All men must die, but we are not men [PV Maō]
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Longeant l’océan dans la brume du matin, prenant bien soin de marcher là où la marée allait bientôt effacer les quelques traces de son passage, la jeune femme commençait à désespérer de trouver un abri sûr où se poser pour quelques heures. Traquée, elle avait cessé de compter les semaines depuis longtemps, sa fuite la menant toujours plus avant. Combien de pays traversés sans trouver ce qu’elle cherchait, un lieu sécuritaire et discret où mener ses recherches sans être inquiétée?

Le départ précipité de l’ex-Sunajin ne lui avait pas laissé la chance de se préparer adéquatement pour un pareil voyage. Les chasseurs presque immédiatement mis sur ses traces se relayaient, ne la lâchant pas d’une semelle. Depuis le tout début, elle n’avait eu au mieux que quelques jours d’avance sur eux, parfois moins, incapable de s’arrêter pour récolter ses ingrédients, pour renflouer ses stocks de remèdes et de poisons. À la prochaine nouvelle lune, elle viderait les dernières réserves du précieux philtre sans lequel elle était condamnée. Tant au niveau physique que mental, Kaede était au bord de l’épuisement et le savait.

Ce pays si différent du sien aurait sans doute ébloui la nukenin si elle avait eu la chance de l’admirer à travers les yeux d’une femme libre. Dans son genre, l’endroit était franchement grandiose, et surtout, il ne manquait pas de ressources utiles d’un point de vue médicinal : sous ce climat humide, un peu moins frais vers l’intérieur des terres, on trouvait nombre de plantes, mousses et champignons d’une incroyable rareté. Cela avait davantage de valeur aux yeux de Kaede que tout l’or et le luxe que le plus grand des seigneurs aurait pu jeter à ses pieds (chose qui ne risquait pas, de toute façon, de se produire dans cette vie).

Mais sous ces dehors paisibles, ces terres étaient truffées de danger et l’apparente paix qui y régnait n’était qu’une façade. La kunoichi avait entendu parler des conflits internes qui déchiraient la nation de l’eau qu’elle tentait de traverser discrètement, et elle s’en méfiait par-dessus tout. Raison de plus pour continuer d’avancer bien qu’elle n’ait à présent qu’une envie : s’étendre sur le sable, tout oublier, dormir.

La jeune femme fut subitement tirée de ses réflexions et de sa quasi-léthargie lorsqu’elle aperçut une silhouette à demi submergée, plus loin devant, celle d’un homme qui ne donnait pas signe de vie. Un noyé? Elle ne pouvait se permettre de passer son chemin sans aller vérifier. Elle trouverait peut-être sur lui de l’argent ou du matériel utilisable.

Elle n’avait pas franchi la moitié de la distance qui les séparait que la soignante savait déjà s’être trompée. L’individu était inconscient mais bien vivant, et la plaque métallique qui réfléchissait la pâle lumière matinale sur son front renseigna Kaede sur les origines du blessé.

Kirijin.

Elle n’hésita qu’une fraction de seconde, puis ses réflexes cliniques l’emportèrent sur son bon sens et elle tira tant bien que mal l’individu massif un peu plus haut sur la berge, décidée à le soigner.

Ce que tu peux être lourd avec ces vêtements mouillés. Et quelle idée de se trimballer une telle quantité de muscles. Pour tout le bien que ça t’a fait.

Kaede extirpa avec difficulté la lame de la main de son propriétaire, s’étonnant de constater qu’il continuait de s’y accrocher dans son état, et la jeta un peu plus loin.

Ceux-là et leurs chères épées…

Elle s’agenouilla près de lui, évaluant promptement la situation. L’adversaire avait dû viser la gorge ou le cœur, mais la victime était parvenue à dévier le coup et s’était plutôt pris l’attaque un peu plus bas dans le thorax, entre les côtes.  Le sang jaillissait à grands jets réguliers, et la médic estima qu’il lui restait quelques minutes tout au plus pour endiguer l’hémorragie. Se concentrant pour canaliser la quantité adéquate de chakra à travers ses paumes, Kaede le dirigea avec précision dans le corps du blessé et généra en quelques secondes un caillot solide qui boucha l’artère, mettant fin au saignement. La technique était dangereuse parce qu’imprécise dans ces conditions merdiques – si le caillot remontait jusqu’aux poumons par une veine, l’embolie massive tuerait le patient plus sûrement que ses blessures actuelles.

