Bol de ramen entre la feuille et le sable.
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風 | Suna no Jônin
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Bol de ramen entre la feuille et le sable.    Dim 23 Oct - 20:51





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BOL DE RAMEN
ENTRE LA FEUILLE ET LE SABLE
 

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Au final, ça n'a rien de mauvais, ce genre de réhabilitation. Je me retrouve à faire des missions hors de Kaze no Kuni, et j'avoue que ne pas avoir vu du pays de mes propres yeux m'ennuyais sacrément. Comme quoi, j'ai encore beaucoup de mal à me remettre de ces sept mois volés par l'une des pires ordures de ce monde. Le plus important, c'est qu'il soit mort, et que je peux enfin songer à faire ma vie tranquillement. Là où le premier café du matin, pendant l'aube, était encore un souvenir, j'ai pu à nouveau goûter à la tranquillité d'un Sunagakure no Sato entrain de se réveiller.
Avant de me retrouver ici, à escorter un convoi d'armes jusqu'à Konoha, j'ai pu enfin me reposer. Plus de plaies, seulement des cicatrices, plus de fractures, si ce ne sont que celles de mon esprit encore encombré par Gin Hiba. Même si le départ du convoi eut lieu relativement tôt, j'ai pu me lever à l'heure qui allait me permettre de prendre mon temps. Et vous ne vous imaginez pas à quel point c'est important de pouvoir prendre son temps, pour une jeune kunoichi célibataire tout juste ressortie d'un enchaînement de situations périlleuses.

J'aime les tenues de Jônin de Suna. Les gilets sont un peu lourds mais confortables, avec leurs rembourrages conçus pour amortir les projectiles. Celui-ci est taillé sur mesure, je ne nage pas dedans et je ne suis pas non plus compressée. Je suis en pleine possession de mes moyens depuis peu, et le fait de ne pas me sentir entravée me fait le plus grand bien. C'est comme ressortir d'une longue convalescence, avec toutes les blessures que j'ai dû encaisser de plein fouet.  

Les routes sont particulièrement calmes, et on est déjà à la fin de notre voyage. Même si je ne suis pas particulièrement bavarde avec les clients et les autres shinobi qui m'accompagnent, le fait d'avoir vu de nombreux paysages m'a bien distraite. Nous sommes passés de désert à oasis, d'oasis à plateaux, de plateaux à forêts. Les températures changeaient facilement, et nom du Tengu, ce que je suis devenue résistante à ça. Je m'épate. Après tout, depuis mon retour à Suna, je me suis beaucoup entraînée. J'ai pu développer des techniques, et surtout renforcer mon physique. J'ai passée beaucoup de temps à travailler pour récupérer de ma rapidité ainsi que mes réflexes, car je ne pouvais pas sortir du village avec d'aussi grosses séquelles.

A seulement une dizaine de mètres des grandes portes en bois du village caché de la feuille, je m'arrête. Le convoi passe devant moi pendant que je dénoue mon bandeau frontal pour essuyer mon front. J'expire un grand coup et j'ouvre mon gilet pour le secouer un peu et m'aérer. Toutes ces heures de marches m'ont un peu épuisée, mais on n'en voit le bout et tout a été sous contrôle. Des missions comme ça, j'en redemanderais tous les jours.

Sous mon gilet, mon débardeur blanc me colle à la peau, mais rien ne vaut cette retombée d'adrénaline, et ce soulagement d'être arrivée à destination. Je rattache mon bandeau, et m'avance jusqu'aux deux gardes qui s'interposent à nous. Etant donné que je suis la plus diplômée parmi notre groupe, je m'avance vers eux pour décliner notre identité et expliquer les raisons de notre visite.
Ne jamais sous estimer un ninja de Konoha. Ces gardes sont des ninjas d'élites qui savent parfaitement qui nous sommes et ce que nous venons faire à Konoha. Probablement qu'à l'heure où nous étions partis il y a quelques jours, ceux-là avaient assistés à différents briefings, car il est vrai que la sécurité d'un village caché est primordiale.

" Shishiro Sera, Jônin de Suna. Nous escortons un convoi jusqu'à chez vous. Tout s'est bien passé. Rien à déclarer. "

Ils ouvrent les portes et nous font signe de passer. Pour la première fois, je découvre le grand village de Konoha et la première chose qu'à mon avis tout le monde voit, c'est cette immense falaise, où les visages des Hokage sont taillés dans la roche. Ce rempart est situé juste derrière la tour du Kage actuel, dont le chemin est ouvert par un grand boulevard. Derrière les portes, un autre Jônin nous attends, accompagné par un Chûnin. Probablement un stagiaire en passe de devenir un ninja d'élite lui aussi. Un grand brun accueillant, étonnement ouvert pour un ninja. J'ai besoin de voir des personnes comme ça. Ça me rassure. Je vais me lâcher un peu, moi aussi. En faite, Ce ne sont pas vraiment les ninjas qui me font peur, mais plutôt les bureaucrates. Ils sont bien moins valeureux, et plus fourbes. Ce qu'ils veulent avant tout, c'est de la puissance.

" Oyo, Sunajins. Bien arrivés ? " Me demande-t-il nonchalamment, les mains plongées dans les poches de son habit.

" Bien. Vous reprenez la cargaison ? "

" Nous nous chargeons de tout ranger dans les entrepôts d'armes. Arigato. Passez du bon temps à Konoha. "

" Merci. Dis-je en soupirant, avant de tourner lentement les talons vers les trois Chûnin qui m'ont accompagnés pendant cette mission. Nous avons un peu de temps avant de repartir, et je compte bien reprendre des forces, et qu'ils fassent de même. J'ai beau être caractérielle, je ne suis pas un bourreau non plus.

