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雨 | Chef de l'Akatsuki
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Au-delà du brouhaha du déluge ...    Ven 19 Aoû - 0:25
ω ... un dénouement tragique ! ... pour quelques uns. ω


ωωUn gamin percute le pavé. Le bitume racle sa chair. Affalé, il ravale sa fierté, s'abreuve ne lui déplaise des flaques nées de l'ondée. La boue recouvrant son visage suinte. Trois pas s'estiment supérieurs : frappant le sol pour s'établir, trois figures s'engaillardissent ; des minois aussi jeunets que l'autre. Celui du centre pointe un couteau :
ωω« Debout ! La partie n'est pas finie.
ωωTomate, sanglote le vaincu.
ωωIl a cru, le mot-code allait marcher ! S'exclame celui de droite, engendrant une triple moquerie.
ωωOuais, plussoie niaisement le dernier, 'y a qu'nous pour décider qui peut l'utiliser. Et les noirauds ne peuvent pas. »
ωωIls décident de conclure l'affaire, les canifs érigés à l'unisson.
ωω« Sto-oop ! »
ωωUn long cri se rapproche. Sans craindre l'essoufflement, une fillette à la toison pourpre se hâte. Devant les lames, elle s'interpose :
ωω« Rangez vos couteaux ! Il a dit « tomate » : la partie est terminée ! »
ωωUne lacération horizontale, accessoirement évitée, manque de perforer son abdomen, manque de la faire trébucher contre le goûteur d'asphalte.
ωω« Mais t'es dingue, Hitsuji !
ωωQuoi !  T'as pas dit « Tomate ». Ricanement. J'ai une épée, j'm'en sers. Si c'est pour rouiller dans ma poche, à quoi ça m'sert d'en avoir une !
ωωÀ se protéger, crétin ! Lance-t-elle furieuse, alors qu'elle relève le malheureux. À protéger les autres, à défendre bec et ongles ses convictions, ses rêves !
ωωQuel genre de jeu c'est ça, Mayoi ? On joue à la guerre, pas à la paix ! Si t'as une arme, tu combats avec ! Point barre.
ωω... Tomate. »


ωωJe traversais ce quartier fauché ‒ loin d'être le seul, ô infortunée avalanche de batailles ‒ aussi invisible que mes talents me le permettent. Le mot magique n'aura pas suffi, les trois belliqueux poursuivent sanguinaires le duo. On joue à la guerre, pas à la paix ! Jouer et courir en première ligne, loin derrière s'allonge leur innocence, un bras ballant dans les ténèbres, désespérée. Si t'as une arme, tu combats avec ! Point barre. Point de paix quand règne la souffrance. Point sans paix en combattant ... en tant qu'arme.
ωωJe tapote une porte, alternant instinctivement à mes coups poing fermé l'index et le majeur, unis. Un coup, puis deux fois deux-deux, un, sept, deux, cinq, deux, un, un, deux. Le loquet se lève, je m'engouffre. Une voix d'outre-ombre alors murmure : « ... et lotos lucet. »

