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雨 | Chef de l'Akatsuki
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Tant pis pour la discrétion !    Lun 8 Aoû - 15:54
ω Templum Templis Templorum ω


ωωUne pieuse communauté s'active place du village, le soleil encore peinant à se dresser, encore luttant à percer la brume. Moins hétéroclite qu'elle ne parait, la troupe en majorité composée de travailleurs paysans est réunie par la seule foi. En tête un orchestre de tambours et de flûtes encourage la marche. Sous la houlette d'une blanchâtre femme blonde endimanchée de pourpre, sous un crachin digne de novembre, le détachement de fidèles sonne le départ. Certains dont l'accoutrement odorifère révèle un profond mépris pour l'hygiène de soi et le confort olfactif d'autrui serinent des cantiques,
ωω« En route pour le temple ! » s'exclame extatique la titanesque instigatrice.
ωωJe me suis infiltré, plutôt en périphérie du cortège, côtoyant des croyants modérés, en quête de réponses. Sans doute espèrent-ils découvrir à travers la parole prophétique d'un possible oracle bonne fortune, au mieux présage de santé - c'est déjà ça...
ωωIndubitablement, je n'aurais pu faire toilette et me parer d'emblèmes figurant mon appartenance à la résistance d'Âme. Sans quoi, je choisissais de me vêtir, d'haillons empruntés à un défroqué, de feindre la faim. Ma longue cape ôtait à mon visage toute la mâchoire. Le rouge de ma toison particulièrement distinctif - bien que honneur ne soit point rendu sur les affiches de recherche, j'optais pour un turban morne, gris basalte, qui par le truchement d'un nœud préalablement juché à l'arrière du crâne n'exhibe qu'une touffe écrevisse.

ωωÀ ma droite immédiate, un chevelu, barbu, étonnamment bien vêtu, sautille. Il remue les guibolles et grimace, ensorcelé. Admirative de sa chorégraphie, la grimée d'albâtre meneuse, aux expressions limées, transfigure d'un mystique charisme sa profonde jalousie. Elle s'étonne :
ωω« Voyez,  compagnons, les divinités Amenko et Karo s'unissent par la possession du fervent ! Gloire à eux !
ωωJe ne gigue pas, répond l'autre, j'ai un caillou dans ma godasse. »

ωωUn gravier du sentier s'est immiscé dans les sandales du plus mal chaussé.
ωωLe chemin parait long. Merci forêt de hêtres, d'ifs et d'ormes. Quoiqu'il se ponctue d'admirables paysages ! Derrière un touffu bosquet de généreux mûriers, une chute - douche pour géant sylvestre - dont le bruit typique provoque aux petites vessies envies pressantes abreuve un paradis auquel profitent, sans vergogne et en harmonie, espèces volantes et rampantes. Plus loin, quand la pente se fait rude, un site clairsemé par les espèces mythologiques, sages gardiennes des bois disent les rumeurs, offre à un séquoia d'une somptuosité millénaire, nonobstant marqué du temps et des coups sauvages - bien que créatifs, artistiques ! - de quadrupèdes lubriques, tout l'espace nécessaire à son développement, à l'embrassement sous sa cime de colorées fleurs des champs. Avant de sortir du semi-labyrinthe forestier - malgré tout il y a une laie, et si tu parviens à garantir l'intégrité de tes doigts des suites d'entreprises retorses du houx massacreur, le pâtis abandonné de roches achève ta santé mentale et tes discours de science : disposés en spirale, les visages gravés de monolithes gisent sous un linceul de mousse ; l'expression de gloire à jamais figée.

ωωQuand les massifs sont une plaie, les plaines sont magistrales. En concurrence par les cours d'eau, une bataille sans nom se livre chaque rive dans l'espoir, maigre, de déterminer laquelle est la plus olympienne. Une dispose d'un avantage non négligeable. Rien de moins que ...
ωω« Le temple ! Hurle la fanatique. »
ωωUn son amoindri de caisses bourdonnait déjà. L'excitation grandissante, la marche se transforme en trot ; le trot mue en bondissante course ; la course vire à la cauchemardesque huée ! Et il faut que j'imite la délirante démence ... Les coups, je les esquive. Sauf un ... Résultat : un bleu à la côte sous le téton. Aïe ! quoi.
ωωEnfin, ils sont dingues ; mais ils y croient.

ωωConséquemment, je repoussais mon intention de profiter de la dévotieuse architecture. D'autant qu'une fois à l'intérieur des murs d'enceinte, ayant passé très calmement les deux molosses - ro.bot.sca.nner.an.ti.vilain - foule s'amassant, une représentation s'amorçait. C'était un appel, m'a-t-on expliqué dédaigneusement à la fin, aux aspects bénéfiques des divinités. La mascarade des tambours, au trois-quatre relevés sur d'épaisses souches gravées de masques, plaçait l'assistance en transe. Si l'on fait abstraction du soutien de la troupe en arrière-fond, trois hommes, aux torses nus, un bandeau blanc noué en nœud-papillon, vêtu d'un noir moulant, gigotait en singe avec leurs bâtons. L’odyssée primitive et béate crispait les visages : ou les lèvres se pinçaient ou elles s'avançaient en u ; les yeux clos s'ouvraient subitement ; les pieds marquaient le temps ; Et des cris ... ! Quelle possession du démon !
ωωBon ... pour moi, il ne s'agissait que de trois kikis tapant sur des tam-tams. Et cela dura au bas mot dix minutes ! Je ne comprendrais jamais un tel engouement ...