" Ok, les gars. Bon boulot. On repart dans quatre heures. Rendez-vous ici à 16 heures tapantes. En attendant, prenez des forces. Vous avez quartier libre. A notre retour, rappelez-moi que je dois faire savoir à vos supérieurs que vous avez fait preuves des qualités humaines et professionnelles que l'on demande à des ninjas dignes de ce nom. "

" Haï. Arigato, Sera-sama ! " Répondent-ils en cœur en se mettant au garde-à-vous.

Sera-sama n'est pas la seule marque de respect que mes pairs me montrent. Shiro Hikage, c'est aussi comme ça qu'ils m'appellent. Un surnom en rapport avec mes talents d'assassine. J'ignore si ma réputation me précède par delà les frontières, et je n'y tiens pas spécialement. Comme c'est la première fois que je suis loin de chez moi depuis cette foutue histoire avec Gin Hiba, j'ignore également si ses méfaits se sont étendus jusqu'ici, ce que je n'espère pas.

On se disperse, et Konoha prend la relève. C'était une mission de rang C idéale pour des Chûnin, et je suis contente d'avoir été leur tutrice. Je marche calmement le long du boulevard, et je ne tarde pas à sentir des bonnes odeurs. Après n'avoir que manger des ingrédients de survie, j'ai envie de m'asseoir à un stand de ramen. On ne mange presque que des repas froids à Suna, et tout le monde raffole des ramens, si bien que je n'en ai jamais mangée des vrais. Je lève les yeux sur une pancarte d'un petit ramen bar nommé « Ichiraku ». Pourquoi pas. Le type a l'air à fond, et ça me plaît.

Je m'assois au comptoir, à côté d'un deuxième client. Il est jeune et sans doute habitué, puisqu'il tutoie le patron, Teuchi, comme si il s'agissait de l'un de ses meilleurs amis. C'est bien ça qu'il me faut, une ambiance familiale. Me donner l'impression d'avoir ce que j'ai perdue car au cas où si j'avais oubliée de le mentionner, j'ai tuée mes parents sous l'emprise de Gin Hiba. Je m'assois à côté de la petite tête blonde d'environ seize ans, débordante d'énergie. Un ninja qui lui aussi, inspire quelque chose de différent des autres.
Teuchi l'interrompt très poliment pour me servir. Je regarde encore la carte, tout en enlevant mon gilet et en relevant légèrement mon pantalon pour libérer mes tibias. Je pose ensuite mon bandeau frontal sur le comptoir, le tout avec un air soulagé. Je gesticule les épaules et fini par commander :

" Des Tokushima ramen et un grand verre de thé glacé au citron, s'il vous plaît. "

" C'est prêt dans deux minutes, mademoiselle ! "

Tout en préparant ses ingrédients, il engage la conversation. J'aime bien ces discussions. Simples, avec des gens qui font de leur travail une joie de vivre.

" Vous venez de loin, on dirait ! Z'êtes en mission ? "
" Suna, oui. J'ai pas le droit de parler de mes missions et c'est la pause. Je repars dans quatre heures. "
" Eh bien ! Mais sachez que vous arrivez pile à l'heure ou le fils du très célèbre Minato Namikaze vient prendre la pause ! "

Je me sens tellement inculte. Je n'ai jamais tendue l'oreille vers ces histoires de réputations, et les sept mois que j'ai vécue n'ont rien arrangés. Même avant cela, en tant que kunoichi d'élite, je ne faisais que le travail qu'on me demandait de faire, en ne me posant que des questions ayant un rapport avec mes enquêtes. J'étais toujours entraînée dans les bas fonds de Suna, à déjouer des complots, à assassiner des criminels plus ou moins influents dans leur milieu. Un rien m'amenait à poursuivre un vieux ponte, et jamais au-delà du fait d'être une bonne enquêtrice et une puissante assassine, je n'ai cherchée à en connaître d'avantage en géopolitique. Peut-être parce que je suis comme ça, je n'aime pas le pouvoir, autant que je déteste le crime. Je pense que les deux vont de pairs, et que la limite ne tient à rien. Certains me diront que je suis négative, trop caractérielle et irrespectueuse envers la hiérarchie, d'autres me diront que je suis efficace et que mon intransigeance a toujours portée ses fruits.

Mais soit, pour une fois, sociabilisons avec le fils d'un des plus grands ninjas de ce pays. Teuchi le montre de la main, je me tourne vers lui, souriante. Un sourire forcé. Progéniture d'un homme influent ou pas, je m'en carre. Je fais semblant pour commencer. Ensuite, on verra.  

