissimulée. Je pouvais bien en prendre une bouchée, juste une seule, non ? Ridicule. Serais-je prête à mettre ma vie en jeu et risquer d'avaler un poison quelconque pour une bouchée de senbei ? Force est d'avouer que oui, puisque je me retrouvai à en grignoter un petit morceau, m'assurant de manger proprement et avec retenue alors que la voix chaude de mon interlocuteur trouvait de quoi emplir le silence. Cette fois, c'est un autre sujet qui fut confronté à sa lame philosophique. En effet, le voilà qui s'interrogeait sur ce qu'il voulait véritablement dire, pour un homme, de mourir. J'éloignai ma collation de mes lèvres presque immédiatement, en un réflexe incontrôlable, mais demeurai calme et à l'écoute, attentive. Hasard ? Probablement, puisqu'il semblait plus intéressé par mon avis sincère sur la question que par la possibilité de m'assassiner après avoir laissé tomber d'énigmatiques paroles. La mémoire, le souvenir, les êtres chers. Voilà un discours que je pouvais comprendre, auquel je pourrais même adhérer. Il était, d'une part, rassurant d'admettre que nos aimés demeuraient dans notre coeur et ce même longtemps après qu'ils nous aient quitté. Étant née au sein du clan Uchiha, un tel mode de pensée était presque obligatoirement inscrit dans mon sang. Toutefois, c'est aussi précisément à cause de celui-ci que j'étais trop consciente des dangers de telles idées. Si un homme se laissait aveugler par son désir d'être connu, célèbre, ne courrait-il pas, alors, le risque d'oublier ce pour quoi il se battait vraiment ? Aussi ironique que ce soit, c'est bien moi, une Uchiha, qui allait défendre l'opinion inverse. J'allais me prononcer en faveur du travail intègre, dans l'ombre, loin des projecteurs.

« C'est une façon rassurante de voir les choses, je partage moi-même ce souhait de ne jamais quitter l'esprit de ceux qui me sont chers après mon départ, mais cela me semble incomplet. Il y a tant de façons de mourir, au point qu'un homme peut fouler la terre sans pourtant y vivre. Un individu ayant perdu ses objectifs de vue, ayant trahi ses convictions et sa volonté, ne serait-il pas lui aussi un mort ? »

Et pour accompagner ces mots, mes iris de charbon avaient accepté de se planter dans les siens avec une conviction plus solide, plus résistante. Contrairement à mes hypothèses célestes de plutôt, je croyais fermement en ces dernières paroles, mettant au défi quiconque de me convaincre du contraire. Déterminée à accomplir mes objectifs et à me prouver aux membres de ma famille, je n'imaginais pire déception, pire douleur que d'abandonner avant d'avoir réussi. J'étais encore jeune et naïve, mais ne manquais certes pas cette volonté flamboyante propre aux concitoyens de la feuille. J'ignore à quel genre de réponse je m'attendais, mais le fait est que nous fûmes interrompus. Tout autour, les enfants avaient recommencé à s'extasier, bientôt accompagnés des plus grands. L'un comme l'autre, nous nous tournâmes vers les cieux, là où des étoiles filantes enflammaient le ciel, leur traînée de lumière nous envoyant la main en souriant. Quel spectacle. Mes yeux s'agrandirent et mon visage s'illumina en retour. Elles étaient si nombreuses, dansant, se livrant à une chasse amicale et enjouée avant de s'éteindre dans l'ombre de la lune. J'étais si absorbée dans l'admiration de cette merveille que je ne répondis à mon interlocuteur qu'après un certain délai.

« Megumi. »

Cela s'écrit avec le kanji de l'amour, terminais-je en mes pensées. Un détail qu'il n'avait probablement pas besoin de savoir, mais que je ne pouvais m'empêcher de relever ici et là, par pure habitude.

« C'est à moi de vous remercier, ces senbei sont au moins aussi bons que ceux de mon cl...an... »

Voilà qui n'était pas dans mes intentions ; j'évitais toujours de trahir mes origines lorsque je m'aventurais hors du village, qui plus est seule. Ici, au pays de l'Ours, mon appartenance à Konoha pouvait être mal vue, après tout, et j'avais pris un risque énorme. À force de profiter du moment, je m'étais détendue plus qu'il n'était nécessaire, laissant cette phrase m'échapper avec maladresse. Je ne pouvais que me mordre l'intérieur de la joue, gardant mes yeux fixés sur les cieux, espérant que cela n'avait pas été relevé par le dénommé Shōyō. Certes, il aurait fallu être bien naïve pour croire que pareil lapsus ne serait pas remarqué, mais c'était bien le seul espoir qu'il me restait. Enfin, l'homme ne s'était pas montré trop insistant il faut l'avouer, peut-être aurait-il même l'obligeance de ne pas me questionner d'avantage ? Seul le temps me le dirait. Quel dommage tout de même, à penser autant, j'en venais à oublier de profiter du ballet aérien s'offrant à nous.


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Re: Our flaming willpower [ft. Megumi]    Lun 30 Jan - 4:40


♠ Megumi x Shōyō

   ♠ Our flaming willpower

Megumi, l'amour ou la bénédiction.