ωωL'entrée est étroite, à deux déjà il y a gêne. Elle s'orne d'un tapis verdâtre, âpre, usé par le passage crotteux de bottes et qui malgré la discrétion voulue du lieu, loin des quolibets, arbore de multiples symboles inconnus. J'enlève le souillon coupe-vent, le campe sur une protubérance sculptée en bourgeon de nymphéa. La cape goutte, pleure la séparation avec son propriétaire. Les manches s'étreignent, cherchent à se consoler l'une l'autre. La perte du maître, elles la savent temporaire, le déchirement n'en est guère amoindri.
ωωLe vestibule est bien isolé de l'extérieur : le déluge passe pour un orage lointain. Une saucée, oui ! mais pour les autres. L'absence singulière du vacarme est aussi ineffable qu'affolante. Après plus de trente ans à côtoyer la cataracte, on s'habitue.
ωωEn outre obscur, seule une petite source éclaire l'espace, dévoile un escalier mal taillé. Un combattant, aguerris - vaillant ! - grimpe par les murs sans effort. Tout ninja que je suis, je me propulse à l'aide des glaçantes rambardes d'acier. Je ne prends pas le temps d'admirer ni les tuyaux apparents, parfois tâchés de rouille; ni la harassante couleur sépulcral des cloisons ; encore moins les marques du temps où s'incruste l'humidité ambiante, continuelle à la région en toute saison chaude. L'hiver est certainement la moins moite des époques. Quand tempêtes et rixes intestines de boules de neige révèlent les joies et les peines, la spongieuse atmosphère ... on s'en bat les steaks royalement !
ωωPuis il y a stabilisation dans un modique corridor, plus exigu encore que le seuil et tenu propre, en dépit des allés et venus. Les nuages de ma tenue retrouvent leurs intégrités, rejoignant des moitiés que mes cabrioles avaient tenues éloignées. Rejoint par le collaborateur, l'un derrière l'autre, nous avançons vers l'unique issue de l'étage. La porte laisse transparaître un rectangle de lumière. On entend à nouveau la trombe d'eau.

ωω« Si vous me le permettez, énonce le résistant, je vais me retirer.
ωωReste, oppose-je, Shisagi-chan. Je souhaite te voir assister à notre conversation.
ωωHai, s'affirme-t-elle, Mesaki-sama !
ωωEt je te le répète pour la énième fois, insiste-je, cesse avec toute cette formalité : c'est bien trop distingué. Entendu notre situation, ravalons nos fiertés. »

ωωSans répondre autrement que par un signe de tête, elle se tapissait stoïque près de la porte. Quant à moi, j'avançais à la limite de la terrasse où parvenait à s'échouer une pléiade de gouttelettes, courageuses, déjouant l'auvent. Et les mains croisées dans le dos, cachées par les manches, j'inspirais.
ωωJe reçois une bise :
ωω« Le vent est de notre côté, mon ami. La conjoncture se révèle juste et les acteurs sont en position. Qu'en dis-tu, le temps n'est-il pas venu d'amorcer le plan ? »

ωωLa pièce combine trois fonctions : bureau, salle de repos et cuisine. Il s'agit d'un logement particulier, loin des critères rectangulaires. Le bureau est vide, car l'accumulation de documents met en péril l'opération de révolte. Quelques feuillets diffus habitent le meuble, des informations plus ou moins précieuses. Une couchette, ou divan à un accoudoir, à gauche de l'entrée s'oppose à la position de force du pupitre, où être actif est nécessaire à l'accomplissement de besogne en tout genre. Après un petit casse-croûte, la préparation de l'eau chaude pour le thé ou le nettoyage des écuelles, qu'il est agréable de nicher sa croupe sur un confortable fauteuil.
ωωUn allié, proche, profite d'ors-et-déjà de ses bienfaits.
ωωLa tête légèrement d'oblique, je sais qu'il m'écoute, malgré l'épuisement qu'il manifeste depuis son retour. Un voyage, au-delà de l'orage qui gronde ces jours-ci. Trois semaines sans tonnerre, il fallait s'y attendre. Enfin un peu de quiétude !

ωω« Shisagi, l’apostrophe-je en tournant mon crâne en direction contraire, elle, au visage sur qui rien ne se distingue que la portion des yeux vert-pomme, tu feras connaître à Konan cette intention : au bon soin de vos oiseaux la dithyrambe du lotus rouge est laissée. Il nous faut jouer les sirènes, les attirer avec leurs désirs, pour avoir la chance de les approcher.
ωωComptez sur moi ... Chou-sama ! »
ωωElle n'y arrivera jamais ... Je soupire.
ωω« Cette entreprise, conclu-je, roule seule ... Autant l'avoir en tutelle. »


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