" Hajimemashite. Ravie de croiser un ninja de Konoha. "

Certainement un Chûnin, vu qu'il n'arbore pas l'habit réservé à la classe d'élite. J'ai appris à ne sous-estimer personne au cours de mes missions. Il y a chez certains quelque chose qui les incitent à se surpasser. Ils appellent ça des objectifs, ou un nindo. Encore des trucs absurdes. dans un monde comme celui-ci, il y a la force et c'est tout. La force pour la survie, car c'est tout ce qui importe ici bas. C'est tuer ou être tué, et à l'instant où vous aurez fini par accorder votre confiance en quelqu'un, cette personne restera un ninja, tout comme vous. Si vous vous posiez la question : « est-ce que cette femme a-t-elle des ami(e)s, ou une personne qu'elle aime ? », je peux assurément vous répondre que non, et que je n'en ai pas besoin. Plutôt, je n'en veux plus ; car les personnes qui m'ont toujours le plus aimées sont mortes, et en partie à cause de moi. J'étais faible, car il existe des personnes capables de tout briser en vous ; votre force, votre esprit, votre âme, et elles adorent ça. Alors, il y a juste une chose que je me suis promise : celle de ne plus jamais être faible. Je veux être capable d'affronter les pires criminels de ce monde, de pouvoir les détruire en leur imposant un châtiment approprié. Pour ça, je refuse de mêler quelqu'un à ma croisade.
Je connais les criminels et les corrompus, et je sais qu'en tuer un ne fera qu'en amener d'autres ; mais le jour où ils arriveront finalement à un sentiment de trop grande persécution, je serai encore là. Je les persécuteraient, et c'est simplement de la pure vengeance. Je ne suis pas une héroïne. Je ne considère sauver personne, car nous sommes constamment en danger. Nous sommes toujours l'ennemi de quelqu'un ou de quelque chose. Ce que je veux, c'est simplement faire un peu de nettoyage. Élargir certaines zones de confort ; procurer un peu de répit.
Je suis apte à me tirer des situations les plus difficiles, grâce à ma force, mon intelligence et à mon inventivité. De plus, ça ne me fait rien de recourir à des solutions plus cruelles et sadiques que celles des criminels les plus endurcis et d'ailleurs, je pense que c'est uniquement comme ça qu'ils peuvent comprendre. Ce qui me différencie d'eux, ce sont mes choix, ma ligne de conduite, mes valeurs. Alors oui, je suis en dépression, et probablement que le décès de mes parents me pousse encore vers la folie. Après tout, c'est ce qui fait de moi une assassine hors-pair ; qu'il s'agisse de mes séances d'interrogatoires musclées que de mes combats radicaux.

Ce n'est pas pour autant que j'aime me battre. Je ne me bats que pour tuer, contre des personnes qui ne méritent que ça. La dissuasion, je ne la connais pas. Je n'ai jamais dissuader qui que ce soit de poser son arme, car je n'ai eue que à faire avec des personnes résolues. Du misérable brigand au criminel le plus dangereux, je me fous bien de ce qu'ils peuvent avoir ; femme, enfant. Que diraient-ils d'ailleurs, si ils savaient que leur homme est un voleur et/ou un assassin sans honneur ? Ils faillissent à leurs devoirs, et doivent donc mourir. Pour moi, ce n'est pas plus compliqué. Je ne touche pas aux innocents, je tue les coupables. Et pitié, ne me chantez pas ces histoires de justice ; les structures judiciaires ne servent que de foyer.

Voilà le genre de kunoichi que je suis devenue. Vous croyez que derrière ce joli minois se cache une personne fragile, qui se lamente sur ses expériences traumatiques ? Ce n'est pas du tout le cas. J'ai décidée de donner du sens à ces expériences. Alors peut-être qu'après tout ce que j'ai vécue, mon corps est devenu plus fin, bien taillé, et que je peux m'estimer gâtée par la nature, mais mon apparence n'explique pas qui je suis. Regardez-moi bien. Regardez mes yeux criant la colère. Peut-être que je cherche l'apaisement dans les moments les plus agréables car je ne suis pas non plus un monstre, mais je n'ai rien d'une sainte.

Je ne suis pas une sociopathe pour autant. Ce jeune garçon n'a peut-être ou sans doute aucune once de méchanceté en lui; mais j'ai été tellement bercée d'illusions que je tiens à rester terre-à-terre, et à mon sens, réaliste.



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- Y'a pas à dire, tes ramens sont les meilleures, Teuchi !

Un bon bol de ramen aux porc pané après une mission, y'a que ça de vrai ! Il faut dire que celles d'Ichiraku étaient de loin les meilleures que je connaissais et il n'était pas rare que j'aille en manger. 'Faut dire qu'à force, j'étais un peu devenu la mascotte de l'établissement et en plus, ça lui faisait de la bonne pub. Il était très fier que le fils du Hokage mange dans son établissement et n'arrêtait pas de s'en vanter. Mais c'était un homme vraiment bon, humainement parlant ! Et puis Ayame, sa fille, en plus d'être très mignonne était aussi extrêmement gentille. Depuis le temps, je commençais à les considérer un peu comme des membres de ma famille et c'était toujours un plaisir de les voir, que ce soit pour manger ou même simplement discuter. Ouais, ils étaient vraiment géniaux !

Alors que je savourais mon bol, une cliente arriva, prenant place à mes côtés. Il s'agissait, au vu de son bandeau frontal qu'il s'agissait d'une ninja de Suna ! De nombreux souvenirs me revinrent en tête, principalement liés à mon examen Chûnnin, et plus particulièrement aux trois aspirants du Sable. Il y avait Kankûro, qui me faisait un peu flipper, Temari, une blonde un peu grande grande gueule, comme moi et enfin Gaara ! Hum... Je me demandais s'il avait réussi à aller mieux, le pauvre n'avait pas l'air d'aller bien et semblait très seul à l'époque. Il n'y avait qu'à espérer que ça allait mieux. Dans tous les cas, j'avais hâte de le revoir, pour lui parler. Alors que la jeune femme, qui devait être un peu moins âgée que Kakashi-Sensei prenait sa commande, le cuisinier continuait encore de faire le mariole, en ventant ma présence ici. Un petit rire gêné s'échappa de mes lèvres, tandis que je lui répondais.