Ce prénom lui allait bien et ses définitions, quoique différentes, aussi. Akimitsu-senseï tenait un livre dans lequel il écrivait des poèmes basés sur le sens des prénoms et leur étymologie. Lorsqu'il m'avait baptisé, il me répétait sans cesse que ce blase allait me guider dans ma quête, me mener à la rencontre de personnes qui changeraient ma vision des choses.

Son avis sur la question méritait que j'y porte mon intérêt. Sans nier le point que je soulevais, elle me présenta une définition de l'oubli qui collait assez à son air sérieux. Il s'agissait d'une description complète sur les déserteurs que j'avais déjà côtoyés, cela me rappelait même quelques visages d'hommes sans foi ni loi. Des êtres qui n'avaient plus rien d'humain et s'étaient abandonnés aux joies sadiques et meurtrières. Ceux-là même que l'histoire se fera un plaisir d'oublier, qu'elle enterrera comme leurs victimes.

Cette fois-ci, le ton qu'elle employa était plus ferme, plus résolu. Accompagnant ses dires d'un échange de regard suffisamment fort pour que je puisse m'imprégner de son ressenti sur la question, elle paraissait plus déterminée cette fois-ci. Avait-elle étudié la question au travers d'expériences personnelles ? Peut-être une éducation axée là-dessus ? Si c'était confirmé, cela ne m'aurait guère étonné : Sa prestance, ses manières sont celles d'une femme élevée au sein d'une famille qui semblait prioriser un comportement impeccable en société. Sa beauté n'était pas en reste aussi : Elle rivalisait sans problèmes avec ces astres qui faisaient fantasmer les présents. Durant ce moment où nous nous fîmes face, le temps s'était arrêté comme pour nous permettre de profiter l'un de l'autre. J'avais dès le départ une impression inexpliquée en lui adressant la parole, mais son aura me laissait de plus en plus perplexe ... Bien que je restais stoïque, mon âme en était profondément troublée, et bien que je voulais chasser cette confusion, j'avais encore envie de rester plus longtemps avec elle. Juste un peu plus longtemps.

Elle me remercia, toujours aussi poliment, de lui avoir servi mes petits gâteaux et me complimenta, ajoutant que ceux-ci ravissaient ses papilles autant que ceux de son clan. Un clan, disait-elle, mais un clan pourvu de chefs cuisiniers, apparemment. Sans doute descendait-elle d'une lignée de nobles des environs et était donc habituée à ce genre de mets. Je n'en préparais pas souvent et je dois dire que le hasard faisait correctement les choses. Ma veine ne voulait pas s'arrêter, tant mieux pour moi. Depuis un moment, je n'avais plus tiré de gros lot aussi satisfaisant que ma rencontre avec Megumi. Ce clan devait donc ressembler à ces familles d'investisseurs qui commençaient à pulluler, permettant à leurs lignées de vivre dans l'aisance.

Tout bon cuisinier qui se respecte se sent flatté et a un temps où il profite des compliments faits par ses goûteurs occasionnels lorsqu'il leur sert un plat. Mon regard baissa fortement d'intensité entre le moment où elle portait le senbei à sa bouche et où elle me fit l'éloge de mon "art". J'étais assez rassuré de voir qu'une autre personne appréciait mes pâtisseries, n'étant que débutant dans le domaine. Ma joie grandissait au fur et à mesure que je la sentais plus apte à s'ouvrir à moi, à être moins sur la défensive et à exprimer davantage d'émotions. Sa façon de parler, ses petites mimiques lorsqu'elle croquait dans la collation et ses gestes mesurés voyaient leur crispation s'évaporer.

<< Merci. >> Fis-je, humblement. << J'ose espérer que dans votre clan, il y a des cuisiniers de renom, que je puisse être comparé à eux. >> Ajoutai-je, quelque peu rieur.

Je me surprenais à avoir ce comportement détendu, amical. Je m'étonnais aussi de l'analyser de façon si pointilleuse, moi qui n'avais cure d'habitude du comportement d'autrui lorsqu'il leur était propre. Mais depuis le début de la conversation, je m'étais mis en tête de trouver le secret de mon incompréhension. Cette fille pouvait certainement représenter quelque chose pour moi, que ce soit le nouveau ou l'ancien.

Les étoiles dans le ciel se faisaient plus rares, le spectacle touchait apparemment à sa fin. La luminosité baissait graduellement, mais ce n'était pas encore l'heure pour moi de partir. Cette soirée m'avait laissé un goût agréable en bouche, et j'espérais au fond de moi pouvoir la prolonger encore un petit peu. Pourtant, il subsistait toujours des zones d'ombre, suffisamment importantes pour que je m'attelle à les éclairer. L'image qui m'était présentée d'ailleurs reflétait parfaitement ce sentiment d'inachevé : Le visage de la belle, brillant de mille feux, s'étouffa lentement dans les ténèbres. Son regard, témoin d'une vivacité naturelle et son teint de porcelaine étaient les indicateurs de sa présence avec moi.