ωωUn chanoine aux tissus étincelants suivi d'une cohorte de loustics en blanc, à la fin de la petite mise en bouche, invitent à pénétrer, par petit groupe, dans le cœur du complexe monastique : « Chaussures interdites ! » indique un écriteau.
ωωAvec l'allure de cloître, une grande salle ronde au plancher tressé arbore plusieurs statues équidistantes entre elles. Je ne parviens pas à poser un avis clair sur le sexe de ces divinités, toutefois parés d'attributs qu'un initié saurait sans peine différencier. D'étranges prêtres bariolé, et sur leurs vêtements et sur les bras en tatouages, tournent non loin de chacune d'elle, se préparant pour je-ne-sais-quelle cérémonie. Encore une.
ωωN'étant pas informé des coutumes, et afin de ne pas être signalé en hérétique, je camouflais ma présence par moitié derrière une des colonnes, nombreuses, scindant la salle d'une galerie, par moitié en retrait de Gao.
ωωGao est l'homme dansant. On a particulièrement sympathisé après sa démonstration, lié dans la moquerie de la responsable, au premier rang d'ailleurs. Le brun et musclé homme est charpentier et il me racontait que son grand-père - et/ou arrière-grand-père ... - avait participé à l'édification de plusieurs bâtisses, de quelle manière ce dernier pointait du doigt les faiblesses des structures, des fondations ... J'étais resté muet, je n'avais pas envisagé un tel complexe si fragile.
ωωQuelques regards noirs nous sont lancés. Oui, la cérémonie débute.


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雨 | Ame no Jônin
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Re: Tant pis pour la discrétion !    Mer 10 Aoû - 23:53
Les événements ouverts au public n'étaient pas rares au Temple du Bois Bleu. En réalité, ceux qui étaient rares étaient ceux qui ne s'ouvraient qu'aux prêtres, comme les Cérémonies de Passage. En revanche, les occasions qui faisaient venir une véritable foule des villages entourant le temple se comptaient sur les doigts de la main: il y en avait quatre. Officiellement, cinq, mais les célébrations vouées à Jashin étaient moins populaires que les autres, malgré tout.

Cette fois-ci, c'était Karo qui était à l'honneur. On lui rendait hommage depuis deux jours en affichant dans le temple des œuvres d'art produites par les prêtres ou offertes par de pieux visiteurs. Des volontaires avaient récité des vers et autres haïkus à qui voulait les entendre. Une ambiance de fête s'était imposée au temple, et les enfants du temple étaient les plus joyeux. Les filles, en particulier, profitaient des célébrations karoistes pour envoyer des mots d'amour ou même faire face à l'élu de leur cœur. En effet, un couple approuvé par la divinité de l'amour serait lié par un amour éternel, disait-on... et il n'y avait pas de meilleur moment pour attirer l'attention de Karo que lors de cette fête.

En ce dernier jour de fête, le plus important, des colonnes de visiteurs des villages voisins arrivaient pour se joindre aux prêtres et autres fidèles plus endurants. Ceux qui devaient travailler durant le début des festivités en profitaient également pour venir, car le dernier jour était le plus important. Menés par des fidèles particulièrement pieux, certains frôlant la définition du fanatisme d'un peu trop près, qui n'étaient certes pas des prêtres en tant que tel, mais avaient été reconnus par les autorités religieuses du Temple du Bois Bleu comme étant de bons représentants - ou au moins des représentants assez dévoués - pour mener ces cortèges. Petite, Momiji avait eu peur de certains d'entre eux, en particulier d'un vieux disciple de Jashin qui se recouvrait de faux sang... elle s'était toujours demandée pourquoi on ne l'arrêtait pas, mais son père lui avait répondu assez simplement que "si on l'empêche de faire cela en public, il continuera en cachette, et il dépassera les bornes... alors que là, il ne fait de mal à personne." En effet, en grandissant, la jeune fille s'était rendue compte que, le reste de l'année, cet homme était assez sympathique.