- Garde tes beaux discours pour quand je serais devenu un meilleur Hokage que papa, Oji-San, dattebayo !

Car oui, j'étais bel et bien le fils du Yondaime Hokage, la légende vivante connue sous le Titre de Kiiroi Senko. L’Éclair Jaune de Konoha. J'en étais assez fier et ça ne faisait que me motiver à devenir un plus grand ninja que papa. Petit ? Je ne l'étais pas totalement, mesurant quand même un mètre soixante-dix. Mais ça pouvait se comprendre, elle était mon aînée et ce n'était sans doute pas pour me rabaisser ! C'est pour ça que je lui rendis son sourire tout en me présentant.

- Yo, tout pareil ! J'suis Namikaze Naruto, futur Hokage ! Vous êtes loin de chez vous, dîtes-moi. Mission ?

Question de pure rhétorique. Je m'en doutais, qu'elle était en mission mais j'étais assez curieux de savoir de quel type il s'agissait. Au vu de sa veste, il s'agissait d'une Jônin, une ninja d'élite ! Ce devait être important. Après quelques instants, je repris la parole, en m'adressant cette fois à Teuchi, de manière assez forte car il y avait un peu de bruit, étant donné qu'il travaillait à me refaire un bol. Après tout, il savait que j'en prenais toujours trois !

- Ajoute aussi son ramen sur ma note ! C'est moi qui offre, aujourd'hui !

Maman m'avait toujours appris à bien traiter les femmes. Et puis, il s'agissait d'une étrangère d'un pays allié. Il fallait conserver de bons rapports. En plus, je devais de toucher ma prime, je pouvais donc me le permettre.
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" Yo, tout pareil ! J'suis Namikaze Naruto, futur Hokage ! Vous êtes loin de chez vous, dîtes-moi. Mission ? "

Futur Hokage. Certainement le coup du fils qui veut marcher sur les traces de son père. Je ne peux pas en vouloir à ces gens là ; ils sont fougueux et le cœur emplit de rêves. Puis en tant que radar à enfoiré certifié, j'ai la certitude que Naruto n'a rien des types que je méprise. En plus, il prend tout sur sa note. On ne se connaît pas. Nos pays sont alliés, mais on dirait bien que pour lui, ça va au-delà de ça ; d'un simple accord politico-militaire.
J'aimerais bien m'ouvrir un peu plus à lui ; je ne peux pas faire grand chose mais au moins abandonner mes responsabilités et lui répondre. Il est la deuxième personne à me poser une question sur la nature de ma mission. Même si ce n'est pas mon genre de discuter boulot, ou ni même tout simplement de moi, ça me fera un peu d'exercice, et ça assouplira un peu mon esprit rigide. Il ne faut après tout pas que j'oublie que le type qui m'a pourri la vie était un terroriste, et que tout les ninjas n'en sont probablement pas.

Mon thé glacé arrive avant mon bol. J'ai tout juste le temps d'en prendre une gorgée que je sens maintenant la vapeur du bouillon me chatouiller le nez et éveiller mon grand appétit. Je me saisis de mes baguettes, et sourie brièvement au fils du Yondaime. J'aime bien sa dégaine ; avec sa petite tignasse blonde et ses grands yeux bleus pétillants. Est-ce que j'étais comme ça, à son âge ? Aussi joviale et aimante ? J'en ai pas le souvenir. Ces souvenirs-là, Gin Hiba me les a volés en même temps qu'il m'a fait tuer mes parents. Avec son pouvoir bizarre, il n'a pas dû oublier de mentionner que les tuer me ferait oublier les souvenirs que j'avais d'eux, et de ma jeunesse. Mes muscles faciaux se crispent dans un accès d'énervement. Pas maintenant. Je m'empresse de manger pour le dissimuler, et rompre cette expression négative. Je me brûle la langue. Je gesticule les mains pour aérer mon visage et m'empresse de boire. Je finis mon verre, et j'en commande aussitôt un autre. Le vieux Teuchi rigole, car sans doute sait-il que ceux qui n'ont pas l'habitude de manger des ramen se font toujours avoir.

" Merci pour l'invitation, Naruto... "

Je pose doucement mon verre, et ma peau redevient un peu moins rouge, déjà qu'elle est un peu bronzée, je devais avoir l'air d'une tomate. Mon esprit bloque sur un détail : ce gars veut devenir Hokage. Il veut devenir chef d'un village, chef de guerre, chef politique, et tout ça. Il veut porter sur lui les secrets du sang, des complots et de toutes ces foutaises qui font que ce monde n'ira jamais bien. Tuez un criminel, il en repoussera dix. Alors pourquoi mettre autant de forces dans une cause perdue d'avance ? Chikushô, j'ai essayée de lutter contre tout ça plusieurs fois, mais ça n'a jamais servi, car la bêtise est humaine et banale. Trop banale. Alors il existerait peut-être une poignée de gens bien, qui voudraient donner de leur sueur pour ça ? J'ai du mal à y croire. Personne ne naît bon. Je crois tout simplement que dans leurs derniers moments, la plupart des gens révèlent qui ils sont réellement ; que soit on meurt en héros, soit on vit assez longtemps pour se voir endosser le rôle du méchant.