Après un long soupir, je décidai de me découvrir. Je n'avais pas trop d'options et elle ne m'avait dévoilé que peu de choses sur elle. Je pouvais rester là et jouer aux devinettes toute la nuit, ou jouer franc-jeu et espérer quelque chose en retour.

<< Votre sagesse et votre dévotion à vos principes vous honore, Megumi-san. Vous me rappelez même un ami à moi, qui compterait presque comme un père de substitution ... J'aimerais croiser sur ma route plus de gens comme vous, qui questionnent ma détermination à réaliser mes objectifs. Le mien pourrait paraître peu commode, mais j'ose espérer que même après avoir recouvert la mémoire, je pourrais me montrer capable d'échanger avec vous. >>

Après avoir dit ça, je me tus un long moment. J'avais sciemment laissé couler certains détails me concernant, sans pour autant révéler le plus gros de mon cas. J'espérais en un sens qu'un homme dont la mémoire est encore blanche ne rebuterait pas une femme comme elle, dont les souvenirs liés aux siens faisaient probablement sa force. Cette maudite amnésie avait tendance à réduire mon égo, laissant les doutes s'installer durant des périodes comme celles-ci, où l'allégresse habitait mon cœur.

Mon attention se porta, soudainement, ailleurs. Je ressentis quelques présences négatives aux alentours. Pas assez proches pour représenter une menace immédiate, je me décidai tout de même à quitter les lieux sans plus attendre. Sans brusquer les choses, je me levais et essuyais mon pantacourt ainsi que ma chemise, retirant les miettes causées par notre consommation antérieure. Faisant toujours face à la belle brune, je lui tendis la main et adressai un sourire plus large, en lui présentant mon compliment :

<< Si vous le voulez bien, j'apprécierais de prolonger cette soirée avec une petite marche en votre compagnie. D'un côté, cela nous permettra de digérer et, de l'autre, confortera un instinct que j'avais depuis un temps : J'ai l'impression que je peux vous faire confiance, que je dois vous faire confiance. >> M'arrêtai-je un temps, avant de reprendre : << J'aime à penser que mon instinct me trompe rarement, sans pour autant me montrer trop lourd, Megumi-san. >>

En un sens, je n'étais pas en train de mentir. Je voulais réellement approfondir cette notion et m'autorisait à être en paix. Si je pouvais par la même lui éviter quelques soucis et la protéger, peut-être serait-elle plus encline à m'aider à mettre la lumière sur cela. Après tout, la nature l'avait bien fait pour nous.

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Re: Our flaming willpower [ft. Megumi]    Lun 30 Jan - 6:47
Contre toutes attentes, l'homme en ma compagnie ne releva guère mes paroles et j'en vins à m'amuser de ma bêtise. Ce fameux Shōyō n'avait en soit rien de menaçant si ce n'est sa grande taille, mais cette observation elle-même n'était pas tout à fait véridique non plus. Certes, il avait l'air d'être en forme, mais n'importe quel paysan des environs devait être doté d'une charpente similaire. Ses larges épaules qui venaient étirer légèrement le tissu de sa chemise s'il se penchait avec trop d'insistance ne faisaient pas de lui une menace, simplement un individu travaillant et actif à n'en pas douter. Il n'avait porté aucun geste à mon encontre qui puisse me permettre de douter de sa bonne volonté, mais ce pourrait tout aussi bien être une manigance pour endormir ma vigilance. Quelle tristesse de sentir mon coeur se serrer d'inquiétude alors que je l'accusais silencieusement de crimes qu'il n'avait pas commis. J'aurais tant aimé me contenter de lui accorder le bénéfice du doute, mais je ne m'en sentais pas capable. Méfiance, ce soir ton nom est Megumi. Heureusement que mon accompagnateur y était totalement aveugle, répondant à mon compliment avec cette même chaleur dans la voix. Son timbre brillait avec l'intensité pourtant innocente de l'astre solaire, quand bien même ce dernier n'avait pas sa place sous le regard argenté de la lune. Simplicité. Shōyō profitait de ma présence, de mon compliment, sans remarquer la tension dans mes épaules ou la moiteur de mes mains. Il se contentait d'être sincèrement heureux de mon compliment, s'exprimant avec une certaine modestie que je n'aurais jamais retrouvée en nombre de mes cousins. En cette même veine, le cuisinier formula son souhait, espérant que ces dits membres de mon clan soient talentueux dans cette même sphère domestique.