Une fois de plus, la jeune femme prit la mesure de la situation. À en juger par son teint aussi blafard que la brume qui les entourait, le blessé était au bout de ses réserves. Il fallait tenter autre chose, sans quoi le choc allait l’achever.  Elle sortit une petite lame de son sac, dénuda son propre poignet et, d’un mouvement précis, y fit une entaille profonde. Immédiatement, du sang rouge ruissela sur sa peau blanche. Elle fit de même pour le mourant, exécuta prestement un nouveau jutsu et unit les deux plaies. Seule en terre étrangère, il lui fallait être prudente avec cette technique. Une transfusion trop généreuse l’affaiblirait encore, elle qui n’était déjà pas à son meilleur.

Concentrée sur sa tâche, elle n’aperçut qu’au dernier instant la nouvelle silhouette qui avançait vers elle à travers la brume.  Trop tard pour fuir. Et en mettant fin à la transfusion maintenant, les chances de sauver l’homme passaient de faibles à nulles. La nukenin maintint sa technique, s’en remettant au destin pour le reste.



Dernière édition par Shimizu Kaede le Mar 27 Sep - 3:11, édité 1 fois
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RP 03 - Relationnel
Deux rapports étaient tombés sur le bureau de Maō à intervalles très réduits. Le premier était arrivé en provenance d'un des ports du continent, il lui signalait l'arrivée à Mizu no Kuni d'une personne qui semblait être, de toutes évidences, une Kunoichi. Si elle était seule et pas suffisamment connue pour être reconnue par les avants-postes du bras droit de Kiri, elle n'était certainement pas dangereuse, donc il n'était pas indispensable d'agir immédiatement. Il serait même intéressant d'attendre d'autres rapports internes au pays, pour voir ce qu'elle était venue faire ici.

Le second était plus alarmant cela dit. Une confrontation entre un fidèle de Yagura et un de Mei venait d'avoir lieu aux alentours des rivages où pouvait errer la Kunoichi. A vrai dire, Maō se plaisait bien trop à dire à toute personne extérieure au pays que les tensions internes à Kiri n'étaient que des rumeurs. Se faisant, il était primordial qu'une étrangère ne puisse pas s'en rendre compte d'elle-même, auquel cas il faudrait se débarrasser du témoin...

C'est donc avec hâte qu'il quitta son bureau. Pas le temps de convoquer, briefer et dépêcher une équipe sur place, il fallait mettre les mains à la pâte. Sortant en trombe du bâtiment portant le symbole du village, il fit signe à un ninja présent à l'intérieur de le suivre dans son escapade. En se dépêchant, les deux hommes ne tardèrent pas à arriver aux portes de Kiri, là où Maō interpella un des gardes qui fut également de la partie.

Les deux équipiers de fortunes du ninja de Kiri furent briefés très sommairement, sur la situation, pendant le court trajet. Suivant la situation à leur arrivée, les mesures à prendre seraient bien différentes. Avec un peu de chance, le trio parviendra à intercepter la Kunoichi étrangère avant qu'elle ne rencontre quelqu'un. Par "chance", la première personne rencontrée par les ninjas de Kiri était un des deux dont le second rapport faisait état. Le bras droit de Yagura le reconnu en un instant. C'était un fidèle de Mei... Mais il n'eut pas le temps de se retourner, pas le temps d'identifier ses assaillants, que l'arme de Maō transperçait un point vital de son corps. Déjà affaiblit par son combat précédent, sa vie semblait le quitter bien vite, mais pas assez. Se tournant, il dévisagea son futur meurtrier, lui lançant un regard capable de le maudire sur plusieurs générations, remplis d'une haine sans nom à son égard.

Attrapant à son tour une arme dans sa poche, il commença à esquisser un mouvement pour attenter à la vie du fidèle du Mizukage, mais à peine eut-il le temps de lever la main que deux katana vinrent transpercer son poitrail par derrière, les deux se croisant presque. C'était le coup de trop, le coup qui eut raison du dernier souffle de vie habitant son frêle organisme. Inerte, le corps tomba au sol, accompagné par les deux ninjas de Kiri dans sa chute. D'un simple signe de la main, Maō indiqua à l'un des deux d'emmener le corps au village. Les possesseurs de Dons Héréditaires étaient précieux, mêmes morts, il ne pouvait se permettre de le laisser ainsi à l'abandon.