J'ai envie de tester le fils du Yondaime. J'ai envie de savoir qui il est ; si nos alliés le sont réellement, si je peux avoir pour une fois dans ma foutue vie confiance en quelqu'un. Alors je vais lui répondre, je vais parler de ma mission et je ne vais pas le ménager en questions. Mais d'abord, je vais me calmer un peu, en mangeant encore quelques nouilles.

Je me régale mais ça ne change en rien la nature des questions qui me taraudent. Je me redresse sur mon tabouret, essuie ma bouche et reprends :

" Une petite mission, mais importante quand même. J'ai supervisée une équipe de Chuunin afin que l'on ramène une cargaison d'armes jusqu'ici. Tout s'est bien passé. "

Je bois, et d'une voix râpeuse et monocorde, celle qui est mienne et qui transpire le mépris et la méfiance, je lui demande :

" Pourquoi t'as envie de devenir Hokage, mon grand ? T'es quelqu'un de bien. T'auras pas les épaules à passer des accords avec des tas d'hypocrites avides de pouvoir. Le monde ninja n'a rien de jovial, de sympathique. Beaucoup de ninjas ne cherchent qu'à profiter, et même si le monde venait à brûler, certains lutteront encore contre toi pour pas que tu ne touche à la moindre cendre. Même si tu veux rendre ce monde meilleur, avec la meilleure des volontés, tu n'y arriveras pas. Ça recommencera. Et un jour, tu te surprendras à vouloir toi aussi tout canaliser, en choisissant la solution la plus radicale pour empêcher des ordures à proliférer. "

J'arrive à la moitié de mon verre et par dessus, je bois un peu de mon bouillon. Le goût du citron fonctionne très bien avec. Je n'ai pas aussi bien mangée depuis longtemps. Je m'étire un peu. Je sens que mes forces me reviennent. Je passe finalement un moment agréable, et je crois que j'ai vraiment besoin de vider mon sac. De plus, Naruto m'inspire quelque chose et c'est la première personne à qui je parle réellement depuis ma réhabilitation.



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Elle avait l'air assez sympa comme ça, cette nana ! Je ne connaissais pas encore son nom mais elle n'était pas méchante. Peut-être un peu renfermée sur elle-même, mais c'était tout. Bon en même temps, elle était peut-être pas à l'aise, car de ce que j'en savais, Konoha et Suna étaient très différents. Personnellement, je savais que ça serait très difficile pour moi d'y vivre, avec toute cette chaleur. Je péterais un câble et je finirais par m'énerver, sans doute ! Enfin, c'était pas le sujet, pour l'instant. Voir cette ninja galérer un peu avec ses baguettes m'amusa légèrement : elle ne devait pas avoir l'habitude de manger des ramens. En tout cas, elle avait eu de la chance de tomber sur Ichiraku, ils faisaient les meilleurs de tout le Pays du Feu ! Ouai'p, aussi bonne que ça, la bouffe d'ici ! C'est pour ça que j'y allais toujours après une mission. Parfois mes coéquipiers m'accompagnaient mais c'était assez rare.

- Tout le plaisir est pour moi !

Pendant que j'étais en train de savourer mon délicieux bol, j'écoutais attentivement ce que disait mon interlocutrice parler. Hum, au final ce n'était qu'un bête transport d'armes ? Pas très croustillant, quoi que ça pouvait quand même attirer quelques bandits, en effet. Dans tous les cas, c'était le genre de mission dont le but principal était surtout de devoir renforcer les liens entre les pays, plus qu'un simple soutien logistique. Enfin, ça c'est ce que me disait papa, quand il me donnait des petites leçons de géopolitique, même si je devais avouer que j'y comprenais pas grand-chose, pour l'instant. C'est tout juste si j'arrivais à pas trop mal me débrouiller en Fûinjutsu, alors bon...

Pourquoi je voulais devenir Hokage ? C'était une vaste question et moi-même, j'avais un peu de mal à donner une réponse. En fait, bien que je savais très bien les raisons, j'avais simplement du mal à les exprimer à l'orale. Ouai'p, c'était ça ! Et puis, le reste de ces remarques étaient assez pertinentes. J'y avais déjà réfléchit quelques fois, mais pas vraiment de manière approfondis. Hum... que lui répondre ? Bah autant y aller au feeling et ne pas trop me prendre la tête ! Enfin, je disais ça mais il était clair qu'à mon visage, j'étais pensif. Il faut dire que c'était important, mes motivations pour ce poste.

- Hum... je dirais que c'est tout d'abord pour veiller sur le village ! Après tout, le Hokage est le plus fort ninja de Konoha et est donc en toute logique le plus apte à le défendre. Et puis, j'aimerais aussi dresser une solide alliance entre les différents pays ! Ouais, j'aimerais éviter qu'une Quatrième Grande Guerre éclate. Déjà que l'incident Hyûga, datant d'une dizaine d'années avait été limite, j'ai peur que tout explose un jour ou l'autre. Du coup j'aimerais bien pouvoir améliorer les relations entre les différents villages et pourquoi pas créer une sorte de super-alliance... Héhé.

Mais ce n'était pas tout. Il y avait aussi d'autres choses, des choses plus personnelles. Après m'être gratté de arrière embarrassé l'arrière du crâne, je repris la parole, d'un ton un poil plus assuré.

- Et puis, j'ai fait une promesse à des amis très chers, celle d'abolir le Sceau de l'Oiseau en Cage, du Clan Hyûga. Et comme je ne reviens jamais sur ma parole...