« Leur boutique est reconnue dans notre village, bien que celui-ci soit souvent boudé par les voyageurs. Vous n'avez à rougir devant personne. »

Répondis-je en m'accompagnant d'un sourire pourtant amer. Les éclats subtils de son rire se répercutaient en moi avec la pureté d'un carillon, tirant délicatement mes joues pour les étirer en une expression similaire, mais en vain. Le pire, dans cette histoire, c'est que je le savais trop bien : je n'étais pas insensible à ce petit quelque chose dans sa voix, en ce sourire large et franc. Peut-être était-ce pour cette raison précise que je ne m'autorisais pas une ouverture plus vaste que le strict minimum. Il aurait été bien trop aisé de me laisser prendre au jeu, de pointer les constellations en riant, la tête rejetée vers l'arrière et les yeux émerveillés. Plus que la possibilité que Shōyō soit un être inquiétant, c'est les répercussions de son aura en ma personne qui me poussaient à demeurer sur mes gardes. Un silence à demi-inconfortable s'installa donc suite à ces dernières paroles échangées. Non pas qu'il fut difficile, simplement il n'était pas agréable. J'aurais voulu dire autre chose, partager quelques mots, mais ne m'autorisai pas ce plaisir. Rien d'étonnant, donc, à ce que mon camarade soit le premier à reprendre la parole lorsque les dernières étoiles filantes eurent fendu le ciel.

Sans doute avait-il fini par comprendre que je m'étais emmurée dans mes principes, le forçant à offrir un peu plus de lui-même dans l'espoir que je retourne la faveur. C'est de compliments qu'il ouvrit la danse, désireux de m'amadouer par la flatterie. Ou était-ce moi qui, de nouveau, lui prêtait des objectifs qui n'étaient pas les siens ? Dans le doute, autant être attentive et le suivre avec bonne volonté, ne serait-ce que pour respecter la plus élémentaire des politesses. Ma rhétorique méritait donc ses compliments, mais avait aussi le mérite de lui évoquer une précieuse figure paternelle. Si cela me semblait digne d'intérêt, la suite, quant à elle, ne me fit pas non plus de cadeau. Même après avoir recouvert la mémoire ? Mon regard vacilla doucement, tel le feu d'une chandelle frôlée par le vent, avant de se faire plus insistant. Je désirais percer le voile des ténèbres pour mieux détailler les traits de son visage, l'éclat de ses yeux. Suite à une telle révélation, j'avais moi aussi ce même besoin de le connaître, de le découvrir. Comme quoi les filles de bonnes familles ne sont guère à l'abri de la fascination de l'inconnu. Je devais me reprendre, glisser la bonne réponse, celle à laquelle il s'attendait probablement, quand bien même elle revêtirait des aspects mensongers.

« Je suis certaine que vous le pourrez... Ou, en tous les cas, il me ferait grand plaisir de vous parler de nouveau. »

Un désir sincère, étouffé par cette nature répressive, ce réflexe de préservation, qui parvenait tout de même à s'exprimer via les plus plates formules de politesse. Il m'en restait, en bouche, un goût de métal frais. Le goût de l'amertume. J'aurais tant aimé laisser mes paroles se gonfler d'enthousiasme, de sincérité, mais n'en étais guère capable. Je n'arrivais même pas à honorer sa gentillesse en la lui retournant, bien que cela ne l'empêcha pas de persévérer. Ironiquement, cet état d'alerte soutenu m'avait rendue sourde aux présences qui se mouvaient à l'arrière-scène, totalement inconsciente de ces nouvelles présences aux intentions fort plus répréhensibles. Je ne vis que sa silhouette qui quittait le sol avant de revenir à moi, main tendue pour que je m'en saisisse. Encore et toujours, c'est Shōyō qui faisait le premier pas, m'invitant à l'accompagner. Il ne demandait rien de plus qu'une marche en ma compagnie, désir paraissant tout à fait honnête, mais pas moins intimidant de la part d'un inconnu. Résolu à me faire accepter, le voilà qui parlait justement de confiance, ayant probablement senti que j'hésitais à lui offrir la mienne. Nouvelle pause, moment d'attente où son regard était posé sur moi et le mien sur sa dextre. Sans même avoir besoin d'y toucher, je pouvais m'imaginer que sa peau était à l'image du reste de l'individu. Le bout de mes doigts semblait déjà être picoté de cette incandescence pourtant immatérielle. Timide, il n'en demeure pas moins que je levai délicatement le bras, allongeant ce dernier avant de me stopper dans mon mouvement lorsqu'il s'exprima de nouveau.

Ce furent les mots de trop. Une référence à son instinct, l'admission de son attitude insistante et, pour conclure, la répétition de mon prénom. Peut-être est-ce ce dernier point qui, plus que les autres, me poussa à détourner le regard et à refermer la main dans l'air, l'éloignant de la sienne d'un mouvement lancinant, en deux temps. La gravité exercée par son être, sans doute, avait compliquée mon geste. Déglutissant, je m'empressai de me relever par mes propres moyens, lissant les pans de mon qipao tout en étirant mes jambes engourdies. Il avait suffit de l'entendre m'interpeller directement pour me faire reculer telle une biche farouche. Une véritable cause perdue à n'en pas douter, d'autant plus que cela ne m'empêcha pas de lui fournir une réponse positive, bien qu'ambigue.