La cérémonie karoiste réunit donc une large foule hétéroclite, dans laquelle se retrouvaient des familles traditionnellement ponctuelles et des croyants plus vigoureux et actifs. Pour Momiji, c'était surtout l'occasion d'assister à la tâche la plus importante de sa mère, qui menait les chants depuis des années. Elle arborait alors sa robe rouge dont les manches larges permettaient à chacun de distinguer les motifs de notes et les oisillons tatoués sur ses bras. En cette journée, sa fille n'avait pas eu l'occasion de la voir beaucoup, comme à chaque fois, depuis qu'elle avait été promue au rang de Championne de Shinsei. Avec les trois autres champions étrangers à Karo, elle devait observer la foule, surveiller ses agissements et vérifier que personne n'ait de mauvaise action. Elle se trouvait dans la grande salle du temple, où des instruments avaient été installés pour les bruyantes mais mélodieuses prières. Elle était vêtue de son habit complet de championne, et même son visage était grimé des tatouages simples mais traditionnels. Sa robe blanche était retenue par une large bande brune gravée de symboles et autres runes, et le bas était tissé de motifs de différentes teintes de brun se recouvrant les uns les autres comme les brindilles d'un nid.

Ainsi, Momiji observa les nombreux fidèles, parmi lesquels de nouvelles têtes, comme à chaque foi. Elle savait que certains d'entre eux allaient venir s'installer au temple, probablement convaincus par l'étalage d'aisance qu'ils avaient pu observer depuis quelques jours. Ceux qui vivaient seuls deviendraient de vieux initiés, des cas spéciaux qui n'atteindraient jamais le rang de prêtre. Leur volonté n'était pas remise en doute, mais, à moins d'amener une compagne ou un compagnon pour vivre avec eux, leur lignée ne connaîtrait jamais les privilèges complets de la vie au Temple du Bois Bleu. Si certaines familles allaient peut-être s'installer dans la saison à venir, rares seraient celles dont les enfants étaient encore assez jeunes pour devenir de véritables initiés, puis des prêtres d'une divinité. En revanche, leur carrière de ninja leur ouvrait les bras, et le temple ferait tout por les y pousser, et les encourager dans cette voie. Une armée de ninjas Amejin originaires du temple tendaient toujours à bonifier les relations entre le gouvernement et le Grand Prêtre.

Parmi la foule, des jeunes, des vieux, des hommes et des femmes. Certains étaient habillés de couleurs vives, dépeignant des motifs joyeux ou inspirants, mettant en avant les attributs de Karo que les fidèles préféraient: l'amour, la musique et les arts en général. D'autres se faisaient plus discrets. Ils portaient des couleurs neutres, ou le rouge de la divinité, mais ne semblaient pas avoir revêtu de costume pour l'occasion. Par exemple, ce jeune homme avait une sorte de turban recouvrant s'arrière de sa tête, cachant probablement ses cheveux. Momiji ne put cependant détacher son regard de son visage: elle l'avait déjà vu, mais où? Elle le fixait pendant vingt secondes quand elle se rendit compte que ce n'était pas sa tâche: elle était là pour surveiller les tous les invités. Cependant, ses yeux retombèrent encore et encore sur cette figure étrangement familière malgré elle. Qui était-il? Il avait l'air d'un vagabond ou d'un voyageur. Il s'agissait peut-être d'un curieux, ou d'un étranger ravi de découvrir en ces terres la représentation de son culte qu'il pensait isolé...

Non, c'était autre chose. Momiji savait qu'elle avait vu ce visage, mais... où? Dans ses rêves? Dans des prophéties oniriques que les dieux lui envoyaient pour qu'elle puisse les interpréter? Les traits de son visage seuls ne lui permirent cependant pas de se rappeler de sa dernière apparition... mais il se retourna. S'était-il senti observé? Probablement pas, il n'avait pas l'air d'avoir cherché de regard avant de faire demi-tour. Son visage n'exprimant aucune dévotion particulière, peut-être s'ennuyait-il et avait-il décidé qu'il était temps de s'en aller? En tout cas, il se dirigea vers la porte, révélant à Momiji le dos de sa tête, où son turban laissait paraître une discrète touffe de cheveux rouges. La vue de cette couleur pourtant mise à l'honneur depuis quelques jours appela des réminiscences à la prêtresse de Shinsei: ce visage, elle l'avait vu à de nombreuses reprises, sur des affiches. C'était l'un des rebelles qui menaçaient le gouvernement de Hanzô! Pourquoi était-il venu au Temple du Bois Bleu? Il savait certainement qu'il ne craignait rien en ce lieu, mais... tout de même! Si un ninja l'apercevait, il allait en tout cas être rapporté à Ame, et ses mouvements allaient pouvoir être tracés plus efficacement, en connaissant ce récent point de passage. Momiji fit un rapide tour de la foule pour voir si elle ne pouvait pas distinguer l'un des autres traitres à la nation, mais non...