Neji, Hinata... et tous les autres. Je savais qu'ils souffraient énormément de cette discrimination et que ça créait des tensions au sein du Clan. Quoi qu'elles étaient quelque peu diminuées depuis l'Examen Chûnnin. Mais il restait encore beaucoup à faire et je savais que ce serait un travail de longue halène. Mais pas question de baisser les bras pour autant !

- Quant à comment je me débrouillerais face aux difficultés, hum... je le ferais peut-être à l'instinct, en cherchant à ce que tout le monde soit gagnant ! Bien sûr, je serais épaulé par mes conseillers et je refuserais tous les pots de vins et autres trucs du même genre. Ouais ! Je resterais droit et j'arriverais bien à convaincre les gens autour de moi, d'une manière ou d'une autre. Je pense qu'on peut vivre sans avoir à se détester les uns les autres.

Tout en parlant, je finissais mon bol de ramens, regardant curieusement ma belle interlocutrice. Est_ce que j'avais réussi à la convaincre ? Peut-être ! Il ne me restait plus qu'à attendre sa réponse.
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Je n'ai jamais entendue de pareilles réponses et venant de quelqu'un d'autre, j'aurais penser à des sornettes. Mais ce garçon a quelque chose; une pureté que les autres n'ont pas. En revanche, à ce que je connaisse, ce n'est pas l'innocence qui vous aide à faire des choix, ni à survivre. Comment les choses seraient aujourd'hui, si je n'avais pas rompue la nuque de Gin Hiba ? Si je n'avais pas combattue le mal par le mal, tout en ignorant ces fichus codes ? Bon sang, même si le fils du Yondaime a l'air d'être quelqu'un de bien, je n'arrive pas à le croire et pourtant, je souris bêtement, et tape lentement son épaule, amicalement. Kuso, j'ai envie de croire à tout ça. C'est une personne aimable, rêveuse et déterminée et pourtant, je n'arrive pas à éprouver plus longtemps de la joie.

Je crois que je suis plutôt envieuse et complexée face à tant de bienfaisance et pourtant, je ne crois pas aux prophètes, de quelconques manières. Tant que des hommes aussi mauvais que celui qui a foutu ma vie en l'air courent dans la nature, il n'y aura rien de tout ça; certains ne nous haïssent pas parce qu'ils ont des raisons de le faire; ils nous haïssent juste parce qu'ils croient que tout leur appartient, et je me demande bien où se situe cette frontière qui nous distingue de ces gens. Je suis une assassine et avant que tout cela n'arrive, je sais ce que j'ai fais. Je courais après toute sorte de contrat et des fois, il ne s'agissait que de sanctionner des pauvres pourris qui bernaient tout le monde pour assouvir leurs petits besoins. J'ai assassinée des vieux pontes coureurs de jupons, j'ai assassinée des traîtres et des voleurs, mais jamais je n'ai vue la fin de ces contrats. Tout simplement parce qu'il n'y aura jamais de fin. Alors réunir tout le monde pour créer un tout uniforme, beau, calme ? Il faudrait pour ça que tous soient des esthètes, et croient aux mêmes choses que Naruto. Et au final, même si je ne crois pas en son idéal, c'est tout ce que je lui souhaite. Son regard évasif ne flanche pas pour autant. Il bouillonne de choses bien plus positives que moi, et je ne peux pas voir ça plus longtemps.


Si c'était aussi simple que ça... "

Je relève le menton et souris un peu à Teuchi. Ce n'est pas le genre de personnes qui écoutent aux portes, mais c'est quelqu'un qui sait reconnaître les gens comme moi; perdus, les nerfs à vifs. Il veut me consoler en m'offrant un digestif, que je bois immédiatement. Et oui, voilà que je recommence à boire. C'est tout ce que je sais faire en ce moment, ronchonner et me mettre dans des états seconds. Et pourtant, je m'obstine toujours à croire que j'ai des convictions, et peut-être que c'est le cas. Je ramène nerveusement quelques épis fuyants en arrière, et je fais signe à Teuchi de me servir un autre shooter. Il grimace, en sachant tout comme moi que ce n'est pas une bonne idée mais après tout, un client est un client, et pour une fois depuis bien longtemps, j'ai un salaire à gaspiller. Je bois d'une seule traite, encore une fois.

Ce sont de belles paroles, Naruto, mais ce n'est pas avec du feeling et de la force que tu vas réussir à dissuader des criminels avides de pouvoir. D'ailleurs, tu sais ce qu'il se passe, quand on devient plus fort après être devenu un symbole ? Dans les bas fonds, ils auront toujours mieux. Tu donneras à tes soldats des protections plus solides ? Ils inventeront de nouvelles techniques et de nouveaux outils pour les perforer. Tu auras développé des techniques puissantes qui te permettront de sortir vainqueur ? Ils reviendront plus forts et plus fourbes. Naruto, tout ce que tu arriveras à faire, c'est leur mettre la pression et quand des pourris ont peurs, ils deviennent imprévisibles et complètement ingérables. Alors oui, on peut vivre sans nous détester, mais ce n'est pas aussi simple que ça. Il ne s'agit pas uniquement de ça. Et si un jour quelqu'un de puissant venait à Konoha pour tout détruire, parce qu'il ne partage pas tes rêves, comment te sentiras-tu ? Si il venait à tuer ceux que tu aimes... est-ce que tu lui pardonnera ça ? est-ce que tu le haïras ? "