« Vous avez été plus que charmant, il serait malvenu de refuser votre offre. Peut-être pourriez-vous me raccompagner au coeur du village ? »

L'envie de lui rendre la pareille, d'entendre son nom danser dans ma propre voix, me titilla le bout de la langue, mais je n'en fis rien. Si je n'avais à l'apostropher directement, alors je m'en passerais. C'est d'un pas synchronisé que nous nous éloignâmes des abords du lac, comme maints autres spectateurs avant nous. Ayant toutefois un peu plus tardé que de raison à bouger, nous étions pratiquement seuls en cet environnement forestier, accompagnés seulement par la présence bienveillante de l'astre lunaire. Me mordant l'intérieur de la joue, maudissant ma prudence excessive, la volonté de relancer les choses, pour une fois, monta en moi. Ce ne pouvait être si difficile. Shōyō-san n'avait-il pas déjà pris l'initiative à trop de reprises déjà ? Il était la moindre des choses de faire un effort malgré mes appréhensions et la complexité de tout ce qu'il m'évoquait.

« Loin de moi l'idée d'être indiscrète, quand bien même ma question le sera sans doute plus qu'assez, mais dans quelle proportion votre mémoire vous fait-elle défaut ? Vous me semblez, après tout, être très... équilibré, pour un amnésique. Pas que j'en ai rencontré beaucoup, mais vous comprenez certainement... Enfin, pardon. C'était très indiscret, n'est-ce pas ? »

Laissais-je tomber avec un peu de honte, mon regard chutant lui aussi jusqu'à mes pieds alors que mes doigts se pressaient entre eux. Après qu'il eut été si obligeant, je m'en voulais sincèrement d'échouer et ce même dans mes tentatives les plus sincères. Il aurait mérité une bien meilleure interlocutrice, voilà une certitude. Je tendis néanmoins l'oreille dans l'anticipation de sa réponse. J'espérais qu'il ne m'en veuille pas ou qu'il n'ait pas été blessé par ma maladresse. Préoccupations bien futiles lorsque l'on savait ce qui se tramait réellement. En effet, c'est peu de temps après qu'un individu s'approcha de front pour nous barrer la route, accompagné d'un homme de main. Je reculai d'un pas, méfiante, avant de réaliser bien trop tard qu'ils n'étaient pas seuls. Pris au piège, c'est avec une certaine impuissance que nous regardâmes trois autres individus sortir de la pénombre pour nous encercler. Serrant les poings, mon premier réflexe fut de m'éloigner de cet être qui m'était encore inconnu, les iris aussi accusateurs que choqués. Était-il possible qu'il soit de mèche avec ces hommes ? Pour ce que j'en savais, est-ce que cela aurait été vraiment étonnant ?

« Faites-moi ça proprement les gars, on n'a pas toute la soirée ! »


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Re: Our flaming willpower [ft. Megumi]    Mar 31 Jan - 1:32


♠ Megumi x Shōyō

   ♠ Our flaming willpower

Quelques fois, un seul geste valait mieux qu'un long discours. Megumi ici présente en était le parfait exemple : Accepter ma proposition me conférait un sentiment de satisfaction certain, mais à voir ses mouvements encore hésitants à mon égard me mettait quelque peu dans l'embarras. Apparemment, mes tentatives pour instaurer un climat de confiance entre nous deux n'étaient qu'à moitié fructueuses. Je ne parvenais pas à la cerner entièrement; elle qui mêlait une certaine volonté de me parler à un brusque retour en arrière lorsqu'il s'agissait de concrétiser le tout par des actes.

Je ne pus cacher ma petite déception lorsque cela se produisit, mais affichai rapidement une expression neutre, puis plus détendue lorsque nous nous dirigeâmes vers le village. Les mains dans les poches, je réfléchissais à la signification de son attitude. J'avais l'impression que, durant toute cette soirée, j'étais en train de courir après une cause perdue. J'en éprouvais une profonde mélancolie, mais ce n'était pas de sa faute. Il serait idiot d'imputer la responsabilité à une jeune femme pour laquelle je ressentais plus de choses qu'elle ne le faisait pour moi-même ; après tout, ce genre d'émotions allait dans les deux sens.

En y repensant de plus belle, j'entrepris de décortiquer plus amplement mon attitude et l'impact qu'elle laissa sur moi. Je me savais hors de portée d'un éventuel amour, d'autant plus que céder son cœur si facilement me ferait passer pour le plus niais d'entre tous. J'étais juste captivé par un je-ne-sais-quoi en elle qui m'exposait tant que j'en arrivais à perdre mes moyens, à me retrouver sans défense et à adapter mon comportement en conséquence - chose que je ne fais jamais, d'habitude -.

Silencieux, je continuais de rêvasser à un instant où j'aurais pu faillir et me comporter de façon inadéquate. Instinctivement, j'avais adopté tous les traits de l'inconnu abordant parfaitement une gent demoiselle, mais ce n'était peut-être pas suffisant. Et si elle avait vu vu clair dans mon attitude méconnaissable, la désintéressant de ma personne et lui faisant juste passer le temps avec moi? C'était une éventualité réaliste, au vu de la vivacité qu'elle m'avait montré. Dans son regard, on notait aisément cette note de génie qui la rendait spéciale, au dessus du lot ... Ce détail remportait probablement la palme devant toutes ses autres qualités.