Alors que l'autre quittait le bâtiment principal tranquillement, elle se dit qu'elle devait en savoir plus. Elle chercha le contact visuel avec l'autre ocertan qui gardait la foule avec elle, à savoir le champion de Jashin, et lui fit signe qu'elle sortait un instant. Il hocha la tête pour signifier qu'il avait compris, mais elle se promit de renvoyer l'un des deux autres à l'intérieur pour la remplacer. Elle avait besoin de suivre cet homme. Elle le suivit à l'extérieur, où il se dirigeait déjà vers l'arrière du temple, au-dessus de la chute d'eau. Le bruit des volumes de liquide s'élançant dans le vide pour s'écraser dans l'étang, en bas, couvrait une partie des percussions qui résonnaient de l'intérieur, donnant l'impression d'un éloignement des festivités qui n'était qu'illusoire. Que venait-il faire là? Quoi qu'il en fut, Momiji parvint enfin à le rattraper, malgré l'avance qu'il avait prise au début. Il n'avait pas cherché à la fuir, et peut-être n'avait-il même pas remarqué qu'elle était derrière lui.

Il se tenait face au vide derrière le temple quand elle s'arrêta, à deux mètres derrière lui. Contemplait-il le paysage depuis ce point que la mère de Momiji avait toujours redouté, à cause du manque de garde-fous? L'attendait-il? Elle éleva la voix, ne cherchant pas à révéler les nombreuses interrogations qui la tiraillaient, et demanda simplement:

"Pourquoi êtes-vous venu ici?"
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Re: Tant pis pour la discrétion !    Dim 4 Sep - 4:00

ω Office de Tourisme ω


ωω Que suis-je venu faire ici ?
ωωVrai ! La question se pose, légitime. Formulez l'interrogation. Reformulez-la encore, et encore, et encore ; reste qu'un haut placé dans la logistique de la révolte n'a rien à glander dans un temple pareil ! J'hésite dans ma réponse. Somme toute, sans me détourner je dis :
ωω« Je cherche des truffes. »

ωωJ'ai hésité avec « Je me suis perdu, pourriez-vous m'indiquer le chemin de la plage, je vous prie. » Mais, un manque d'harmonie aura tranché, l'ironie se mariait moins avec la moquerie. Et, rien de mieux qu'un peu de « foutage de gueule » pour entamer une conversation saine.
ωωFaut se détendre, après ce que j'ai subis ...
ωωLa cérémonie m'a épuisé, assommant tympans en tintamarre tonitruant. En complément, toute une collection douteuse de créations s'exposait : des poteries aux statuettes, beaucoup de cousu-main, d'étranges tentures représentant la divinité, ses exploits et de long voiles drapés rouges à virer aveugle virevoltant au gré des courants d'air. En résumé, un amateurisme artisanal.
ωωLe bien seul intérêt a été cette femme. Gracieuse dans les gestes et la posture, elle dirigeait un groupe d'apparent hébétés, plus crétins de condition qu'abruti par la foi. Dans un ample et unique tissus de feu, elle embrasait l'audience. Sa vivacité de jouvencelle trompait l'observateur des marques de maturité sur ses mains. Gaô, qui n'était pas à la cueillette des coulemelles, a écouté une strophe dans une langue inconnue pour moi. Lui devait singer la compréhension.

ωωDeux piaillements me font tourner la tête. Sur une rambarde deux oiseaux dont la présence humaine n'aurait pu les faire s'envoler se partagent des miettes. L'un suis l'autre, tel un bébé auprès de sa mère ou une personne dépendante émotionnellement. Un gros morceau passe d'un bec à un autre, les têtes penchées. Touché d'un tel acte d'amour, le plus gros et coloré nourri son prochain, couinant, les ailes vibrantes, une de mes commissures se redresse.
ωωDes visiteurs auront grignoté méchamment sur la terrasse, nul doute ne fasse. Peut-être les deux amoureux tout à l'heure. La demoiselle tête baissée sur ses pieds vernis avait tendue une lettre et une boîte de gâteaux secs qu'elle eut elle-même cuits. Je n'ai pas vu la suite, Gaô m'interpellant sur la nécessité de masquer ma chevelure :
ωω« Pourquoi caches-tu le rouge sous cette horreur ? T'as pas l'air au courant, le rouge c'est LA couleur de Karo !
ωωC'est pour mieux rendre hommage, lui ai-je répondu avec aisance et sincérité, fier de ma formule, mon ami.  »

ωωJe me devais d'apparaître crédible, afin qu'aucun soupçon ne s'éveille dans l’œil de la surveillante, qui depuis tantôt me fixait. Elle me regardait, ne me regardait plus, me regarderait. Inexorablement, malgré trois vaines tentatives d'extirper ses pupilles de ma direction - déconcertée qu'elle devait être - celles-ci s'y installèrent ; ce, définitivement.
ωωOui et non, dès je ne supportais plus toutes les élucubrations liturgiques, l'instant d'agir survenait. Je m'en suis détourné, les contournant jusqu'à atteindre la petite porte où s'éclipser, où elle me suivrait. Ça n'avait pas loupé. Champion !