Un peu plus tard, le Kirijin aperçu, à travers le brouillard, légèrement au loin, une forme humaine semblant accroupie proche d'une autre. Difficile de discerner quoi que ce soit à cette distance, il fallait se rapprocher, mais doucement. Après tout, il ne pouvait pas savoir avec certitude qui se trouvait devant lui. Quelques instants suffirent pour traverser le gros de la brume et apercevoir clairement ceux qui étaient là. C'était de toute évidence la Kunoichi, au chevet du ninja de Kiri ayant combattu il y a peu. 「Vous...le soignez ?」 Honnêtement, Maō était presque estomaqué de ce qu'il voyait. Tant et si bien qu'il en oublia presque un détail... de taille...

Rapidement, il releva son bras droit, main ouverte, comme pour signaler stop à quelqu'un. Son regard était toujours fixé sur la Kunoichi, si bien qu'elle aurait pu, aux premiers abords, prendre ça comme une indication à son égard. Cependant, au même moment, une épée vint se figer dans l'air, à quelques centimètres de son épaule. Un moment d'hésitation supplémentaire de la part du bras droit de Yagura aurait pu être fatal pour la jeune femme. Rapidement, le ninja armé retira sa lame, la rengainant aussitôt et s'éloignant de quelques pas.

Pardonnez notre prudence. Nos rapports stipulaient qu'il était chassé par des ninjas de Kumo. Vu son état, ils ont du le rattraper avant nous... Si vous êtes en train de le sauver, je vous prie de poursuivre...

Se penchant vers l'avant comme pour faire une courbette, Maō s'asseya ensuite en tailleurs à une distance respectable de la jeune femme, pour ne pas la déranger dans son œuvre, mais sans pour autant être à une portée dangereuse d'elle.
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Gaspiller ses ressources à soigner un inconnu en territoire étranger alors qu’elle se trouvait dans cet état lamentable, et en fuite? De toutes les erreurs commises par l’ancienne Sunajin depuis sa désertion, celle-là remportait le gros lot. Elle s’était placée dans une position de grande vulnérabilité une fois de trop, et l’heure était sans doute venue d’en payer le prix, songea-t-elle en observant la silhouette qui approchait à travers la brume.

Elle eut le temps de noter que le premier shinobi avançait vers elle avec précaution mais sans manifester la moindre crainte et sans arme visible, bien qu’elle soit penchée sur un corps inanimé, du sang jusqu’aux coudes. En général, c’était le signe d’une relative inconscience du danger ou d’une grande confiance en soi. Vu les circonstances et l’endroit où ils se trouvaient, Kaede penchait plutôt pour la deuxième possibilité.

Quant au second ninja, la fatigue et sa technique en cours d’exécution avaient empêché la médic de percevoir sa présence avant que le katana ne soit à un cheveu de son épaule. Une fraction de seconde de plus et elle n'aurait plus été de ce monde, mais un signe de l’homme qui lui faisait face avait suffi à stopper l’attaque au tout dernier moment.

C’est celui-ci qui lui adressa la parole d’abord, en apparence surpris qu’elle porte secours à la victime mais l’invitant à continuer, avant de s’assoir calmement sur le sable devant elle. Disait-il la vérité? La jeune femme n’avait croisé en chemin aucun ninja de Kumo. Pour ce qu’elle en savait, les nouveaux venus pouvaient aussi bien être responsables des blessures de la victime, ou de mèche avec l’assaillant. Si c’était le cas, elle serait vite fixée... et morte, après avoir été interrogée.

Quoi qu’il en soit, elle n’avait pas intérêt à se mêler davantage d’un conflit qui ne la regardait pas. La nukenin considéra ses options à toute vitesse, tentant de ne pas trop compromettre la qualité de sa technique tandis qu’elle réfléchissait. Avec un peu de chance, sa désertion n’avait pas encore été signalée aux autres nations. Dire la vérité sur sa situation était hors de question, et si elle se présentait sous son vrai nom, une simple vérification auprès de son ancienne patrie suffirait à l’identifier comme ninja recherchée. L’idéal serait de quitter l’endroit sans avoir à fournir d’explications, mais Kaede ne se faisait pas trop d’illusions sur ses chances d’y parvenir.

Pour le moment, la priorité demeurait de mettre fin à cette technique de transfusion qui l’affaiblissait à chaque seconde au profit d’un inconnu. Elle aurait peut-être à fuir, et ses probabilités de succès étaient déjà bien assez compromises comme ça.

« Il est hors de danger. »

Brisant le lien qui l’unissait au blessé, la soignante se leva avec un peu trop de précipitation et fut brièvement prise de vertige avant de retrouver l’équilibre. Tentant au mieux de masquer son état de faiblesse, elle marcha vers l’océan pour se rincer du sang de celui qu’elle venait de secourir. L’eau salée emporta tout ce rouge, puis elle s’en éclaboussa le visage pour évacuer la léthargie qui menaçait une fois de plus de s’emparer d’elle. Ce n’était vraiment pas le moment de tomber dans les pommes. Le froid lui éclaircit un peu les idées.