L'ambiance se réchauffa brusquement. Non pas que le Mercure eut fait preuve de clémence à notre égard, mais plutôt Megumi qui m'aborda pour la première fois de la soirée. Je n'en montrais rien, mais intérieurement, je jubilais comme un enfant. Je me prenais décidément la tête pour pas grand chose, je n'avais finalement pas commis d'erreur. Mieux encore, elle s'intéressa à mon cas. Je m'étais sans doute découvert plus qu'il n'en fallait, et c'était risqué. Seulement cela pouvait être une étape importante pour qu'elle-même puisse se montrer capable de fissurer sa coquille, m'invitant accessoirement dans son monde.

Étonnée de par ma nature assez stable, pour un amnésique, elle me demanda plus d'informations à ce sujet. Chose assez étrange puisque d'habitude mes interlocuteurs ne s'attardaient pas sur ce détail, évitant l'histoire qui se cache derrière cela. Je fus marqué par son attention à mon égard, et ne pus lui refuser un résumé - concis mais de qualité - de mon état de santé :

<< Ce n'est pas indiscret. Actuellement, je suis même plutôt content que quelqu'un souligne ce handicap et veuille en apprendre davantage. Voyez, Megumi-san, j'ai été retrouvé il y a cinq ans par l'ami dont je vous ai parlé tantôt. Il a cru bon de m'offrir une seconde chance, moi qui ne valais pas mieux qu'une loque à l'époque. Il m'a renommé, relogé et aidé à me rebâtir une histoire ... Depuis, j'arpente le monde à la recherche de l'homme que j'étais autrefois, en quête de mes souvenirs passés ... >>

Je marquai un temps d'arrêt. Il m'était toujours aussi compliqué d'évoquer Akimitsu-senseï et toute mon aventure sans avoir ma gorge qui commençait à se nouer. Mes pensées nichaient toujours chez lui lors de mes moments de doutes, laissant quelques unes de ses mémorables phrases me ragaillardir lorsque j'en avais le plus besoin.

Depuis ma réponse, je ressentais un profond bien-être, une légèreté qui me remit d'aplomb et qui me rappela les bienfaits de mes discussions avec la brune. Je repris prestement cet air serein qui s'était installé sur mon visage depuis quelques heures déjà, me laissant apprécier de plus belle la compagnie de ma charmante interlocutrice.

Je comptais me retourner vers elle tandis que nous approchions de notre but, lorsque je la vis adopter un air craintif, presque glacial. Dans ses yeux n'habitait plus cette lueur d'intelligence qui caractérisait son regard, mais plutôt un dégoût qui me semblait tout droit dirigé. Je n'eus pas le temps de la questionner à ce propos que déjà nous fûmes encerclés par quatre brigands des routes. Ceux-ci, lâches et faibles, avaient sans aucun doute prévu un guet-apens pour tout voyageur malheureux de croiser leur chemin. C'était bien ma veine vu que nous étions, moi et la belle, les invités du soir.

Je ne m'inquiétais pas. Ma mission première était de la protéger elle, et je savais comment procéder. J'osais espérer quelque part ne pas la voir paniquer, à même de rendre ma tâche plus compliquée. Mais je souris à cette pensée : Une femme comme elle, céder à ce genre d'émotions impulsives ... Non, impossible. Elle savait faire preuve de discernement pour ne pas compliquer un affrontement. Je lui avais déclaré ma confiance, après tout.

<< Ne vous en faites pas, Megumi-san. Aucun de ces gorilles ne lèvera le petit doigt sur v... >>


Je fus interrompu par, justement, le plus musclé de ces bandits de grand chemin vint plaquer ma tête contre le sol, l'enfonçant avec violence dans la terre rocailleuse. Ricanant à ma situation, je lui adressais mon plus beau doigt d'honneur, avant de laisser un bout de bois en guise de cadeau de remerciement pour ce combat. Faisant une rotation impressionnante au dessus de sa tête, je parvins à lui coller mon pied pile sur celle-ci, remplaçant le tour qu'il fit tout à l'heure par un autre encore plus gros.

<< Un joli ... concassé. >> Fis-je, reprenant ma posture initiale.

Deux de ses acolytes, furieux et choqués, s'avancèrent vers moi avec plus de vitesse que je n'aurais cru d'eux. Les maîtrisant d'abord par de simples coups de pied, je me mis à effectuer quelques enchaînements dans le but de les déstabiliser. Leur faisant perdre l'équilibre, ils reculèrent avant de m'attaquer, chacun de leur côté avec une agressivité des plus palpables. Seulement voilà, lorsqu'on perd son calme en combat ... les conséquences pouvaient être fatales : J'évitai le coup de chacun des deux qui venaient des flancs, avant de me baisser légèrement, jusqu'au niveau de leur nombril. Là, j'écartais mes deux paumes, chacune vers l'un de ces malandrins, pour les repousser violemment à quelque distance de là. Rendu immature par ma performance, je m'autorisai même un petit << Shōyō time ! >> qui me fit perdre ma concentration l'espace de quelques secondes. Des secondes qui auraient pu être fatales.