ωω« On vit bien , remarque-je la réaction à la fausse réponse passée, quand on badine main à main avec un parjure. Comment cela se passe-t-il ? Vous fournissez de la chair fraîche, en contrepartie votre foyer n'est pas détruit ?  »

ωωLorsque la dernière ration de mie est avalée, les volatiles s'évanouissent. Je suis leurs acrobaties ; eux ne connaissent pas la peur du vide. Un coup d'aile, et hop ! voilà qu'ils s'extirpent de la puissante et attractive Gaïa.
ωωCelui qui voudrait mettre à sa vie un terme saurait garantir ici un succès. Bien qu'il s'en contreficherait, l'inconsolable condamné agoniserait dans un cadre splendide. Madame, monsieur, d'une hauteur conséquente, la chute projette au visage du suffocant voyageur une eau fraîche et pure. Dans les peu nombreux cas - navrant constat - où la cascade fatale laisse un temps mûrir la pensée, la méditation s'enrichit de cet environnement boisé qui respire santé, énergie, vie. Venez découvrir la richesse du temple au bois bleu ; ces arbres en bord de gouffres, aux racines tentaculaires incrustées dans la roche, ces plantes colorées tapissant les parois jusqu'à la rive du bassin poissonneux, ...

ωω« Qu'importe , continue-je une respiration plus tard et d'un revers de main, la réponse ne m'intéressant guère au fond plus que cela.
ωωSupposons ma présence , je feins toujours le dos tourné le motus et bouche cousue, je sollicite le divin, depuis ce site par cinq fois consacré et à travers un représentant virtuose dans son art, qu'il me pourvoit d'une réponse, à sa guise songe ou prophétie, sur ce que je suis sur le point d'accomplir. Es-tu l'augure de la paix ? »




Dernière édition par Nagato le Mer 21 Sep - 21:25, édité 1 fois (Raison : Suppression des balises "quote")
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Re: Tant pis pour la discrétion !    Sam 10 Sep - 14:33
Savait-il qu'elle savait qui il était? Ses multiples réponses reflétaient des stratégies différentes face à une rencontre qu'il n'appréciait de toute évidence pas. Il avait tenté de changer de sujet, de feindre l'innocence, mais finalement, il se révéla être étrangement honnête. Ou du moins, Momiji supposa-t-elle qu'il l'était. Il ne s'était pas retourné une fois, contemplant le paysage qui s'offrait à ses yeux. Ceux qui avaient le vertige ne venaient jamais derrière le temple, trop impressionnés par la hauteur et l'absence de garde-fous. En revanche, les enfants insouciants jouaient là, causant de petites attaques cardiaques à leurs parents.

Le roux demanda d'un air détaché si le temple était victime d'une sorte de racket organisé et immoral par le Pays du Déluge... mais non! Sa vision du gouvernement était-elle si tachée qu'il ne pouvait en voir que de mauvais points, et transformer les bons en caricatures de complots?

"Je vous signale que le Temple du Bois Bleu n'est rattaché à Ame que depuis quelques générations, ce qui nous garantit un entraînement militaire nous permettant de nous protéger nous-mêmes d'hérétiques violents et autres criminels."

Bien que cet homme savait parfaitement que Momiji l'avait reconnu (comme elle pouvait le laisser entendre dans sa dernière phrase), il ne semblait pas s'en émouvoir. Il était loin d'être bête, et il maîtrisait ses paroles alors que beaucoup d'autres auraient peut-être stupidement craqué... alors qu'elle ne s'était pas montrée agressive ou inquisitrice le moins du monde. Le plus troublant pour Momiji était qu'elle se souvenait de son visage pour l'avoir déjà vu en vrai... mais où? Peut-être inconsciemment, et son expression s'était imprégnée dans sa mémoire sans qu'elle n'ait pu y associer un nom. En tout cas, elle savait à présent qui il était, et ne pouvait donc le laisser passer par chez elle sans lui parler.

"Vous savez que personne, ici, ne vous causera du tord ou ne vous empêchera de partir, n'est-ce pas? À moins, bien sûr, que vous n'agissiez contre le temple ou la paix qui s'y est installée."

Évidemment qu'il le savait! Des agents d'Ame venaient de temps en temps placarder de nouvelles affiches devant l'entrée du temple, sur le panneau d'affichage officiel. Parmi elles se trouvaient des ordres de recherche de criminels d'importance. La moindre information les concernant devait être rapportée immédiatement à la figure d'autorité la plus proche. Momiji n'aurait jamais cru voir une telle personne au sein même du Temple du Bois Bleu. Était-elle la seule à l'avoir remarqué? Probablement pas... ou bien? Ses cheveux n'étaient pas un trait caractéristique, vu que plusieurs croyants, et même quelques prêtres, s'étaient teints la crinière de rouge pour célébrer Karo en son jour. Le reste de son physique n'était pas exceptionnel: aucun élément ne pouvait le discerner parmi une foule de pèlerins occasionnels.