Elle se redressa, plus doucement cette fois, et fit face aux deux inconnus. Celui qui l’avait attaquée de dos se trouvait trop en retrait dans la brume pour qu’elle se fasse une idée claire de son apparence. Elle prit le temps d’observer l’autre. Traits fins, longue chevelure, vêtements excentriques mais de qualité – rien à voir avec l’idée qu’elle se faisait du Kirijin typique, mais il portait bien l’emblème qui l’identifiait comme un shinobi du pays de l’eau.

« Puis-je vous le confier? Avec des soins de base et du repos, il se remettra vite. Veuillez m’excuser, mais je ne suis que de passage et je dois quitter rapidement. »

La kunoichi était convaincue qu’elle ne s’en tirerait pas comme ça, mais que perdait-elle à essayer? Elle les salua et fit mine de se remettre en route, prête à devoir repousser un assaut ou baratiner pour sauver sa peau si nécessaire, bien que peu enthousiaste à cette perspective.






Dernière édition par Shimizu Kaede le Mar 7 Fév - 22:48, édité 1 fois
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Voir la jeune femme s'affairer à soigner le Kirijin confirma les soupçons du bras droit du Mizukage. Il s'agissait bien d'une Kunoichi. Sa présence au pays de l'eau était du coup très discutable, d'autant plus qu'elle aidait les mourants sans raison apparente autre que sa bonne volonté. Il devait le savoir, Maō se devait de comprendre : qui était-elle ? Pourquoi ? Pourquoi Mizu no Kuni ? Pourquoi aider les Kirijins ? Il gardait tout de même à l'esprit l'éventualité qu'il s'agisse d'une tentative d'infiltration et que le combats des deux ninjas était devenu une aubaine pour elle.

Elle finit par se relever, semblant mettre un terme aux premiers soins prodigués au ninja de la brume. Elle tituba presque, une réaction pourtant normale des suites de ce qu'elle avait entreprit. Il ne fallait pas être médecin pour joindre les deux bouts et en venir à cette conclusion naturelle. La vie du ninja était sauve ? Elle l'avait vraiment sauvé du trépas !? Pour quelqu'un comme Maō, un acte désintéressé comme celui-ci était presque inconcevable, il fallait qu'elle ait quelque chose derrière la tête, une forme de raison, une ambition, quelque chose. Il était très rare que l'éminence grise de Kiri soit accablé de tant de questions à la fois qu'il se trouvait incapable d'agir de manière immédiate... Et pourtant...

C'est lorsqu'elle commença à s'en aller qu'il reprit ses esprits pour de bon, tel un sursaut. D'un geste, il fit signe au ninja l'accompagnant de prendre soin du presque-mort. S’exécutant rapidement, le second kirijin suivant Maō se rua au chevet du mourant pour le prendre dans ses bras et le rapatrier en urgence vers le village. Il ne restait plus que le fidèle de Yagura en présence de la Kunoichi, qui s'éloignait doucement. 「Attendez !」 Il s'était relevé, marchant doucement vers elle, le pas légèrement plus rapide que ceux de la jeune femme. 「Je ne pourrai jamais assez vous remercier d'avoir sauvé sa vie.」 Il sourit et marque une courte pause, avant de reprendre un air plus sérieux.

Je ne peux m'empêcher de me demander... pourquoi ? Pourquoi une Kunoichi d'un autre pays l'a aidé ?」 Il la regarde alors droit dans les yeux, d'un air bien plus froid, plus... lui, que tout ce qu'il a pu montrer jusqu'à présent dans cette brève rencontre. 「Vous vous doutez surement que je ne peux me permettre de vous laissez partir comme ça sans obtenir des réponses à certaines questions...」 Il tend le bras vers elle, la main ouverte, comme si il préparait quelque chose. 「Il serait plus simple de coopérer... Je ne pense pas que vous soyez en état pour choisir une autre option...
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Kaede ne fut pas spécialement surprise lorsqu’elle entendit les pas rapides de l’étranger sur le sable. Il la rattrapa en un rien de temps, exprimant sa gratitude d’un ton courtois qui ne la trompa nullement. Il était clair qu’elle aurait à rendre des comptes. La kunoichi se retourna pour lui faire face. Ils étaient seuls tous les deux à présent. Elle envisagea à nouveau de prendre la fuite – elle n’aurait peut-être pas de meilleure occasion - mais même si elle parvenait à le toucher avec l’un de ses poisons, le risque demeurait substantiel. Il était en pleine forme et elle à bout de force. Les attaques de la jeune femme n’agissaient pas toujours instantanément, et elle ignorait tout des capacités du Kirijin. En outre, rien ne garantissait l’absence d’autres shinobis de la nation de l’eau dans les parages.