Un couteau lancé vers moi au moment où je m'y attendais le moins. À priori, le dernier de ces tocards, celui-là même qui voulaient en finir proprement avec nous était moins bête que ses camarades. Il m'était possible d'éviter le projectile en usant de chakra, mais je n'étais pas tout à fait à l'aise pour le faire dans des situations de ce genre. Simplement, l'esquiver serait dangereux. Pas pour moi, mais pour Megumi, qui pouvait être sur la trajectoire de l'arme dans le cas où je la laisserais passer.

Ma résolution prise, j'entamai une série de mouvements pour voir le canif aiguisé se planter dans mon épaule droite. J'avais évité le pire en réagissant à temps, et efficacement. Mais ma chance ne s'arrêtait pas là, puisque le bandit s'avança avec une vivacité remarquable vers moi, me prenant à revers, me plantant une seconde arme blanche sous le cou. Cette fois-ci, j'étais véritablement pris au piège ... mais j'osais espérer que mon amie aurait eu assez de temps pour fuir. Si c'était le cas, un poids me serait retiré des épaules ...

<< Une dernière prière? >> Fit-il, comme l'habituel cliché de ceux qui croyaient tenir leur cible pour piégées, mais en fait non.
<< Ô notre Dieu qui êtes au cieux, puissiez-vous ... >>
<< Meurs ! >>

Il serrait ma blessure, pour que mes mouvements soient endoloris. Son arme brillait au clair de lune, prenait son élan pour venir se planter dans mon cou. Mon seul regret, si je venais à y passer, serait probablement de ne pas avoir revu le doux visage de Megumi ... Pas facile en même temps, le dos tourné !

♠ To be continued ... ♠
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Hrp : La référence du Shoyo time ! : Ici
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Re: Our flaming willpower [ft. Megumi]    Sam 4 Fév - 3:55
La sincérité drapée de maladresse, j'avais tenté de racheter ma conduite, de me faire pardonner pour ma passivité désobligeante. Partageant un intérêt des plus naturels, selon moi, j'avais osé questionner, partager mes impressions et cherché à en apprendre plus sur cet être qui marchait dans le noir, tout près de moi. Malgré mes débuts incertains, mon ton hésitant et mon irrespect accidentel, c'est une réponse positive que l'on m'avait servit. Dans sa voix, la joie. Dans son regard, une étincelle perçant la pénombre pour m'atteindre en retour, comme il l'avait déjà fait à de nombreuses reprises au cours de cette même soirée. Chaque pas le conduisait un peu plus loin en territoire de confidences, s'ouvrant à moi sans la moindre crainte. Confiance aveugle et flatteuse, sachant me caresser le coeur et créer en moi ce puissant désir de ne point laisser se perdre tant de bonne volonté. Plus attentive, plus investie, je buvais ses paroles autant que je tentais d'en isoler les saveurs et les déductions. De nouveau, la figure paternelle était évoquée, cette dernière ayant su le guider et l'aider à se relever au cours des cinq dernières années. Quel choc d'apprendre ces détails, cette vérité à des années lumières de la mienne. Née au sein d'une famille aussi ancestrale que noble, mon identité même prenait ses racines au coeur des valeurs et des réalisations des miens. Je n'aurais pu m'imaginer autre vie. Pour sa part, c'est du départ qu'il avait dû tout redécouvrir, tout apprendre. Sa place dans le monde ne lui avait pas été offerte sur un plateau d'argent. Quelle ironie, d'ailleurs. Quand bien même nous faisions route sous les mêmes étoiles, mon seul objectif était bien de me délester de ce que l'on attendait de moi en tant que femme alors que, de son côté Shōyō aurait sans doute donné beaucoup pour apprendre la vérité sur son destin. À la croisée des chemins célestes, nous nous étions rencontrés dans la fraîcheur tranquille de l'hiver.

Nichée au creux de ces pensées, ce qui se tramait échappa complètement à ma vigilance. La surprise fut d'autant plus grande alors que mes repères se faussèrent et que, dans l'impulsion du moment, c'est contre mon camarade que je me tournai en signe d'accusation. Effrayée par l'éventualité du mensonge, je me braquais sans plus attendre, anticipant la trahison en réflexe défensif. Et pourtant. Sa réaction immédiate était de me rassurer, promettant qu'aucun de ces individus n'aurait la possibilité de me faire du mal. Désorientée, je reculai simplement d'avantage, ne comprenant le sens de ses paroles que lorsqu'une main s'étampa en travers de sa tête pour le forcer à courber l'échine. Le reste s'enchaîna sans temps mort, à débuter par une substitution qui agrandit mes yeux sous la surprise. Mes instincts ne m'avaient donc pas menti, jusque dans une certaine mesure. Ajoutons à cela qu'aucun des hommes sur place ne semblait se soucier de moi, me laissant jouer les spectatrices purement et simplement. Sans doute n'étais-je même pas concernée par l'affrontement, bien que de telles paroles eurent été injustes. Je le réalisai peu après, lorsque Shōyō se retrouva en une bien périlleuse situation. Une lame filait dans l'air en sa direction et, habile, le présumé shinobi esquissa un mouvement d'évitement. Je fronçai les sourcils, me préparant à esquiver le projectile à mon tour, sans qu'on m'en laissa la chance. Des perles bourgognes s'élevèrent dans l'air, maculant la nuit de sang. Le souffle coupé, je compris. Il l'avait fait pour ma protection. Shōyō allait tenir sa promesse, quoi qu'il lui en coûte. Hors de question que les événements se poursuivent ainsi. Je n'étais pas femme à rester sur le côté et à attendre. Me mettant en mouvement, il ne me fallut qu'un instant pour contourner mon protecteur et lui rendre la pareille.