Un autre souci vint cogner à l'esprit de la prêtresse: était-il venu seul, ou s'était-il entouré de proches pour venir au temple? Si tel était le cas, une simple visite de curiosité ne pouvait être leur motivation. Ce groupe était recherché par Hanzo, et celui-ci avait bien indiqué à Momiji à quel point il désirait les vaincre. Le Temple se rangeant dans le camp du dirigeant national puisque le Grand Prêtre ne voulait que mener sa communauté en se coupant du monde extérieur et que, le temple se trouvant sur le territoire du Pays du Déluge, la collaboration avec Ame était le meilleur moyen d'y parvenir... sans parler des nombreux avantages procurés par une volée de prêtres ninjas. Finie l'époque où le temple était à la merci des groupes de bandits ou de terroristes. Cependant, l'Akatsuki disposait de ninjas capables d'inquiéter la Salamandre, et c'était suffisamment notable pour les traiter en menaces véritables.

Or cet homme avait l'air d'être seul. Pendant qu'elle le surveillait, Momiji n'avait pas remarqué d'autre visage de personne surveillée autour de lui. Alors pourquoi était-il là?

"Si vous êtes venus pour que les prêtres du Temple du Bois Bleu soutiennent vos actions, vous pouvez repartir maintenant, car personne, ici, n'est de votre côté."

Au moins, c'était clair. La prêtresse connaissait quelques personnes qui auraient tenté de lui soutirer un peu d'informations ou de lui présenter sa cause sous un meilleur jour, mais elle n'était pas certaines que ce serait le cas ici: ce criminel était... plus étrange. Elle s'attendait à moitié à le voir quitter le domaine du temple sans lui dire un autre mot.

Les règles du Temple du Bois Bleu interdisaient tout combat en son sein, à moins que la vie de prêtres ou d'invités ne soit en danger. Se défendre était toujours accepté, Jashin n'était pas le seul à le dire. Le seul lieu sur lequel les combats étaient autorisés était l'étang, en dessous des chutes au-dessus desquelles le temple avait été construit. Même si cet espace ne faisait pas officiellement partie du temple, il était souvent utilisé lors des entraînements des prêtres et lors des tournois et autres combats cérémoniaux. C'était également là où se rendaient les prêtres qui devaient régler un différend par la force, même si c'était là un comportement officiellement interdit. Alors que Momiji était si proche du bord de la chute, elle imaginait déjà des moyens de pousser l'autre dans le vide, afin de le forcer à fuir, ou d'avoir une bonne raison de l'attaquer.

Non. Ses pensées étaient troublées par l'apparition de cet homme aux cheveux rouges. La paix ne viendrait jamais par de nouveaux conflits, elle ne le savait que trop bien. Elle allait continuer à lui parler, et aucun combat n'en sortirait. Oui, tout allait bien se passer.
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Re: Tant pis pour la discrétion !    Mer 21 Sep - 22:00

ω Hail Phenix King ... ! ω


ωωA-t-elle écouté un traître mot de ce que j'ai dit ?

ωωLe fidèle naïf triomphera sans relâche sur l'impie éclairé tant que les dogmes, s'articulant si bien entre eux, apporteront les réponses cohérentes aux questions plaçant en exergue leurs contradictions. La crédulité leur apparaîtra en raison pure ; là est tout son charme ; là réside sa fourberie.
ωωL'illusion de réciprocité dans laquelle sont enfermés cette femme et son colloque en soutane oppresse mon âme trop déjà attaquée, ligature plus encore la conviction autrefois maîtresse de mes gestes du désir de paix entre les hommes. Dois-je tenter de briser les chaînes eux-mêmes accrochées ? Peut-on délivrer des esclaves consentants ? complu à une existence fermement crue comme choisie.
ωωS'ils s'obstinent à défendre une concorde factice, de surface, où ne sont libres du joug des tyrans que les tyrans eux-mêmes et les accumulateurs de richesses ‒ il arrive que la distinction soit possible, alors tout présage, au travers d'un nuage, d'une fleur ou la transe, leur annoncera un avenir brumeux ; un avenir obscurci si noir, si abyssal, ne peut être futur.
ωωOui, les oracles, conséquemment au choix du plus simple chemin, prédiront leur extinction.

ωω« Et aujourd'hui, sans ce rattachement, qu'il soit ancestral ou signé de la veille d'ailleurs importe guère, vous ne saurez défendre vos valeurs ... Ou cette cage est la cause majeure de votre incapacité à transmettre les valeurs de solidarité, d'amour, de paix que toute foi, hormis ses déviances sectaires, porte. »