J'angoisse. Ca me rappelle trop de choses. Je détache ma queue de cheval pour pas qu'il me voit à fleur de peau. Je n'ai pas envie de raconter ce que j'ai vécue, je ne suis pas prête. C'est encore trop encré. Je sens le burn out monter et je soupire. J'ai l'impression d'avoir rabaisser ses idées, alors qu'elles sont valeureuses. Tout ça pour quoi ? Parce qu'un jour, un salopard s'est incrusté dans ma vie et n'a pas perdu de temps pour me la saboter. Je me sens égoïste et c'est peut-être ce que je suis. Une meurtrière et une égoïste, qui noie sa frustration et sa colère dans l'alcool. Lui, il doit penser que je suis une fière kunoichi de Suna, et bien plus que ce que je montre maintenant, avec des épaules basses et un rideau de cheveux ébouriffés devant mon visage. Regarde toi, Sera. Bon sang. Regarde toi un peu. On t'as réhabilitée, on te fait confiance et les générations à venir te font confiance pour aspirer à ce qui a de meilleur et toi, pauvre idiote, tu restes névrosée, manichéiste. 

Et mince, je sanglote et j'ai des images qui me reviennent. De sales images. Que du sang. Une rivière de sang. Je maudis encore Gin Hiba et pourtant, moi aussi je suis une meurtrière. Certainement pas une manipulatrice, mais une meurtrière. Je n'ai jamais vraiment obéis aux ordres qu'on m'aboyait, et c'est qui m'a toujours obligée à creuser plus loin dans les affaires, même les plus insignifiantes. Alors, est-ce que dans le fond, je suis une justicière ? Je n'ai jamais pris mon pieds à tuer quelqu'un, ni à faire toutes ces missions. En premier lieu, c'est grâce à ce boulot que j'ai pu avoir une vie à peu prêt descente. Mais avant tout, j'ai toujours ressentie de la colère, de la haine pour ces gens avides de tout et de n'importe quoi. Mais Naruto lui, ne semble détester personne. Alors quoi ? C'est de l'empathie, de la bonté ? Bon sang.

Pardon, Naruto. Je suis une idiote. "

Ça, c'est parti tout seul. Je passe mes mains sur mon visage et je triture mon bandeau frontal, posé juste en face de moi sur le comptoir du bar. Je réalise que je ne me suis pas présentée. C'est peut-être le moment, Sera, d'être aimable à ton tour, après ce que tu viens de dire. Le fils du Yondaime ne retiendra peut-être pas mon nom, mais c'est la moindre des choses.

... Et au faite, j'm'appelle Sera. " 

Je souris nerveusement. Ca m'embarrasse de me présenter dans un tel état. Heureusement que j'ai encore du temps derrière moi, avant de reprendre la route. Je veux rester un peu ici, à Konoha. J'ai besoin de me tenir un peu loin de mes obligations et tant que pour le moment je n'en ai pas, j'ai besoin d'aller mieux.




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Je me demandais bien ce que pensait cette femme de ce que je lui avais balancé. Beaucoup se seraient moqués, sans doute, parmi ceux qui ne me connaissaient pas, mais pas elle. Non, elle se contenta de me tapoter amicalement le dos, alors même qu'elle semblait pensive, sans doute en train de réfléchir à quoi me répondre. Dans mon cas, je buvais un thé chaud, car ça passait super bien avec les ramens ! Après quelques instants, alors que je me brûlais de manière assez idiote la langue, la demoiselle du Sable reprit la parole, d'un ton qui semblait assez blasé. Marmonnant d'abord dans sa barbe inexistante avant de me répondre, avec sa propre vision.

Une escalade, en somme. Qu'importe ce que je ferais, il y aurait toujours quelqu'un que ça ne contentera pas. Peu importait les moyens que j'utilise, quelqu'un trouvera forcément un moyen de passer outre. Si je devenais trop fort, alors mes adversaires useront de la ruse afin de me vaincre. Ou même pourraient m'harceler, afin que je perde peu à peu mes moyens. Ils pourraient me faire sombrer, me faire douter et au final, moi aussi j'éprouverais de la haine. Si je perdais un être cher et que je me retrouvais devant son meurtrier, alors je me laisserais submerger également et au final, le cycle recommencera, encore et encore, sans aucune interruption. Oui, c'était logique. C'était la chose la plus probable et les paroles qu'elle prononçaient étaient bien plus crédibles que les miennes. Même moi, je le savais. Cependant, ce n'est pas pour autant qu'elle avait raison. En effet, il était hors de question que je laisse des choses comme la logique ou les statistiques m'arrêter ! Ce serait contraire à mon Nindo et j'allais le prouver.

- Je sais que ça ne sera pas facile ! Par exemple, il y a Gaara, de votre village. Il semble beaucoup souffrir mais je compte bien l'aider, lui aussi ! Cela prendra le temps qu'il faudra mais je doute pas un instant de réussir !

Elle semblait bizarre, s'excusant même et se traitant d'idiote. Elle se présenta alors sous le nom de Sera, chose que je retins ! J'accordais une importance extrême au nom des gens car il s'agissait d'une part intégrante de leur identité, de leur passé, de leur présent et de leur futur. Oui, le nom était quelque chose de sacré et c'était bien une des choses que je chérissais le plus me concernant. Naruto, ce nom qui m'avait été offert, par mon parrain Jiraiya, tiré de son livre « Chroniques d'un Ninja Intrépide » lui-même inspiré par son élève Nagato. Je me demandais d'ailleurs ce qu'il faisait, celui-là. Dans tous les cas, elle semblait aller mal et il fallait que je l'aide, en balayant ses doutes. Je ne savais pas trop comment faire, alors j'allais simplement agir comme d'habitude, en espérant que ça marche. Et puis, comment pouvais-je douter de moi-même ? C'est alors que je lui répondis en posant ma main droite sur son épaule, alors même que j'étais debout.