« Hyyah !! »

Un cri montant de l'abdomen avec détermination, force et puissance. Simultanément, mon pied s'était abattu sans hésitation sur le côté du genou de notre dernier ennemi commun. Un craquement sourd résonna assez fort pour entrer en compétition avec ma propre expression. Mon objectif était atteint et l'homme s'était détourné de sa cible initiale, portant ses mains à sa blessure en gémissant et en grommelant, visiblement habité d'une douleur lancinante et mordante. Je profitai de ce moment de répit pour jeter une oeillade à mon camarade en biais, résolue à faire ma part quoi qu'il m'en coûte également. J'avais osé douter de lui, le déclarer coupable sans même observer ses véritables actes. Après tel affront à son honneur, je me devais de réparer ma faute.

« Sur vous non plus, il ne leur sera plus donné l'occasion de lever la main. »

Par malheur, l'autre avait eu le temps de retrouver ses esprits ne serait-ce que partiellement. Revenant à l'assaut, sa grosse main s'abattit sur ma gorge comme des serres, me tirant du sol sans ménagement tout en serrant autant que le lui permettaient ses jointures. Instinctivement, je battis l'air des pieds, leur pointe arrivant à peine à effleurer la terre. Ma respiration était difficile, voir impossible, et je compris qu'il me fallait réagir au plus vite. Il se trouvait justement que, faisant bien les choses, la vie m'avait offert les armes nécessaires à ma protection.

« Sale garce, tu m'as pété le genou ! Attends de voir ce que je vais te faire toi... »

« Répète... ça... »

Avais-je expiré de mon dernier souffle, ma voix devenue rauque et aride, brûlante et sèche. Interpellé, le bandit commis l'erreur de m'obéir. Déterminé à me dominer, à me soumettre et à m'humilier, il me tira vers lui pour répéter ses vaines menaces. Ses petits yeux porcins croisèrent l'abysse cramoisie, cette danse tournoyante, sans doute la plus envoûtante qui soit. En ce geste, l'antagoniste s'était condamné, creusant sa propre tombe avec, pour outil, son orgueil fautif. Sa bouche se déforma, ses doigts se crispèrent et je pu me défaire de sa prise. Pendant que je tombais au sol, l'un de mes genoux se heurtant au sol frais, un cri étranger se tordait de douleur, fracassant le firmament. Le visage dissimulé par une cascade de suie, l'air entrait en moi par bouffées désespérées, accompagnée d'un occasionnel râle difficile. Portant ma main à mon cou, je demeurai ainsi immobile un instant, patientant pour que le monde cesse de tourner autour de moi et que mon regard soit purifié de ces obstructions visuelles. Malgré ce moment de répit, je n'étais pas imperméable aux cris de ma victime, à ses pleurs désespérés et aux injures qu'il n'arrivait guère à mener à terme. Le dos voûté, la satisfaction étira mes lèvres en une expression aux allures cruelles.

Le bandit tentait de se traîner dans la direction inverse lorsque je me redressai enfin, nettoyant d'une main calme les pans de mon qipao avant de finalement offrir un regard d'ébène à Shōyō. Sans doute la surprise avait-elle été aussi grande pour lui qu'elle l'avait été pour moi, mais là n'était pas l'important. Le visage de nouveau impassible, bien que l'un de mes sourcils trahissait sans doute mon inquiétude à son sujet, j'éclairci ma voix pour mieux m'enquérir de son état. Le combattant avait été touché et ce pour mon bien. Non seulement étais-je dans l'obligation morale de l'en remercier d'une façon ou d'une autre, mais je me sentais également toujours aussi coupable. Si je n'avais pas douté de lui, si j'étais intervenue plus tôt, Shōyō n'aurait pas eu besoin de s'interposer de telle sorte. Il aurait pu s'en sortir indemne, si je n'avais pas tant tardé.

« Shōyō-san ? »

Rien de plus. Je n'avais besoin de plus de mots. Allait-il bien ? Quelle était la vérité sur ses aptitudes de shinobi ? Que désirait-il faire à présent ? Ses plaies nécessitaient-elles une intervention médicale sérieuse ? Me pardonnerait-il cette intervention tardive ? Seul l'intéressé serait en mesure de répondre à mes interrogations.


the sight of her eyes keeps my dreams alive
The people who call you weak have not yet noticed the wolf hiding behind your eyes, nor the flames inside your soul. Let them think you are weak and do what wolves and fire do best. Surprise them when they least expect it.


Spoiler:
 

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