ωωJe n'ai ni amour, ni foi, ni terre, ni culture, ni nom, ni son sourire. J'ai perdu mère, père, foyer, vêtements, chaussure ‒ la gauche seulement. Il a fallu acquérir, voler souvent, eau, nourriture, argent et chaleur. Avec en seule identité un prénom, il a fallu se forger en patriote, en ami, malgré les pertes.
ωωComment ai-je fait ? Qu'est-ce qui me pousse à toujours continuer ?
ωωJ'ai mes cheveux, mes yeux, mon nez, ma bouche et mes oreilles. J'ai un cou, des bras, des mains, des doigts et des jambes, des pieds, des orteils. Avec un cerveau sous mes cheveux, du sang dans mes veines et des organes sous ma peau, j'ai mon âme, j'ai ma liberté. J'ai la vie ! Écorchée, couverte de cicatrices, cette vie persiste. À chaque battement de plus du cœur, l'existence cisèle le corps, lui grave les souvenirs. Tant qu'il tambourinera, personne ne pourra rien. Personne ne pourra les reprendre : ni mon âme, ni ma liberté, ni ma vie.
ωωIl sait dès lors d'où il vient.
ωωLa trahison de cet homme est impardonnable. Quiconque jouit à ses côtés d'une dite prospérité n'est qu'en trêve avec la guerre. Les belliqueux humains ‒ des sauvages, des décadents ‒ embraseront les récoltes, souilleront les rivières de sang, ébouillanteront les peaux attaquées de furoncles ; la haine échaudera tout. Il n'est pas écrit qu'un phénix s'en relèvera, moins encore qu'un être meilleur ayant retenu la leçon de la souffrance.

ωω« Vous autres, bondieusards, aurez toujours un sens singulier de l'hospitalité quel que soit le type d'accueil réservé. »

ωωEn définitive ‒ j'ai fait tout mon possible pour retarder l'inévitable, j'effectue une rotation. Le réel face à face s'installe. Au demeurant, ma déception ; j'avais pourtant choisi si soigneusement chaque mot, elle n'avait eu aucune difficulté à les ignorer tous, comme on balaie les feuilles à l'automne.
ωωElle se complaisait dans une redondance grasse, bien nourrie ; un tel régime ne différera pas demain hier. Elle parcourait, hostile, jusqu'à l'épuisement le sujet de l'incorruptible communauté. Curieux ! elle ressemble à la commère Guchi-obaasan : courte sur pattes, cheveux et lunettes carrés, toujours le sourire aux commissures. « Oh! S'exprimait-elle toujours un peu de la sorte, Mesaki-san, vous ne devinerez pas qui j'ai croisé hier ? Je vous le donne dans le mille : mon beau-frère ! Il est ninja, vous savez. Comme vous, du reste ! Enfin, en moins bien. Il est bête, vous n'imaginez pas, comme ... comme ses pieds ! Toujours est-il, il m'a dit qu'il a des connaissances qui ont des liens avec un proche du proche de Hanzô. C'est pas rien, que diable ! ... Ce seront des nouilles aujourd'hui ? Oui, hein. Chéri ! Il est sourd ... Chéri !! Les nouilles de Mesaki-san ! »

ωω« Quelles raisons aurais-je d'abîmer l'architecture Kouzuijin ? Continue-je dans ma lancée. Le patrimoine se préserve. Quant à votre « paix », j'insiste en mimant les parenthèses, il ne m'est et sera nul besoin d'intervenir ; elle n'est que chimère. Vous vous apercevrez ... Pour vous je l'espère à temps. »

ωωMes yeux se levèrent quelques instants sur l'imposante construction. Quelques objets étrangers flottaient au vent. Semble-t-il ici, tous sont intègres. Avec un regard coquin je réagis :

ωω« N'anticipez pas de telles affirmations. L'humain est la plus imprévisible des créatures. Par exemple vous, en dépit de votre apparente sérénité, il ne serait déplacé d'envisager la traversée de cette éventuelle pensée : me voir passer par-dessus bord, cela vous ferait plaisir, n'est-ce pas ?
ωωJe ne vous blâme guère. Votre méfiance est légitime, compte-tenu de la situation. Néanmoins, je m'efforcerai de détricoter les allégations tressées contre moi ; j'adopterai l'attitude la moins agressive et j’emploierai tout moyen à ma disposition pour vous convaincre du caractère mensonger, propagandiste, manipulatoire, des arguments justifiant la mise à prix par les reconnues autorités de ma tête et celles de tous mes frères et sœurs de convictions.
ωωVous avez certes, certes, parfaitement raison : vous n'avez pas besoin de moi. La vérité est que c'est moi ! qui sollicite votre soutien.
Je présente ma paume ouverte vers le ciel. Non pas, poursuis-je vivement avant d'être coupé, en recrutant des bras armés, mais en obtenant à travers vous, ou le plus inspiré de vos prophètes, des réponses.
ωωMais allez donc rapporter,
finis-je désinvolte, si vous savez gré à votre geôlier, que le chef de l'Akatsuki doute ! J'en appelle à votre bonté de cœur et d'âme. J'en appelle aux principes et actes de charité  de vos célestes protecteurs. Alors peut-être garderez-vous secret cet entretien, tant que la mort ne m'aura pas emporté.
ωω Et, à nouveau peut-être, serez-vous assez chanceuse pour en être témoin ? On dit qu'une chute, d'une telle hauteur, peut broyer les os et démembrer sa victime.
»

ωωLentement, prenant garde à ne pas alarmé les sens aiguisés de mon contradicteur, je place une main dans cape et je sors une gourde. Mes lèvres n'ont pas l'habitude d'aussi grand laïus. Ne la quittant pas de l’œil, je bois une bonne gorgée.