- Dans ce cas, je briserai cette malédiction ! Une fois la paix revenue, je ferais tout pour la maintenir. Je n’abandonnerais jamais ! Car je n'ai pas le droit de douter ! Une fois que l'on perd confiance, tout est perdu. L'important est d'y croire !

J'offrais alors un magnifique sourire à Sera, pendant que je faisais signe à Teuchi d'arrêter de la servir. Ce n'était pas très malin de boire alors qu'elle était sans doute encore en mission. Il fallait faire attention à ce genre de choses. Puis, après un instant, je m'adressai de nouveau, d'un air espiègle à Sera, tout en réfléchissant à la proposition que j'allais lui faire. Ouais, ça pouvait être pas mal !

- Hey, Sera-Chan, ça te dis de faire une promesse avec moi ?

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Une malédiction, voilà que c'est. Je suis maudite. Merci, Naruto. Je ne savais pas comment le concevoir.
Je vois quelque chose de juste dans cette phrase, une chose que Gin Hiba m'a laissée. Cet enfoiré ne sera jamais mort et c'était bien son intention. Voilà pourquoi je me sens comme ça. En me forçant à tuer mes parents et à commettre des actes effroyables, sa vie n'aura été qu'une simple projection de chair et de sang, sans fond. Et qu'importe la forme, quand on a le pouvoir de refaire toute une vie contre le gré de quelqu'un. Et si l'important est de croire, alors qu'est-ce que je dois croire ? Que j'ai encore quelque chose à faire ? Que je peux changer les personnes ? Bon sang, je ne suis pas une héroïne. De toutes les personnes que j'ai pu tuer, aucune n'aurait pu envisager quoique ce soit d'autre de plus honorable. Je peux sauver une personne démunie, je peux épargner quelqu'un qui agit sous l'emprise du désespoir ou de la colère, mais ce que je ne peux pas, c'est de croire qu'un pourri peut devenir quelque chose d'autre. Et en ce qui me concerne, qu'est-ce que je pourrai faire de mieux pour les prochains temps à venir ? Croire que j'ai une vocation altruiste ? Me persuader que je ferai une bonne prof, peut-être ? De donner les armes à des jeunes gens afin qu'ils ne subissent pas tout ça, et leur apprendre qu'il n'y a de limites à rien ? C'est à tenter. Au moins juste une fois, pour voir si je peux y prendre goût. 

La main de Naruto sur mon épaule me fait sursauter. Je ne m'y attendais tout simplement pas; rien à voir avec ces traumatismes. Certes, je n'aime pas qu'on me touche; je ne suis pas tactile du tout et c'est un réflexe de guerrière. Loin de moi la volonté de devenir une machine, mais ce genres de choses n'arrivent pas souvent, et la dernière fois, j'étais dans le besoin, presque mourante. Quelque part, tout ce que j'aie vécu ces derniers mois m'ont éloignées du portrait atypique du ninja que j'étais. Je suis plus sensible, plus alerte, et plus attentive au sort des autres. Et grâce à Naruto, je doute. Je doute de mon jugement de ceux contre qui j'exerce toute ma hargne. Avant, je n'avais appris qu'une chose: comment tuer de la manière la plus efficace possible pour me donner les moyens de couper un bras à ce gigantesque spectre qu'est la criminalité. Aujourd'hui, je retrouve les mêmes choses que lorsque j'étais sortie de la possession de Gin Hiba; des personnes bien attentionnées, prêtent à m'aider. Alors, pour mieux me rendre compte de l'importance de pareils gestes, je regarde le sourire radieux du fils du Yondaime. Je n'ai jamais vu de pareils sourires. Cette expression si sincère qu'elle vous étonne, vous épate et vous apaise. Je me surprend même à me sentir réconfortée, en sécurité. Pour la première fois depuis plusieurs mois, je ne pense pas à celui qui m'a manipulée. Je pense à ce qu'il se passe en ce moment, devant mes yeux. Il n'empêche que ça reste un cas. Seulement un. Je ne suis pas encore convaincue par ce que je ne connais pas, et je ne me résoudrai peut-être jamais -ou au mieux pas encore, à accorder le bénéfice du doute aux crapules qui sévissent partout.

J'esquisse un sourire naturel. C'est la deuxième fois avec lui. Il m'arrive quoi, au juste ? Je suis entrain de sourire niaisement, comme si, mince, j'étais heureuse de quelque chose, d'un rien. Et il me demande de faire une promesse avec lui. J'hésite un peu à tisser un lien quelconque avec quelqu'un. La dernière fois que ça s'est passé, les personnes qui se trouvaient proches de moi ont été tuées. Mais après tout, Gin Hiba et son étrange Kekkei Genkai n'existent plus, alors peut-être que je devrais le faire. Devant un moment si solennel, je tente de me faire un peu plus digne et présentable, en m'attachant les cheveux et surtout, chikushô, en reprenant mon bandeau frontal et le renouer sur mon front. 

Faisons ça, Naruto-san. " Dis-je avec une voix ferme. J'ai naturellement du mal à me montrer féminine, peut-être parce que j'ai toujours dû me frayer une place parmi des hommes puissants. Peut-être également parce que je n'irai pas mieux du jour au lendemain, et que toute cette tension que j'éprouve refera bientôt surface, mais pas encore. C'est le plus important.





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