Elle ne pouvait se permettre de mourir aujourd’hui. Être retenue contre son gré ou livrée à son ancienne patrie était presque aussi irrecevable. Il lui restait encore tellement de travail...

Fuir ou coopérer? Tout allait dépendre du genre de personne à qui elle avait affaire. Elle prit le parti de différer sa décision et de l’écouter jusqu’au bout. La fine brise océanique qui emmêlait ses cheveux fut subitement relayée par une bourrasque beaucoup plus rude qui surprit la jeune femme et la fit chanceler. Elle regretta de ne pas être restée sagement assise quelques minutes plus tôt, histoire de sauver la face et de récupérer un peu.

Les premières questions attendues par Kaede – qui était-elle, et que venait-elle faire dans le coin – lui furent épargnées. Tant mieux, elle n’était vraiment pas pressée d’y répondre. Son interlocuteur choisit plutôt de s’enquérir des motifs pour lesquels elle avait porté secours au blessé, un terrain déjà plus confortable pour la médic. Juste au moment où elle allait prendre la parole, il poursuivit.

La demoiselle n’était pas férue de diplomatie, et les émotions n’étaient pas non plus son domaine d’expertise. Mais après toutes ces années passées à questionner des patients, à scruter leur expression lorsqu’elle doutait de la franchise de leurs réponses, à relever le plus petit spasme de souffrance lorsqu’elle les soignait, elle avait appris à lire les visages. Le changement dans l’attitude de son interlocuteur et la main tendue dans sa direction auraient été suffisamment éloquents pour elle, mais par ses dernières paroles, il prit bien soin de ne laisser planer aucun doute sur la situation de la nukenin. Ou bien elle coopérait, ou bien ça finirait mal.

Elle le fixa un moment en silence. Si les traits de Kaede étaient tirés par la fatigue, son visage demeurait calme et neutre. Le philtre la rendait difficile à intimider autant qu’à attendrir. C’étaient bien là ses seuls effets secondaires utiles.

« Vous voulez savoir pourquoi? »

Un autre vertige. À ce rythme, elle n’allait pas pouvoir tenir cette conversation bien longtemps.

« J’ai entrepris d’éradiquer un mal héréditaire pour lequel aucun traitement n’est connu. Si je dois parcourir le monde d’un bout à l’autre et soigner tous les malheureux que je rencontre jusqu’au dernier pour parfaire ma science et découvrir ce remède, c’est ce que je ferai. »

Et si je dois me couvrir du sang de mes ennemis, ajouta-t-elle en son for intérieur, et les condamner à l’agonie pour faire avancer mes recherches, alors qu’il en soit ainsi.

Kaede entrouvrit les lèvres, prête à capituler, à prononcer les quelques mots - Qu’attendez-vous de moi? - qui concéderaient la victoire à ce Kirijin dont elle ignorait encore le nom. Elle se ravisa à la dernière seconde. La perspective de mourir sur cette plage en tentant le tout pour le tout n’avait rien de bien attrayant, mais Kiri n’était pas reconnue pour son hospitalité envers les shinobis qui s’y invitaient sans permission. Et si de surcroît cet inconnu découvrait qu’elle était nukenin, il ne ferait qu'une bouchée d’elle.

C’est maintenant ou jamais. Je dois le neutraliser en une attaque, il n’a pas l’air du genre à laisser une seconde chance. Et tant qu’il est conscient, la fuite est inenvisageable. Pas dans mon état.

Le sort avait peut-être joué contre la jeune femme, mais le vent, lui, était de son côté, soufflant dans la direction de son interlocuteur. Plutôt que les quelques paroles dociles qu’elle allait lui adresser, la kunoichi exhala un nuage de son poison le plus destructeur, capable de mettre un adversaire K.O. en un rien de temps. Plongeant immédiatement la main dans la pochette où elle gardait à portée les cachets qui lui donneraient, pour quelques minutes, la vitesse d’un maître du taijutsu, elle en sortit un et l’avala tout en reculant de quelques pas, sans jamais quitter le Kirijin des yeux. Pour lui tourner le dos et fuir, il lui fallait attendre qu’il perde conscience, ce qui ne saurait tarder.




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