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Re: Tant pis pour la discrétion !    Ven 30 Sep - 0:30
Diable que cet homme parlait bien! Il savait manier la verbe avec une telle facilité que Momiji s'imaginait facilement qu'on puisse s'y perdre, et accepter tout ce qu'il disait comme une pure vérité, alors qu'il ne faisait que demander l'heure ou s'enquérir de quelque bout d'information mondaine. Enfin s'était-il retourné, après avoir tenté de provoquer la prêtresse. Était-ce vraiment de la provocation? Sa manière de parler laissait se mêler insultes et compliments en un flot de paroles parfois déroutantes. Sa position quant à la religion en général était on ne pouvait plus claire, et malheureusement partagée par la plupart des habitants de ce monde, de ce que Momiji avait pu découvrir.

Après qu'il se fut enfin retourné, la prêtresse pouvait inspecter son expression. Il était serein, c'était visible... ou alors parvenait-il à excellemment bien dissimuler ses pensées. Lire son chakra n'aurait pas été vraiment poli, et le roux n'avait rien fait qui n'eut mérité d'être traité en intrus, vraiment. Certains l'auraient dénoncé aux autorités avant même de l'approcher, mais son comportement ne correspondait pas à celui d'un envahisseur. En revanche, il était clair qu'il ne cherchait pas à se montrer ouvertement respectueux envers elle non plus. Après tout, il était un rebelle, un homme sans foi ni loi, quelqu'un qui n'allait pas commencer à éprouver le besoin de respecter quelqu'un pour la simple raison qu'il avait mis les pieds sur son domaine.

Et puis, cette suffisance, cette manie de se montrer si confiant alors que Momiji ne savait même pas ce qu'il venait faire là... elle ne pouvait que se féliciter que le Temple du Bois Bleu ait suivi le régime de Hanzô, au lieu de suivre cette rébellion chaotique. Il lui parlait d'illusions de paix, de propagande mensongère et de sa quête d'aide... pardon? Elle ne put s'empêcher de se montrer curieuse lorsqu'il évoqua le soutien dont il avait besoin. Sans aller dans les détails, il s'était parfaitement assuré de garder son interlocutrice à la merci de ses lèvres: elle voulait à présent savoir ce qu'il voulait, mais elle refusait de tomber dans son jeu. Si cela se trouvait, tout ce qui l'avait amenée à écouter ces phrases avait été orchestré depuis le début, lorsque Momiji avait remarqué les cheveux roux au début de la cérémonie.

Cependant, il avait touché une corde à laquelle il pouvait se raccrocher certainement: s'il venait pour du soutien, les prêtres du Bois Bleu pouvaient le lui offrir. C'était même dans leur devoir, à présent qu'il avait avoué être dans le besoin. Il était évidemment hors de question de supporter sa rébellion (il n'avait pas hésité à se présenter comme étant le chef de l'Akatsuki!), mais Momiji pouvait toujours voir ce qu'elle pouvait faire pour lui. Idéalement, la discussion allait permettre d'apporter la paix à ce pays déchiré depuis trop longtemps, mais la prêtresse était aussi réaliste: cela ne se ferait pas ainsi. Hanzo et Nagato ne négocieraient jamais, à moins de trouver un ennemi commun beaucoup trop dangereux pour être affronté chacun de son côté... et la kunoichi ne pouvait pas imaginer de qui cela pouvait bien être une description.... l'une des Grandes Nations? Elle imaginait plutôt l'Akatsuki s'allier à l'envahisseur pour renverser le régime en place.

"Vous venez à nous dans l'espoir que nous vous apportions de l'aide? Je peux vous garantir que votre requête sera au moins écoutée. Si elle est personnelle, nous pouvons en discuter tout de suite. En revanche, sachez que le Temple du Bois Bleu ne rejoindra pas votre mouvement dissident."

Cependant, il semblait la tester en la mettant au défi de le rapporter... était-ce ce qu'il souhaitait? La manière dont il avait tourné ses phrases mettait la prêtresse légèrement mal à l'aise, tellement elle devait réfléchir pour être sûre de ne pas tomber dans un éventuel piège de mots dangereux.

"Sachez que personne ne dénonce les réfugiés qui viennent chercher du secours auprès de nous. Je comprends que vous n'avez pas besoin d'un abri, mais si vous ne causez pas de problèmes, pourquoi devrions-nous vous déranger? Et pour l'instant, vous n'en avez causé aucun."

Il ne lui restait qu'à décrire ce qu'il avait en tête. Momiji espérait qu'il avait un vrai souci qu'elle pourrait aider à résoudre. En revanche, une partie d'elle lui rappelait qu'il était l'ennemi numéro un du régime et que si elle l'aidait, elle serait considérée comme une traîtresse... Le dilemme risquait de la faire réfléchir longtemps encore.

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